Titre : yûutsu (litt. spleen, mélancolie)

Auteur : Shû

Genre : yaoi

Base : originale

Disclaimer : rien à dire sinon que le héros de cette histoire ressemble traits pour traits à Hakuei, le chanteur du groupe Penicillin. Donc voilà, si vous voulez savoir de quoi il a l'air, c simple ! ^^ et puis aussi que j'ai fusionné deux fics, celle avec le psy et le garçon autiste devant s'appeler "jiheishô" et être une histoire à part entière… j'espère que le mix des deux va être bon.

Bonne lecture.

yûutsu

Les projecteurs de la scène tournoyèrent un instant avant de se poser sur les musiciens et de faire le noir total.

Un tonnerre d'applaudissements accueillit la performance du groupe.

Le chanteur resta encore quelques instants pour murmurer de sensuels " au revoir et merci " puis descendit une volée de marche pour rejoindre ses musiciens dans la petite loge.

Un sourire immense illuminait son visage alors qu'il les serraient tour à tour dans ses bras; et lorsque il se planta devant le bassiste, il posa ses lèvres sur sa bouche et dansa un moment avec, euphorique.

- C'était super!!! " s'exclama-t-il une fois que tous se furent assis. " La foule était vraiment heureuse!! On a fait un de ces ravages!! Cette fois c'est sûr, on trouvera un producteur, les gars!! On aura notre cd!!!

Le batteur et les deux guitaristes étaient assis sur un divan et hochèrent vaguement de la tête, l'air sombre.

Seul le bassiste dévisageait le chanteur d'un air impassible, presque dur.

Celui-ci lui sourit malicieusement.

[ Nom: Saki

Prénom: Hotaru

Age: 19 ans

Description : 1m82, 57kg, cheveux longs blonds, yeux marrons, visage androgyne, oreilles piercées, nez piercé, reins tatoués, souvent maquillé, habits décontractés ou moulant, provoquant, égoïste, nerveux, s'énerve facilement, jovial, mesquin, romantique

Aime: les hommes, les animaux, le rock, chanter, faire du shopping, se promener la nuit, fumer

N'aime pas: les insectes, le rap, le RnB, les gens racistes, les homophobes, la viande, le jus de tomate, son visage (c'est pour cela qu'il se maquille dès qu'il sort du lit)

Situation: en couple, plus de rapports avec sa famille depuis deux ans, lorsqu'il a décidé d'arrêter ses études pour faire de la musique et vivre avec son petit ami ]

- Tu te rends compte, Dai-chan, on va enfin être reconnu... Après ces deux ans de galère, on va enfin pouvoir réaliser notre rêve... " fit-il à son amant, ses deux prunelles caramelles brillantes de joie.

Son interlocuteur se leva de son siège en soupirant et se posa face à lui, bras croisés sur sa poitrine.

Il sembla réfléchir quelques instants, jeta un coup d'œil aux autres membres assis derrière lui, puis reporta son attention sur le blond.

- Ecoute, Hotaru…" sa voix était basse. "On a tous beaucoup réfléchit. Ce que je vais te dire, je le dis au nom de tous. Vous êtes d'accord les gars, si un de vous veut se défiler maintenant, qu'il le dise, sinon ça sera trop tard." declara-t-il à ses compagnons.

Aucun d'eux ne réagi.

Hotaru commençait à se sentir mal à l'aise.

L'atmosphère de la pièce était lourde…

Si seulement quelqu'un pouvait ouvrir la fenêtre, peut-être que ça irait mieux…

Mais personne ne semblait désireux de bouger.

Le blond s'humecta les lèvres et s'approcha lentement de la fenêtre.

Dans le reflet de la vitre, il voyait le basiste qui le fixait toujours, avec le même air ténebreux.

[ Nom: Masahi

Prénom: Daisuke

Age: 19 ans

Description : 1m80, 60kg, cheveux courts noirs, yeux noirs, traits bien arrêtés, durs; oreilles piercées, arcade sourcilière et lèvre infèrieure piercées, bras tatoués, habits noirs de préfèrence, pratiques; calme, introvertit, mystérieux, autoritaire

Aime: son chat, sa basse, sa collection de vynils, ses parents, les repas entre amis, la solitude, les livres

N'aime pas: les gens égocentriques, excessifs, superficiels, le RnB, le curry, le rouge à lèvre ( son goût surtout, et la sensation de gras qu'il laisse sur la bouche), les cheveux longs ( parce que c'est gênant et qu'on en retrouve partout)

Situation: en couple, bonne relations familiales, travaille dans une boîte de nuit en tant que barman ]

- Quel est le problème?" demanda doucement Hotaru. " Car il y a bien un problème, non? Je trouve que vous avez de drôles de têtes…

Sa phrase se finit dans un murmure et un silence pesant s'installa.

Daisuke le coupa cependant bien vite.

- Oui, il y en a un… On te vire.

Hotaru releva brusquement la tête.

Le sang avait déserté son visage: il était livide; et ses mains: elles étaient glacées.

Il se tourna lentement, presque mechaniquement, vers son groupe.

- Quoi…?" articula-t-il, la bouche sèche.

- On te vire. Tu n'es plus le chanteur de ce groupe. C'était ta dernière préstation." Daisuke lâchait ça d'une voix atone, tel le jugement de quelques anges déchus.

- Quoi…? Mais… Pourquoi??

- On en peut plus. Plus personne ici ne peut te supporter. On t'as laissé du temps, on a réfléchit longtemps au problème, mais rien n'a changé. On est un groupe, Hotaru. Un groupe, ça veut dire plusieurs personnes qui vivent ensemble. On a fait des efforts pour essayer d'être comme tu le voulais, mais rien à faire. Tu trouve toujours quelque chose à redire, tu nous rabaisse tout le temps, tu te prends pour le centre du monde, tu es égoïste et capricieux, tu pleurniche pour un oui ou un non… Je pourrais te citer encore tellement d'exemples… Le fait est là: on ne veut plus de toi.

- Mais…" la respiration du blond devenait saccadée. "Mais qui chantera alors? Pour le cd?

- Kakei chantera." répondit Daisuke en désignant un des deux guitaristes. "Tu as toujours refusé qu'il partage des morceaux avec toi, et même qu'il fasse le choriste. De plus, il a une voix bien plus chaude que la tienne.

Hotaru regarda partout autour de lui, complétement ulcéré.

Et personne ne réagissait!

Il ouvrit plusieurs fois la bouche, mais aucun son ne sortit.

Il aurait voulu hurler, se mettre en colère…

Mais il était bloqué.

Les paroles de son amant l'avait détruit.

Quelques minutes auparavant, il dansait haut dans le ciel, et à présent, il était plus bas que terre…

Une grosse boule se forma dans sa gorge, et il déglutit difficilement.

- Mais le cd…" tenta-t-il désespérement.

- On y arrivera bien sans toi. Même mieux peut-être… le moral du groupe sera à nouveau au beau fixe.

- Comment… comment peux-tu dire ça? Pourquoi est-ce que vous ne m'en avez pas parlé avant…?

- On a essayé. Cela fait des mois qu'on tourne et retourne la situation dans tout les sens. C'est la seule solution, Hotaru.

- Vous me virez… Mais comment je vais faire? Qu'est-ce que je vais faire? Je n'ai pas de travail! Je ne fais pas d'études!! Je ne peux pas partir! Pas maintenant!" le blond avait reprit un peu de vigueur. Sa voix enflait et prenait des accents colériques.

- Ce n'est pas notre affaire. Ou du moins, ça ne l'est plus. Et j'ajoute enfin qu'entre nous deux, aussi, c'est terminé. Je peux pas te supporter à la maison et au local.

C'eut l'effet d'une gifle.

Hotaru sursauta, ses pupilles retrécies par la stupeur.

Tout son corps tremblait.

- Quoi…? Quoi?

- Tu as bien comprit." acquiesça le japonais.

- Tu m'aimes pourtant, non…?

- Ecoutes Hotaru, je en vais pas tout répéter quarante fois! C'est fini, terminé. Oublies moi, oublies le groupe, oublies le cd. Tout ça c'est du passé.

- Mais où vais-je aller…?" demanda le blond entre deux sanglots.

- Ce n'est pas mon problème. Fais ce que tu veux. Demerdes-toi. Prends tes affaires et vas-t-en. J'ai déjà fait tes cartons ce matin, ils sont dans la camionette. Tout ce qu'on peut faire pour toi à présent, c'est t'accompagner là où tu veux aller. Après, c'est comme si on avait jamais existé. Compris?

Hurle.

Crache leurs ta haine.

Vomis tes vérités.

Supplies-les.

Bats-toi.

Opposes-toi.

- Oui… c'est compris…" murmura le jeune chanteur d'une voix étranglée.

***

La pluie tombait à verse, comme par hasard.

L'eau dégoulinait sur le visage maquillé d'Hotaru, étalant ses larmes et son rimmel.

Son coupe-vent Nike était trempé, et collait à ses vêtements.

Les quatres cartons posés au sol baignaient dans une flaque.

Les sacs qu'il portait étaient eux aussi inondés.

Le blond essuya rapidement son front et ses joues, écartant au passage ses mèches collées à sa peau, et inspira un grand coup avant de sonner à la porte devant laquelle il se tenait.

Dehors, tout était dans les tons de gris et de bleu, et la lumière du hall l'aveugla un instant.

- Hotaru…?

- Salut maman… Je peux entrer?" demanda-t-il avec un petit sourire.

La femme s'écarta de l'entrée pour laisser passer son fils.

Elle le regarda rapatrier ses cartons sans mot dire, le visage impassible.

Une fois que tout fut entré dans le couloir, le blond ôta sa veste ruisselante.

Un miroir posé sur le mur à ses côtés lui dévoila son visage strié de noir, de bleu et de paillettes, résidu de son maquillage de scène.

Il détourna la tête rapidement et se reconcentra sur sa mère.

Elle n'était pas très grande.

En fait, c'était l'archétype même de la femme au foyer japonaise.

Elle portait un kimono de couleur gris sombre, qui faisait ressortir la blancheur de sa peau et ses joues qu'elle avait poudré de rouge.

Ses cheveux noirs et soyeux étaient tirés en un chignon serré, découvrant ainsi entièrement son visage ovale aux petits yeux effilés.

Le jeune chanteur sourit timidement devant son air inquisiteur, et se grata la nuque, mal à l'aise.

- Heu… Il pleut fort dehors." lâcha-t-il comme pour excuser son maquillage. " Ecoutes maman, je sais que vous êtes fâchés contre moi, mais… j'aimerais revenir à la maison. Je n'ai nulle part où aller à présent.

Sa voix s'étrangla dans sa gorge au souvenir trop douloureux de Daisuke qui le renvoyait.

- Je vais chercher ton père." répondit simplement sa mère après un silence pesant.

Hotaru aurait voulu la retenir, mais ne le fit pas.

La confrontation avec son géniteur était inévitable, tôt ou tard.

Sa mère avait toujours été taciturne et distante, mais elle s'était occupée avec amour de ses deux fils.

Mais son père avait de loin été le plus déçu par le comportement de son second fils.

Il avait placé tant d'espoirs en Hotaru, priant tout les dieux pour qu'il ne suive pas le chemin de son aîné, qui avait quitté la maison avec les mêmes motifs que son cadet, et trouvé la mort à la suite d'une beuverie dans un endroit mal famé.

Voir que son second rejeton n'était que la copie conforme du premier l'avait anéantit.

Hotaru se mordit la lèvre inférieure pour calmer les larmes qui se pressaient au bord de ses yeux caramels.

L'homme qu'il redoutait tant fit son apparition en haut de l'escalier qui lui faisait face.

Il affichait un air hautain et le dégoût brillait dans ses prunelles sombres.

Le fait qu'il le détaillait du haut des degrés de bois renforçait l'idée qu'Hotaru n'était qu'une tâche sur le parquet bien ciré.

Du coin de l'œil, le jeune homme appercevait toujours son reflet.

Il n'avait vraiment pas la tenue appropriée pour venir s'excuser auprès de son père.

Ce dernier descendit lentement, et s'approcha de son fils, sans cesser de le fixer.

Le silence compressait la poitrine du blond.

Encore cette sensation…

Si quelqu'un pouvait ouvrir la fenêtre… la porte…

De l'air…

Mais personne ne semblait enclin à bouger.

Pourquoi était-il toujours aussi mal durant ces moments là?

Parce qu'il se sentait jugé?

Parce qu'il se savait en position de faiblesse?

Cette tension était en tout point semblable à celle qui regnait dans le local, après le concert.

Peut-être était-ce parce qu'il se savait en tord, mais qu'il ne voulait pas avouer ses erreurs…

Il déglutit difficilement et ouvrit la bouche.

- Que veux-tu?" le devança son père.

Sa voix était dure, à l'image de son visage.

- Je… gomen nasai Otôsan.

Hotaru s'agenouilla lentement et posa son front sur ses mains, à plat sur le sol.

Il serra les dents pour affronter l'humiliation.

Mais s'était son père… quoi qu'il dise, il lui devait le respect.

D'autant plus s'il voulait pouvoir retourner habiter chez ses parents.

Au bout de quelques minutes, il se releva, toujours aussi lentement, et releva les yeux pour voir la réaction de son géniteur.

Celui-ci se détourna de son fils après un dernier regard méprisant.

Les larmes du blond roulèrent à nouveau sur ses joues.

Pire qu'une gifle, ou qu'une insulte, l'indifférence.

Le mépris et le dégoût.

Ce n'était plus son fils.

C'était un parasite.

Hotaru se laissa entraîner jusqu'à l'étage par sa mère, qui monta ensuite ses affaires dans sa chambre.

Elle avait été rangée depuis qu'il l'avait quitée.

Mais sinon, rien n'avait bougé.

Sa mère y était apparemment passée souvent, puisque l'aquarium contenait toujours les poissons tropicaux, et puisqu'aucun grain de poussière ne traînait sur les meubles.

Aussitôt la porte refermée, une détresse sans précédent s'empara du chanteur.

Il tomba à genoux près de son lit et enfouit sa tête dans son coussin pour étouffer ses pleurs.

***

- Hotaru, le repas est prêt.

- Oui, maman.

Le jeune homme posa son livre et passa dans la petite salle de bain qui attenait à sa chambre.

D'un rapide coup de main habitué, il passa un peu de fard sur ses paupières, du crayon sur ses yeux et du rouge à lèvre sur sa bouche.

Il donna un petit coup de brosse dans ses épais cheveux blonds, s'inspecta dans le miroir puis descendit rejoindre ses parents dans la salle à manger.

Tandis qu'il marchait, il entendit des voix différentes.

Son père devait recevoir des invîtés…

Il tourna une dernière fois la tête vers la glace qui ornait un des mur du couloir et sourit, satisfait de son aspect.

Le silence s'installa des qu'il entra dans la pièce.

Tout les regards s'étaient posé sur lui.

Sur son jean taille basse, la chainette qui lui servait de ceinture, son nombril piercé, son pull moulant, les bijoux qu'il portait, et son visage dénaturalisé.

Son père, encore debout, se tourna faca à lui et prit un air outré.

Sa mère avait suspendu son geste, le bras levé pour prendre un plat.

Hotaru sourit timidement et lança un petit bonsoir.

Toujours le même silence.

Opressante sensation d'inutilité, de contraste.

- J'ai demandé à mon fils de nous rejoindre, pas à une putain.

Un petit murmure qui court.

Des pas précipités, un corps qui trébuche.

Un escalier, une porte, un lit.

Des gémissements et des spasmes…

- Daisuke… je t'en prie, décroche… Daisuke… je sais que tu m'entends… pardonne-moi… je veux rentrer avec toi…

A suivre…

NdShû: Bon. Ça devait pas tt à fait se finir là, mais je dois écrire Shuya moua! Faut pas que je traîne trop ^^ la suite viendra bientôt.

Comme j'ai galéré pour trouver un titre à cette fic… Je voulais que cela évoque l'image d'un visage appuyé contre une vitre, qui regarde vaguement l'extérieur où la pluie tombe à torrent. Tout est dans les tons de gris.

Je n'arrivait pas à me décider entre "isolement" "mutisme" "tristesse" "néant" "vide"… mais ça faisait moche tout ça. Finalement j'ai eu l'illumination! Mélancolie!! Ouais bon, c'est pas génial comme titre, et ça évoque pas trop ce que je veux mais bon… fallait bien qqchose non?