Titre : Shuya

Auteur : Shû le corbeau_blanc

Genre : yaoi, sexe gore, vocabulaire vulgaire dû au milieu des persos (la bonne excuse, lol !)

Warning : Heu, j'ai pas l'habitude de faire des warnings, parce que j'estime qu'on peut lire du yaoi à n'importe quel âge, du moment qu'on est conscient de ce qu'on fait et qu'on va pas insulter les auteurs après… (enfin, ptet pas quand on a 8 ans, mais quel gosse de 8 ans connaît la fanfic yaoi ?!) Mais là, je crois que c'est vraiment interdit aux moins de 15 ans ! J'essaie d'imiter le style glauque de Murakami-sama, et je n'sais pas si vous l'avez déjà lu, mais c'est pas tout rose… Tout ça pour dire que je décline toute responsabilité, ne venez pas me crier dessus, vous avez été prévenu.

Base : originale, tout m'appartient… Shuya vient du héros de Battle Royale, un de mes films cultes, Kotah c'est le nom du frère de Kirito, du groupe Pierrot, et Jirô, c'est un gars dans une nouvelle de Yukio Mishima : Ken. Voilà pour les prénoms! (même si on s'en fout au fond…)

Disclaimer : bon alors voilà… comme je le dis plus haut, y a pas mal de sexe dans cette fic, et c'est plutôt sale, et pas très glorieux pour mes persos…lol. J'avais envie d'écrire ça je sais pas trop pourquoi, sûrement une surdose de Murakami Ryu et de cours de biologie (bah oui, je révise mon bac…)

Bonne lecture

Shuya

- Allez, donnes-la moi quoi, fais pas l'con !!!

- Non.

Un métro passa, faisant trembler les parois du tunnel souterrain.

L'éclairage vacilla.

Deux jeunes hommes se faisaient face, l'un appuyé au mur, emmitouflé dans un baggy beige, une parka jaune et une casquette bleue marine l'autre debout, les bras tendus dans une vaine tentative d'attraper un paquet que son vis-à-vis tenait.

Il avait un petit short noir en plastique brillant qui ne descendait pas plus bas que sous ses fesses, de longues bottes noires elles aussi dont les semelles épaisses le grandissaient de vingt centimètres, un petit pull moulant sans manches et à col roulé, et un boa de plumes violettes nonchalamment jeté autour de son cou.

- Allez, fais pas chier ! » cria-t-il en loupant une fois de plus le paquet.

- Toi fais pas chier, tu vas nous faire repérer à hurler comme un gonzesse ! J'suis désolé Shuya, t'as pas assez de fric, donc t'as pas la came.

- Mais merde, depuis le temps que je la prends chez toi, c'est pas un billet de vingt qui va coincer !

- Si, désolé. » répondit fermement le dealer en fermant sa doudoune.

- Bon… j'en ai trop besoin, alors voilà ce que j'vais faire : le prix de mes pipes équivaux à ce qu'il te manque, alors j'te suce et on en parle plus. » décida Shuya.

- Quoi ? Tu crois que j'vais m'faire sucer par un pédé ? Tu te fous de moi ?!

- Discute pas, Jeck, tu verra pas la différence. Allez, déballe ton matos, qu'on en finisse. » fit le japonais en s'agenouillant.

Un second métro passa.

Une des lampes du souterrain sauta.

***

- Kotah, t'es debout ? » demanda Shuya en passant la porte de leur studio.

Tous les stores étaient tirés, comme d'habitude, et les vitres closes.

Le nuage de fumée stagnait toujours au plafond jauni et une odeur de renfermé flottait dans la pièce.

Une cigarette se consumait dans une assiette sale qui traînait sur la table, signe que Kotah s'était levé au moins une fois aujourd'hui.

Shuya bu le fond d'un verre de coca et se dirigea vers le canapé-lit, au coin de l'unique pièce de l'appartement, d'où dépassait une jambe pâle.

Il s'assit aux côtés de son amant et passa une main dans ses cheveux décolorés.

Kotah ouvrit faiblement un œil et se tourna sur le dos, puis tendit le bras pour allumer une petite lampe de chevet camouflée par un tas d'habits froissés.

Les deux jeunes hommes gémirent et clignèrent des yeux pour s'habituer à la faible lueur.

Le plus petit s'allongea ensuite contre lui et caressa son ventre amoureusement, tout en déposant de petits baisers sur ses tétons et ses lèvres.

- Shuya… T'as ma coke j'espère ? » la voix du décoloré était pâteuse et enrouée.

Shuya s'assit sur le bassin de son amant, un genou de chaque côté de son ventre maigre.

- Tu m'aimes ?

Kotah esquissa un sourire et posa ses mains osseuses sur les hanches du jeune homme.

- Bien sûr que j'ai ta coke, j'ai pas sucé Jeck pour rien quand même ! » reprit le cadet en se mouvant lentement sur le bas-ventre de son aîné.

Il se pencha pour lécher les lèvres grises et murmura d'un air coquin :

- Elle est cachée… sur moi.

L'autre laissa échapper un petit rire et fit glisser la fermeture éclair du short de Shuya pour dégager son sexe déjà durci.

- Pas là… » constata-t-il.

Son amant se frottait un peu plus fort contre son entrejambe, tout en se caressant le ventre et en lui tirant la langue pour l'attiser.

Le blond passa ses mains sous le short et massa un peu brutalement les fesses de son partenaire.

- Je crois que je l'ai trouvé… » murmura-t-il en ouvrant un second zip, placé à l'arrière du vêtement.

Il ôta le petit paquet de poudre blanche qui se trouvait là et attira son cadet pour l'embrasser avidement.

Shuya gémissait en se touchant, appelant son amant à prendre possession de lui.

Kotah le fit basculer sur le côté mais s'écarta avant d'aller plus loin.

Il se leva et alla s'asseoir sur un tabouret en plastique.

Poussant un tas de vaisselle sale de la surface de la table, il prit un magazine et versa une longue ligne de cocaïne sur sa couverture lisse.

Ses mains tremblaient, à la fois d'excitation et d'impatience.

- Pas plus de deux grammes, hein, j'veux pas t'voir crever ! » rappela Shuya du fond du lit.

Le décoloré grommela quelque chose comme « je sais c'que j'fais » et prit un petit bout de paille coupé, prévu à cet effet.

En reniflant très fort, il s'enfila son rail et jura de plaisir.

Son amant le regarda, une ombre de tristesse sur son visage maquillé.

Kotah était plutôt grand, et le manque d'argent et la dépendance l'avait rendu quasi-squelettique.

Ses cheveux blond paille étaient toujours en bataille, vu qu'il passait sa vie au lit et sa peau avait prit un teint grisâtre, vu tout ce qu'il consommait comme drogue.

Ses beaux yeux d'un noir envoûtant avaient perdus leur éclat surnaturel pour devenir vitreux et ternes, et sa bouche jadis rose et fruitée avait souvent le goût du sang.

Mais Shuya l'aimait.

Quoi qu'il arrive, rien ne pourrait jamais éteindre cette passion, et rien ne pourrait jamais l'expliquer non plus.

Pour Kotah, il ferait tout, jusqu'à ce que la mort les sépare.

Et encore, qu'est-ce qui prouvait qu'ils ne se retrouveraient pas une fois Là-Bas?

Son compagnon nu vint s'affaler à ses côtés, dans un râle à multiples significations, comme il le faisait souvent.

Le petit japonais ne perdit pas un instant et reprit sa place sur son bassin, frottant ses fesses contre la virilité qu'il espérait sentir se dresser.

Il prit la sienne dans sa main et commença un erratique mouvement de va-et-vient, laissant des petits cris franchir ses lèvres entrouvertes.

- Prends-moi, Kotah, fais-moi l'amour… » susurra-t-il en haletant.

Son amant soupira et posa son bras sur ses yeux, préférant se plonger dans son trip plutôt que dans la grotte moite de son partenaire.

Shuya délaissa son membre pour s'installer entre les cuisses fraîches de son aîné.

Il ôta ses bottes qui commençaient à lui faire mal, ainsi que son pull qui lui tenait trop chaud, et se pencha sur le sexe endormi du décoloré.

Il le prit en bouche et entama tant bien que mal son travail de succion, alternant coups de langue et coups de dents, insistant sur les points sensibles, le massant sur toute sa longueur, souhaitant vivement une réaction.

Kotah ne bronchait pas et semblait somnoler, totalement indifférent aux baisers érotiques de Shuya.

Celui-ci finit par enduire deux de ses doigts de salive et les pénétra dans l'intimité brûlante de son amant.

Il les fit se mouvoir, appuyant sur les endroits qu'il savait érogènes, tout en continuant ses caresses buccales.

Au bout d'un quart d'heure plutôt lassant, le petit japonais reçu une claque sur la tête et stoppa tout.

Il remonta contre le blond et embrassa doucement son visage, retenant ses larmes et décidant de se contenter manuellement.

- Je t'aime ! » souffla-t-il plusieurs fois en s'assouvissant.

Le décoloré ne lui répondit pas et dégagea son bras qui saignait aux endroits où Shuya avait planté ses ongles.

***

- Ok, récapitulons. » l'officier de Police se racla la gorge et regarda Shuya, assis nonchalamment sur une chaise, les pieds sur le bureau, qui souriait narquoisement. « Donc, tu t'appelle Nakamura Shuya, et… ce n'est pas la première fois que tu viens ici, à ce que je vois…

- Si vous savez tout, pourquoi j'suis là ?

L'autre homme posa son dossier et croisa les mains sous son menton.

Le japonais soutint son regard et en profita pour le détailler :

Il devait avoir entre vingt-cinq et trente ans, ses cheveux noirs avaient des reflets prune suivant la lumière, et ils étaient remontés en une minuscule couette derrière sa tête, ses yeux étaient gris clair, sa peau plutôt pâle, il avait l'air musclé et plutôt européen.

- Vous vous appelez Jirô et vous êtes pas japonais, comment ça se fait ? » demanda soudainement le jeune.

Le policier sourit puis se renfonça dans son fauteuil.

- Mes parents sont russes, amis je suis né ici. Je m'appelle Jirô Vassilievitch. » répondit-il calmement. « Mais revenons-en à nos moutons… Tu as une jolie liste de méfaits dis-moi… vole à la tire, deal, détention de drogue, prostitution, tout ça depuis un an… Tu as dix-sept ans, hein… Tu m'épates.

- Au moins, je sers à quelque chose. » lâcha Shuya ironiquement.

- Pas très glorieux mais bon…Et aujourd'hui, qu'est-ce que c'est ? Oh… racolage hyperactif sur un carrefour… Ils entendent quoi par « hyperactif » ?

- Z'ont pas aimé que je frotte mon cul sur les vitres et que je lèche leur pare-brise… en plus, je l'ai fait sur une voiture de flic en civil, et j'avais rien capté.

Jirô éclata de rire.

- J'avoue que là, je comprends mieux… T'as pas eu de chance. » fit-il en allumant une cigarette.

Il en proposa poliment une au japonais qui ne refusa pas.

Le russe l'observa, en train de se battre avec le briquet.

De longues cuissardes noires à semelles ultra compensées, un mini short à fermeture éclaire qui ressemblait plus à un sous-vêtement qu'autre chose, un top en résille, un boa violet électrique…

Ses lèvres et ses yeux outrageusement maquillés de bleu et de mauve venaient parfaire son look de putain moderne.

Ses cheveux décolorés en rose flashy étaient en bataille, et Jirô eut l'impression de voir un enfant : la mine boudeuse, tirant négligemment sur sa clope et se balançant sur son siège, il était absolument craquant.

- Pourquoi fais-tu tout ça ? » le policier avait enfin posé la question qui lui brûlait les lèvres depuis quelques instants.

- Pardon ?

- Pourquoi ? Tu as dix-sept ans, merde ! Pourquoi tu bousilles ta vie comme ça ? Tu crois que c'est ça le bonheur ? La liberté ? T'es qu'un petit con, ouais ! » cracha Jirô, soudain en colère.

Shuya le regarda, ahuri, puis retourna à la contemplation de sa cigarette incandescente.

- Tu m'gueule dessus, mais j'ai peut-être pas le choix, petit con.

- On a toujours le choix. » fit le russe plus doucement.

- Ah ? Dans ce cas, je choisis d'être un mannequin bourré de fric avec une belle baraque et un amant sain. Pourquoi il se passe rien ? Pourtant, j'ai fais mon choix ! C'est pas si simple, Jirô, pas du tout.

Le plus âgé des deux hommes soupira.

- Je sais, mais… Tu es jeune. Tu aurais pu rester chez toi et vivre comme tout les autres.

- Les autres sont formatés, moi je dis. Et pis l'amour, ça se commande pas. » déclara le cadet en se levant.

Sans un mot de plus, il prit le paquet de cigarettes de Jirô et l'argent qu'on lui avait confisqué, puis quitta l'établissement.

Le noiraud ne fit rien pour le retenir et soupira de plus belle.

L'amour, ça ne se commande pas…

Il ne comprenait que trop bien cette phrase.

Mais pourquoi ce jeune l'avait dite ?

Ce Nakamura l'intriguait, et avec un peu de chance, il le reverrait.

C'était malsain de penser ça, il le savait, car si le japonais revenait, cela voulait dire qu'il n'avait pas quitté le « système »…

Plutôt que de satisfaire sa curiosité, il aurait voulu l'aider.

Mais s'il devait tendre la main à tous les chiots perdus de la ville, il n'était pas sortit de l'auberge.

Le policier décida d'aller boire un café pour se changer les idées.

Ca ne pourrait lui faire que du bien…

A suivre…