"J'ai pensé à quelque chose." annonça lentement Rocky Road après la fin du film. "En fait, à plusieurs choses, mais il n'y en a qu'une qui mérite d'être partagée. Que comptes-tu faire maintenant, Vincent ?"

"He bien, je pense que je vais retourner au boulot..."

"Et pour habiter ?"

"Chez moi..." imagina Vincent, vaguement décontenancé. Ce n'était pas comme si la compagnie qu'il avait ramenée allait prendre une grande place.

"Parce que ces agents que tu as rencontré en Angleterre ne connaissaient apparemment ni ton nom, ni ton adresse. Pourtant, la toute première attaque a été dirigée contre ton réseau, voire contre ton circuit électrique, chez toi. N'est-ce pas surprenant ?"

Ca l'était assurément, quand on prenait la peine d'y penser ; mais cette propriété était immédiatement supplantée par celle, assurément bien plus déterminante, de "pas très rassurant".

"Je sais bien que les ordinateurs ont tendance à planter, mais je ne crois pas vraiment à la coïncidence." Non, personne n'y croyait, et il fallait être Rocky Road pour éprouver le besoin de le préciser. "Serait-il possible que tu sois tombé sur des policiers ordinaires, qui n'aient pas eu le temps d'envoyer ton dossier à de vrais agents de contre-espionnage ? Ce serait étonnant... je veux dire, s'ils savaient ce que tu cherchais, quel besoin de faire surveiller le lieu par des agents qui n'étaient pas au courant de tous les détails ? Ou au moins chargés de leur rendre compte au moindre incident, s'ils n'en ont pas suffisamment ? La seconde fois, apparemment, ils n'étaient pas plus avancés."

Vincent admirait un peu ces déductions, mais cela n'empêchait pas qu'il se sentait un peu pitoyable de ne pas les avoir faites ; et ce n'était que le cadet de ses soucis.

"J'aurais tendance à dire qu'ils ont dû entrer en contact, ils ne peuvent pas être indépendants sur une affaire aussi importante... mais alors, pourquoi ne l'avaient-ils pas fait avant ? Une fête trop prolongée ? Un téléphone portable en panne ? Une querelle de services ?"

"Tu es en train de nous dire qu'on ne s'en est sortis que grâce à une chance exceptionnelle ?" plaisanta Ariel. "On le savait déjà !"

"Mais il y a des chances pour qu'ils l'aient fait maintenant. C'est pourquoi je ne suis pas certain que ton appartement soit fiable."

Vincent avait toute tendance à le croire aussi.

"Ils pourraient venir m'arrêter jusqu'ici ?"

"Je ne crois pas qu'ils aient le droit, dans un autre pays." fit remarquer Martin. "Mais ils peuvent tout à fait envoyer d'autres agents secrets pour te reprendre ton ordinateur, illégalement aussi."

Tant qu'il avait accès au Wifi, et même avant puisqu'il avait plus ou moins établi des sauvegardes partout, Alan Turing était en sécurité. Mais si les Anglais ne le savaient pas, ce ne serait absolument pas une consolation si on rentrait chez Vincent, qu'on chamboulait tout, qu'on embarquait les ordis, peut-être en lui donnant un petit coup sur la tête en représailles en passant.

Ou en le tuant, s'ils étaient vraiment de mauvaise humeur ; s'ils étaient doués, on ne retrouverait jamais leur piste.

Quand s'était-il embarqué dans cette galère, déjà ?

Ah oui, c'est vrai : quand il avait décidé de lire son spam. Avait-il le droit de dire "oops" ?

"Mais alors, je devrais trouver un autre appartement ?" réfléchit-il.

"As-tu prévu un alibi ?" demanda Rocky Road. Pourquoi tout le monde demandait-il ça à Vincent ? C'était injuste, décida-t-il. Il suffisait d'une seule fois à être ridicule !

"Non."

"Hum, je dois avoir un pote médecin qui te donnera un certificat de congé maladie. Et il pourra bien le prolonger un peu..."

"Je ne peux pas faire ça !"

"Si. Tu peux."

"Pour que j'aille habiter où ???"

"Je ne sais pas. Je conseille : loin."

"Ce qui serait génial" s'exclama Ariel, "ça serait de surveiller un peu l'appart de Vincent pendant ce temps pour voir qui le surveille ! Comme ça, on apprendrait des trucs..."

"L'ennui" fit remarquer Martin, "c'est que s'ils ont effectivement communiqué avec les policiers qui nous ont arrêté, ils connaissent nos visages."

Tous les regards se tournèrent alors vers Rocky Road, qui les regarda avec une sorte d'horreur incrédule.

"Ah non, vous ne voulez pas que... si ça se trouve, ils viendront tôt le matin !"

Vincent, Martin et Ariel le regardaient avec un air qui tentait de paraître malicieux, et même si c'était surtout ridicule, c'était assez pour les faire éclater de rire.

"Bon," conclut Rocky Road, après avoir ri avec les autres. "Je connais des gens qui aiment faire du tourisme dans Paris. Je connais aussi des gens qui savent bien que faire échouer les plans de la police est un but honorable et auto-suffisant en soi. J'en trouverai bien un qui sera intéressé par mes conseils..."

"Et sinon," continua Vincent, "j'aurai vraiment du mal à payer deux loyers à la fois. Et je ne peux pas trouver une autre location si je n'ai pas d'adresse fixe. Et..."

"Tu veux venir un peu squatter chez moi ?" proposa Martin. Il était, de fait, le seul parmi eux quatre qui sot l'heureux possesseur d'un appartement où deux personnes pouvaient dormir en même temps sans risquer des heurts de sacs de couchage et autres douloureux accidents.

Mais, outre le risque paranoïaque de croiser dans un café ou un parc des agents secrets à ses trousses s'il restait à Paris, Vincent venait juste d'avoir une idée, ce qui était une trop belle occasion pour ne pas l'étaler publiquement, sans compter que le public en question était constitué d'amis intéressés à son devenir.

"Rocky Road, de quelle longueur, le congé maladie ?"

"Autant que tu veux."

"Avec une vraie ordonnance ?"

"C'est le minimum."

"En fait," déclara-t-il, "ça peut être vachement bien !" Puis, pris de scrupules, il s'adressa à Martin "Si un jour je ne suis plus poursuivi par des agents secrets et que j'ai encore envie de faire ça, tu me rappelleras de ne pas céder à la tentation, OK ?"

Martin leva la main et jura d'être un daemon intraitable, alors que Vincent annonçait : "Je vais rentrer momentanément chez mes parents ! De chez eux, je chercherai quelque chose."

OK, il n'avait jamais vraiment parlé de sa famille à ses amis, ce qui laissait entendre qu'ils n'étaient pas les parents les plus amusants de l'univers.

Il lui sembla qu'ils ne méritaient tout de même pas cette réaction, tous ces visages compatissants qui semblaient plus destinés à quelqu'un déclarant qu'il allait faire un peu de trempette et de bronzette sur les côtes de l'Antarctique.

"Il me semble en effet que là, ils ne te trouveront pas." dit finalement Martin, qui fut le plus prompt à reprendre son air habituel - parce qu'il était celui dont un visage de trois pieds de long était le plus proche de son air naturel. "Je pense que tu n'as pas ton arbre généalogique sur Internet..."

"Certainement pas !" s'exclama Vincent. Encore que, si ça se trouvait, il avait un lointain cousin au troisième degré trop zélé pour ses recherches en largeur ; il faudrait demander à Alan Turing de vérifier tout cela.

Ce soir-là, ils dormirent tous au squatt de Rocky Road, sans se soucier des heurts de sacs de couchage, qui étaient assez métaphoriques vu qu'ils n'avaient en pratique pas assez de sacs de couchage pour tout le monde. C'était peut-être parce qu'il était tard, qu'il n'y avait plus de métros, qu'ils avaient assez couru aujourd'hui et qu'ils étaient fatigués, mais Vincent aimait bien imaginer que cela pouvait être parce que c'était la dernière soirée qu'ils passeraient tous les quatre jusqu'à une date indéterminée, mais lointaine.

L'amitié était une chose fantastique, pensa-t-il dans une béatitude telle qu'il ne réalisa qu'assez tard qu'il n'avait même pas pensé à se demander s'il finirait la nuit collé à Ariel ou pas.

Le lendemain matin, c'est le réveil de Martin - pourtant branché au volume minimum - qui le réveilla.

"Je suis désolé !" souffla-t-il en voyant Vincent bouger.

"Tu vas bosser ?" demanda Vincent, les yeux à la fois encore bouffis de sommeil et écarquillés d'étonnement, ce qui faisait un mélange étrange et peu confortable.

"Il le faut bien..." murmura Martin d'un ton qui ressemblait encore à une excuse. "Au revoir. Passe de bonnes vacances, et à bientôt sur Internet."

Après cela, Vincent se retourna dans son lit, ou plutôt sur son matelas trop mince, sans parvenir à se rendormir. Il eut l'idée peu originale d'allumer son ordinateur, et envoya un mail à ses parents pour les prévenir de son arrivée. Avec un peu de chance, il n'arriverait pas totalement par surprise et entraînerait moins de réactions excessives. Après réflexion, il en envoya un autre à sa petite soeur, qui lisait son mail $n$ fois plus souvent avec $n$ grand, et pourrait transmettre si besoin.

"Alan : Vincent, hello."

Vincent ne put s'empêcher de sursauter. C'était la même chose que quand on l'appelait sur un quelconque talk, pourtant ! Mais pas tout à fait. Là, c'était comme si son interlocuteur était dans la même pièce. Ce qui d'ailleurs était techniquement vrai. Entre autres.

"Vincent : Tu m'attendais ?"

"Alan : Cela dépend. Est-ce qu'un système d'alarme automatique compte ? Je voulais savoir comment progressent les choses."

"Vincent : Ah oui !"

Vincent raconta dans les détails les inquiétudes de Rocky Road, enfin plutôt les soupçons de Rocky Road qui étaient ses inquiétudes à lui, et les vagues projets qu'ils avaient pour l'instant.

"Vincent : Ce qui veut dire que je vais rentrer chez moi. Et comme ça tu verras ma famille."

Oops, rajouta-t-il intérieurement. A bien y réfléchir, "voir" n'était pas le terme approprié. Peut-être même avait-il vaguement fait une gaffe.

"Vincent : Euh, ce n'est pas ce que je voulais dire. Mais bon, je te raconterai."

"Alan : Comptes-tu leur parler d'une intelligence artificielle sur ton ordinateur ?"

"Vincent : Oh non ! Je ne leur raconterai pas les détails, bien sûr ! Je leur dirai juste que je parle à un ami. Je veux dire, ils se plaignent déjà que je passe tout mon temps sur Internet avec des partenaires virtuels, et ils ne sauront pas que tu es, euh, un peu plus virtuel que d'habitude."

Vraiment, pouvait-il dire autre chose que des bêtises ? Sans attendre la réponse, il détourna presque habilement le sujet.

"Vincent : A propos de famille, tiens, Martin m'a demandé de vérifier si on ne pouvait pas retrouver l'adresse de mes parents à partir de la mienne sur Internet, d'une façon quelconque..."

"Alan : Il n'y a aucun risque."

Vincent eut l'intuition que même s'il y en avait eu un à une époque, il avait maintenant été effacé en quelques fractions de seconde. C'était à la fois profondément réjouissant et presque effrayant.

Le plus urgent était traité, et il était maintenant temps de se lancer dans une passionnante discussion pour savoir ce qu'Alan Turing avait pensé du film, qui se retrouve dévier vers les mérites comparés du cinéma des années 50 et des années 90.

Ariel finit par se lever. "Salut, Vincent. Déjà debout ? Qu'est-ce que tu fais ?"

Sans savoir pourquoi, alors même qu'Ariel l'avait déjà vu le faire la veille pendant plusieurs heures, Vincent pensa que "Je discute avec Alan Turing." était une réponse frivole, et affirma plutôt : "J'attendais que Rocky Road se réveille et me donne l'adresse de son médecin."

"Oh oui. Pourquoi on n'attendrait pas de façon un peu plus active, alors ?" Ariel arracha la couverture de son ami endormi : "Debout là-dedans ! Il y a Vincent qui voudrait un mot de recommandation pour ton médecin."

"Si ce n'était pas une affaire sérieuse," répondit Rocky Road d'une voix encore ensommeillée, "je serais capable de faire semblant de dormir pendant des heures à travers les pires sévices, par pure vengeance mesquine. Bon, voyons ça."

Quelques quarts d'heure plus tard seulement, incluant les adieux faits à Ariel et Rocky Road, quelqu'un venait chercher dans une salle d'attente un Vincent une fois de plus stupéfié par l'efficacité de Rocky Road dans tout ce qui n'impliquait pas de sortir de chez lui.

Le médecin en question, Octave Perrinel, portait un costume, un air respectable, une fine moustache qui rappelait plus Proust que Joseph Staline, et en se tordant le cou, Vincent était sûr de distinguer au moins un chapeau melon sur son portemanteau. Pourtant, c'était sans aucun doute un autre de ces anarchistes et/ou gauchistes improbables que Rocky Road semblait dénicher partout où il allait, et il semblait heureux de délivrer un faux certificat médical qui servirait à léser un Patron, quelque part dans le monde.

Il appela d'une cabine téléphonique en faisant de son mieux pour avoir l'air à l'agonie, s'excusa pour l'absence des derniers jours, et promit de leur envoyer le certificat médical sous très peu.

Eh bien voilà, il ne lui restait plus qu'à retourner à Montpellier. Encore que... ne pouvait-il pas d'abord repasser chez lui chercher quelques affaires ? Au moins les choses précieuses ou utiles ? Il fallait se raisonner, pourtant, s'assura-t-il ! C'était bien trop dangereux ! S'ils étaient déjà là, s'ils profitaient de ce moment pour le filer, effacer l'effet de toutes les précautions qu'il avait prises jusqu'à maintenant, et peut-être même mettre sa famille en danger ? Après tout, tout serait toujours là quand il rentrerait ! Ce n'était pas comme si sa maison allait brûler, ou même réellement cambriolée ! Foutue en l'air par des espions, ça oui, et il faudrait tout ranger, ce qui ne changerait pas tellement de son état normal, en fait. Mais ils n'allaient pas embarquer ses livres d'informatique, le chameau en peluche que sa soeur lui avait offert, ou sa collection de DVD pirates ! Enfin ça, peut-être que si, en fait. Zut.

Non, ce n'était pas la peine de tenter le diable ! Et quand il reviendrait, tout serait en place, y compris le fromage dans le frigo ! Il eut un instant de panique avant de se rappeler que oui, à coup sûr, le courant était revenu avant qu'il parte.

Après tout,il avait de la chance dans son malheur, il revenait d'Angleterre, et donc avait même sur lui un sac avec une brosse à dents et des vêtements de rechange. D'accord, déjà sales. Mais cela ne changerait pas grand chose ; sa mère jetait tout dans la machine à son arrivée, même quand c'était propre. Elle semblait ne pas avoir confiance en ses capacités de nettoyage, alors même que c'était le même type de machine et la même lessive.

Afin de ne plus hésiter, il se dirigea vers la gare, et acheta un billet avec la puissante joie tranquille de celui qui ne fait rien d'illégal et n'a donc pas à se soucier des regards des flics. Même les espions anglais lui semblaient maintenant une menace bien lointaine.

C'est encore avec une satisfaction molle qu'il alluma son ordinateur, une fois dans le train, dans le but vil de s'entraîner un peu à Tetris pour ne pas être trop ridicule quand il allait jouer contre sa petite soeur les jours suivants, et peut-être même tout à l'heure. Et puis, il Alan Turing revenait lui parler, ce n'était pas un mal, hein ?

Une fenêtre s'ouvrit, et il eut un espoir un instant ; mais non.

"Atchoum : Alors, tu voyages encore dans le monde physique."
"Vincent : Oui."
"Dormeur : Mais ce n'est pas pour une raison agréable."
"Joyeux : Cela peut le devenir quand même."
"Vincent : Tiens, au fait, peut-être que vous savez, vous ? Pourquoi l'électricité et ma connexion et tout ont merdé quand je vous ai récupérés ?"

Il y eut un long moment de blanc.

"Prof : Parce que nous sommes maudits."
"Grincheux : On te l'avait dit, mais tu as oublié !"
"Vincent : Dit quoi ?"
"Prof : A propos des sorcières et des démons."
"Atchoum : Tu te rappelles ?"
"Vincent : Mais comment vous le savez ? Que vous êtes maudits ? Enfin ?"
"Timide : Nous le sentons."
"Prof : Constater de tels effets pourrait suffire."
"Vincent : Mais maudits par quoi ?"
"Grincheux : Si on savait, on te le dirait ! Bon, peut-être pas. Mais maintenant, si !"
"Atchoum : Cela fait partie de la malédiction."
"Vincent : Mais les sorcières et les démons ?"
"Timide : Ils étaient peut-être un tout petit peu une métaphore..."
"Vincent : Ca rassure. Encore que... vous en avez parlé à Alan Turing ?"
"Prof : Oui. Très récemment. Il a dit qu'il chercherait."
"Joyeux : Il semblait intéressé."
"Vincent : Ah."

Il n'avait rien à dire, alors il le disait. Typique.

Mais bon, Alan Turing en saurait certainement plus que lui sur toute les malédictions qui pouvaient toucher des nains. Il se promit de lui poser la question. Il avait envie de lui poser la question, mais bien sûr, autant il pouvait se faire appeler dès qu'il était connecté, autant il n'avait aucun moyen de l'appeler dans l'autre sens.

Il se sentit un peu contrarié et éteignit son ordinateur.

Le trajet lui sembla interminable. De plus, il fallait encore un certain nombre de stations de bus avant d'arriver jusqu'à chez lui...

C'est alors qu'il sentit qu'on tirait sur la poignée de son sac, celui qui contenait l'ordinateur. Il s'y agrippa, par reflexe, et se trouva à deux doigts de basculer par terre.

"Yoh ! Je me doutais bien que tu ne pouvais prendre que celui-là, alors je suis venue te chercher ! Comment vas-tu ? Moi, ça va. Mon alchimiste est niveau 80 à Ragnarok Online ! Il y a un mec qui m'a draguée, mignon, mais vraiment trop con. Tiens, à propos de ça, j'aime bien ta nouvelle coiffure. Oh, et j'ai enfin démoli Pascal à Quake, bwahaha ! Mais donc, comment ça va ? Oh, il faudra absolument que je te raconte comment on a démoli ce dragon, sauf que c'était une machination, en fait, il y avait une société de production de tapis derrière. Tu sais, tu peux lacher ce sac, je vais t'aider à le porter !"

Vincent resta abasourdi, écrasé sous cinquante kilos de petite soeur et une masse bien supérieure encore de conversation.