Titre: On the road again

Auteur: hum.. moi?

Base: originale, suite de Road Story

Genre: …

Noreilles: compliation Psycho le Cemu/Fairy Fore/PENICILLIN/Vidoll/Janne da Arc

Disclaimer: comme tout le monde me disait de faire une suite et que je suis inspirée (pour l'instant…), ben je la fais J'aime trop la fin 1 comme elle est pour la continuer, donc voici la suite de la fin numéro 2.

J'ai galéré pour trouver des prénoms. Alors K va rester K, c'est plus mystérieux. Pour les autres, je tiens à remercier ma Shana, et Lakesis, et Glenn pour m'avoir permis de me décider au bout de bien 8h de triturage de neurone (au singulier s'il vous plaît, on parle de moi là…).

On the road again

- kilomètre 01 -

J'ai froid.

Horriblement froid.

Mon corps est secoué par de violents frissons, et je claque des dents.

Je n'ai aucune force, je suis complètement à la merci de l'environnement dans lequel je me trouve.

Je sens vaguement que j'ai une couverture… trop fine.

J'ai froid.

Des murmures quasi imperceptibles courent autour de moi.

Si au moins je pouvais parler…

C'est dur.

J'essaie de me concentrer, mais j'ai mal à la tête. Au ventre aussi.

Mes lèvres bougent un peu.

Je recommence.

Une couverture s'il vous plaît.

- Fr.. ff… fr… oid..

- Mademoiselle!! Mademoiselle, s'il vous plaît! Il a parlé! Je crois qu'il a froid!

Je connais cette voix…

Je sens qu'on prend ma main et qu'un poids s'ajoute sur moi.

Peu à peu, la chaleur revient.

On caresse doucement mon visage, et on embrasse ma paume.

- K… K., tu es réveillé? Dis-le moi si tu as encore froid. Ouvres les yeux mon chéri…

Je l'ai rarement entendue si douce, cette voix…

J'essaie d'ouvrir les yeux, comme elle me le demande.

Cela se fait plus simplement que ce que je croyais, mais ce que je voit est tout d'abord très flou.

Puis ma vision s'améliore, j'aperçois la lampe, le plafond blanc, et la tête de Dorian qui me regarde en souriant.

La même coupe punk - les cheveux courts partout sur la tête, avec des mèches plus longues et légèrement dread-lockées sur la nuque, et une bonne dose de gel pour ébouriffer le tout (1) -, les mêmes yeux un peu défoncés, le piercing à la lèvre, aux oreilles, tout… Son éternel air de rocker.

- Coucou bébé!" fait-il en agitant la main. " Ca va?

- Ou suis-je?" demandais-je sans répondre à sa question.

Il regarde autour de lui avec sa moue habituelle de vieux délinquant blasé et shooté au cana.

- Hum. A l'hôpital on dirait.

- L'hôpital…?

Et je me souviens.

Les réminiscences de cette nuit, de cette rencontre sur l'aire d'autoroute m'envahissent comme un raz-de-marée.

Ne suis-je donc pas mort?

- T'as eu une chance d'enfer, mon K… ca fait plus de quatre jours que tu dors. J'ai flippé comme un dingue… J'te jure, si je retrouve l'enculé qui t'as fait ça… Putain, je le réduis en pâté, même Cerbère n'en voudrait plus! Putain, quel fils de pute… ça y est, merde, j'ai les nerfs!! Putain..!

Il se lève, allume une cigarette sans s'inquiéter de me gêner, et tourne en rond dans la chambre en débitant des insultes et son "putain" favori.

Je ferme les yeux en soupirant.

Je me rappelle pourquoi je l'ai quitté… et je me rappelle de son visage… sa voix… ses gestes…

L'asiatique.

Ce bel inconnu, apparu comme dans un conte…

Qui m'avait tiré dans le ventre.

Moi, ou l'enfant… Me serais-je jeté sur le pistolet si j'avais eu une vie meilleure?

N'avais-je pas envie de mourir, inconsciemment?

Pour ne plus revoir ma mère, Dorian et l'université, oui.

Mais ayant rencontré l'asiatique, je ne crois pas que j'aurai voulu en finir à ce moment-là.

Toutes ces pensées m'énervent.

Tout ce que je sais, c'est que je ne lui en veux pas d'avoir tiré. Je n'y arrive pas.

Je ne sais pas pourquoi, mais cela m'importe peu.

- Et puis… Merde, qu'est-ce qui t'as prit de te barrer? Tu te rends pas compte ou quoi? T'étais quasiment sortit du pays! T'es taré mon pauvre. Tu voulais faire quoi?!

Bla bla bla…

Continue de hurler, tu ne feras que me donner envie de recommencer.

- Tais-toi… S'il te plaît, Tais-toi, Dorian.

- Quoi "tais-toi"?! Non, attends, franchement, tu crois pas que tu dois m'expliquer deux - trois trucs? Tu te casses à six heures du mat' en faisant un boucan pas possible, tu me laisses les factures alors que c'était à toi de payer, tu me raccroches au nez, et après les flics m'appellent pour me dire que t'es envoyé d'urgence à l'hosto avec le bide en passoire!!! En plus, les flics, ils savent que je suis fiché, t'imagines pas le bordel que c'est! Ils vont encore croire que c'est de ma faute, une histoire de règlement de comptes…! Putain, je vois ça d'ici! T'es vraiment gonflé de me dire de me la fermer.

- J'ai mal à la tête, Dorian.

- Putain, c'est pas vrai…" il grince des dents et sort de la chambre.

Quelques minutes plus tard, il revient avec un verre d'eau dans lequel fond une pastille blanche.

Il s'assied sur le matelas, à côté de moi et attend silencieusement que je le boive.

Je prend tout mon temps et savoure son mutisme.

Oh oui, c'était bien pour ça que je voulais partir…

Qu'avais-je à faire avec ce junkee paresseux et violent, au casier rempli de fraudes diverses, qui ne faisait que passer le balais et ranger les commandes dans le vidéoclub du coin de la rue?

Je ne sais même plus comment j'en suis venu à partager sa vie, ce n'est pas dans mes habitudes de fréquenter ce genre de personnes.

Dorian passe son bras autour de mes épaules et me fait basculer contre lui. Ses lèvres s'égarent dans mes cheveux et ses doigts caressent la peau tendre de mon cou et de mon visage.

- J'ai eu super peur t'sais… j'ai vraiment cru que t'allais y passer. Me refais plus jamais ça.

Je suis du regard une de mes veines si bleue qui parcoure mon avant-bras crayeux. Une grosse épicrânienne rose y est profondément plantée, mais je ne suis relié à aucune perfusion quelconque.

Le souffle chaud et saturé en nicotine de Dorian me chatouille l'oreille.

J'aurais du aimer ces instants, quand il fait enfin autre chose que fumer ou crier. Mais je n'y arrivais pas. J'avais souvent essayé de faire des efforts… mais c'était dur, il n'en faisait pas non plus, et j'avais la trop lourde impression de n'être là que pour le satisfaire.

Il ne le faisait probablement pas exprès; et même s'il y avait des gens qui se complaisaient dans ce genre de relation, je n'en faisais pas partie.

Je me demande, alors qu'il m'embrasse, si j'ai déjà été amoureux de lui.

Probablement ai-je aimé son apparence: le type relax, rigolard, qui aime faire la fête, qui fait de la musique, qui s'intéresse au cinéma; le type à la dégaine punk plutôt classe, au sourire charmeur et vraiment doué pour la drague et les performances nocturnes. Sans parler de son physique. On ne peut pas le trouver fondamentalement moche. Peut-être pas hyper canon, mais beau: de taille moyenne; une coupe de cheveux plus recherchée qu'elle n'y paraît; des yeux effilés et d'un brun velouté; un visage masculin et bien découpé avec des pommettes hautes et un petit bouc taillé avec autant de soin que s'il s'agissait d'un de ses plants de cannabis; des piercings; un tatouage dans le dos représentant un ange nu à l'expression coquine et suggestive, bien loin de l'image innocente que l'on s'en fait généralement; un beau corps dont il prend soin malgré le fait qu'il se drogue…

Marijuana et cannabis, même si ce n'est pas ce qu'il y a de plus fort, ça n'en reste pas moins de la drogue, et pas besoin d'être en fac de Sciences pour le savoir…

- Comment s'est-on rencontrés?

Dorian, troublé par ma question, recule la tête et me fixe en plissant ses yeux déjà petits.

Il semble réfléchir, soupire et joue à emmêler ses doigts aux miens.

- Bah… j'en sais rien. Ah si! T'sais, à la fête du gars, là… Jo quelque chose. Joachim je crois.

- Ah oui, la fête de Joachim…

Joachim était un de mes amis de l'université. Effectivement, il avait organisé pour le nouvel an de l'année passée une soirée énorme, et un ami d'un ami d'un ami… un gars absolument inconnu m'avais présenté son "pote" Dorian.

Une rencontre stupide, aléatoire…

Mais impossible quand même de me souvenir de la raison de notre "mise en couple".

- Et après?

- Après quoi? Pourquoi tu demande tout ça? Tu t'en souviens plus?

Je secoue la tête.

Ca a l'air de le fâcher.

- Non, j'arrive pas à me rappeler." fais-je d'une vois atone.

Mes yeux fixent toujours mes mains. Posées à plat sur mes jambes étendues, elles semblent se confondre avec le drap blanc. Je n'ai jamais eu une peau foncée, mais le coma et les médicaments l'ont rendue encore plus laiteuse.

- Ca doit être le coma." déclare Dorian en caressant ma tête. " Tu verra bébé, encore un peu de repos et ça ira mieux. T'as très mal au ventre?

Mon ventre?

… J'avais oublié.

Depuis mon réveil, je ne pense qu'à l'asiatique et aux défauts de Dorian.

J'avais même oublié que j'étais à l'hôpital.

- Tabatha est venue à la maison quand tu dormais… on a fait des crêpes. Je maîtrise maintenant! Je t'en ferai dès que tu rentre.

Je souris légèrement.

Tu essaies de faire des progrès Dorian, mais c'est trop tard n'est-ce pas?

J'ai mal au cœur pour lui.

Et Tabatha… Une pauvre fille à la cervelle aussi évoluée que celle d'une huître. Toujours avec des vêtements taille XXS couvrant à peine ses formes généreuses et son outrageux maquillage. Le genre de femme que l'ont croise de plus en plus souvent, celles qui pourraient être tellement belles et gentilles si elles cessaient de croire que pour plaire et avoir des amis, il suffit d'offrir ses fesses.

Je suis conscient que mes paroles sont blessantes, mais je déteste cette fille pour ça. Elle me désole et me dégoûte. Et puis la façon dont elle se comporte avec Dorian… et tout les autres…

Ce n'est pas de la jalousie, juste… je ne sais pas, je trouve ça repoussant, toujours chercher à toucher et à se faire toucher, sans plus réfléchir.

Mais soyons honnêtes: grâce à elle, Dorian ne mourra pas d'inanition lorsque je le quitterai. Ni d'abstinence d'ailleurs…

Dorian éclate soudain de rire.

- Je vois le truc d'ici! Le super repas romantique… gavage de crêpes comme deux gros porcs.

Je ris aussi en nous imaginant, vautrés sur la moquette du salon à se bâfrer comme des obèses après une cure.

Puis il se colle à moi, mordille mon oreille et glisse sa main sur ma cuisse.

- On s'en fout, on fera du sport après…" murmure-t-il.

Ses caresses se font plus insistantes, et vont un peu trop loin à mon goût.

- Dorian" fais-je fermement en retenant son bras. " Nous sommes à l'hôpital.

- Et alors?

Non, pas le cou!

Je penche la tête et remonte l'épaule pour l'empêcher d'attaquer mon point faible.

- Alors ça ne se fait pas. Je n'ai pas envie de toutes façons et puis je suis fatigué. Tu n'as qu'à te taper Tabatha.

- Quoi?! Cette truie? Tu rigole j'espère, j'en serais pas capable, même en rêve.

- Je croyais que c'était ton amie et que tu étais bisexuel.

- Mais oui, tout à fait mon chéri, mais quand on a un petit ange comme toi qui nous attends, on retient pas nos pulsions et sache que tu es si délicieux, vraiment je fond dès que je te vois et jamais, ô grand jamais, je n'irai voir ailleurs tant que je t'ai dans mes filets, ma douce petite chose tant adorée…

- C'est ça…!" je le repousse pour de bon, malgré tout souriant. " Tu sais ce qu'il te dis, ton ange?

- Vas-y…" il y a du défi dans sa voix et dans son sourire.

- Dégages, j'ai besoin de repos.

- Tu fuis! J'ai gagné de A à Z." lâche-t-il en se marrant.

Mais je suis sérieux Dorian, pars…

- Bon, de toutes façons les visites sont bientôt finies…" soupire-t-il, comme déçu ou résigné. "Je repasserai demain.

Il cherche encore une fois à m'embrasser, échoue, me regarde en plissant les yeux, pas très content, puis sort de la chambre.

Le silence m'envahit d'un coup.

Je le savoure et ferme les yeux. Mon mal de tête s'atténue.

Il faudra bien que je dise un jour clairement à Dorian que je ne veux pas de lui.

Je soupire.

Que peut bien faire l'asiatique en ce moment?

A-t-il été arrêté?

Dorian ne m'en a même pas parlé.

A-t-il tiré sur d'autres que moi?

Qui a appelé du secours?

Est-il en prison?

Est-il toujours dans ce pays?

Je revois son visage, les gestes qu'il a fait lorsque nous étions dans les toilettes…

Le clin d'œil, la cigarette entre ses lèvres, ses cheveux devant les yeux, sa hanche décalée…

La sensation qui avait prit possession de moi tandis qu'il me prenait mon argent…

Comme j'aurai voulu être le chewing-gum dans sa bouche…

Je me met à rire, pleinement conscient de mon ridicule pathétique, puis j'enfonce ma tête dans le coussin pour pleurer.

A suivre...

(1) Comme Kyo-chan ou Ryou, le chanteur de BRQ. C'est trop kawaii!!