Titre : Quand deux vies se croisent (j'ai changé au moins vingt fois de titres…)

Auteur : A votre avis ?

Disclaimer : Tous les persos sont à moi, surtout le héros qui est tout de même moi ! Alors, pas touche !

Rating : Tout public (si bien sûr, vous n'avez rien contre les gays dont je vous rappelle, je fais partie !)

Résumé : Les déboires d'un ado gay de dix-sept ans qui a décidé de faire publier ce qu'il écrit…

Titre du chapitre : Des pervers et des blaireaux

Reviews et mails : Ne vous gênez surtout pas, j'adore ça !!!! Et mon mail, c'est toujours :

Z'ai fini ! Rentrons dans le vif du sujet maintenant !

Quand deux vies se croisent

Chapitre 1 : Des pervers et des blaireaux

Je ne dirais pas que je suis stressé. Tétanisé serait plus juste… Imaginer tous les scénarios possibles est loin de n'avoir que du bon…

Vous vous demandez peut-être qui je suis ? Ça m'arrive aussi… Bon, passons. Donc, je m'appelle Miguel, j'ai dix-sept ans. Je suis élève en terminale littéraire dans un petit lycée où on est neuf dans la classe. Physiquement, je suis un grand gaillard d'un mètre soixante-quinze avec quelques kilos en trop mais qui se soigne (Ma parole, on dirait la description que je fais quand je cherche un trip sexe sur le net !). J'ai les cheveux châtains foncés pas longs mais pas courts non plus parce que j'aime bien pouvoir faire des patouilles avec l'eau coiffante le matin quand je suis à la bourre. Mes yeux sont bleus verts (en fait, personne n'a jamais su me dire s'ils étaient bleus ou verts !) et on m'a souvent dit qu'ils étaient beaux (faut bien se vanter un peu !). Le nez n'est pas ce que j'ai de plus beau (héritage du père… Vive le patrimoine génétique !!!) mais on fait avec. On fait aussi avec les quelques boutons d'acné (Ah les hormones…) récalcitrants au traitement. C'est là tout l'art de se laisser pousser la barbe (autant qu'on le peut à dix-sept ans) quand on a une éruption de boutons. Donc, je n'ai pas une physique à faire bander une nonne mais je ne suis pas non plus une bête de foire. En gros, je suis un peu banal. Je compense par l'habillement : jeans aux coupes originales et maillots près du corps.

Mais bon, ça ne fait pas tout, surtout dans un monde où la beauté est prédominante. Avec tout ce que je vous ai dit, vous devez croire que j'attends une fille pour un rendez-vous.

Hé ben, vous avez tout faux ! D'une part, je suis gay et célibataire et d'autre part, j'attends ici mon hypothétique futur. Tout cela m'amène à vous parler de ma passion, le seul et unique truc qui me fait réellement kiffer et auquel je prends un plaisir immense (non, ce n'est pas la branlette !) : écrire. Et quand je dis écrire, ce n'est pas un texte par-ci par-là, c'est me mettre devant l'ordi pour le faire dès que j'ai un moment. Poèmes, nouvelles, romans, fan-fics (récits sur des séries ou des mangas). Mon style est plutôt varié.

Vous vous demandez quel est le rapport avec le fait d'être stressé ou tétanisé ? C'est simple. J'ai rendez-vous avec un éditeur dans dix minutes. D'après la réponse que j'ai reçu, mon manuscrit avait « intéressé la maison » et je suis de ce fait invité à un entretien avec un des responsables.

C'est pour cela que mon futur va se jouer dans quelques minutes. Là, je suis dans une sorte de salle d'attente. Ma petite pochette bordeaux où j'ai marqué à la va-vite « poèmes » mais qui contient aussi quelques nouvelles, m'accompagne au cas où.

Bon, alors, y attendent quoi ? Que je fasse une crise de stress et que je convulse par terre ? C'est pas une si mauvaise idée… Peut-être qu'ils me prendraient en pitié… Non Miguel ! Reprends-toi !!! Tu dois être sûr de toi ! Il faut leur donner envie de s'intéresser à toi !!!!

« Monsieur !!! lance la standardiste, un peu fort, me tirant de mes rêveries. »

Je devais être tellement plongé de mes pensées que je l'ai pas entendu… Ça commence bien…

« Mr Danceny va vous recevoir, annonce-t-elle. Veuillez entrer dans son bureau. »

Je hoche la tête, m'avance vers le porte, l'ouvre et entre. Le Mr Danceny en question est au téléphone, probablement avec sa femme. C'est un homme d'une bonne soixantaine d'année, dégarni sur le haut du crâne et bedonnant style « pâte à brioche qui a trop levé ».

« Oui, chérie, je serai là à sept heures. Oui. Oui, je t'ai dit ! Mais non, je ne m'énerve pas. Bon, j'ai du travail. A ce soir ! Oui, moi aussi, je t'embrasse. »

Il raccroche et lève la tête vers moi.

« Bonjour, Monsieur… (Il se penche vers mon manuscrit) Sanchez. Asseyez-vous, je vous en prie. »

Je m'exécute, répondant à son salut.

« Nous avons lu votre manuscrit, comme vous vous en doutez, puisque vous êtes là. Il a retenu l'attention de notre maison d'éditions. »

Chouette ! Mais venons-en au fait !!! Vous allez le publier ou pas ?!

« Avant d'aller plus loin j'aimerais vous poser quelques questions ?

- Oui, bien sûr ! »

Aller plus loin ??? Il compte aller plus loin !!! Je peux me lever et danser ?

« Jusqu'où êtes-vous prêt à aller pour être publié ? »

Jusqu'où je suis prêt à aller … Qu'est-ce qu'il veut dire ?

« Hé bien, je suis prêt à… écrire et vous faire parvenir mes manuscrits régulièrement. Je ne suis pas sûr de comprendre où vous vous voulez en venir.

- Je vois ça. Je voulais dire : jusqu'où êtes-vous prêt à aller ?

- N'est-ce pas la même question ?

- Si… »

Sans rien dire de plus, il se lève et vient vers moi :

« J'ai lu dans la lettre accompagnant votre manuscrit que vous souhaitiez ardemment être publié… »

Il pose sa main sur mon bras :

« …Alors je me demandais si vous seriez prêt à vous « investir » corps et âme… »

Quand je disais que je voulais qu'il s'intéresse à moi, je voulais pas dire dans ce sens ! Pourquoi y remonte sa main sur mon bras ? Beeeerkkk !!! Je me recule en sautillant avec la chaise. Il me suit.

« Tu veux jouer ?

- Non, pas vraiment… »

Je continue à reculer mais je me retrouve contre le mur. J'envisage de partir sur le côté mais il pose ses bras sur chacun des accoudoirs.

« Si tu me rends heureux, je te rendrai heureux.

- Ah oui ? »

Je prends mon visage de nympho et me relève. J'approche mon visage du sien… Et lui mets mon genou entre les deux jambes de toutes mes forces. Il pousse un long cri.

« Sale petit con ! Espèce de sale petit connard ! Petite tapette ! »

Que de jolis mots qui sortent de sa bouche. Je ne l'écoute déjà plus alors que je sors de son bureau. Je l'entends néanmoins hurler :

« Jamais tu ne seras publié ! Je préviendrai toutes les maisons d'édition !!!

- Oui, bien sûr ! Vous leur raconterez aussi ce que vous avez fait pour que je vous frappe, bien sûr ? Et vous le direz aussi à votre femme, non ? »

Je l'entends jurer. Moi, je sors en claquant la porte. Oh, et puis non, je n'en ai pas fini avec lui. Quitte à ne jamais être publié, autant faire ça en beauté, vous ne croyez pas ?

Je retourne donc dans le bureau.

« C'est encore moi, papy ! Je viens reprendre mes manuscrits ! Je vais pas te les laisser, en plus ! »

Je m'empare des manuscrits, renversant malencontreusement le vase qui trônait là, imbibant d'eau tout ces précieux dossiers.

« Oups !

- Dehors !!! »

Je ne me le ferai pas dire deux fois. Je veux mettre le plus de distance possible entre ce gros porc et moi.

Premier entretien : échec. Et encore le mot est faible.

ooo

Je ne m'avouerai pas vaincu. Deux jours se sont écoulés depuis l'entretien avec la baleine en chaleur. Manifestement, il n'a pas du informer toutes les maisons d'édition des défauts de sa méthode de recrutement puisque j'ai un autre rendez-vous.

Me revoilà donc à attendre. Pourvu que l'histoire ne se répète pas… Ben oui, je ne voudrais pas avoir à castrer une autre personne.

« Monsieur ?

- Oui ?

- Veuillez rentrer, Mr Jacquet va vous recevoir. »

Si dieu existe, faites que ce ne soit pas un pervers. S'il vous plait… J'entre. Ouh là, si celui-là, c'est un pervers, il le cache bien. Environ quarante-cinq ans, traits durs, très maigre, cheveux plaqués en arrière, bouc dont pas un poil ne dépasse, yeux perçants sans réelle expression. Plus austère, tu meurs.

« Bonjour, asseyez-vous ! lance-t-il, sèchement. »

Austérité, ton nom est Mr Jacquet. Je crois que je préférais le pervers. Au moins, il parlait… Pourquoi y me regarde comme ça… J'aimerais pas l'avoir comme examinateur à un oral de bac, celui-là ! Il créerait pas une ambiance détendue…

« Nous avons lu votre manuscrit ! dit-il. »

C'est limite s'il a pas crié.

« J'en suis ravi ! réponds-je poliment.

- Oh, pas de sarcasme ou vous sortez ! J'ai d'autres choses à faire ! Compris ?

- Oui, Monsieur. »

Je sais pas ce qui m'a retenu de dire « Mein Fuhrer » mais je crois qu'il aurait pas apprécié.

« Il a retenu notre attention, comme vous vous en doutez, reprend-il, toujours aussi sèchement.

- Oui, en effet.

- Ne vous vantez pas !

- Je ne fais qu'acquiescer à vos phrases.

- Ne jouez pas au malin !

- Oui, mon colonel… Euh, monsieur. »

Vous croyez que j'ai fait une bêtise ? Pourquoi je dis ça ? Ben, parce qu'il est tout rouge…

« Il faut que je m'en aille ??

- SORTEZ DE MON BUREAU !!!! »

Deuxième entretien : pas mieux…

ooo

Troisième jour. Troisième échec ? Après tout, jamais deux sans trois… C'est déprimant… Pourquoi y'a que des bêtes de foire à la tête de ces maisons d'éditions ? Ça va être quoi ce coup-ci ? Un homophobe ? J'aurais mieux fait de me taire, ça va encore me porter la poisse !

Bon, on respire un grand coup, on positive et on rentre. Un petit tour vers la secrétaire :

« Mr Sanchez, vous dites ? Ah, ça y est, je vous ai trouvé… »

Entre la machine qui découpe le papier en lamelles et la pile 'non retenu', quel joli place pour le premier hypothétique livre d'un aspirant écrivain au bord de la dépression… Si c'est là toute la considération qu'on me porte, autant m'achever tout de suite… Allez, ressaisis-toi, ce n'est sûrement qu'une coïncidence due à une absence de sens du rangement (ne venant bien sûr pas du fait qu'elle est blonde… Je ne me permettrais pas…). Oui, ça ne peut être qu'une coïncidence, une très mauvaise coïncidence certes, mais coïncidence quand même. Et évidemment, ça n'a rien de prémonitoire (Si vous ne déprimez pas, venez voir Miguel, il saura arranger ça !)…

« Mr Pelen va vous recevoir. Veuillez entrer !

- Comment ? dis-je, sortant de mes pensées brutalement.

- En tournant la poignée et en poussant la porte. »

Ah ah ah… Je suis mort de rire intérieurement. Elle, c'est extérieurement qu'elle exprime sa joie d'un rire porcin.

Enfin bon, si ça l'amuse… Moi, je vais songer à rentrer. Avant de le faire, mes yeux se posent inconsciemment sur le nom gravé sur la porte porte. Pelen, c'est pas un anagramme de Le Pen ? Ça fait beaucoup de présages, tout ça… Ben quoi ? N'est pas suicidaire qui veut…

Je rentre. Jusque-là, tout va bien, je n'ai pas reçu de coups battes de base-ball sur la tête ni de genoux dans l'estomac. Voyons voir la tête du bonhomme : la cinquantaine, assez grand, tout boudiné dans son costume comme s'il ne voulait pas admettre qu'il a un léger embonpoint et qu'il faudrait passer à la taille au-dessus.

Trêve de commentaires acerbes, essayons de vendre notre produit ou, tout du moins, essayons de ne pas tout faire foirer une troisième fois.

« Bonjour ! lance-t-il d'un ton joyeux.

- Bonjour ! »

Il me fait signe de m'asseoir, ce que je fais (je suis pas contrariant si on me contrarie pas). Il m'explique qu'il a retenu mon manuscrit parmi d'autres et qu'il aimerait me poser quelques questions. Jusque-là, tout va bien. Il sort mes deux recueils et me montre les titres en me demandant pourquoi je les ai nommés ainsi. Je lui réponds, et il semble satisfait. Comme quoi, fallait pas se fier à ces présages.

Les questions continuent, et après quelques-unes, il me tend mes deux recueils et me demande de choisir mon préféré et de lui dire pourquoi je l'ai choisi. Je m'exécute, feuilletant les recueils, mais là, quelque chose cloche : il manque une bonne partie des poèmes.

« Excusez-moi, mais je ne trouve pas le poème que j'avais choisi. En fait, il me semble qu'il en manque une partie.

- Ah, votre poème préféré se trouvait parmi ceux-là. »

Le rêve s'effondrerait-il ? Pourquoi a-t-il insisté sur le « ceux-là » ? Je feuillette le recueil et je m'aperçois que tous les poèmes sur l'homosexualité ont été retirés.

« Il est évident, que nous avons retirés tous les poèmes incitant à la débauche et à la dépravation. Les textes immoraux ne peuvent pas être publiés par notre maison d'édition. Par contre, pour les autres… »

Tout en l'écoutant parler, j'ai commencé à serrer très fort les feuilles. La colère s'est emparée de moi à la seconde où j'ai compris. Il continue à parler mais je n'ai pas l'intention de le laisser continuer.

« LA FERME !

- Comment ?

- Fais pas celui qui a pas compris !

- Qui vous a permis de me tutoyer ?

- Oh, ta gueule, sale puritain à deux balles ! On est 2003, pas au seizième siècle. Aujourd'hui, les gens sont tolérants. C'est fini la préhistoire ! Si t'es pas capable de vivre avec ton temps, alors va te faire foutre ! Moi, on me prend comme je suis ! On m'enlève pas ma personnalité ! Je suis gay et j'en suis fier ! Alors, si ça te plaît pas, tu restes dans ton petit monde de cons et moi, je me casse. »

Sur ce, je m'exécute, lui lançant mon recueil à la figure dans une joyeuse averse de feuilles.

Troisième entretient : peut-on faire pire ?

ooo

Une journée s'est écoulée et je suis toujours d'une humeur aussi massacrante. Pour arranger le tout, je n'ai plus d'entretien. Je suis dans ma chambre à ruminer ma colère avec un pote d'internet. Pauvre Sacho… Il est passé par là au mauvais moment… Je le plains, il arrive même pas à en placer une tellement j'écris vite.

Mon portable sonne. Je réponds tout en lui écrivant que je suis au téléphone. Il doit être soulagé que je me la ferme un peu…

« Allo ?

- Bonjour, dit une voix que je connais pas, je suis bien chez Miguel ?

- Oui, c'est moi.

- Je me présente ; je suis éditeur. »

Chouette ! Ça tombe bien, je suis pas assez démoralisé !

« En quoi puis-je vous aider ?

- J'ai entendu parler de vous, explique-t-il. »

Ça y est, je suis fiché et on veut me faire un procès pour la castration express du gros pervers.

« Je dois vous dire que j'en ris encore. J'aurais bien aimé en faire autant avec le gros Danceny.

- Vous m'appelez juste pour me dire ça ?

- Non, en fait, je voulais vous proposer un rendez-vous pour parler avec vous de ce que vous avez écrit. J'aimerais voir vos textes et faire connaissance avec ce caractère bien trempé qui est le votre.

- On peut toujours essayer, mais c'est à vos risque et périls.

- Je tente le coup. Je porterai une coque !

- Très bien. Quand voulez-vous me voir ?

- Dans une heure, ça ira ?

- Oui, ça ira. Où se trouve votre maison d'édition ?

- A Clermont-Ferrand, mais j'ai l'habitude de donner mes rendez-vous dans des lieux plus propices à détendre l'atmosphère, explique-t-il.

- C'est-à-dire ? Excusez-moi d'être méfiant mais coucher pour réussir, c'est pas ma devise.

- Pas de panique, je voulais dire dans un café. J'habite à Riom et je suis chez moi. Je vous propose 'le Cézanne'. Ça vous convient ?

- Oui. A dans une heure alors ?

- Très bien ! Je serais dans le coin a droite, en rentrant. Prenez vos manuscrits avec vous. Je n'ai pas pu les avoir auprès des éditeurs que vous avez martyrisés !

- Très bien ! »

Après les formalités d'usage, je raccroche. Je dois reconnaître qu'il m'a laissé une bonne impression, mais ça ne m'empêchera pas d'être méfiant.

ooo

Une heure plus tard, et après avoir harcelé mon père pour qu'il m'emmène, me voilà devant le café. Je rentre, et me dirige vers l'endroit qu'il m'avait indiqué au téléphone. Et là, je manque de m'étouffer de stupeur…

oooTBCooo

Et oui ! Je me paye le luxe de laisser du suspense ! Croyez-moi, ce n'est pas ce que vous croyez… Enfin, peut-être que si… En fait, ça dépend de ce que vous pensez… --'' Je m'enfonce là, je crois…

Enfin bon, tout ça pour dire que c'est terminé pour cette fois-ci ! N'attendez pas une suite prochainement, la terminale L, c'est l'enfer niveau boulot ! Mais bon, je ferai ce que je peux !

Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire !

A bientôt (j'espère !),

Miguel (j'ai abandonné tK, le surnom que j'avais ! Après tout, j'ai un prénom ! Autant qu'il serve, non ?)