Titre: Yûutsu - Melancholia

Auteur: moi, malheureusement

Genre: yaoi, plutôt psychotique en ce moment, un peu partage en couille aussi.

Base: originale

Disclaimer: auto-persuasion power sortage de pom-pom girls je vais le faire je vais le faire je vais le faire…

Noreilles: pas grand chose en ce moment… la flemme d'aller mettre en route mon cd de MUCC.

Réponse aux reviews:

Tiphy: mdr, Naruse CPE!!! Après le coup du supermarché, celui là il est pas mal :p nan nan il a un job plus mieux tu verra.

Lakesis: ohhhh pardon!!! Je suis désolée de t'avoir fait autant attendre. Mais si le chapitre t'as plus, c'est le principal pour moi! Voui je sais tu l'aime ton Naruse. Je vais tâcher de le faire apparaître ici aussi, de plus en plus souvent. Niark. Je fais ce que je veux (tu dois savoir de quoi je veux parler…)

Sande: Salut toi! Merci pour la review! On dirait que c'est un complot international!!! Tu t'es montée avec Lakesis pour le Naru x Hota?? C de la folie lol. Je fais ce que je veux!! Nananère!!! Haha! Le scénario est déjà écrit de toute façon… et rien ni personne ne me le fera changer! au prochain chapitre j'espère

Yûutsu - 07

Le ciel noir, sans lune.

La ville brillante comme une boule de feu multicolore.

Le vent frais dans leurs cheveux, leurs corps fébriles, leurs vêtements mouillés de sueur.

Leurs voix éraillées, hurlantes dans l'étrange clarté de la nuit urbaine, résonnantes dans le vide qui s'étalait sous eux, du haut du balcon où ils se penchaient.

- YATTA!!!

- TOKYO ON T'ENCULE!!!

- WAKE UP JAPAN!!!

- VIVE LES VIEUX ET MORT AUX SOCIALISTES!!!

- MON GROUPE EST UN RAMASSIS DE JEUNES CONS!!!

- T'en fais parti, je te signal.

- Je sais, et j'en suis fère.

- Moi je dis… JE VEUX BAISER!

- Ah ouais, bonne idée ça… JE VEUX BOIRE!!! ET FUMER AUSSI!!!

- Tiens, encore une lumière en face… c'est le combientième qu'on réveille?

- Au moins le millième.

Le silence soudain.

- Oh la la, j'ai jamais autant pissé de ma vie…

- Ca au moins, c'était philosophique… Pourtant t'as pas beaucoup bu.

- J'aurais aimé qu'il y ait plus d'un couple d'amoureux en bas… J'ai trop adoré leurs gueules quand je les ai arrosés !

- T'es con…!

- Oh, et pis quand on a couru dans la rue avec les battes contre les murs… quel boucan! C'était génial.

- Ouais c'est clair! Et tout à l'heure, quand le port va se réveiller, ils auront une belle surprise les dockers!

- Des tonnes de tag sur leurs caisses… T'sais que j'avais jamais fait ça avant?

- Pas possible!!! Fausse rebelle va!

- M'EN FOUS!!! FUCK THE WORLD!!!

A côté, une voix plus silencieuse que les autres. Un corps qui fume discrètement, un peu plus détaché du groupe.

Un autre, plus timide, parcouru de frissons exaltés, s'approche, se colle au solitaire, la tête sur son épaule.

- C'était la plus belle soirée de ma vie…" murmure-t-il.

- Mmm.

- Daisuke… Tu sais, je… Elle serait encore plus belle si…

- Si quoi?

- Je t'aime.

Pas un regard surpris. Pas un mouvement de recul. Juste une bouche chaude sur la sienne et un long et suave premier baiser.

Seiji, Glenn et Kakei ricanèrent.

Daisuke leur fit un clin d'œil et emmena Hotaru à l'intérieur de l'appartement, dans sa chambre.

Le cœur d'Hotaru battait à une vitesse folle. Encore une fois, le trac prenait possession de lui, mais d'une façon différente que lors de leur première à la kermesse du lycée: une peur plus intime, la crainte de ne pas être à la hauteur pour une chose gênante bien que naturelle, encore obscure et inexpérimentée pour lui.

Il restait bouche à bouche avec le guitariste, incapable de bouger, de prendre une quelconque initiative. Trop de questions dansaient dans sa tête: qu'allait lui faire Daisuke ? Est-ce qu'il devrait se déshabiller entièrement ou pas ? Est-ce que c'était mal ? Etaient-ils soûls ? Etait-ce le début d'une histoire sans fin ? Est-ce que Daisuke allait aimer le faire avec lui ? Etait-ce grave s'il ne l'avait jamais fait avant? Devrait-il se laisser faire, ou au contraire participer activement aux préliminaires ? D'ailleurs, en quoi consistaient-ils, ces préliminaires ? Il n'en avait qu'une vague idée.

Comme s'il l'avait senti, Daisuke le rassura d'un murmure et le poussa gentiment vers le lit. Il l'y allongea et le déshabilla lentement, parcourant sa peau de baisers délicats, guettant ses réactions et souriant au moindre gémissement, au moindre muscle frémissant.

Hotaru plaquait ses mains contre sa bouche, trop honteux : si les autres entendaient, ou les voisins, ou si Daisuke n'aimait pas qu'il crie, ou s'il criait mal… Y avait-il une façon de crier?

Son corps brûlait. C'était indescriptible. Tous ses sens étaient exacerbés, il se savait devenu soudainement plus sensible au moindre effleurement. Son cerveau avait du mal à tout calculer, tout enregistrer, il avait l'impression d'être en décalage avec ce que lui faisait Daisuke et les émotions qui germaient au creux de son âme.

Il ne savait plus… Quand le souffle de l'autre garçon avait touché son aine, avait-il déjà agrippé le drap ? Ou bien était-ce lorsqu'il lui embrassait les jambes ? Quelle importance… Il avait juste envie de pleurer.

Pleurer parce qu'il avait réalisé le début de son rêve. Parce que le chemin devenait peu à peu plus éclairé. Parce que ce que lui faisait Daisuke était bon. Parce qu'il l'aimait depuis si longtemps en secret. Parce que quelque chose, dans l'attitude des autres membres du groupe, lui faisait penser que tout ceci n'était qu'éphémère. Comme la fleur qui éclot et qui, le temps d'un regard, tombe au sol et se fane.

A un moment, la fin certainement, il avait senti son esprit surgir violemment de son corps, comme aspiré dans une effrayante et mortelle tornade. Comme s'il avait bêtement mis ses doigts dans une prise, il avait l'impression de s'être pris une décharge. Elle partait du bout de ses pieds, jusqu'à la racine de ses cheveux, passant par ses bras et sa colonne vertébrale, hérissant tous ses poils, ravageant sa chair d'un plaisir si intense qu'il en devenait douloureux.

Il retomba lourdement sur le matelas, bloqué, incapable de respirer ou de bouger, attendant silencieusement que la marrée de sensations reflue lentement, retirant le tapis d'épines qui griffaient l'intérieur de sa chair pour ne plus laisser place qu'à la douce chaleur de la somnolence.

Daisuke roula à ses côtés, le souffle rauque et saccadé, ses muscles encore parcourus par de légers spasmes. Il n'avait même pas enlevé complètement son jean et son boxer…

Hotaru trouva la force de tourner la tête vers lui, pour regarder son beau profil qui se découpait dans la lumière de la nuit, et pour glisser sa main dans celle de son amant.

Il fallait qu'il lui le dise, maintenant. Ca paraissait être le moment idéal.

- Daisuke, je…

Ne le laisse pas aller, alors qu'il se lève et remonte son pantalon, grognant un "hum?" sans te regarder.

Retiens le par le bras, couche-toi contre lui.

- Où tu vas ?

Pas ça ! Ne sois pas bête, dis lui la vérité.

Tu frissonnes sans le drap.

- Je vais boire un truc.

Retrouver ses amis, ceux qu'il connaît depuis si longtemps, bien avant toi.

- Daisuke, je voulais que tu saches…

- Quoi ?

- Je suis sincère tu sais. Je t'aime vraiment.

- Moi aussi, je t'aime.

Ca devrait te réchauffer le cœur. Te faire sourire. Frissonner.

Ca te donne envie de pleurer en réalité. Tes entrailles se serrent. Une petite voix, toute petite, mais que tu ne peux t'empêcher d'entendre, te dit que ce ne sont que des mots. Des mots, vides, froids, factices. Mais ta raison déraisonnée t'oblige à croire que cette sensation de malaise, cette impression d'étouffement, c'est du bonheur.

Lorsqu'il referme la porte, tu l'imagines boire puis revenir vers toi, pourquoi pas avec un glaçon qu'il ferait glisser sur ta peau gourmande de ses baisers; tu te recroquevilles entre les couvertures et te caresses, tes mains devenant les siennes; écrasant de toute ta volonté le son de sa voix qui rit avec Seiji, l'image de lui assis entre ses amis, se moquant peut-être de toi.

- C'est fini entre nous, Hotaru. Oublies-moi.

Les seuls mots vrais qui aient franchi sa bouche.

Tu le savais depuis si longtemps. Tu l'attendais avec anxiété chaque jour, chaque minute que tu passais avec lui.

Lorsque tu cherchais ses baisers. Lorsque tu l'obligeais presque, le suppliais de te faire l'amour. Lorsqu'il invitait trop souvent Seiji. Lorsqu'il t'oubliait pour lui. Cette douleur insidieuse dans ton ventre, le manque d'air, ta gorge sèche… C'était parce que tu t'attendais à ce qu'il te le dise enfin. Toutes les larmes que tu versais, la nuit, contre lui mais pourtant si loin, c'était parce que la petite voix te martelait, et que tu savais pertinemment que tu avais tord.

- Arrêtes Masahide, je t'en supplie.

- Mais non, pourquoi ? C'est la vérité.

Pourquoi ? Mais c'était plutôt à lui de se poser cette question! Pourquoi était-il là, assit dans cette pièce noire, avec son frère en face de lui, livide, presque translucide, son regard perçant et son sourire sarcastique fixé sur lui. Hotaru était incapable de bouger, de détourner la tête. Il était obligé d'entendre.

La bouche de son aîné forma une phrase lentement, les lettres détachées les unes des autres, mais le son ne parvint aux oreilles du blond que plus tard, déformé, comme au travers d'un couloir de métro.

- Tu ne vaux rien. Tu es nul. Tu le sais. Tout le monde le sait. Tu n'y peux rien. Accepte-le.

¤¤¤

- Cesse de tourner en rond, tu me donnes envie de vomir.

- Mais bon sang comprends-moi ! Je suis face à un mur.

- Ce n'est pas en retournant ton cerveau que tu arriveras à l'escalader. Assieds-toi plutôt." conseilla pour la énième fois Naruse à son frère.

- Debout ou assis, quelle différence ?!" s'emporta Fuse. "Je vais m'arracher la tête !

- Fais-le en silence alors.

L'aîné des Nomura se frappait le front par petits coups tout en faisant les cent pas dans le salon.

Naruse roula des yeux et alluma une cigarette.

- Calmes-toi, s'il te plaît Fuse, tu me rends nerveux.

- Mais je m'en fous ! Tu ne m'aides pas !" hurla Fuse. "Tu ne vois pas que j'essaie de trouver une solution?

- Seigneur tout puissant, je vais le tuer s'il continue…" murmura le brun en fermant les yeux.

Fuse attrapa rageusement le cendrier posé sur la table basse et le jeta avec violence contre le mur de la pièce, où il éclata en morceaux. Naruse se leva d'un bond et fit pivoter son frère avant de lui administrer une puissante claque qui le colla dans le canapé.

- Tu vas te calmer oui ?" cria-t-il à son tour. "T'es malade ma parole! Espèce d'abruti sans nom ! Crétin !

Il alla ramasser les débris de verre sans arrêter d'insulter son frère. Il ne s'énervait pas souvent, mais il y avait des limites à ne pas dépasser, et Fuse l'exaspérait.

Ce dernier fixait le plafond, la tête basculée en arrière, le corps mou, ignorant la douleur de sa joue.

Plus de deux semaines étaient passées depuis qu'il avait fait la promesse aux deux adolescents de les sortir de l'hôpital. Si Hotaru reprenait jour après jour du poil de la bête, faisant partir en dépression les infirmières grâce à ses paroles acerbes et son air hautain, Tsuki faisait tout le contraire. Il avait misé tout son espoir sur Fuse, et, voyant le temps passer sans aucun changement, il perdait peu à peu du terrain, pleurait de plus en plus souvent lorsqu'il était seul. Il levait vers lui ses grands yeux noirs, tristes et désespérés, malgré son sourire qui se voulait joyeux et fort. Fuse soupira. Son cœur se serrait à cette image, il avait envie de prendre l'adolescent dans ses bras et de lui murmurer des mots doux, des paroles rassurantes ; il avait envie de l'emmener voir le monde, faire toute sorte de choses que font les enfants à son âge, il avait envie de le voir rire et s'amuser, oublier toutes ses craintes et sa souffrance.

Il en était de même pour Hotaru bien sûr. Mais il aurait besoin de l'aide de Naruse pour lui. C'était ingrat, il criait sans arrêt sur son cadet et après il voulait son assistance. Vivre ensemble ce n'était pas la solution idéale…

- Tu t'es calmé ?" demanda Naruse en revenant.

- Pas vraiment." murmura Fuse.

- Tu me soûles avec tes crises.

- J'ai besoin de toi Naruse.

- Et allez, c'est reparti !" s'emporta Naruse. "Monsieur fait son petit caca nerveux et ose demander à sa bonne poire de frangin de lui torcher les fesses. Tu abuses.

- S'il te plaît, Naru-chan. Même si c'est la dernière chose que tu dois faire pour moi. J'ai besoin de toi.

Naruse se massa les tempes en soupirant. Il se laissa tomber dans un fauteuil et secoua la tête. Son frère ne bougeait plus, il était comme inconscient et sa voix basse tremblait légèrement. Il ne l'avait jamais vu aussi faible.

- Dis toujours…" lâcha-t-il, mauvaise foi: il ne pourrait jamais réellement détester Fuse.

- J'ai besoin que tu…" le japonais se redressa et fixa son regard dans celui de son frère. Il était sérieux. "Je veux que tu aille voir les parents de Hotaru et que tu les obliges à signer le papier qui lui permettra de sortir de l'hôpital.

- Je te demande pardon ?!" s'étrangla Naruse.

- Vas les voir et obliges-les. Envoie tes amis yakuzas, ou paye-les, peu m'importe, mais je veux cette signature.

- Attends deux secondes Fuse. Tu es sûr d'être conscient de ce que tu me demandes ? Tu m'envoies chez des gens que je ne connais même pas pour que j'achète leur fils ! Tu t'en rends bien compte de ça ?!

- Tu ne l'achètes pas ! Tu le libères !

- Tu es complètement fou !" cria Naruse en se relevant. "Complètement et définitivement taré ! Ca te monte à la tête cette histoire ! Ca ne te regarde pas, ce que font ses parents ! Tu n'étais sensé que discuter avec leur fils ! Tu te prends pour qui ? Mère Teresa ou Super Mario ?!

- Tu ne comprends pas !" Fuse se leva aussi. "C'est un crime, Naruse !

- Et alors ? Tu es psychiatre, pas flic que je sache !

- Je ne peux pas fermer les yeux ! Ils vont y passer ces gamins ! Je ne peux plus revenir en arrière ! Je leur ai donné ma parole ! J'ai appris à les connaître ! Je les aime comme mes enfants ! Je ne peux pas tout arrêter. Je les achèverai.

- Mon dieu…" Naruse se détourna et se mit à rire. "Tu t'entends parler…? NON MAIS TU T'ENTENDS PARLER ??! Tu es le plus fou et le plus imbécile des frères que le ciel a créés ! Tu réfléchis un peu avant de faire des promesses ?

- Ne me juge pas !" hurla son aîné. "Tu ne sais pas ce que je vis depuis le début ! Tu ne sais pas ce qu'eux, ils vivent ! Tu n'as jamais mit les pieds là-bas ! Tu t'en fous toi, tu es comme tout les autres ! Tu gagnes ton fric en faisant bosser les autres et ça ne t'empêche pas de dormir et de continuer ! Peu importe qu'il y en ait qui crèvent la faim ou qui se retrouvent dans des situations comme celle de Tsuki et d'Hotaru !

- Fuse, tais-toi, tu vas trop loin." fit son cadet, d'un calme effrayant.

- Je te demande ton aide ! Je te demande d'arrêter le temps d'une discussion d'être égoïste ! Après tu feras ce que tu veux! Tu pourras continuer à exploiter le talent des gens, de te pavaner dans ta voiture de sport avec tes costumes haute couture ! Mais penses un instant aux autres ! Juste quelques…

Un coup le cueillit à la mâchoire et l'empêcha de continuer.

- La ferme !!! Tu me traites de dictateur là ?! Tu es gonflé ! Parfois je me demande comment je fais pour ne pas t'étrangler et continuer de sourire sous tes insultes ! Sache que je suis un homme adulte, que j'ai ma fierté et mon honneur ! Tu as tendance à l'oublier. Un jour je ne ferais pas que te donner un coup de poing. Et il sera trop tard pour le regretter.

Naruse toisa son frère de toute sa haute stature, lui lança un dernier regard glacial et lui tourna le dos. Il avait envie de s'enfermer au sous-sol, dans la salle de sport qu'ils possédaient, et de passer ses nerfs sur le punching-ball. Son kung-fu ne l'avait pas quitté. Ni heureusement les leçons de maîtrise de soi que lui avait inculqué son maître…

Cependant, malgré sa colère noire, il ne pu s'empêcher de se figer et de tout regretter lorsqu'il entendit son frère renifler.

- Fuse, tu… Tu ne pleures quand même pas ?" demanda-t-il doucement, sans oser regarder.

- Vas-t'en. J'ai eu tord de m'adresser à toi.

Naruse prit une profonde inspiration et fit demi-tour. Il s'assit au sol, près de son aîné et le prit dans ses bras.

- On fait une belle paire d'abrutis tout les deux, tu ne trouves pas ?" murmura-t-il dans ses cheveux ébouriffés.

- Je t'aime Naruse, je comprendrais si tu ne peux plus me pardonner." lâcha Fuse, la voix tremblante.

- Tu es mon frère, Fuse, je t'aime aussi. Oublions tout ça, c'est puéril. Oublions tout.

- Je ne peux pas…

- Chh…" Naruse avait l'impression de revivre une des scènes de leur enfance. Depuis quand n'avait-il plus bercé son grand frère ?

- Je ne peux pas…" Fuse éclata en sanglots.

- Calme-toi je t'en prie." Il lui releva le visage et passa ses pouces sous ses yeux dans l'espoir de sécher ses larmes. "Oublie notre dispute et expliques-moi ton plan. Sans pleurer.

- Oh pardon, tu dois avoir honte de me voir ainsi. Je suis faible…

- Tais-toi. Allez. Je vais aller chercher le reste de milk-shake et puis tu vas tout m'expliquer.

Le médecin laissa partir son frère, et la chaleur qui l'entourait. Il se comportait comme un vrai gamin, c'était horrible; et le pire était qu'il en avait conscience. Il se hissa sur le canapé puis suça longuement sa paille lorsque son cadet lui donna son verre (1).

- C'est bon…" soupira-t-il, les images de son adolescence, au bord d'un plage, le vent dans les cheveux déjà longs de son frère, lui revenant en mémoire.

- Mm… Alors, vas-y, exposes-moi tout.

- Ce que je pensais faire, en réalité, c'est…

¤¤¤

- Excusez-moi, Mademoiselle, j'aimerais savoir si le docteur Sakuragi est disponible.

- Oui, bien sûr, qui dois-je annoncer ?

- Nomura Fuse, psychiatre.

La jeune réceptionniste sourit et appela son patron. Celui-ci accepta la visite et Fuse se retrouva dans son bureau.

- Salut, Nomura !" s'exclama le docteur en se levant pour lui serrer la main. "qu'est-ce qui t'amène par ici ?

- Deux de mes patients qui sont internés ici." fit directement le plus jeune en s'asseyant.

- Ah ? De quoi s'agit-il ?

- Cela fait plusieurs mois que je les suis. En comparant mes notes et les dossiers qui ont été construits depuis leurs arrivées régulièrement, j'en suis venu à la conclusion qu'ils étaient parfaitement en l'état de quitter l'établissement. Aussi aimerais-je avoir les dossiers de suivi pour les faire signer aux parents respectifs. J'ai amené mes propres dossiers si cela t'intéresse.

- Ah.. heu, oui, bien sûr…" le vieux médecin semblait pris au dépourvu. "Mais pourquoi, si soudainement…?

- Il serait inutile de les faire rester ici plus longtemps. Leurs familles leur manquent. Tu ne serais pas cruel au point de les laisser s'impatienter pour rien ?

- Non, bien sûr ! Enfin, Fuse, qu'est-ce que tu imagines…" s'indigna Sakuragi.

- Je ne voulais pas te vexer, excuse-moi. Mais tu comprends… Ils sont jeunes. Et puis… Tu sais, je ne veux pas t'attirer des ennuis alors je te le dis, mais… J'ai souvent épié les infirmiers, et ils injectaient des doses beaucoup trop fortes, bien différentes de celles prescrites, aux patients.

- Non !?

- Je peux m'être trompé, mais bon, tu ferais mieux de vérifier…

- Oh, je te fais confiance Nomura, après tout lorsque tu travaillais ici tu faisais du bon boulot. Tu nous manques parfois. Ca se passe bien ton cabinet ?

- Oui, merci. Mes deux patients les plus importants sont justement ceux dont je réclame les dossiers… Leurs familles sont des gens puissants." mentit Fuse, impatient.

- Non ! C'est sérieux ?

- Tout à fait.

- Et bien ! Tu ne soigne pas n'importe qui toi ! Ca ne m'étonne pas, tu es doué. Allez, tiens, les voilà tes précieux papiers. N'oublie pas de me les ramener une fois signés.

- Comptes sur moi, Sakuragi. Mes amitiés à ta femme.

- Merci!

Les deux hommes se saluèrent et blaguèrent encore un peu, puis Fuse quitta précipitamment l'hôpital, euphorique.

Ca allait marcher.

¤¤¤

- Chéri, il… Il y a des yakuzas à la porte…!" bredouilla Yamate-san sur le seuil du salon, livide.

Son mari se leva d'un bond et lui lança un regard paniqué.

Il ouvrit la bouche, la referma, serra les poings et essuya d'un revers de manche la sueur qui recouvrait son front. Il inspira et prit un air sérieux et confiant avant d'aller à la porte.

Trois hommes se tenaient sur le palier. Un en costume marron, avec les cheveux mi-longs attachés en une petite queue de cheval ; le second en costume noir, le crâne rasé et tatoué, des lunettes de soleil et un chewing-gum; et le troisième, vêtu lui aussi de noir, avec les cheveux en broussaille, décolorés en rouge, un cigarette à la bouche et un regard ultra hautain. Yamate-san frémit.

- Yamate-san?" demanda l'homme en costume marron.

- … Oui… A qui ai-je l'honneur…?

- Nomura Naruse, frère du psychiatre de votre fille et chef de l'établissement où est interné votre fils.

- Que… Que puis-je pour vous?

- Me faire entrer. Il fait un temps de chien dehors." lâcha nonchalamment Naruse.

- Oui, oui, bien sûr, je vous en prie !" Le père de famille se colla au mur et laissa passer les trois hommes.

Naruse prit directement place sur un des canapés du salon, gratifiant d'un sourire charmeur la jeune fille - probablement la Keiko - assise à la table à manger qui les regardait d'un air effrayé, tandis que ses deux acolytes faisaient le tour de la pièce, inspectant sans se gêner chaque babiole. Lorsque Yamate-san eut pris place face à Naruse, les deux cerbères se plantèrent derrière le canapé du "boss" et toisèrent d'un air narquois leur hôte.

- Alors, hum…" l'homme tremblait. Naruse éclata de rire en son for intérieur.

- Le motif de ma visite est on ne peut plus simple, cher monsieur." commença-t-il en croisant les jambes, cigarette à la bouche. "Je viens vous parler de Tsuki…

- Qu'a-t-il fait ?" demanda Yamate, sans maîtriser sa colère subite.

- Oh mais rien, il est tout à fait adorable. Tellement même que je trouve inutile qu'il reste dans mon hôpital. Ce garçon est en parfaite santé, mes médecins pourraient vous le confirmer, aussi est-il inutile qu'il reste plus longtemps. Les informations de ces derniers jours vous ont certainement appris que nous sommes en manque cruel de place… Si je veux éviter la grève, il me faut libérer des chambres. Vous me comprenez ?

- Je… oui, oui, mais…" l'homme était abasourdi et horriblement intimidé.

- Mais alors tout est parfait !" s'exclama Naruse en levant les mains au ciel. "Teru, le dossier.

L'homme au crâne rasé lui donna ce qu'il réclamait. Naruse effeuilla le dossier, dispensant de rapides explications volontairement peu claires au maître de maison, avant de lui brandir sous le nez la feuille salvatrice.

- Signez là." ordonna-t-il en pointant l'endroit prévu à cet effet.

Teru tendit un stylo avec un grand sourire. Yamate s'exécuta, non sans lancer des coup d'œil peu rassurés aux deux hommes en noir. Il redonna la feuille à Naruse qui s'en empara vivement, prêt à quitter les lieux.

- Mais…" coupa Yamate. "Si je peux me permettre…

- Quoi donc ?" fit Naruse, avec son air le plus froid, en se retournant vers le père de Tsuki.

- Tsuki va devoir revenir ici ?

- Moui… à moins qu'il n'aie un autre endroit où aller, chez des amis par exemple.

- Il n'a pas d'amis.

- Si cela peut vous soulager, je me chargerais de lui trouver un toit." proposa le brun en passant sous le parapluie qu'avait déployé Ray, son compagnon aux cheveux rouges. "Je vous rappellerai en tout les cas.

Laissant là le pauvre homme, terrifié et déboussolé, Naruse s'enfuit bien vite dans sa voiture, Teru au volant comme chauffeur. Une fois dans l'habitacle de métal, il soupira de soulagement.

- J'ai cru que je n'y arriverais jamais…

- T'as le papier, c'est ce qui compte non ?" fit Ray en le regardant à travers le rétroviseur.

- Oui… Vous avez été géniaux. Sans vous je n'y arrivais pas.

- Arrête, je devais me retenir pour pas me marrer, la tête de ce mec était trop mythique !" éclata Teru en riant.

Naruse sourit et se laissa aller dans le moelleux siège de la limousine. Le plus dur restait encore à venir, s'il en croyait la description que son frère lui avait faite des Saki. Il soupira : cette histoire était incroyable et pouvait les entraîner un peu trop loin. Si l'un ou l'autre des parents se rendaient compte de la machination, ils pouvaient avoir un procès… Enfin, les bons avocats, ce n'était pas ce qui manquait parmi les relations de Naruse, mais s'il pouvait éviter d'y avoir recours, il ne s'en porterait que mieux.

Une petite heure plus tard, la luxueuse voiture s'arrêtait devant la petite demeure traditionnelle des parents d'Hotaru.

Une femme, âgée mais pourtant toujours très belle, vint leur ouvrir. Elle resta un moment interloquée mais reprit bien vite son masque distant et froid de japonaise.

- Messieurs ?

- Je suis Nomura Naruse. Je viens pour vous parler de votre fils.

Ils se retrouvèrent encore une fois au salon. Teru et Ray étaient plus calme, plus imposants, debout comme de coutume derrière le brun. Le père et la mère d'Hotaru étaient tout aussi sereins.

- Je suis le frère du psychiatre à qui vous aviez confié le suivi de votre fils." commença Naruse, beaucoup plus mal à l'aise que chez les Yamate, sans pourtant laisser paraître quelque chose.

- Oui, je me souviens de lui." répondit froidement le père.

- Si je me trouve ici aujourd'hui, c'est dans le but de vous faire signer le papier qui permettra à Hotaru de sortir de l'hôpital.

- Pourquoi le signerai-je ?

- Parce que votre fils est guéri.

- Il ne s'habille plus comme une putain, ni ne parle ni ne se comporte comme tel ?" questionna, acerbe, Saki-san, le regard aussi dur que de la roche.

- Ecoutez, Saki-san…" Naruse ne trouvait plus ses mots. Il soupira. "Votre fils a dix-neuf ans. Il n'a pas vécu des choses faciles jusque là, convenez-en : la mort de son frère, l'ambiance de la maison avant ce triste décès, le chemin qu'il a choisi etc…

- Où voulez-vous en venir, Nomura-san ?

- Je veux dire par là qu'il est normal pour un enfant, durant son adolescence, de contester ses parents, et encore plus s'il n'a pas eu une vie facile jusque là, ce qui est le cas de votre fils. Lui en vouloir parce qu'il vous provoque n'est pas l'attitude qu'il est conseillée d'adopter. Je pense que pour que votre fils cesse cette guerre contre vous, il faut que vous passiez vous aussi par une introspection, une remise en question.

- Qui êtes-vous?

- Je… il ne le saura pas, aie confiance en toi… Je suis le chef supérieur de l'établissement où se trouve votre fils.

- Un yakuza ?

- J'ai d'autres activités que celle de gérer l'hôpital. Ces deux hommes sont là pour ma protection. Mais le sujet n'est pas celui-là.

- Je veux une réponse claire. Hotaru est-il guéri, oui ou non ? S'il ne l'est pas ou si vous ne me donnez pas une réponse satisfaisante, je brûle ce papier et nous n'en parlons plus." déclara fermement le père.

- Mais votre fils n'est pas malade." souffla Naruse.

- Si, il l'est !

- Je suis désolé de vous contredire, Saki-san, mais il est dans les mœurs actuelles de se vêtir légèrement ! Si votre fils aime la musique, vous devriez l'encourager dans cette voix, car ce n'est pas la plus simple, mais elle peut rapporter gros ! Et s'il aime les garçons… Et bien, s'il aime les garçons, quelle importance ? Ne fait-on pas des enfants pour les voir grandir et devenir heureux ? Vous devriez être fier de lui, car il s'est battu et n'a pas abandonné alors que tout était contre lui. Votre fils est quelqu'un de fort, et il deviendra un adulte responsable. Son adolescence n'est qu'une passade. Sortez-le de cet hôpital, il n'a rien à y faire, et il souffre. Réagissez en parents, écoutez votre cœur, ne soyez pas aveugles et égoïstes !

Naruse s'était levé durant sa tirade. Il fixa successivement Yoïchi et Nadeshiko puis se rassit lentement, avant de se passer les mains sur le visage, honteux de s'être emporté. Encore heureux que Fuse lui avait raconté la vie des deux garçons - ou ce qu'il en savait - en long, en large et en travers, sinon il n'aurait jamais pu faire face à une situation telle que celle là.

- Je veux dire…" reprit-il plus calmement. "Votre fils n'a plus rien à faire dans cet établissement. Il gêne plus qu'autre chose, et ça en devient néfaste pour lui. La seule maladie - si je peux appeler ça comme cela - qu'il avait étant l'hystérie, je peux vous dire qu'il ne fait plus de crises à l'heure actuelle, mais qu'elles peuvent revenir à n'importe quel moment, car elles sont le résultat d'une émotivité peu stable. Et cela, seul ses parents - vous, peuvent l'aider à les faire disparaître. En faisant attention à lui et en cessant de toujours le comparer, le rabaisser et de vouloir qu'il soit ce que vous n'avez pas pu être. Ou ce que votre premier fils n'a pas su être.

Saki Yoïchi serra les dents.

- Hotaru est une tare et n'a plus rien à faire dans cette maison. Pas temps qu'il ne sera pas redevenu comme avant.

- Pour qu'il soit comme avant, il faut que vous le soyez aussi, il faudrait que votre premier enfant soit là, que vous habitiez autre part; que votre vie ait été littéralement différente et rien de toute cette triste histoire ne serait arrivé." cracha Naruse, de plus en plus énervé.

- Les malades sont à l'hôpital. reprenez votre papier.

- Signez-le !" siffla le brun. "Signez-le ! Je me charge d'Hotaru ! Je le ferai disparaître de votre vie! Vous n'aurez qu'à imaginer qu'il est toujours enfermé dans cet hôpital sordide ! Il se trouvera une maison, un travail et vivra enfin en paix avec lui-même. Mais signez ce papier de malheur, pour qu'il ait une vie, même si ce n'est pas celle que vous avez toujours souhaité pour lui ! Vous avez fait le deuil d'un premier enfant, un second ne sera pas dur à supporter.

Nadeshiko ouvrit grand les yeux et porta une main à son cœur. Naruse se rendit compte de ses paroles et baissa le regard.

- Vous êtes une ordure." lâcha Saki-san.

- Ces mots blessants m'ont échappé et j'en suis navré. Mais avouez que vous m'y avez poussé." se reprit le brun. "L'important pour vous c'est qu'il ne se montre plus à votre porte ? Alors hors de l'hôpital ou pas, qu'est-ce que ça change, s'il ne vient pas ici ?

- Il reste mon fils et je veux qu'il soit en sécurité.

- Il le sera s'il quitte l'asile. C'est ça qui aura raison de lui.

- Vous prétendez être le patron de cet asile et vous en parlez comme d'un lieu de torture.

- Je n'en reste pas moins un humain qui refuse de voir souffrir des enfants à cause de parents ingrats comme vous.

- Sortez de ma maison.

- Pas sans cette signature.

- Il s'agit de mon fils ! C'est à moi de décider !" cria Yoïchi.

Naruse ferma les yeux et inspira à fond.

- Dite moi un prix." proposa-t-il.

- Pardon ?

- Un prix. Je vous fais un chèque en échange de cette signature.

- Vous essayez de me soudoyer…

- C'est pour éviter de vous menacer !" fit Naruse, réprimant son envie de cracher à la figure de l'homme, en claquant des doigts.

A son geste, Ray et Teru sortir leurs pistolets. La mère d'Hotaru se tassa dans son canapé en réprimant un cri.

- Je ne suis pas ce genre d'homme." expliqua Naruse. "Mais il vient toujours un moment où je sors de mes gonds. Bien entendu, aucun mal ne vous sera fait, ni quoi que ce soit d'autre, mais c'était juste pour que vous compreniez… Il s'agit de votre fils, comme vous le dites si bien lorsque cela vous arrange. Signez ce papier et recouvrez une chance de tout réparer entre vous.

Saki Nadeshiko mit le stylo et le tampon (2) dans la main de son mari, non sans quitter des yeux les deux hommes en noir, effrayée bien qu'ils aient rangés leurs armes.

A contre cœur, et au grand soulagement de Naruse, ce dernier leur rendit le papier dûment rempli.

- Coriace, le mec…!" lâcha Teru à nouveau au volant de la limousine.

- Tain c'est clair… ça me rappelle mon vieux." fit Ray.

Naruse se taisait. Il fixait le plafond beige de la limousine. Son cœur battait lentement. Sa gorge était serrée. Il avait les papiers, mais à quel prix ? Il avait entendu les pires choses de sa vie. C'était immonde.

Mais tout ce cinéma allait bientôt prendre fin. Bientôt.

- Ca vous a plû de jouer les yak' ?" demanda-t-il à ses deux amis pour alléger l'atmosphère.

- Bah… pas différent du rôle de garde du corps !" répondit joyeusement Ray. "Les petits vont se marrer.

- Ouais. Ils auront encore moins de soucis à se faire !" fit Teru en riant.

Naruse sourit. Par chance, leurs patrons - des petites étoiles montantes du monde de la musique - n'avaient rien à faire ce jour-là et il avait pu emprunter les plus effrayants mais les plus doux gardes du corps qui soient.

Il se languissait d'être de retour à la maison.

¤¤¤

- Oh elles sont superbes !!!" cria Tsuki.

Il prit délicatement l'énorme bouquet d'orchidées rouges que lui tendait Fuse.

- Mais pourquoi ?" demanda-t-il, ses grands yeux rivés dans ceux de Fuse.

- J'avais envie. Elles sont aussi pour Hotaru.

- C'est sympa." remercia ce dernier en tirant une fleur à lui pour la sentir.

- Ca vous dirait une petite promenade en ville ?" proposa le médecin, tout sourire.

- Oh oui !!!

- Allez, c'est partit, la voiture nous attends.

- Mais…" Hotaru s'arrêta. "Le soir va bientôt tomber et l'heure des visites est dépassée…

- J'ai une autorisation spéciale." fit Fuse avec un clin d'œil qui émerveilla Tsuki. "A moins que tu ne veuille vraiment pas, dans ce cas je vous laisse ici…

Les deux adolescents nièrent vivement.

Ils sortir de l'hôpital et Fuse les fit monter dans la voiture de Naruse, qu'il avait emprunté pour l'occasion.

Les deux jeunes hommes s'extasièrent devant la beauté et le prix que devait coûter une telle voiture, puis s'installèrent sur la banquette arrière.

Le voyage dura deux bonnes heures, et lorsqu'ils découvrirent où ils étaient arrivés, des cris de joie se firent entendre.

- La plage !" piailla Tsuki en courant sur la grève, en direction d'un feu allumé.

- Bienvenue !" lança un des campeurs.

- Hotaru, Tsuki, voici mon frère Naruse." présenta Fuse.

- Enchanté !" répondirent les deux adolescents.

D'autres personnes étaient présentes autour du feu dans lequel grillaient déjà quelques saucisses. Il avait beau avoir plu le jour précédent, le soleil avait brillé fort toute la journée, peut-être en prévision de cette soirée heureuse, et le sable était encore chaud.

Il y avait Wang, un coréen au look décontracté, légèrement stone, qui avait emmené son jumbee; Lily, une métisse sino-africaine et son ami Anji, qui jouait dans son coin de la guitare sèche. Ils s'assirent tous en cercle et commencèrent à blaguer tout en mangeant.

Tsuki et Hotaru riaient, s'entendaient bien avec tout le monde et semblaient vraiment joyeux. Naruse fit un petit sourire entendu à son aîné qui brancha soudain une chaîne stéréo.

- Si on faisait une soirée disco à la plage?

- Trop coooooool !" fit Tsuki en se levant et en se mettant à danser comme un fou.

Hotaru se moqua gentiment de lui et se leva à son tour, décidé à lui apprendre quelques rudiments de la danse, en commençant par le principal : être sensuel.

Anji et Lily se joignirent bientôt à eux, tandis que Wang, Fuse et Naruse gardaient leurs yeux fixés sur les corps en mouvements des jeunes garçons. Hotaru ne resta pas longtemps très habillé, et Tsuki le suivit malgré les protestations véhémentes du psychiatre.

- Au fait…" lâcha-t-il soudain en baissant le son de la musique, s'attirant par là même quelques foudres. "je pense qu'il est temps de dire à Hotaru et Tsuki pourquoi ils sont ici ce soir…

- Ca me paraît être une bonne idée…" songea Naruse à voix haute.

- De quoi s'agit-il ?" demanda Hotaru, l'air suspicieux, son torse nu parsemé de sable.

- L'hôpital, c'est terminé.


A suivre…

Yééééé je suis trop forte j'adore ce chapitre même s'il part un peu dans tout les sens.

Merci spécial à ma tite Lakesis: j'ai beau me haïr d'être faible face à toi, si t'étais pas là ça me compliquerait bien la vie et encore merci pour la correction hier soir :p

(1) Milk-shake Powaa! C'est fou comme ça change tout lol.

(2) Au Japon, tous les papiers officiels doivent porter le sceau de la famille. J'ai oublié de le préciser pour Yamate.