Titre : Paradise

Auteur : Shû – Ero Sennin Remixed –

Base : originale

Genre : le bla bla habituel…

Disclaimer : ben… désœuvrement total, je m'ennuie, j'attends que ma petite sœur rentre pour lui dire bonjour avant de partir au théâtre voir une pièce au sujet plus que douteux… Alors j'écris, tout en convertissant mon sempaï numéro 1 au syndrome Happataï.

Noreilles : rien parce que j'ai plus de batterie à mon lecteur mp3 et que j'ai la flegme de mettre winamp en route.

Réponses aux reviews:

-Lakesis: Et oui ma puce, c'est bien de la chanson de Pierrot qu'il s'agit ^^ c'est que ces derniers temps, j'écoute en boucle "Private Enemy"

-Anonyme: Espèce de connard, tu connais le mot "introduction"??? j'aimerais bien lire ce que tu écris on rira un coup, je suis sûr que c mille fois pire que moi... petit con va, toi t'es comme "anna", un individu de cette société pourrie à qui j'aimerais bien casser la gueule...

Paradise – chapitre 01

Paradaisu ga mitsukaranai nara ima tsukureba ii jyanai

Suki ni yarasete kuremasen ka hitasura tanoshiku ikiteiku tame

Maël se recula et se tourna lentement face au grand miroir mural de sa chambre.

Le costume noir et pourpre qu'il venait d'acheter lui allait à merveille.

Il remit ses petites lunettes et passa à la salle de bain pour mettre un peu de gel dans ses courts cheveux ébènes.

Il mit ensuite son manteau, prit son téléphone portable et alluma une cigarette avant de quitter son appartement.

Ce soir-là, il était invité à un dîner chez son patron, Yozaemon Shuro, qui revenait tout juste de Tokyo avec de nouveaux projets pour SONY France.

Il rejoignit le sous-sol pour prendre sa voiture et roula tranquillement sous la pluie battante, typiquement automnale, jusqu'à l'autre bout de la ville, dans une banlieue chic et calme.

Sa montre lui indiqua qu'il avait cinq minutes d'avance. Mais apparemment, certains invités étaient déjà là, aussi se gara-t-il sans attendre dans la grande coure de gravier.

Le perron était brillamment éclairé, de même que la large pelouse où étaient disséminées de petites loupiotes.

Un domestique l'accueillir chaleureusement, prit son manteau déjà ruisselant et l'introduit dans le jardin d'hiver noir de monde.

Commença alors une longue série de poignée de main et de sourire, d'échange de salutations et de compliments.

·

- Ah! Enfin, vous voilà, monsieur Gauthier! "Gotieru-san" comme on dit chez nous!" s'exclama son supérieur en le voyant, tout heureux.

- Bonsoir, Shuro-sama. Suis-je en retard?

- Pas le moins du monde. Tenez, voici mon épouse, Flora." Fit le japonais en lui présentant sa femme.

Elle aussi était asiatique, mais avait été élevée en Nouvelle-Zélande, comme l'apprit Maël un peu plus tard.

Comme son mari, elle devait avoir la cinquantaine, mais elle avait gardé tout le charme de sa jeunesse, et elle avait notamment de magnifiques cheveux, qui semblaient aussi doux que de la soie, et qui lui arrivaient aux reins.

- Ravie de faire votre connaissance." dit-elle dans un sourire en lui serrant la main. "Mon mari ne m'a fait que des éloges de votre travail.

- J'en suis heureux. Je fais tout pour tenir mon rang!" avoua le secrétaire.

Ils rirent, puis continuèrent à parler de différentes choses avec d'autres employés, entre une coupe de champagne et trois petits fours.

Pourtant, un trouble persistait.

Maël le remarqua en regardant madame Shuro. Elle riait, prenait vivement part à la conversation, mais ses yeux noirs semblaient perdus et lointains, et un pli d'inquiétude barrait son front et ne voulait pas disparaître.

Lors d'un moment de répit, Maël décida d'aller lui parler et par la même occasion de s'approcher d'un cendrier pour fumer tranquillement.

- Pardonnez ma curiosité," fit-il une fois à ses côtés. "mais vous me semblez soucieuse…

·

La femme, qui avait légèrement sursauté au son de sa voix grave, lui jeta un rapide coup d'œil puis reporta son attention sur la nappe qu'elle lissait nerveusement.

- Oh… rien de bien grave…" murmura-t-elle. "Venez plutôt par là. Le dîner va être servi.

Le secrétaire se laissa entraîner jusque dans la salle à manger, frustré de ne pas avoir eu de réponse à sa question.

Mais après tout, quoi de plus normal? Ca ne le regardait pas.

Au lieu d'une table, c'était un énorme buffet qui trônait dans la pièce richement décorée de plantes diverses et de lampes colorées.

Yozaemon fit un petit discours, on l'applaudit vivement puis la petite soirée se continua.

Maël était en train de taquiner un nouvel employé qui venait de se fiancer en vantant les mérites du célibat, aidé d'une de ses collègues - et amies - Manon; riant gentiment des protestations du jeune homme, quand un cri retentit.

Un silence s'installa dans la salle, tout les invités jetaient des regards à droite et à gauche pour deviner qui était à l'origine de ce bruit, et seul la stéréo diffusait encore sa musique douce.

Les hurlements étaient suraigus, et évoquaient à Maël une petite fille en colère qui exprimait haut et fort ce qu'elle pensait, à savoir: "non, je ne veux pas voir papa, lâche-moi Kei ou je te botte les fesses!!!", le tout en japonais.

La porte s'ouvrit sur un homme, un asiatique lui aussi, grand et musclé, en costume foncé - un homme de main à n'en pas douter; aux prises avec une furie qui le griffait en vomissant des injures sur son bourreau, sa famille, Yozaemon et tout les dieux du panthéon nippon.

Le prisonnier se dégagea brutalement de l'emprise du garde, cracha au sol et tourna son visage rouge de fureur vers la foule des convives.

Tous le fixaient, et il fit de même, sans craindre de paraître impoli.

C'était un adolescent.

Il portait un kimono de femme d'un blanc immaculé, orné au bord des manches et au bas de l'habit par de fins dessins argentés.

Le vêtement découvrait son torse nu et ses bras, ainsi que ses cuisses pâles. En fait, le tissu ne tenait que par la ceinture, et pendait comme une négligeable décoration.

Il ramena ses cheveux noirs aux légers reflets bleutés derrière son oreille, sans cesser de fusiller l'assemblée.

Son visage était tartiné de fard blanc, seuls ses joues, ses lèvres et ses paupières étaient peintes en vermeille.

Le fils de Yozaemon Shuro était une Geisha.

Flora porta la main à sa bouche, effarée, et Maël put entendre son murmure indigné:

- Mon kimono du deuil de grand-mère!!!

·

Le patron de SONY France s'avança lentement pour faire face à son fils.

- Où étais-tu?" demanda-t-il, la voix basse mais vibrante de colère.

·

Le jeune homme partit dans une litanie d'explications en sa langue maternelle, mais Maël ne saisit pas tout [1].

Seulement que Yozaemon était un emmerdeur de première, qu'il n'était jamais là alors ce n'était pas ce soir qu'il allait commencer à s'occuper de son fils.

- Réponds!" le jeune homme lui tira la langue. "Kei! Dis-moi où tu l'as trouvé.

- Avec Kurt et Hoo Wang Cheu, monsieur, dans cette boîte de nuit sordide. Il dansait à moitié nu devant tout le monde, sur une estrade.

- Merci, Kei, je t'adore." grinça le garçon, pour la première fois en français.

(Le secrétaire nota qu'il avait un adorable accent)

Une paire de claques retentissantes s'abattit sur ses joues artificiellement rouges.

- Vas tout de suite te rendre plus présentable. Et excuses-toi!!!

- Fuck you!" cracha son fils avant de disparaître.

·

Kei couru à sa suite sur un signe de Shuro.

Celui-ci se tourna vers ses invités et se courba.

- Pardonnez cet incident. Mon fils est dans une période un peu difficile ces temps-ci. De plus, son caractère belliqueux n'arrange rien… Je souhaiterais que la soirée continue aussi bien qu'elle a commencé, et encore une fois, je vous présente mes plus sincères excuses.

Un brouhaha indescriptible suivit cette déclaration; tout le monde retourna à ses petites occupations, sans pour autant mettre de côté leur scepticisme quant à ce qui venait d'arriver.

Maël posa sa main sur l'épaule de la maîtresse de maison en pleurs et lui offrit son mouchoir.

- Je suis désolée…" gémit-elle doucement. "Quelle honte… Seigneur, mais quelle honte… Ne lui en voulez pas, je vous en prie, il ne sait pas ce qu'il fait…

- Ne vous inquiétez pas, Flora. Tout les adolescents passent un jour par là. Et nous avons tous été adolescent." Répondit le brun pour la réconforter.

- Merci, monsieur Gauthier, vous êtes si généreux…

Maël se tut, se contentant uniquement d'un petit sourire gentil.

Il rejoignit ensuite Manon et continua de manger, lorsqu'à nouveau, leur chef demanda leur attention.

A ses côtés se tenait son fils, littéralement transformé: un pantalon à pince bien repassé, et le col de sa chemise soigneusement replié par dessus son pull de laine.

Il avait tout de suite l'air plus sage et plus "normal"…

·

- Je vous présente mes excuses les plus plates…" lâcha-t-il nonchalamment. "Mes plus humbles excuses pour mon comportement de tout à l'heure!!!

Le pincement que Shuro infligea à la nuque de son enfant n'échappa à personne, mais on trouva le geste totalement justifié.

Après cela, le jeune homme ne se fit plus remarquer, et au contraire, s'intégra dans le groupe de discussion auquel appartenait momentanément Maël. Ils parlaient de politique, et les adultes pensaient évidemment qu'un voyou dans son genre n'y entendait rien. Ils furent tous bluffés: l'adolescent avait une connaissance énorme en la matière, ainsi qu'une bonne dose d'arguments plausibles pour soutenir son opinion, qu'il imposait en douceur.

Aussi longtemps que dura la conversation, le secrétaire et lui ne se quittèrent pas du regard; le premier agréablement surpris et le second triomphant.

Puis le brun sortit sur la terrasse, pour respirer un peu l'air frais et encore chargé des odeurs de la pluie. Coinçant une cigarette entre ses lèvres, il s'apprêta à l'allumer mais le briquet lui échappa des mains, subtilisé par le jeune homme qui l'utilisa avant lui.

Maël le scruta; la manière dont ses doigts noueux tenaient le filtre, le rose humide de ses lèvres qui crachaient la fumée en fins filets, et l'ombre boudeuse de son visage, beauté fragile et androgyne de l'adolescence asiatique.

·

- Tu es vraiment un drôle de garçon…" commença le brun, amusé.

- Vous devriez me blâmer, non, pour tout ce que j'ai fait ce soir.

- C'était osé, je l'avoue. Surprenant et comique à mon goût.

- Comique?" l'adolescent haussa un sourcil. Son accent était délicieux. "J'aurais pensé que le grand Gautieru-san était trop sérieux pour réagir ainsi. Droit dans le travail comme dans la vie. Un homme de glace.

- D'où tiens-tu ces informations douteuses? J'aime mon travail, et c'est vrai que j'aime faire les choses à la perfection. Mais je sais aussi me détendre. Peut-être pas de manière aussi explosive que toi, mais cela me convient." L'ironie de ses propos n'échappa pas au japonais qui souri.

- Haha… c'est fou comme de petites choses peuvent changer une vie. Mon père parle de vous comme un fou furieux des dossiers rendus à l'heure, il adore ça. Et cette petite conversation autour d'une cigarette me fait croire le contraire.

- J'ignorais que j'étais si populaire. Au fait, tu es Timothée, c'est ça? C'est bien le nom du fils Shuro?

- Non. Moi c'est Sôjirô.

- Sôjirô?" répéta Maël, interloqué.

- C'est le nom d'un personnage de manga [2]. Je lui ressemble c'est pour ça. Timothée c'est français et moche." Expliqua le jeune homme d'un ton catégorique.

- Oh… je vois…

- Vous voyez quoi? A propos, c'est un faux hein?" enchaîna Timothée en se tournant vers lui.

- Un faux? Qu'est-ce qui est faux?

- Votre œil bleu, là. C'est une lentille.

- Ah, ça!" Maël rit légèrement. "Non, c'est bien du vrai bleu.

- Alors c'est le brun qui est faux.

- Non plus. Je suis vairon naturellement. Ce n'est plus de mon âge d'utiliser ce genre de fioritures.

- C'est vrai?" demanda le plus jeune avec une moue suspicieuse.

Le brun s'esclaffa.

·

- Pourquoi mentirai-je? C'est ridicule.

Timothée prit soudain une expression sérieuse.

Ses sourcils fins se froncèrent et il se pencha en avant jusqu'à ce que son nez touche celui de Maël, qui reculait au fur et à mesure.

- Et vous me voyez bien?

- Mais… parfaitement! Sauf si j'enlève mes lunettes, évidemment… je suis myope, si tu veux tout savoir.

Le japonais reprit sa place initiale, croisa les bras et renifla, toujours aussi dubitatif.

·

- Mouais…

- Et oui…" répondit en écho son aîné. "Bien, si Monsieur l'Inspecteur a terminé, je le prierai de me laisser partir.

- Déjà?!" s'exclama l'autre en suivant Maël qui s'en allait chercher son manteau. "Mais on commençait à peine à s'amuser…!

Le secrétaire s'arrêta au milieu du couloir, et dans sa précipitation, Timothée le percuta.

·

- Ecoutes, tu m'es très sympathique, Timothée. Mais je travaille demain! Et je suis très fatigué.

- Alors à bientôt?" questionna le jeune homme avec une moue d'enfant trop angélique au goût du brun.

- A bientôt, peut-être." Répondit ce dernier.

Il le laissa et alla saluer son supérieur et son épouse.

·

- La soirée était merveilleuse." Dit-il. "Je vous remercie mille fois.

- Tout le plaisir a été pour nous, très cher!" fit Yozaemon en lui tapotant l'épaule. " Rendez-vous demain à la réunion.

- Comptez sur moi. Madame…" Maël administra un élégant baisemain à Flora.

- Oh, je vous en prie! Revenez vite, c'est mon seul souhait.

De retour dans son confortable loft, affalé sur son lit, Maël se sentit entièrement contenté par la soirée qu'il avait trouvé parfaite.

Il s'endormit, encore habillé, avec l'idée qu'il aurait sûrement une augmentation.

A suivre…

[1] vous savez, un peu comme dans Wasabi, qd la fille s'engrène toute seule au début, chez le notaire… c'est génial, je suis total addict.

[2] Ruroni Kenshin power!!