Je m'appelle Gabriel, Gabi pour les amis (enfin, le peu qui me reste ou que je n'ai pas encore décidé de tuer). Les gens pensent que je suis un meurtrier psychopathe, je ne les comprend pas ! Je rêve d'un monde dans lequel je puisse tuer sans que les flics ne me collent aux basques. C'est vrai, après tout, qui n'a jamais rêvé de tuer, de planter un couteau dans la chair d'un petit con qui t'insulte, de lui ouvrir le ventre et de refaire la déco de noël avec ses tripes. C'est une sensation si douce ! Ça me rappelle mes jeunes années où je trouvais mon réconfort dans l'automutilation, lorsque je plantais mes crocs dans ma propre chair et que je répandais la substance rouge sur les vitres de ma chambre pour faire des dessins ou écrire. J'aime écrire sur la mort des gens, avec leur propre sang de préférence. J'ai même commencé un registre où il y avait marqué leurs noms, leurs âges et la couleur de leurs yeux et je dois avouer que ma couleur préférée, c'est le gris-vert. C'était les yeux de ma mère, je me rappellerais toujours son dernier regard, d'abord de crainte, puis vide lorsque j'avais pris la fourchette et que je la lui avais planté dans le cœur. D'habitude, elle me réservait son regard glacé, celui où l'on a l'impression qu'un pierre vous fracasse la tête. Le matin, je retrouve ce même regard dans la glace et je me dis qu'il me va mieux à moi qu'à cette salope. Bon, il est vrai que ma mère ne m'aimait pas, et d'ailleurs je n'ai jamais bien compris pourquoi. Tout ce que je me souviens, c'est que cette absence totale d'affection est arrivée après la mort de mon père. Nous nous promenions sur le pont qui passe au-dessus de l'autoroute, et mon père m'avait dis que les hommes ne savaient pas voler. J'ai donc voulu vérifier car j'étais sûr du contraire et je l'ai poussé dans le vide. C'est d'ailleurs depuis ce moment là que j'ai une vraie passion pour cette substance rouge que l'on appelle "sang", lorsque je l'ai vu se répandre sur une longue traînée après le passage d'un 35 tonnes sur le corps inanimé. Et donc, depuis ce jour, ma mère m'a haïs et j'ai su que les hommes ne savaient pas voler. Pourtant, les psy que l'on m'a amené voir, m'ont tous dit que ce n'était pas ma faute, alors pourquoi m'en voulait-elle ? Enfin, la question ne se pose plus vu que je l'ai butté après qu'elle m'ait dis avoir regretté de m'avoir donné la vie. Elle aurait dû être fière de m'avoir pour fils, car j'ai été investi d'une mission par l'ange de la mort moi, un être que sa grâce maudite a choisi parmi tant d'autre. Elle aurait du comprendre, la grognasse, qu'il faut se plier à la volonté de sa majesté, le souverain du royaume des damnés. Bref, après avoir été à moitié élevé dans un asile où il y a autant de dégénérés chez les médecins que chez les patient, je suis enfin dehors et je vais pouvoir accomplir le reste de ma mission, mais cette fois, les flics ne m'auront pas (du moins pas vivant), car j'ai eu le temps pendant toutes ces années de concocter quelques petites surprises de mon cru et de préparer le meurtre parfait, j'ai pensé à tout cette fois. Mais avant de faire quoi que se soit, il va falloir que je me trouve une cible de choix, et ça, c'est le plus dur. Quoi que, pas si dur que ça, car à peine me suis-je retourné, qu'un gros porc avec un sandwich à la main me regarde de haut en bas avec des yeux de merlan frit. J'ai d'abord cru qu'il me cherchait avant de percuter que j'avais oublié d'enlever ma camisole. Mais bon, tant pis, j'ai trouvé ma cible et c'est le principal. Même si j'aurais préféré avoir un beau jeune homme avec de longues jambes, un visage fin, un regard d'ange et de longs cheveux noirs tombant sur ses épaules et son torse nus. C'est mon rêve, je l'aurais chéri dans la douleur et dans la mort même s'il s'agissait de la mienne. Finalement, je suis discrètement (après avoir enlevé ma chemise aux longues manches) ce gros tas de graisse. Apparemment, il rentre chez lui, pénètre dans la salle de bain et prend une douche. J'en profite pour faire un tour dans son piteux appartement et, dans sa chambre, je découvre l'ange de mes rêves attaché aux montants du lit. Il est a demi nu, je vois parfaitement qu'il a été battu et violé, il doit être là depuis une petite semaine malgré qu'il soit si amoché. Je m'approche de lui, il est épuisé, il entrouvre les yeux et lorsque nos regards se croisent, c'est magique, on est transporté dans le temps et l'espace, au cœur même de nos sentiments, c'est comme si l'on s'était toujours cherché sans jamais se trouver. Mon âme-sœur, ma conscience, ma beauté est devant moi. Je sais que l'on ressent la même chose et c'est pourquoi je m'approche plus près et l'enlace de tout mon être. Malgré son état, il est heureux et confiant, il sait qu'il n'a plus rien à craindre. J'ai trouvé une autre raison de vivre. Soudain, la porte s'entrouvre et je vois le bourreau de mon aimé. Au diable le meurtre parfait, je lui saute dessus et le martèle de coups tel une bête enragée. Je m'écarte de lui lorsqu'il s'écroule à terre. Je récupère le poignard fixé dans mon dos et m'en sert pour lui arracher le cœur. Je me relève et retourne vers mon ange. Je le détache, il me prend dans ses bras et m'ôtes le cœur encore chaud des mains. Il m'en donne un bout à manger pendant qu'il déguste son morceau. Quand je plante mes crocs dans ce muscle si tendre, je me sens pousser des ailes. Le sang me coule dessus et j'engloutis mon petit dessert comme un enfant le ferait avec une pâtisserie. Je sens des doigts fins et glacés courir le long de mon corps. Je me tourne vers mon ange, il me sourit, il est si beau, j'en ai les larmes aux yeux. Il glisse sa tête dans mon cou, je frissonne, il me lèche et plante ses crocs. Je vois trouble mais je me sens voler et mon ange est avec moi. Je lui fais entièrement confiance, là où il m'envoie, je sais que je serais enfin heureux. Il me rejoindra, et nous passeront l'éternité ensemble, moi et mon ange de la mort.

~ finalement, j'avais raison,

les hommes sont capables de voler ~