Enfer des combats, comment arrêter une guerre. . .

*chapitre I*

            Comme tous les matins depuis bientôt un mois et demi, nous sommes réveillés par le bruit assourdissant des bombes tombant sur le sol ennemi faisant des centaines de morts à chaque fois.

« Soldats ! Dépêchez vous de vous habiller ! Briefing dans 10 minutes ! »

En entendant la voix de mon capitaine de régiment, je me hâte d'aller me passer un peu d'eau sur le visage avant d'aller m'habiller en quatrième vitesse, faisant tout de même attention de ne pas froisser mon uniforme.

Vous ne le savez peut-être pas, mais lorsque l'uniforme d'un soldat d'infanterie est sale, ce dit soldat à le droit à de sévères réprimandes ainsi qu'à des coups pour lui rapeller que l'armée Américaine est toujours propre, quelque soit les circonstances. 

            A 06h30 exactement, je me trouve devant une table où notre général Mr. Finch, nous explique en quoi consistera l'opération d'aujourd'hui. Comme à mon habitude, j'écoute chaque parole et essaye de les retenir, pour éviter de devoir poser des questions idiotes une fois l'explication terminée.

Mais étrangement, ce matin précis du 19 juillet 2003, mon esprit semble occupé par un tas de souvenirs me rappelant mon enfance jusqu'à mon premier mort.

            J'entends bien la voix du général, mais il semblerait que les informations passent par une oreille et ressortent par l'autre. 

Pour me réveiller, je décide alors de me mordre la lèvre, ce qui fait un effet immédiat.

Mes yeux fixent de nouveau la carte que le général nous montre expliquant où se trouve le camp rebelle que nous allons devoir détruire.

Malheureusement, il y aura encore des morts des deux côtés, mais que faire d'autre sauf écouter aux ordres et se persuader que l'on fait ça pour notre patrie…

« Soldats, rompez ! Votre mission commence dans 2 heures et 23 minutes exactement. Allez vous préparer. Une dernière chose… Revenez nous tous entier ! »

Sur mon visage pâle et fatigué, un léger sourire se dessine. J'ai toujours su que le Général Finch avait du cœur, même si il ne voulait pas le montrer. Ah les soldats et leur fierté !

Au bout de quelques minutes sans bouger à observer le Général, je me décide à partir, ne voulant pas attirer l'attention sur moi.

En moins de 1 heure, j'ai fini de préparer mon sac qui comporte :

Un m16 et une mitraillette, 3 chargeurs pour le m16 et 6 pour l'autre, une radio pour donner nos coordonnés au général en cas d'embuscade, une ration de survis me permettant de tenir 3 jours si un problème surviens et que nous devons nous séparer, une paire de jumelles infrarouge et une dizaine de grenades.

En m'énumérant tout ce que contient mon sac, je me rappelle alors qu'il me manque une chose d'une importance capitale pour réussir cette mission, la photo de ma famille.

Je fouille quelques instants dans mon sac de voyage  étant près de mon lit et la trouve dans l'une des poches. Elle est froissée mais je m'en fiche, cette photo à une valeur beaucoup plus sentimentale que matérielle pour moi.   

Je la mets alors dans l'une des poches de mon uniforme avant de m'apercevoir que, comme un idiot, j'avais totalement oublié de me changer pour l'opération.

Je me presse de me rendre dans la tente où les tenues de combats sont rangées bien soigneusement, attendant que des soldats viennent les prendre pour les rendre, à la fin, complètement inutilisable.

J'enlève mes vêtements me fichant que quelqu'un puisse entrer dans la tente à n'importe quel moment et m'habille le plus vite possible.

Lorsque je regarde ma montre je m'aperçois avec stupeur qu'il est 8 h20…

Le rendez vous devait avoir lieu à 8h23, il ne me reste donc plus qu'à courir en priant le ciel pour que personne ne remarque mon retard.

Quand j'arrive dans le hangar, je vais immédiatement dans la Jeep qui nous a été confié avec l'ordre d'en prendre soin, et m'assoie à l'avant attendant calmement que mes camarades de combats arrivent. Ce qui ne se produit que quelques minutes après avoir pensé cela d'ailleurs. 

« Pour une fois t'es en avance Wing ! » Me dit mon ami Justin Wood une sourire moqueur au coin de ses lèvres.

Justin est un type assez robuste, comme tous les soldats de l'armée Américaine d'ailleurs, seulement, il a un avantage par rapport aux autres je dirais.

C'est son physique qui fait la différence…

Plutôt mince mais musclé, des yeux d'un vert émeraude que je ne connaissais pas, des cheveux brun extrêmement court et un sourire chaleureux. Que demander de plus si ce n'est qu'il sache se battre ? Et bien oui, Justin sait se battre et pas qu'un peu je peux vous le dire.

Il a une force herculéenne !

« Tu veux que je te dise Wood,  je suis pas arrivé en avance, c'étais vous trois qui étiez en retard » Je lui déclare répondant à son sourire, mais le mien n'est pas moqueur, juste franc et amical. 

« Bon, c'est pas tout ça, mais faudrait peut-être y aller, les gars »

Mon regard se pose sur Christina, et oui, la seule femme du groupe. Bien que d'une gentillesse incroyable avec nous, il ne faut pas la pousser à bout. Je me souviens qu'une fois, un soldat a eu l'idée saugrenue de lui mettre la main aux fesses pour s'amuser…

Pour faire court, il est resté à l'hôpital une semaine et il ne pouvait plus s'asseoir tellement son postérieur était bleu.

Tout cela pour dire que nous savons à quoi nous en tenir avec elle.

« Oui. On va faire la chasse aux rebelles !!

_ Tom ! Je t'aie déjà dit de ne pas dire des choses pareilles devant moi ! C'est une guerre et tuer n'est pas un amusement ! Ce sont des vies qui sont en jeu ! J'espère qu'un jour tu finiras par le comprendre… »

Tom est le joyeux luron du groupe, toujours content d'aller tuer les rebelles.

Je passe mon temps à le réprimander, mais il n'écoute pas, avec le temps, tuer est devenu une véritable passion pour lui.

Après que Christina se soit mise au volant nous prenons la route pour nous rendre dans la forêt, le coin idéal pour installer un camp où des armes peuvent être cachées sans l'inquiétude d'être attaqué.

Je dois bien admettre que dans cet  endroit nous ne sommes pas en position de force mais que faire d'autre sauf attaquer avec les moyens que nous avons.

Il est 10h05 quand nous arrivons à cinq kilomètres du repère des rebelles.

Je ne sais pas pour mes amis, mais la pression commence à monter petit à petit à mesure que l'on s'enfonce dans la forêt à la recherche de cette planque qui doit contenir un stock monumental d'arme en tout genre.      

Cela ne va pas du tout pour me rassurer…

Je sers ma main sur ma mitraillette près à n'importe qu'elle éventualité comme celle une attaque par exemple.

« Wing, on est plus qu'à 100 mètres du camps ennemi, on fait quoi à présent ? » Chuchote Wood

Je jette un regard par-dessus les buissons derrière lesquels nous nous trouvons mais nous sommes trop loin pour voir la moindre chose qui pourrait avoir son importance.

« Passe moi tes jumelles » Je lui ordonne regardant toujours au loin.

Justin s'exécute et me les passe, ne comprenant visiblement pas pourquoi je les lui demande

Je les prends alors et jette un œil dedans. Ce que je vois est déjà beaucoup plus clair, mais aussi bien plus inquiétant. Ils doivent être un peu près 50 hommes et je ne compte pas ce qui sont à l'intérieur des tentes.

Pour être franc, nous avons une chance sur mille de nous en sortir intacte.

Les gardes ont soit des fusils ou des mitraillettes, le mieux serait de les prendre par surprise pour les empêcher de nous tirer dessus.

« Quelqu'un à emmener du gaz lacrymogène ? » Je demande regardant toujours les soldats du camp en train d'astiquer leurs armes.

« Moi pourquoi ?

_ Rien qu'un conseil, garde le précieusement sur toi car on va s'en servir cette nuit vers minuits » J'explique à Tom un sourire apparaissant sur mon visage.

« Pour l'instant nous allons rester cacher ici jusqu'à ce soir et compter le nombre de munition que nous possédons »

Ils hochent tous la tête en signe qu'ils ont compris les ordres.

Ce soir une bataille rude et causant la mort de beaucoup d'innocent va se dérouler…et comme d'habitude…nous ne pourrons rien faire pour l'arrêter sauf nous battre pour survivre.

* Fin du chapitre I*