2010-11-28

Bonjour à tous les lecteurs et lectrices.

J'ai dernièrement décidé de me relancer sur cette histoire. Elle sera à l'épreuve de changements mineurs et de corrections. J'espère que ces modifications seront appréciées.

Les personnages présentés sont entièrement fictifs et m'appartiennent.

Bonne lecture. ;-)

~*~ Nirdée~*~

Mina Shulen, une vie pour une autre

Chapitre 1

Une amie

Je n'ai jamais pensé que tuer aurait pu m'amener jusqu'ici. J'ai toujours fait cela pour mon propre compte. En fait, l'argent n'était que ma seule motivation. Puis, le plaisir vint aussi, mais jamais au grand jamais je ne pourrai me résigner à tuer femmes et enfants. C'est une valeur à laquelle je tiens et dont je ne décrocherai jamais. Même si, un jour, ma vie en dépendait. . .

***

Elle était à cheval et se dirigeait vers un petit village, les yeux tombants, fatigués. Un homme conduisant une charrette voyageait en sens inverse. Elle l'intercepta.

-Eh! Vous! Pourriez-vous me dire où je pourrais trouver « L'auberge des Quatre-Vents »?

-Heu. . . oui, vous continuez tout droit et tournez à droite sur la première rue, répondit l'homme.

-Merci, dit-elle en lui lançant une pièce de monnaie. Voici pour vous remercier!

-C'est moi qui vous remercie, marmonna-t-il en regardant la pièce dans le creux de ses mains.

La jeune fille était au bord de l'épuisement. Un mal la torturait, mais elle persistait à le cacher. Elle réussit facilement à trouver l'auberge. Elle était magnifique. Un jardin de fleurs décorait un côté et un grand chêne se laissait bercer par de douces brises. Elle fit entrer son cheval dans l'écurie à l'arrière de la bâtisse prenant soin de le décharger avant de le confier au palefrenier. En reprenant son chemin vers l'auberge, elle ne put s'empêcher de s'arrêter brusquement, perdant presque pied. La douleur était si atroce qu'elle pouvait la ressentir jusqu'à l'intérieur de tout son être. Elle hésita longuement avant de continuer.

Son sac sur le dos, elle entra dans l'auberge. L'hôtesse fut très accueillante.

-Bonsoir, que puis-je faire pour vous?

-Hum. . . j'aimerais une chambre pour trois nuits et je désirais prendre un bain aussi. Je peux payer tout de suite.

L'hôtesse consulta son grand livre des registres.

-Bien, nous avons une chambre avec vue sur le jardin. Elle est un peu petite, mais c'est la seule qui nous reste. . .

-Je la prends.

-Entendu, je vais la faire préparer et aussi votre bain. Si vous voulez bien attendre au salon, je vous avertirai lorsque tout sera prêt, confirma l'hôtesse.

La jeune fille se rendit au salon, le pas lent. Il y avait beaucoup de monde, certains jouaient aux cartes, d'autres discutaient. Dans un coin de la pièce, un homme vêtu d'une grande cape noire parlait, assis à d'une table, avec de gens fortunés. La jeune fille avait le sentiment qu'elle l'avait déjà vu quelque part, qu'elle le connaissait. Il avait des cheveux blonds peignés vers l'arrière et des yeux bleus très clairs. De temps à autres, l'homme croisait le regard de la jeune fille comme s'il avait une idée derrière la tête.

Une demi-heure s'écoula avant que l'hôtesse ne vienne. En l'attendant, la jeune fille s'était prêtée à un jeu de cartes et avait gagné un petite somme d'argent qui comprenait une bague en or incrustée d'une émeraude.

-Mademoiselle, votre chambre est prête.

-Ah! C'est vous. . . bien, j'arrive.

Puis, la jeune fille s'adressa aux participants autour de la table.

-Messieurs, merci pour cette partie.

-Ouais, j'en reviens pas. Je me suis fait roulé par un fille. . .

-T'en fais pas, tu la battras la prochaine fois, articula difficilemenet un autre dabs un fou rire.

La jeune fille sortit du salon en compagnie de l'hôtesse.

-Tenez, voici votre clef. Votre chambre est au deuxième étage, quatrième porte à gauche. L'eau du bain est très chaude, je vous ai laissé une chaudière d'eau froide. Si vous avez besoin de quoi que ce soit d'autre, n'hésitez pas!

-Merci, mademoiselle.

-Appelez-moi Caroline.

-Bien, moi c'est Mina.

-Eh! Caro, ça fait cinq minutes que je t'attends, qu'est-ce que tu fais? s'écria une voix au loin.

-Oui, j'arrive, M. Berquise. Bien. . . je dois vous laisser, bonsoir, s'empressa de dire l'hôtesse avant de la quitter.

-Bonsoir, répliqua Mina.

La jeune fille monta les escaliers. Le couloir qui menait à sa chambre était très sombre. Seule une lanterne éclairait le passage. Plusieurs tableaux étaient accrochés aux murs. L'un d'eux attira son attention. C'était le portrait d'un jeune homme assis sur un trône dans un forêt. Il était entouré d'oiseaux et d'animaux sauvages. La scène était magique. Mina s'en approcha et effleura du bout d'un doigt le visage du jeune homme. C'était un elfe. . . Au même moment, elle ressentit un élancement de douleur dans son bras gauche. Elle se mit à gémir tellement cela lui faisait mal.

-Mademoiselle, vous allez bien? s'écria M. Berquise.

Mina était pliée en deux et tenait à peine sur ses pieds. M. Berquise s'approcha d'elle pour l'aider à se relever, mais elle le repoussa.

-Merci, je vais bien aller. Puis-je vous demander qui est-ce qui est peint sur ce tableau? fit-elle en se relevant lentement.

M. Berquise se gratta la barbe.

-À vrai dire, je l'ignore totalement. Ma nièce trouvait qu'il allait bien avec notre jardin de fleurs. Il m'a coûté un petite fortune, mais il m'a valu son sourire.

-Votre nièce?

-Oui, Caroline Berquise est ma nièce. Ses parents sont partis en voyage dans la province, les chanceux. Comme je l'aime bien, j'ai accepté de la garder. Au fait, l'auriez-vous vu? Je la cherche depuis plus de dix minutes. Un ivrogne a renversé un baril rempli de bière. Le malheureux n'a plus un sous, il a tout gagé dans une parti de cartes. Elle devait m'apporter de quoi nettoyer et de faire sortir le saoulon, mais je ne la trouve nulle part.

-Vous êtes le propriétaire? demanda Mina.

-Oui, je suis bien le propriétaire.

-Et bien, non, je ne l'ai pas vue depuis la dernière fois.

-Ça c'est bien ma chance, lâcha-t-il en partant.

-Attendez! J'ai quelque chose qui pourrait peut-être vous aidez, s'écria la jeune fille.

-Pardon...

M. Berquise se retourna.

-Oui, j'ai gagné cette bague aux cartes, je croix qu'elle appartenait à cet homme, prenez-la. Elle payera pour les dommages causés.

L'homme la prit avec de grands yeux.

-Ça, c'est bien gentil! Ça dédommagera aussi les trois autres barils qu'il m'a renversé la semaine dernière.

Mina et le propriétaire se mirent à rire.

-Ah, j'oubliais. . . Le vendeur du tableau m'avait dit que l'oeuvre était ensorcelé, mais, moi, je suis un peu septique. Mais, ce sera à vous d'en juger par vous-même.

Sur ce, M. Berquise partit. Mina regarda à nouveau le tableau. Elle trouvait étrange que l'homme ait dit qu'il cherchait sa nièce depuis dix minutes puisque, d'après elle, il ne se serait pas écoulé même une minute depuis le moment où elle l'avait quittée. La jeune fille scruta les moindres détails du tableau. Il paraissait pourtant normal. Puis, elle quitta l'oeuvre pour se rendre à sa chambre. À sa grande surprise, il faisait noir, la lanterne était éteinte et le soleil était déjà couché. On n'entendait plus un seul bruit. Tout semblait endormi. Quelqu'un monta les escaliers. C'était M. Berquise. Il était en chemise de nuit et transportait un chandelier.

-Vous n'êtes pas encore couchée! J'ai fermé boutique et je viens donner le couvre-feu.

-Quoi? Je ne comprend pas. Je n'ai regardé le tableau qu'à peine cinq minutes après votre départ et, quand je l'ai quitté des yeux, il faisait noir.

-Décidément, ensorcelé ou non, ce tableau devra être remis en question. Bien, je vais vous reconduire à votre chambre, fit l'homme.

Lorsqu'ils furent rendus à la chambre, Mina fit une mine déçue.

-Et bien, tant pis pour le bain. . .

-Ne vous inquiétez pas, l'eau devrait simplement être tiède. Je vais vous chercher de l'eau chaude, nous en laissons tout le temps sur le feu au cas où. Je reviens. Installez-vous confortablement pendant ce temps.

M. Berquise prit une chandelle de son chandelier, la déposa dans celui de la chambre et partit en fermant la porte derrière lui. Aussitôt, Mina enleva sa grande cape bleue marine et déballa son sac de voyage. Elle était plus que fatiguée. Elle avait vraiment besoin de sommeil. Peu de temps après, le propriétaire revint avec un seau d'eau chaude fumante. Il en versa dans la bassine et vérifia la température en tapotant l'eau de sa main.

-Voilà, ça devrait suffire.

Il déposa le seau sur le plancher, souhaita bonne nuit à la jeune fille et partit.

Maintenant seule, Mina défit la sangle qui retenait son gant gauche, l'enleva délicatement et releva sa manche. Un bandage ensanglanté entourait son bras. Le rouge avait bruni, mais il y avait encore des traces fraîches. Elle le dénoua doucement. Tout le long, du côté intérieur de son avant-bras, courait une entaille toute raccommodée. La paume de sa main gauche avait subi le même sort. Elle frôla du bout des doigts la coupure qui la démangeait.

Le matin même, après avoir accompli sa dernière mission, Mina avait été la proie de brigands. L'un d'eux ne l'avait vraiment pas ratée. Il lui faisait beaucoup penser à l'homme aux cheveux blonds qu'elle avait remarqué au salon.

D'un geste décidé, Mina plongea son bras gauche et le bandage dans la chaudière qu'avait laissé Caroline quelques heures plus tôt. L'eau s'était réchauffée, mais calma légèrement la douleur de l'entaille. L'eau claire changea au rouge lorsque la jeune fille se mit à nettoyer le bandage. Par la suite, elle se déshabilla et prit son bain.

Deux coqs chantèrent pour annoncer une nouvelle journée. Le soleil n'était pas encore levé, mais l'aube était présente. Mina ouvrit doucement les yeux et sortit de son lit défaisant les couvertures qui l'avaient tenue au chaud toute la nuit. Elle s'étira et bailla. Au moment où elle commença à s'habiller, quelqu'un frappa à la porte. La jeune fille fut surprise, car elle n'attendait personne. Comme elle ne voulait pas être vu en chemise de nuit, elle prit le temps de mettre quelques vêtements : chemise blanche et pantalon noir. Lorsqu'elle alla répondre, une lettre fut glissée sous la porte. Elle la ramassa et ouvrit quand même la porte. Mais, il était trop tard, la personne avait disparu. Un peu frustrée du dérangement, elle referma la porte, puis, cherchant la lumière, Mina se dirigea vers la fenêtre en ouvrant l'enveloppe. Elle dut tirer les rideaux de dentelles tant il faisait sombre. Elle lut la lettre. Le nom de l'auteur du message n'y était inscrit, mais elle savait à qui elle avait affaire.

-Quoi? . . Non, ce n'est pas possible! Je leur avais pourtant dit que ça ne m'intéressait pas. Et, surtout pas maintenant!. . . Cinquante mille pièces d'or. . . ils sont prêts à payer cinquante mille pièces d'or! Tant pis, je vais le faire. Mais avant, je vais me renseigner si le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Mina finit de s'habiller et tressa ses longs cheveux noirs tout frisottés avant de descendre à la salle à manger de l'auberge. Il était près de six heures du matin.

-Vous êtes bien matinale, Mina, dit Caroline en souriant. Avez-vous bien dormi?

-Non, très mal, répondit la jeune fille en soupirant.

-Puis-je vous servir quelque chose?

-Oui, le plat du jour s'il vous plait. . . Connaissez-vous la famille Welsh?

-Heu. . . D'après ce que je sais, c'est une famille anglaise très riche. La plupart des membres vivent sur la côte ouest du pays dans la ville de Trêsseillie. C'est tout! Pourquoi cette question?

-Eh bien. . . patina-t-elle, j'ai entendu ce nom lors d'une conversation au salon hier soir.

-Ah! Je vois. Désolée de ne pouvoir vous aider plus. Toutefois, je crois que mon oncle en connaît beaucoup plus long sur eux. Je vais lui demander.

-Merci!

Quelques minutes plus tard, M. Berquise vint servir Mina.

-Bonjour, voici votre déjeuner. Alors, ma nièce m'a dit que vous vouliez en savoir plus sur la famille Welsh. C'est bien ça? chantonna le propriétaire en s'assoyant en face d'elle.

-Oui, c'est bien ça.

-Quelqu'un ou quelque chose en particulier?

-Eh bien. . . mademoiselle Talianna Welsh.

M. Berquise devint soudain mal à l'aise et hésita sur ce qu'il allait dire.

-Heu. . . Eh bien. . . Hum. . . à ce que je sache, elle vit avec ses parents à Trêsseillie. . . C'est une fille très bien éduquée, à ce qu'il paraîtrait. . .

-Ah bon! Connaissez-vous quelqu'un qui s'y connaît en langues anciennes, demanda-t-elle avant de boire son lait chaud.

M. Berquise se sentit soudainement soulagé.

-Hum. . . attendez un peu, dit-il pensif. Je crois que oui. C'est un vieil ami à moi. Il vit dans la forêt des « Sombres souches ». Est-ce urgent?

-Oh que oui!

-Bien, je crois qu'il peut peut-être vous recevoir. Voyez-vous, c'est qu'il n'est pas très causant, c'est une vieille tête de mule. Il ne s'intéresse qu'à ce qui est important. Toutefois, vous ne pourrez pas le rencontrer accoutrée en homme.

-Heu. . . pourquoi?

-Parce que, pour lui, une femme devrait être habillée en robe ou en jupe. Vous comprenez?

-Je vois, mais c'est que je n'ai pas de tels vêtements!

-Ma nièce devrait avoir quelque chose à vous donner.

-D'accord, mais j'ai une course à faire avant. Je serai de retour dans une heure ou deux, dit-elle en finissant son repas.

-Bien, je lui demanderai entre-temps!

Mina fila dans sa chambre et sortit de l'auberge aussitôt avec son sac de voyage. Quelques instant plus tard, elle entra dans l'atelier du forgeron.

-Bonjour ma p'tit dame, dit joyeusement le forgeron.

-Bonjour, j'ai une épée à faire renforcer. Pourriez-vous faire cela, maintenant. . .

-Vous êtes chanceuse, ma p'tite dame, je n'ai aucune commande ce matin! Puis-je la voir?

Mina sortit son épée et la déposa sur le comptoir.

-Elle est vraiment abîmée cette épée, mais, il n'y a pas de problème, je peux la réparer très facilement.

-Est-ce que ça va prendre beaucoup de temps?

-Hum. . . une demi-heure, trois quart d'heure, je pense bien, lui répondit le forgeron.

-Parfait, j'ai une course à faire, je vais certainement être de retour à temps.

Elle déposa le montant de la réparation en argent comptant sur le comptoir avant de partir.

Les rues commençait déjà à grouiller des gens dans le petit village de Horbey. Le marché de la grande place était ouvert. Plusieurs kiosques étaient invitants avec leurs fruits et légumes frais. De la boulangerie, on sentait une bonne odeur de pain et de pâtisserie. Mina se promenait. En fait, elle cherchait une boutique ou plutôt une pharmacie. La coupure à son bras n'avait pas cessé de la démanger et elle avait peur qu'elle ne s'infecte. C'est pour cela qu'elle devait se procurer au plus vite de quoi se soigner. Elle finit par trouver en demandant son chemin. La boutique était tout à fait charmante. Dès qu'elle fit un pas à l'intérieur, Mina sentit son nez se faire chatouiller par une infinité d'odeurs et d'essences de toutes sortes. L'établissement était décoré avec goût et simplicité. Plusieurs étagères avaient été aménagées et supportaient une grande variété de fioles, de flacons, de bocaux, de plantes et de fleurs. Mina savait exactement ce dont elle avait besoin. Elle s'empressa d'acheter des herbes médicinales, des bandages et quelques fleurs séchées. Avant de quitter, la jeune fille se fit interpeller par le commerçant.

-Mademoiselle, je crois que vous avez échappé quelque chose!

-Quoi? fit-elle en se retournant.

L'homme fit le tour de son comptoir d'achat, puis se pencha pour ramasser une fine chaînette en or au bout de laquelle suspendait un pendantif.

-Ceci, serait-ce à vous?

-Ma chaînette! s'exclama-t-elle si surprise. Merci!

-Tenez, et faites attention. . . Ce bijou est d'une très grande valeur.

-Et, croyez-moi, il en a plus à mes yeux, répliqua la jeune fille en récupérant son bijou.

Mina sortit finalement de la boutique, le coeur un peu chamboulé. Soudainement, elle se fit pousser au sol. Un jeune homme parmi la foule, plutôt pressé et la tête ailleurs, ne l'avait pas vue et l'avait bousculée sans faire exprès.

-Oh! Je vous prie de m'excuser, je ne vous avais pas remarqué, pardonnez ma maladresse, dit-il énergiquement en l'aidant à se relever.

Mina poussa un cri qu'elle eut beaucoup de peine à taire lorsque le jeune homme pressa, sans le savoir, une main sur la blessure de son bras gauche en l'aidant.

-Je suis désolé, vous ai-je fait mal?

-Mais, lâchez-moi, je ne suis pas une poupée de porcelaine, rugit-elle pour qu'il lâche prise sur sa blessure.

-Eh! Dépêche-toi, Damien. Il ne nous reste pas beaucoup de temps, s'écria un voix.

-Oui, je sais, répondit le jeune homme.

-Mais. . . qu'est-ce qui s'est passé, ici, demanda l'homme à la voix.

-J'ai accroché cette fille en essayant de te rattraper.

Les deux hommes portaient de grandes capes avec de grandes capuches. On pouvait à peine discerner leur visage. Mais, le plus jeune, celui qui l'avait bousculée, avait des mèches frivoles brun clair qui dépassaient et Mina avait remarqué ses yeux qui étaient d'un vert profond qui lui faisait penser à la forêt et aux grands espaces.

-Écoutez, je vous prie de me pardonner. . . ce n'était pas intentionnel, dit Damien sur un ton désolé.

-Bien, ça va, je vous pardonne. . . fit-elle avant de se taire brusquement. Pourquoi me regardez-vous comme ça?!

Damien éleva légèrement sa main en direction du visage de la jeune fille.

-Heu. . . votre lèvre saigne. . .

-Quoi. . . !

Mina toucha rapidement ses lèvres, inquiète de sa nouvelle blessure. Elle ne tarda pas à constater le sang coulant sur ses doigts. Coincée et un peu frustrée, elle s'enfuit sans dire un seul mot.

-Attendez. . . Mademoiselle, attendez, cria Damien en la voyant s'éclipser.

Il fit un pas et marcha sur quelque chose de dur. Il leva son pied. C'était la chaînette de la jeune fille. Damien fut ébloui par la finesse du bijou. Le pendentif était digne d'une reine : un croissant de lune enlacée de tiges, de feuilles et d'une rose. Il était tout en émail blanc crème.

Mina essuya sa lèvre inférieure qui ne saignait presque plus du revers de sa manche. La bousculade avec le jeune homme l'avait mise un peu en retard. Elle arriva, toutefois, à temps chez le forgeron, car celui-ci avait pris plus de temps pour la réparation. L'épée semblait presque neuve. Mina était très satisfaite du résultat.

De retour à l'auberge, elle se rendit à sa chambre. Des vêtements avaient été déposés sur son lit. Quelqu'un frappa à la porte.

-C'est moi, Caroline, puis-je entrer, fit une voix timide.

-Oui, entrez, la porte n'est pas fermé à clef.

-Alors, comment les trouvez-vous, demanda Caroline en entrant dans la pièce.

-Ils sont parfaits. Il ne me resterait plus qu'à les essayer.

-Hum. . . quand comptez-vous partir?

-Au plus vite, maintenant si possible.

-Dans ce cas, suivez-moi à ma chambre, si vous le voulez bien, je vais vous aider à vous préparer. . . Et, si cela ne vous ennuie pas, pourrions-nous nous tutoyer?

-Eh, bien. . . pourquoi pas?

-Bien, suis-moi, dit Caroline en lui prenant la main, le sourire aux lèvres.

Mina mit une robe brune de coton épais. Elle lui allait comme un gant. Elle était un peu trop longue, mais, avec ses bottes aux pieds, on ne pouvait pas s'en rendre compte. Elle enfila, aussi, une veste de laine. Caroline lui avait conseillé de s'habiller chaudement, car les nuits étaient fraîches. Celle-ci s'occupa de coiffer les cheveux de sa nouvelle amie. Ils étaient remarquablement beaux, cependant Mina ne s'en préoccupait jamais. Elle se contentait simplement de les attacher avec un fichu à la tête sous un chapeau à large bord ou de les tresser. Caroline décida de les laisser dégagés. Les cheveux ainsi bouclés, la chevelure était très belle.

Lorsque Caroline vint pour la maquiller, Mina sursauta.

-Tu ne vas quand même pas me maquiller. . . Je déteste ça.

-Ne t'en fais pas, je ne te défigurai pas.

-. . . Heu. . . Je n'y tiens vraiment pas.

-Ah. . . fit Caroline en levant les yeux au ciel, laisse-moi au moins cacher ta vilaine blessure à la lèvre.

-Bien. . . d'accord, se résigna-t-elle.

À l'insu de Mina, son amie tricha. En plus de masquer la blessure, elle mit du rouge à lèvre. Il était heureusement léger.

Une heure plus tard, Mina était prête à partir. Tout était bien empaqueté et elle avait même une carte pour se rendre chez le vieil ami de M. Berquise. Caroline l'accompagna à l'écurie pour lui dire au revoir.

-Je te souhaite de faire bon voyage.

-Merci, dit Mina. Ah, j'oubliais! En arrivant, j'ai payé pour trois nuits de frais et, comme je n'ai passé qu'une seule nuit, ici, pourrais-tu garder cet argent? Comme ça, la prochaine fois, je n'aurai pas à payer les deux autres.

-Mais, bien sûr!

-C'est gentil. . . Bien, je dois partir à présent.

-Au revoir et à très bientôt, je l'espère, souffla Caroline en saluant de la main, car Mina était déjà partie.

Il était rare que Caroline se lie d'amitié avec un client de l'auberge et, lorsque c'était le cas, elle ne les revoyait souvent plus jamais. Mais cette fois-ci, il lui semblait que c'était différent.

***

Merci de votre lecture et n'oubliez pas de laisser vos impressions et commentaires qui sont si précieux.