Hier qui était bleu ; a rendu Aujourd'hui malheureux.
Le temps passe sur l'onde ; il est fugace et sonde…
La première fois, vêtu de pourpre, je vis, à votre bras droit et qui ne pliait point, une lame d'honneur forgée d'airain.
…C'était certainement pour affirmer votre vérité.
Quelques jours ici à votre côté, croyez-moi, m'avaient suffis pour m'attacher à votre voie. Car de votre caractère vous m'imprégnâtes à jamais... Mais, oh, de bien plus encore vous m'avez comblée…

Le zéphyr chuchotait un murmure doré pour le jour qui s'en allait décliner. Les lumières étaient douces et les formes sensuelles... mais la face de mon aimé ombrageait tout appareil. Votre céleste démarche et vos gestes de soie ; comme un fruit gonflé, qui attend de nourrir, Vos lèvres ingénues m'ont beaucoup fait souffrir. Votre stature douce et fière comme une stèle naissante...; que je souhaitais, dessus, m'y pencher, ardente, pour vous dévorer tendrement sans plus attendre, l'âme gorgée des grâces de vos prunelles tendres !

Et ce regard qui vous remplissait le coeur : vos yeux, pleins de cette prétention au bonheur. De cette rigueur, cet ordre, parfois espiègles ; toujours si fiers...

Puis à rechercher près de vous les senteurs de l'amour, des idées contraires se confrontaient à leur tour. Ainsi, sous votre aile blottie, bien qu'amoureuse de raison ; je fus un jour surprise par paix par passion...

Entrons dans nos palais d'or aux colonnes de marbres. Voyez, encore, les jardins colorés ? La quiétude de nos arbres, et les eaux cristallines aux rumeurs de gaieté ?

Le souvenir me haute encore et je crois que je ne peux ni ne dois oublier. . .

Le zéphyr était rouge feu... Je voyais votre visage merveilleux. Notre bonheur doucement se consumait car, de temps, peu s'en fallut pour que nous comprenions l'erreur et nous fassions châtier.
Cette aura, cette puissance qui émanait de votre corps, s'emparant de moi me caressant, me réjouissant encore. Ces impressions toujours si denses de calme et de tempête, de confiance, de sécurité et de plénitude atteints... ont, en moi, gravé leurs doux stigmates à jamais.

C'est qu'au fil des jours, comme une contagion, nos caresses perdaient en raison. Trop haut ou bas, je ne saurais dire. Mais nos carrières, en tous cas, s'en sont vues ternir.

Ha, l'air m'étouffe ; il me manque l'oxygène de votre voix… Combien de temps encore? Combien pour nous guérir et revenir... ?

Et de vous mon ami, mon compagnon ; volant à mon côté, glissant sur une onde semblable, je n'ai toujours aucun son...

Nous avons perdu notre titre, nous avons perdu notre poste. Nous acceptons les conséquences de nos actes. Je crois que notre exile va prendre fin bientôt.

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Nous pouvons tous deux entendre et voir. Seul l'accès à notre pays, seul le contact avec elle m'est impossible. Cela vaut-il de vivre...?

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Toute les paroles et toute les mélodies ; les chants et la beauté de la terre apaisent ma culpabilité. Je crois qu'il en va de même pour lui. Si nous ne pouvons communiquer, nous nous connaissons ; et durant notre exile, nous ne voulons, ni ne pouvons nous quitter.

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Nous pouvions aimer, nous pouvons aimer, bien sur. Mais nous avons été pressés, et avons choisi le mauvais moyen de nous rapprocher. En nous donnant, nous avons négligé notre mission, nôtre seul travail. Et l'hélianthe est lourd sur mon cœur...

Nous n'avons plus rien de l'Or. Le Cristal nous sied dans notre errance. Juste un vague éclat ; plus de substance...

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Mais nos ailes ne sont pas noires. Même si nos cœurs nous brulent, nous gardons espoir.

Y aura-t-il une retour sur nos terres de lumière ?

Tëluma, si grande... La cité de l'hédonisme tranquille, la cité aux mille noblesses.

Nous garde-t-elle encore une place en ses portes ?