Eponyme

Sommaire

p 3 - Prologue

p 4 – 1ère division

p 16 – 2ème division

p 22 – 3ème division

p 29 – 4ème division

p 34 – 5ème division

p 43 – Anthony

p 62 – Epilogue - Lucas


Prologue

            Il arriva dans sa chambre. Il s'ennuyait. Il ne savait pas quoi faire. Jamais il n'avait trouvé une activité qui le passionnerait, un passe-temps qui l'enchanterait vraiment, dont jamais il ne se lasserait. Chaque activité qu'il croyait devenir sa vocation se révélait ennuyeuse au bout de quelques semaines.

            Il avait bien essayé d'écrire parfois. Mais ses sujets était difficiles à partager tant il ne reflétait pas son âge et le montrait plus jeune qu'il ne l'était. Pourtant, en y réfléchissant, il sentait qu'il avait un contact avec les mots qu'il ne pouvait expliquer. Cependant, il n'exploita pas cette voie.

            Quelques années plus tard, en lisant les textes d'autres personnes de son âge, il lui vint l'idée d'écrire sa propre histoire. Elle rencontra du succès auprès de ces auteurs qui écrivaient eux aussi dans son registre mais il lui était toujours très difficile de la partager avec ses autres amis.

            Au détour d'un cours d'espagnol, il griffonna sur un coin de cahier un poème dans la langue du cours. Il le recopia, le traduisit en français. Il avait enfin dans ses mains un moyen de partager ce qui était sa vraie passion : écrire.

            Il en écrivit beaucoup d'autres, les faisant lire à ses amis qui semblaient vraiment les apprécier. Fou de joie, il les regroupa en un recueil. Presque un an avait passé et le recueil était terminé. Mais débordant encore d'inspiration, il avait besoin de continuer. Les idées bouillonnant dans sa tête, il lui était nécessaire de créer un deuxième recueil.

            C'était donc ce qu'il allait faire, ne cherchant pas quelque gloire fugace, mais seulement à exprimer par les mots tout ce qu'il ressentait. Et ses poèmes étaient bel et bien le reflet du fond de son âme. Ils étaient remplis de ces doutes, ses peurs, ses joies, ses peines et ses malheurs.

            Ils étaient en quelque sorte son journal intime, mais un journal qu'il avait besoin de partager à tout prix.

            Et  pour se faire, quoi de mieux que des poèmes ?


Les premiers poèmes de ce recueil parlaient d'un mal-être inhérent à l'intolérance ou à des relations difficiles. Le rejet poussait en effet beaucoup d'adolescents à se tourner vers une triste solution pour apaiser leurs souffrances : le suicide. Il lui était arrivé d'y penser, surtout après un événement qui lui était arrivé et qui lui avait fait beaucoup de mal.

            Cette série de poèmes traitait de ce qui peut se passer dans la tête de quelqu'un qui envisage de mettre fin a ses jours suite au rejet de l'être aimé ou à l'intolérance des gens qui ne comprennent pas, qui ne le comprennent pas.

            Certains poèmes traitaient aussi des relations difficiles que l'on peut entretenir avec quelqu'un. Ainsi, il avait traité d'une relation destructrice, presque déshumanisante, qui tuait petit à petit et aussi du rapport sexuel forcé dans un couple, qui n'est ni plus ni moins qu'un viol, et qui détruit lui aussi, aussi bien physiquement que moralement.

            Comme souvent, les poèmes constituaient une meilleure explication que l'explication elle-même et il fallait mieux les lire que de les disséquer en tentant de les analyser.


Intolerance

You took my life

When you took my love.

All I have to do now

Is die.

Die to forget.

Die not to remember.

I want to forget.

Every death

Would be better than

This life

Which is not a life.

All I see is

Evil,

Darkness,

Shadows of horror.

You were my sesame

But now

You're gone.

Killed by a bat of fire.

That's why

I must die.

Maybe, we'll encounter again.

In another world.

Better than this.

This words are for you,

My only true love.

Can God,

If there's one,

Let you read them ?

I love you.

Forever.

With every beat of my heart.

Intolérance

(Peut-on appeler ça une traduction ???)

Ma vie est un supplice.

Chaque jour que Dieu fait,

Je le passe en pensant à

Toi.

Tu étais ma vie,

Mon souffle de bonheur

Dans ce monde trop cruel.

Tu étais toujours là pour moi,

Comme un sanctuaire de bonheur

Et de tolérance,

Un havre d'amour,

Un point de convergence

De tout ce qu'il y a

De plus beau et de plus doux

Sur cette terre.

Mes les préjugés t'on pris,

Emportés,

Arrachés à moi.

Notre différence t'a coûté

La vie.

J'ai survécu

Et tu es mort.

C'est à présent à moi

De mourir d'amour,

De me morfondre

Jour et nuit,

En repensant à un passé

Que plus jamais

Je n'aurai.

Ma vie s'est éteinte

Avec toi,

La seule personne

Que j'ai jamais aimé.

Entends ces mots

Où que tu sois.

N'oublie jamais à quel point

Je t'aime.

Dead

I can't believe what you did to me.

You took my happiness.

You took my life.

All that you let me is death.

I'm like a motionless body.

I'm nothing at all since I met you.

You killed every part of good in me.

You crashed into my heart

Which is now a field after battle.

You came like an arrow of horror

Like Darkness.

You're Evil.

You're Hell.

You're my Death.


Et mourir…

C'est un jour comme les autres,

Semblable en tout point à hier

Si ce n'est que je suis mort.

Je t'ai avoué les sentiments

Qui brûlaient mon cœur

Et tu m'as déclaré ta haine.

Toi que j'aimais,

Tu m'as repoussé, écarté, balayé

Prétextant que j'étais un monstre,

Une erreur de la nature,

Ajoutant que jamais

Je n'aurais du voir le jour.

Peut-être est-ce vrai ?

Si je n'avais pas vu le jour,

Cela m'aurait épargné

Autant de douleur,

Autant de larmes.

C'est trop dur,

Trop dur de supporter cela.

Si tu ne m'acceptes pas,

Comment puis-je m'accepter ?

Malheureusement, il est trop tard.

Les mots sont une arme

Que tu as braquée sur moi.

Et tu as tiré…

Viol

Tu me fais mal.

Tu me violes

Moralement et physiquement,

Me rabaissant à l'état de

Chose.

Mon âme, tu l'as souillé

Autant que mon corps.

Mon corps et mon cœur

Sont couverts de bleus.

Tu me détruis

Psychologiquement et physiquement.

Je meurs à petit feu.

La douleur est chaque jour

Un peu plus forte.

Mais pourtant, je t'aime.

Je ne parviens pas à partir

Alors que je le devrais

Avant de n'être plus qu'une ruine

A qui on aura retiré toute volonté.

Peut-être est-ce déjà fait…

Si je reste,

Je vais souffrir encore

Et je te ferai souffrir

Quand on m'enlèvera à toi.

Je te ferai souffrir en te quittant

Et je ne le supporterai pas.

J'en mourrai si je te savais malheureux.

Quand bien même,

J'ai besoin de toi.

Je suis dépendant de toi.

Tu es mon monde.

Sans toi, je dépérirai

Avec toi, je mourrai.

Que choisir ?

Do I live ?

Sadness, loneliness…

Those little words

Are destroying my life,

My little world

Always so little.

My life :

Everyday so similar

Everyday so boring

Everyday so nothing.

Kill.

A word in my spirit.

Suicide.

A way to better days ?

Die.

My only way to happiness.

My conclusion :

Die to kill the suicide…

Ailleurs

Vivre, soit,

Mais pourquoi ?

A quoi bon se réveiller

Chaque matin

Pour faire

La même chose

Suivre la même

Routine ?

Manger, travailler, dormir…

Chaque jour, c'est toujours

Pareil.

Pas une heure, une minute, une seconde

Ne sort du droit chemin,

Dans cet inflexibilité maladive.

L'avoir vécu une seule fois,

C'est une fois de trop.

A quoi sert de recommencer

Quelque chose qui est

A chaque fois plus long et monotone ?

A quoi sert de le vivre

Ne serait-ce qu'une

Seconde fois ?

Je préfère en finir,

Arrêter

Pour laisser la place

A quelqu'un qui y trouvera

Peut-être

Son compte.

Moi, j'en ai ma claque.

Je vais voir ailleurs,

Tout là-haut

A la cime de la montagne de

L'après vie.

Peut-être est-ce mieux,

Peut-être ne l'est-ce pas…

En tout cas,

Ça ne peut pas être pire…


If  I couldn't…

If I could talk,

I wouldn't speak.

I'd rather scream,

Scream my anger,

Scream my loneliness.

I'd like to scream how I'm fed up

With people,

Fed up with life,

With boring life.

I f I could talk,

I will keep quiet

Because I can't express

What I'm feeling.

Words are not strong enough

To let me cry

My river or tears.


Jour de pluie

Il pleut,

Mais je ne suis pas triste,

Je suis déprimé.

Ce n'est pas la pluie

Qui me met dans cet état,

C'est de voir l'eau sur le sol,

Figée, inerte,

Comme un corps mort

Que l'on a lâché là,

Pour s'en débarrasser.

Triste, seule,

Elle n'a plus qu'à disparaître,

Happée par le Néant

Pour qu'on l'oublie,

A tout jamais…


Broken lovestory

I wanna fall,

Fall in darkness,

Fall in my ocean of tears.

I want bruises on my skin,

Blood in my mouth.

Legs broken,

Arms broken,

Heart broken.

I wanna sink in my tears of blood,

But I don't wanna die.

I wanna suffer,

Suffer all the pain in the world,

So that I can forget

Only one second

That I still love you

And I will probably always love you

Even if you don't love me.


Ruine

Je suis faible.

Je suis fragile.

Ma vie s'effrite

Comme un mur trop vieux.

Ma joie s'est écroulée

Comme mur trop fragile.

Ma vie est lézardée de fissures.

Ma conscience menace de

S'effondrer.

Les fondations de mon être

Ne me soutiennent plus.

Mon château fort

S'est ouvert à l'ennemi

Et il m'a pillé.

Il a tout pris,

Ne me laissant

Que quatre murs

Nus.

Ma prison n'a plus d'âme

Et mon âme est une prison.

Tout ce qu'il me reste

Est une brique,

L'unique vestige

D'une vie

Où tu habitais ma maison…

Et voilà ce qui se passait quand il se lâchait. Il laissait libre cours à son énervement, exprimait sa grogne. L'ironie était largement présente, comme souvent quand il parlait. Elle permettait de faire passer son message avec un peu plus de facilité. Parler sans se soucier du registre de lange, il kiffait grave !

            Ainsi, puisqu'on l'avait énervé, il se vengeait menaçant de terribles représailles. En effet, il ne supportait pas qu'on affirme que deux femmes qui s'aimaient étaient des « salopes » et ne pouvait pas porter un autre nom. Ainsi, avec cette introduction, celui qui avait dit cela se reconnaîtrait peut-être et se sentirait rouge de honte, ce qui était le but. Il est vrai que le poème en question ne s'adressait pas directement à lui, mais était plus général, accusant tout ceux qui jugeaient et condamnaient ce qu'ils croyaient « différents » sans prendre le temps les connaître et sans réaliser que certains de leurs amis étaient « différents »…Comment réagiraient-ils quand ils réaliseraient, si, bien sûr, ils étaient assez intelligents pour y parvenir ?

            Ils parlait également d'un thème qu'on occulte souvent : le plaisir solitaire, proscrit le jour, mais glorifié dans l'ombre. Et tous les moyens sont bons pour parvenir à l'extase, même pour les intellos qu'on croit si parfaits…

Zappé

Va te faire voir.

Dégage et ne reviens jamais.

Disparais, meurs, crève.

Tu m'as blessé

Alors, bouge.

Je ne veux plus te voir.

Je veux plus voir

Ta sale tronche

En travers de mon chemin.

C'est clair ?

Tu te casses

Et c'est tout !

Pas de conditions,

Pas de pardon,

Pas d'excuses.

Tu te tires

Et je jouerai aux fléchettes

Avec ta photo,

Je brûlerai tes lettres

Et j'écraserai ta caisse

Contre un mur.

Je te hais.

C'est clair ?

Tu me répugnes.

Tu m'as trompé

Et tu le regrettes.

Dommage pour toi

Car tu m'as définitivement perdu.

Mors-toi en les doigts

Car je t'ai déjà oublié.


Tremble !

Je sais, personne n'est parfait,

Encore moins moi.

Mais j'ai au moins le mérite

De défendre ce qui m'est cher,

D'affirmer haut et fort mes convictions[1],

Ou au moins d'essayer…

Je n'ai pas peur des coups,

Et encore moins des loups

Qui à l'orée du bois de mes convictions,

M'attendent pour me dévorer.

A ceux-là, je réponds,

La carabine n'est pas loin,

Un plomb dans le derrière

Les calmera efficacement.

S'ils me frappent sur la joue gauche,

Je leur tendrai la joue droite.

Mais qu'ils essaient de me frapper sur la joue droite

Et je leur présenterai mon cousin

Qui est boxeur1.

Je veux bien être calme et discuter

Mais qu'on m'attaque sur les fondements

De mon être,

Et je ne réponds plus de rien.

Je suis prêt à défendre mes opinions

Mais si on me coupe la parole

Alors là, je mords.

Soyez bien prévenus,

La tolérance a des limites

Que vous avez franchies

Il y a bien longtemps.

Le temps des représailles est arrivé…

Vas-y, frappe, j't'attends

Qu'est-ce t'as ?

Y'a quelque chose qui t'dérange ?

Ça t'plait pas

Que j'sois amoureux d'mon keum

Et que j'lui roule une pelle

Devant tout l'monde

Parce que j'l'aime ?

Tu vas m'faire quoi ?

Me tabasser ?

T'y gagneras quoi

A m'buter avec tes dix potes ?

Ça t'fait kiffer

De casser du pédé ?

Ça t'fait kiffer d'empêcher

Les gens d's'aimer ?

T'es trop naze

Gros con !

Des gens comme toi

Qui croit qu'pédé ou tapette

C'est une insulte

F'rait mieux d'arrêter

D'se beurrer

Au lieu d'aller en cours.

J'suis fier de c'que j'suis,

Pas comme toi

Qui t'fout un bonnet

Pour jouer les racailles

De ruelle déserte

Où personne te voit faire du mal,

Et porte un COM8

Pour s'taper la frime

Devant ses potes qui ont pas d'tune.

Tout ça, c'est pour t'cacher qu't'es rien

T'as pas d'vie ailleurs

Que dans la rue.

Moi, j'ai un mec

Et j'l'aime.

J'passe pas mes soirées

Seul dans mon lit à m'branler

Comme d'la racaille ratée

Qui a rien d'mieux à faire

Que d'buter

Des gens qui ont rien fait.

Moi, j'aime mon mec,

J'suis heureux,

J'fais l'amour,

J'passe de bons moments,

J'kiffe la vie.

J'ai c'que j'ai toujours voulu avoir :

De l'amour, du bonheur.

C'est comme aç[2]

Et pas autrement.

Et surtout, j'suis pas con

Ni abruti

Comme un pauv' gars

D'vant moi

Qui s'croit l'plus fort.

Alors, si ça t'plait pas

Que j'sois pédé

Et fier de l'être

Viens t'battre.

J'vous attends

Toi et tous les autres.

Plaisir solitaire

C'est toi que j'aime.

C'est toi qui attises le feu du Désir

Tapi en moi,

Toi qui me fais rêver la nuit,

Me retourner de plaisirs interdits.

Je m'imagine les pires plaisirs

Les caresses les plus sensuelles.

Je t'imagine en moi

Dans un va-et-vient torride,

Une étreinte charnelle,

Une union sans fin.

Je veux sentir ton corps en sueur

Pressé contre le mien.

Je veux aller jusqu'au point de non-retour.

Je veux sentir l'extase hurler en nous

Puis s'échapper brusquement

Dans un soubresaut de bonheur.

La pression redescendant,

Je veux m'endormir entre tes bras puissants

Et m'y abandonner.

Je t'aime.


Plus d'un an après son premier recueil, il était toujours gay et il revendiquait sa différence.

La chose qui avait changé était qu'il ne fantasmait plus sur tout sur tout ce qui avait deux bras, deux jambes et deux jolis pectoraux. En effet, il était amoureux d'une seule et unique personne comme il en parlerait un peu pus tard.

Mais ça ne l'empêchait pas de s'insurger contrer ceux qui les jugeaient sans les connaître et sans essayer de les connaître et les comprendre. Deux hommes avaient le droit de s'aimer en public, comme il le disait en espagnol, ils n'étaient pas des erreurs car ils n'avaient pas choisi d'être comme ils étaient. Ils étaient normaux, qu'ils soient deux hommes ou deux femmes. Et ça, les autres devaient se le rentrer dans le crâne avant qu'il leur dise à tous leurs quatre vérités.

Il fallait qu'ils comprennent avant qu'il n'en vienne aux mains…

Dejame.

Dejame vivir

Dejame quererte tanto.

Dejame darte mi amor.

Dejame ser quien quiero ser.

Dejame vivir mi vida contigo.

Dejame llorar cuando me dejas solo.

Dejame besarte delante de mis amigos.

Dejame decir a cada transeunte como te deseo.

Dejame gritar que dos hombres tienen derecho de amarse.

Dejame decir que no tengo miedo de lo que dicen los otros.


Réfléchissez

Je suis différent.

Ah bon ?

C'est une nouvelle.

Moi qui croyait avoir les mêmes passions

Les mêmes aspirations pour le futur,

Les mêmes envies,

Les mêmes désirs,

Je découvre que je suis différent.

J'en déduis donc que je n'ai pas

La même faculté d'aimer,

Que je suis incapable d'éprouver

De vrais sentiments

Pour l'homme que j'aime,

Que je ne peux pas être moi

Dans cette société imparfaite.

Alors, je dois donc bien être

Différent.

Il faut donc que je m'enferme

Avec les gens semblables à moi,

Que je forme avec eux un autre monde

Où tous seront acceptés,

Un monde qui n'aura pas de tolérant

Que le nom.

Je refuse.

Je suis peut-être différent

Pour vos esprits obtus

Mais je dis non

A toute cette discrimination.

Je suis moi et je compte le rester.

Je t'embrasserai donc en public

Toi que j'aime d'un amour vrai,

Toi pour qui j'ai de vrais sentiments,

Toi avec qui je veux construire ma vie

Pourquoi je m'énerve ?

Vous me demandez pourquoi

Je m'énerve ?!

Alors, vous n'avez rien compris…


Not a queer

Not a faggot

Not a bumboy

Just Gay


L'amour selon moi

Aime-moi

Pour ce que je suis

Et non ce que je parais être.

Aime-moi

Parce que tu en as envie.

Aime-moi

Parce que tu as des sentiments pour moi.

Aime-moi et sois franc.

Ne reste pas avec moi

Pour ne pas me briser le cœur.

Je suis fort

Même si je n'en ai pas l'air.

Dis-moi ce que tu penses.

Ne m'aime pas

Si tu le fais

Pour me faire plaisir.

Ne m'aime pas

Si tu ne m'aimes pas,

Car moi je t'aime

Et je veux que tu sois heureux,

Même si ce bonheur

Tu dois le trouver

Sans moi.


Voler

Donne-moi la main.

Emmène-moi loin,

Là où tout est beau,

Là où tout est grand.

Emmène-moi

Plus loin que l'horizon

Plus loin que la conscience

Ne peut le concevoir.

Libère mon corps et mon cœur

De toutes ses peines,

De toutes ses blessures.

Emmène-moi,

Donne-moi la main

Et libère-moi.


Lo que quiero

Quiero amor.

Quiero experimentar pasión,

Amor con deseo.

Quiero querer el amor.

Quiero enamorarme de una sonrisa.

Eso ya lo he hecho muchas veces.

Pero nunca fue recíproco.

Nunca fue amado.

Nadie me dijo sólo una vez :

« Te quiero

Y quiero pasar

Mi vida contigo ».

Nadie me tomó en sus brazos

Por lo que soy.

Nadie me hizo el amor

Con amor.

Nadie me amó amándome.

Ce qui suit aurait pu être qualifié de « variations » car tout consistait en une construction anaphorique qui revenait tout le long des poèmes. Ce procédé pouvait paraître rébarbatif mais il restait somme toute intéressant.

            Ainsi, un des poèmes était composé de vers qui disait une chose puis son contraire. Ce n'était pas lui qui avait inventé ce concept. Il l'avait en fait repris à des poètes comme Louise Labbé ou Ronsard. Il y avait néanmoins apporté son grain de sel, y apportant ses idées et son vocabulaire.

            Il pensait que ces poèmes ne plairaient pas à tout le monde mais tant pis, il avait décidé d'innover en tentant de nouvelles expériences.

            L'heure du test était arrivée.

Sang et eau

Homme et femme

Homme et homme : toi et moi

Amour et haine

Passion et destruction

Combat et victoire : moi pour toi

Etre et paraître

Sembler et être

Etre et naître : toi et moi

Tolérance et amour

Intolérance et haine

Aide et soutien : elle et elle

Blanc et noir

Pauvre et riche

Amoureux et fiers : toi et moi


Je ne veux pas

J'ai envie de vivre, mais pas trop.

Je veux mourir vieux, mais pas trop.

Je veux crier ma rage, mais pas trop.

Je veux aimer, mais pas trop.

Je veux changer, mais pas trop.

Je veux tout faire, mais pas trop.

Je veux tout vivre, mais pas trop.

Je veux tout réfléchir, mais pas trop.

Je veux tout casser, mais pas trop.

Je veux grandir, mais pas trop.

Je veux vouloir, mais un peu trop.


Avec titre, sans titre

Je veux, je veux pas

Je peux, je peux pas

Je veux pouvoir, je veux pas pouvoir

Je peux vouloir, je peux pas vouloir

J'aime, je hais

Je t'aime, je te hais

Je t'ai aimé, je te haïrai

Je mets des points, je mets pas des points

Je mets mon poing sur ta gueule, je mets pas mon poing sur ta gueule

Je casse, je casse pas

Je me casse, je me casse pas

Je me casse la gueule, je me casse pas la gueule

Je te casse la gueule, je te casse pas la gueule

Je tire, je tire pas

Je me tire, je me tire pas

Je m'emmerde, je m'emmerde pas

Je t'emmerde, je t'emmerde pas

J'ai froid, j'ai chaud

Je brûle, je gèle

Je me brûle, je me gèle

Je vis, je vis pas

J'ai faim d'amour, j'ai pas faim d'amour

J'ai faim de ton amour, j'ai pas faim de ton amour

Je suis amoureux, je suis pas amoureux

Je te désire, je te désire pas

Je te veux, je te veux pas

Je te veux dans mon lit, je te veux pas dans mon lit

Je te veux dans ma vie, je te veux pas dans ma vie

Je sais ce que je veux, je sais pas ce que je veux


Faire mais faire quoi ?

Vivre mais pourquoi ?

Mourir mais comment ?

Partir mais où ?

Donner mais donner quoi ?

Marcher mais aller où ?

Se suicider mais résoudre quoi ?

Aimer mais…

… Souffrir…

Attention, sujet pas clairement pas identifié ! Ici, il ne savait pas trop de quoi il parlait. Dans le premier, parlait-il d'un homme qui avait fait beaucoup de mal ou d'une entité abstraite, il ne le savait pas vraiment lui-même. Le poème lui était venu comme ça, sans le mode d'emploi avec. Il avait écrit, peut-être possédé par le souffle divin, qui selon les grecs, inspirait le poète. Il n'empêche de que les dieux avaient oublié de préciser de quoi il parlait exactement.

            Peut-être que plus tard, après sa mort, si ses poèmes connaissaient du succès, des experts en littérature émettraient des théories sur les personnes ou les entités évoquées dans ces poèmes. Mais quoiqu'ils en concluent, il serait toujours dans le faux puisque le poète lui-même ne détenait pas la réponse à leurs hypothèses.

            N'est-il pas paradoxal de chercher une réponse là où il n'y en a pas ?

J'ai choisi.

J'ai tranché.

J'ai tué.

J'ai pris au monde

Ce qu'il avait de plus cher.

En faisant cela,

J'ai tué la dernière parcelle de bonté

Qui restait en moi.

Il est trop tard,

Trop tard pour avoir des sentiments.

Et pourtant, je regrette.

Cela veut-il dire que je suis encore humain.

Cela veut-il dire que je ne suis pas un monstre

Qui a perdu toute trace d'humanité ?

Cela veut-il dire que j'ai encore le droit de vivre,

Le droit d'essayer de réparer mes erreurs

De gagner ma Rédemption ?

En ai-je le droit sachant le mal que j'ai causé,

Les peines que j'ai engendrées

Les gens qui se sont données la mort par ma faute ?

Savez-vous ce que j'ai fait ?

En avez-vous une seule idée ?

Pouvez-vous même seulement l'imaginer ?

Ce que j'ai fait est la pire infamie qui existe :

J'ai choisi.

J'ai tranché.

J'ai tué.

J'ai pris au monde

Ce qu'il avait de plus cher :

l'Espoir.


C'est moi qui prends ton cœur

Et l'emplit de noirceur,

Moi qui te pousse à envier,

A tuer,

Massacrer

Et détruire.

J'ai pris possession de chacun de vous

Avant même votre conception.

Je suis inhérent à tout être vivant.

Je suis ton côté sombre,

Ton côté noir comme la nuit,

Froid comme la glace,

Dur comme la pierre.

Je suis un puits de cruauté,

De décadence,

D'horreur,

De mensonge

Et bien pire encore.

Je prends ma source

En chacun de vous

Et m'étend en un fleuve de noirceur,

Une mer de sang,

Un océan de cadavres.

Je suis en toi.

Tu es à moi.

Tu m'appartiens.


Détruit

Déesse aux cheveux d'argent,

Lente avarice

Qui m'a volée le mot.

Tristesse insipide,

Traîtresse insidieuse

Qui m'a sournoisement volé.

Tu as tout pris,

Tout emporté,

Ne me laissant

Que tristesse

Et désespoir.

Tu m'as tout enlevé,

Me dépouillant de mon art,

M'enlevant la seule chose

Qui me faisait être et

Exister.

Tu m'as pris la seule joie,

Le seul bonheur qui me donnait envie

De continuer

Encore et toujours,

De me battre pour m'imposer.

Tu m'as volé le souffle de ma vie,

La chair de ma chair.

Je ne suis plus qu'une poupée de chiffon

Désarticulée.

Tu m'as volé ce qui m'était le plus chair au monde :

L'Inspiration.

Le partage

Nous étions tous égaux,

Tous descendants d'Adam et Eve.

Mais la balance entre le Bien et le Mal

A bien mal fonctionné.

Les plus purs

Se sont retrouvés relégués

Aux rangs les plus dégradants.

Les plus envieux, les profiteurs

Ont eu ce qu'ils voulaient.

Richesses et pouvoir

Sont devenus leurs.

Pour y parvenir,

Ils ont tué, volé, escroqué

Les innocents.

Ils sont montés en haut de la montagne,

Noyant les concurrents

Au pied de celle-ci.

Ils ont achevé leur dignité

Et étouffé leurs scrupules

Pour gravir la pente.

Ah ! Qu'ils sont beaux maintenant,

Plein de richesses et de pouvoir.

Mais leurs mains sont sales,

Leurs âmes sont tâchées à jamais.

L'appât du gain

En a fait des montres,

Des êtres sanguinaires

Prêts à tout

Pour quelques richesses de plus.

Ils veulent toujours plus,

Quitte à détruire

Ceux d'en  dessous,

Ceux qui ont un cœur,

Une conscience,

Ceux qui défendent ceux qu'ils aiment

Avant leur personne,

Ceux pour qui la vie à une valeur

Ceux qui à l'origine

N'ont pas été corrompus

Pour quelques matériaux brillants

Endormant leurs yeux et

Euthanasiant leur raison.

Ceux-là n'ont rien eu lors du partage

Trop inégal.

Alors que d'autres s'entre-déchiraient

Pour un métal si peu précieux,

Ils ont découverts

L'amour et la beauté,

Mais aussi

La misère et la tristesse.


Comme dans son premier recueil, il avait créé une partie pour regrouper tous les poèmes qui étaient uniques et qui ne pouvaient donc pas constituer à eux seuls une division du recueil.

            En effet, ces poèmes étaient uniques par leur sujet ou leur visée et ils étaient donc regroupés ensemble pour ne pas se sentir seuls et abandonnés, entre deux parties bien pleines où ils se seraient sentis désespérément seuls.

            Ils étaient donc là, unis dans l'adversité, plus fort tous ensemble. Diviser pour régner n'était pas leur devise, loin de là…

           

Aimer.

Qu'est-ce donc ?

Une attention ?

Un baiser dans le cou ?

Un mot doux ?

Est-ce s'abandonner dans les bras de l'autre ?

Est-ce protéger celui que l'on aime

De tous les méfaits du monde ?

Est-ce s'endormir au creux de son giron

Apaisé et serein ?

Est-ce faire pour lui

De chaque jour un paradis

Où l'être aimé sera notre ange ?

Les mots peuvent-ils seulement décrire

Cet état de grâce dans lequel il nous plonge ?

Non, ils ne le peuvent pas,

Alors pourquoi je m'obstine

A vouloir décrire la Perfection ?

Je suis une main qui se tend,

Un espoir qui s'accroche,

Une vie sauvée,

Un enfant qui continue à rire.

Je suis présent en chacun de vous,

Je vous insuffle la joie.

Vous amène l'inspiration,

Vous accompagne et vous apaise

Quand tout va mal.

Chaque malade qui guérit,

C'est un peu de moi

Que je vous lègue

Pour que vous jouissiez

D'une vie

Que je m'efforce de rendre belle.

Malheureusement, les hommes

M'ont oublié.

Je disparais peu à peu

Alors que vous avez

Tellement besoin de moi.

Je me meurs.

Je suis triste

De ne plus pouvoir vous aider

Alors que j'en ai tellement envie.

Mais vous m'avez condamné

En cessant de croire en moi…


Et il y avait Anthony. Il avait choisi de le mettre en dernier car il ne voulait qu'il soit perdu au milieu. Le mettre en dernier lui donnait une valeur spéciale et montrait qu'il avait énormément réfléchi à la manière de la présenter au mieux.

            Anthony était donc son nom, le plus beau à ses yeux. La raison : il était amoureux de lui, désespérément amoureux. Il ressentait pour lui ce que jamais auparavant il n'avait ressenti pour aucun homme. Certes, il avait aimé avant, mais jamais de cette manière, jamais aussi intensément. Avec lui, il avait découvert la passion.

            Anthony était élève en première ES dans le même lycée que lui. Il était particulièrement beau mais il paraissait encore plus beau à l'intérieur, là où se cache la vraie beauté, celle qui fait scintiller l'âme. Ils avaient quelques cours ensemble et c'était durant ceux-ci qu'il avait réalisé à quel point il l'aimait. Et ces sentiments étaient si forts qu'ils l'avaient énormément remué du fait qu'il était trop timide pour lui avouer.

            Il avait donc eu recours à un moyen détourné : il avait écrit plusieurs poèmes pour lui expliquer ce qu'il ressentait. Il les lui avait fait passer en cours, n'osant les lui donner en face.

            Tout ce qu'il attendait était une réponse, qu'elle soit négative ou positive. Il voulait seulement une réponse, rien de plus. Un mot aurait suffi. Certes, une réponse négative lui aurait fait du mal, mais il l'aurait accepté, cessant de l'importuner.

            Mais la réponse n'était jamais venue. Et depuis qu'il lui avait donné ces poèmes, il ne le saluait plus, brisant le seul contact qu'ils avaient.

            Et il attendait, encore et encore, l'observant pendant des heures, pour pouvoir fixer sa troublante beauté. A chaque fois qu'il en parlait, c'était plus dur, mais écrire ce qu'il ressentait était le seul moyen de ne pas sombrer dans une dépression totale d'où il lui serait impossible de sortir. Il y avait goûté et priait pour ne pas s'y noyer.

            Comme il avait écrit des poèmes pour lui avouer ses sentiments, il en avait écrit beaucoup d'autres pour expliquer ce qu'il ressentait et combien sa réponse était essentielle. Il n'osait pas les lui donner, de peur de détruire à jamais une amitié potentielle.

            Et cette situation le déchirait. Il lui fallait une réponse. Et il avait trouvé une ultime solution, pas la plus noble certes, mais la seule qu'il lui restait : publier les poèmes dans ce recueil, en priant pour que quelqu'un reconnaisse Anthony et les lui fasse lire pour qu'enfin, il vienne et que tous les deux puissent avoir cette discussion.

            Il voulait être fixé, pour pouvoir reprendre sa vie qui s'était arrêté depuis qu'il était tombé amoureux d'Anthony…


J'ai choisi de t'écrire un poème

Car les mots me viennent

Ainsi plus facilement.

Ce que j'ai à te dire

Est clair et simple

Mais pourtant

Si dur à avouer.

Je t'en prie,

Lis ces mots jusqu'à leur fin.

Ce que j'ai à te dire,

Je le garde en moi

Depuis trop longtemps

Et j'en suis rongé de l'intérieur.

Mais le fait est que je dois te le dire.

C'est une nécessité.

Durant deux jours,

J'ai songé à partir,

A mourir.

Mais encore une fois,

J'ai été faible

Comme à chaque que je voulais

Te dire que :

Je t'aime.


Déclaration

J'ai gravé ton nom sur la table

Comme tu l'as gravé dans mon coeur.

A pour l'Amour passionné que j'ai pour toi

N quand je me Noie dans tes beaux yeux.

T pour la Tâche indélébile de ton amour sur mon coeur.

H pour les autres Hommes que ta beauté rend insignifiants.

O pour les Odes que je t'écris pas milliers.

N pour la Nuit que j'aimerais passer entre tes bras protecteurs

Y pour tout ce que je n'arrive pas à te dire…


Illusions

Et si je dégageais,

Si je me tirais de ce bahut,

Que je lâchais tout

Pour m'asseoir à la terrasse ensoleillée d'un café.

Et si je me levais

Et que je hurlais à tout le monde

Que je suis gay

Et amoureux de A.,

Qui ne me remarquera probablement

Jamais

Autrement

Que comme un intello

Bonne pâte.

Et si je me levais

Et que je leur prouvais

A tous ces hypocrites

Que je ne suis pas cet intello

Coincé

Et que j'embrassais

Le A. en question,

Lui avouant que je veux passer

Ma vie

A ses côtés.

Et si je l'emmenais avec moi

Hors des ces murs gris

Sur la terrasse ensoleillée

De ce bar

Pour qu'il ensoleille mon cœur

De notre amour mutuel.

Malheureusement,

Je resterai là,

Cloîtré dans ma timidité maladive

A le regarder

Sans oser rien faire.

Je resterai là

Comme le paumé que je suis

Incapable d'avouer mes sentiments

A celui qui fait brûler mon coeur

D'amour et de passion.

Je le regarderai

M'imaginant le bonheur

D'un trop improbable couple.

L'enfant sage

Restera dans son coin

Sans rien faire

Et il se morfondra chez lui,

Rongé par le désespoir

Parce qu'il est encore

Tombé amoureux

De la mauvaise personne,

Celle qui est inaccessible

Celle qui ne le voit pas

Celle qui ne saura jamais…


Je l'aime

D'un amour si fort,

Si sincère

Que je n'arrive pas à l'exprimer.

Je perds mes moyens

A la seule vue de son sourire

Qui illumine le monde

Faisant pâlir le soleil

Lui-même.

Je l'aime si fort,

Si intensément

Que je ne peux lui avouer,

Tout ça parce que je suis trop timide

Trop con,

Trop coincé.

Je suis stupide,

Idiot,

Ignorant.

Je suis incapable de lui dire en face

Que je l'aime.

Bon sang,

Je l'aime tant.

Je l'aime tellement

Et je veux qu'il le sache.

Mais je n'y arrive pas.

Il me semble si inaccessible

Dans toute sa grâce et sa perfection.

D'ailleurs, que pourrait-il me trouver

A moi ?

Serais-je jamais au moins

Son ami

Pour le faire sourire

Afin qu'il illumine mon cœur

Qui se morfond d'amour pour

Lui ?

Je l'aime tellement que je ferais

L'impossible

Pour qu'il me remarque.

Danger

Serait ma devise

Si cela le faisait lever

Ses yeux vers moi.

Je l'aime.

Je t'aime.

Reconnais-toi

Dans cette description

De la grâce

Et réponds à mon appel.

Je t'en prie.

Je t'aime…


Tu es Anthony.

Je suis Miguel.

Après, c'est très simple :

Je t'aime.

Je te l'ai dit,

Par un moyen détourné certes,

Mais je te l'ai dit.

Et tu ne m'as PAS répondu.

Je n'attendais qu'un mot, qu'une parole

Pour être fixé.

Qu'est-ce que tu as fait ?

Tu m'as ignoré.

Voilà pourquoi

J'attends depuis ce jour

Une réponse.

Voila pourquoi j'insiste auprès de toi

Avec ces autres poèmes.

Comprends-tu pourquoi j'attends

Si ardemment cette réponse ?

J'en ai besoin,

Car, quand nos routes se sépareront

Après le lycée,

Si je ne sais toujours pas,

Je te perdrai à jamais.

Et toute ma vie,

Je me demanderai quelle était ta réponse,

Si tu étais comme moi timide,

Ou alors si tu ne n'aimais pas.

Toute ma vie,

Je me demanderai

Si ce n'était pas toi

Mon âme sœur,

La moitié qui manquait à mon cœur

Pour être enfin

Heureux.


Chaque jour, mon amour pour toi

Grandit.

Chaque jour, tu t'éloignes un peu plus de

Moi.

Je ne te demandais qu'une réponse que

Jamais tu ne m'as donné.

Un simple mot suffirait à apaiser

Le tourment de mes sentiments.

Un « non » me remettrait à ma place

Si c'est l'unique réponse que je peux avoir,

Mais je t'en prie,

Viens me le dire.

Je n'en peux plus de vivre

Dans l'attente,

Me raccrochant à quelque espoir fugace.

Je veux juste savoir,

Juste être fixé.

Mais tu ne me parles pas.

Tu ne me parles plus.

Plus aucune parole.

Je m'imagine tout,

Le pire comme le meilleur.

Dans tous les cas, une chose subsiste :

Je t'aime comme jamais

Je n'ai aimé un autre homme.

Tu es celui qui hante mes rêves.

Je passe à mes journées à penser à toi,

A t'admirer de loin,

Cherchant à fixer à jamais

Les traits gracieux de ton doux visage.

Je n'attends qu'un mot,

Un seul…


Je vis ma vie

Au rythme de tes pas,

De tes humeurs.

Je te suis comme ton ombre

Sans jamais t'importuner.

Je ne fais que te regarder,

T'admirer,

Décliner les courbes de ton corps

A l'encre de mon amour.

Je sens mes sentiments grandir un peu plus

Chaque jour,

Mais tu ne le vois pas,

Tu ne le sais pas,

Tu ne le comprends pas.

C'est si dur,

Peut-être plus que de m'assumer

Tel que je suis.

De plus,

Tu ne me dis même plus bonjour,

Tu ne m'adresses plus la parole

Depuis que je t'ai avoué

Les sentiments qui brûlaient mon cœur

Et déchiraient mon âme.

Plus un mot,

Plus une parole

Alors que la seule chose que j'attends est

Une réponse.

Je ne vis plus que dans l'unique

Espoir

Que tu soulages mon cœur

Meurtri

Qui se meurt d'amour

Un peu plus chaque jour.

Je n'attends qu'un mot,

Bon ou mouvais.

Mais comment pourras-tu me le dire

Si tu ne me parles plus ?


Que t'ai-je fait ?

Etait-ce si cruel

De t'avouer mon amour

Par le moyen détourné

Qu'est un poème

Que je t'ai fait passer

Durant un cours ?

Etait-ce si atroce

D'utiliser ce moyen

Pour vaincre ma timidité

Et te faire une déclaration

A la hauteur

De l'immense et impérissable

Amour

Que j'ai pour toi ?

Je vais te dire

Ce qui est cruel, atroce

Et inhumain :

C'est de ne pas me répondre,

De me laisser imaginer un amour

Que ton mutisme semble

S'acharner à détruire.

Je pourrais écrire cent fois ce que je ressens

De cent manières différentes,

Ça ne m'aiderait pas à évacuer ce que je ressens

Car je suis amoureux

Et

Malheureux.


A pour l'Absence de réponse.

N pour le Non que ton attitude m'oblige à considérer.

T pour Toi, que même sans réponse, j'aime chaque jour un peu plus fort.

H pour les autres Hommes que ta beauté rend toujours insignifiant.

O pour Oui, un mot qui me semble chaque jour plus utopique.

N pour le Nom de ce que je ressens : la Passion.

Y pour la dernière lettre de ton prénom qui scelle à jamais mon appel désespéré.


Je ne peux pas me résigner

A tirer un trait sur toi.

C'est plus fort que moi.

Même si tu ne réponds pas

A mon appel,

Je ne peux me résoudre

A renier ce que je ressens,

A renier mes sentiments

Qui me crient, me hurlent

Que jamais auparavant

Je n'ai aimé un homme

Comme je t'aime

Toi.

Comprends-tu cela ?

J'ai déjà aimé avant,

Ou peut-être ai-je cru aimer…

Mais avec

Toi,

J'ai découvert la signification

De l'expression

Etre amoureux,

Etre fou amoureux.

Malheureusement,

Face à ton absence de réponse,

J'ai aussi découvert

Une infinie tristesse.

J'ai découvert la signification

De l'expression

Se mourir d'amour.

Mourir, j'y ai songé,

Mais à quoi bon ?

Je crois que même mort,

Je t'aimerais toujours autant.

L'amour que j'ai pour toi

Est gravé en moi,

Et ne rien semble pouvoir

L'altérer.

Au contraire,

Cet amour,

Cette passion,

Grandit chaque jour.

Chaque matin, je me lève

En voyant en songe ton visage.

Chaque nuit, je m'endors

En emportant dans mes rêves

Les courbes de ton corps.

Cependant, tu t'éloignes

Chaque jour un peu plus,

Me laissant désespérément

Seul…


Est-ce moi que tu regardes

Quand tu lèves la tête ?

Y'a-t-il quelque chose

Que tu n'oses pas me dire ?

Si oui, n'aie pas peur

De venir vers moi.

Si tu veux me dire quelque chose,

Viens sans crainte.

Cela fait un long mois

Qua j'attends cette réponse

Et bien plus longtemps

Que je n'ai plus d'yeux

Pour aucun autre homme.

Comprends combien il m'a été

Difficile de t'avouer mes sentiments,

Même à travers ces poèmes.

Comprends que si je recommençais pour te dire

A quel point cette réponse est importante

A mes yeux,

J'aurais peur que tu te sentes harcelé par moi.

Et pour rien au monde,

Je ne voudrais être un fardeau pour toi.

Mais si tu m'aimes, je t'en prie,

Dis-le moi.

Vivre dans l'attente,

Tu n'imagines pas à quel point c'est dur.

Ou peut-être si l'imagines-tu

Car tu ressens la même chose

Mais pour quelqu'un d'autre.

Si c'est le cas, dis-le moi simplement

Et je me résignerai.

Je te demande

Un seul mot,

Juste un seul…


En aucun cas,

Je ne voudrais rendre ton existence

Pénible

En insistant comme je le fais.

Mais ta réponse représente tant à mes yeux.

Un seul mot,

Positif ou négatif

Et tout cessera

Ou tout commencera.

Je ne veux qu'une réponse,

Est-ce trop demander ?

Pourquoi restes-tu sourd

A mon appel ?

Je n'ai jamais aimé si fort

Mais tu ne le vois pas,

Tu ne me vois pas.

Et j'ai si mal.

J'aimerais tant te compter

Parmi mes amis

Si c'est la seule alternative

Pour me rapprocher un peu de toi

Sans jamais n'être rien de plus

Qu'un ami

Pour toi que

J'aime tant.


Après la peine…

Voilà.

J'ai eu ce que je voulais.

J'ai eu ma réponse.

J'ai insisté

En inscrivant

Un mot sur un livre

Que je t'ai rendu.

Un message au détour d'une page

Insistant sur la nécessité pour moi

D'avoir une réponse.

Je l'ai eu ma réponse.

Certes, elle m'a fait mal

Mais c'est moi qui ai insisté.

Au moins ne vivrai-je plus dans l'illusion

D'un amour réciproque.

Je dois à présent faire le deuil

De cet amour

Qui n'a jamais existé.

C'est dur,

Très dur,

Trop dur.

Tu ne m'aimes pas,

Mais moi,

Je t'aime toujours.

Cependant, je me suis juré

De ne pas te harceler

Si tu ne m'aimais pas.

Je dois me faire une raison,

Passer à autre chose

Pour recommencer à vivre.

J'ai l'impression que jamais

Je n'aimerai quelqu'un

Autant que je t'aime.

Cruelle institution que l'amour

Dont les flèches baladeuses

Ne se plantent jamais au bon endroit…


Je n'arrête pas de le regarder.

Il a l'air si triste.

Est-ce ma faute ?

Est-ce ma déclaration

Qui lui as fait tant de mal ?

Non, pas du tout.

Il n'est même pas malheureux.


Il rit, il plaisante.

Il m'a déjà oublié

Si tant est qu'il ait déjà pensé à moi,

Que j'ai déjà occupé

Une place dans son cœur,

Fut-ce-t-elle infime…

Il ne m'aime pas,

Voilà tout.

Il faut que je m'y fasse,

Même si moi,

Je l'aime encore.

You're in my mind…

J'essaie de t'oublier.

C'est difficile

Mais j'y arriverai.

Il le faut.

Tiens, parlons d'autre chose

Pour que ce soit plus facile…

Du soleil par exemple,

Qui me réchauffe

Quand je suis triste

Qui brille et m'illumine

Comme le fait ton sourire.

Raté…

Te voilà encore qui revient

Alors que j'essaie si désespérément

Si pathétiquement

De me défaire de l'amour que j'ai pour toi.

Chaque chose

Me rappelle à ton souvenir,

Un souvenir à chaque fois

Plus douloureux.

J'ai beau faire de mon mieux,

Je t'aime toujours.


Epilogue - Lucas

Je n'y croyais plus

Mais aujourd'hui, je suis amoureux.

Il le sait

Et c'est réciproque.

Il arrive si facilement à effacer

Toutes mes peines passées…

Certes, il y eu un passage à vide

Où j'ai cru

Qu'après m'avoir ouvert son cœur,

Il m'avait oublié.

Mais il n'en était rien

Ou tout du moins l'ai-je cru.

Et je l'aime.

J'en suis convaincu.

Il a les mêmes attentes que moi

Et les mêmes sentiments.

Il  partage ma plus grande passion.

Il est le plus bel homme sur terre

Et aucun autre ne compte à mes yeux.

Il est un peu plus âgé que moi

Mais mon cœur

Me crie, me hurle

Que je l'aime,

Lui et pas un autre.

Je ne sais pas ce que l'avenir

Nous apportera

Mais aujourd'hui,

A cet instant,

Mon seul désir est

De le serrer dans mes bras

Pour m'endormir lové

Contre son corps.

Je t'aime,

Mon amour.

Mais malheureusement,

Quand tout va pour le mieux,

Tout ne peut être que pire.

Et c'est bel et bien ce qui est arrivé.

Tu m'as délaissé,

M'as oublié.

La belle histoire

N'a même pas commencé.

L'idylle

N'en est pas devenu une.

Le Néant a emporté

L'amour.

Je tombe amoureux trop facilement,

Ça ne peut être que ça.

Parfois, les histoires finissent mal.

Souvent même…



[1] Cette jolie maxime est extraite d'un sketch des Deux minutes du peuple de François Pérusse.

2 « aç » n'est pas une faute de frappe !