Titre: On the road again

Auteur: Shû the human loque.

Base: originale

Genre: pas grand chose…

Disclaimer: décidée à écrire. Faudrait pas que ça change, alors je m'y met de toute mes forces. Je sais que c'est pas forcément ce que vous aviez envie de lire, mais c'est pas de ma faute, je commande pas vraiment mon inspiration… Allez, dites-le, je suis une grosse nullarde. Je sais :'(

Noreilles: T.M.Revolution; Fairy Fore; Charlotte; Lareine, Kaggra; Schwarz Stein; et deux intrus occidentaux: Heavenly et Liquido.

On the road again

- kilomètre 04 -

Nous voilà à la fête de Clarisse, dans sa grande véranda aménagée pour l'occasion en discothèque privée.

Dorian me trimballe d'invités en invités en me serrant possessivement par la taille. Il est bizarre: il adore les soirées parce qu'il peut se pavaner devant une galerie entière, mais il les déteste parce que je suis une proie potentielle pour cette même galerie. Et les gens libérés, ce n'est ce qu'il manque par ici…

En plus il n'arrête pas de m'embrasser le cou et de me dire que je suis beau. Je n'aurai pas dû mettre ce pantalon, je le savais: il est trop serré.

J'arrive à m'extraire de sa prise tentaculaire et vais m'asseoir près de Clarisse qui papote à une table avec d'autres amis.

Elle m'accueille avec un grand sourire, me sert à boire et m'intègre à la conversation. J'oublie enfin Dorian, qui veille pourtant, et discute de choses et d'autres avec mon hôtesse. Elle ne s'attarde pas sur mon "accident" et ça, ça me fait plaisir. Elle a du tact au moins…

La soirée avance lentement.

Je deviens horriblement capricieux: à part cet asiatique, plus rien ne m'intéresse, je m'ennuie de tout, même de ceux qui sont censés être mes amis. Si j'étais moins douillet, je me frapperai. Un bon coup, là, dans la mâchoire, histoire de s'éclater la gencive ou de se mordre la langue, histoire de se sentir vivant, et non pas errant dans un monde gris et vide.

Je joue à faire tourner le reste de ma bière dans le fond de mon verre. Le tourbillon m'hypnotise, et la seule pensée qui danse dans ma tête se résumé à ça: "merde, elle aura plus de bulles, ça va être dégueulasse… et puis avec mes médicaments, c'est peut-être pas franchement conseillé de boire, non?". Soudain une voix m'interpelle.

- Salut. Je peux m'asseoir?

Je lève les yeux vers un grand jeune homme, tout à fait classique, mais avec un sourire et des yeux pétillants qui me plaisent. Je le laisse s'installer en le saluant en retour.

- Je suis Shanon, le cousin de Clarisse.

- Oh, enchanté. Moi c'est K.

- Oui… désolé de m'incruster. Mais je m'ennuie un peu en fait. J'ai pensé que la seule personne e rester sur son siège depuis le début de la soirée serait peut-être un peu plus digne d'attention que… eux, là… Et puis, Clarisse m'a dit du bien de toi. Enfin bon. Je parle, je parle, et je soûle tout le monde.

- Non, non, ça va, ça me distrait! Je m'ennuie à mourir moi aussi. Shanon c'est le cousin qui fait de l'archéologie?

- Oui, c'est ça.

- Elle m'a aussi déjà parlé de toi. C'est bien, les études d'archéo? Je cherche à me reconvertir.

- Bah, pas pire que Médecine… faut bosser quoi…

Et de fil en aiguille…

Comme quoi, un sujet aussi bateau que celui des études peut mener à bien des choses. On dérive sur nos loisirs, nos vies, nos rêves, les gens qui nous entourent, ce qu'on en pense, on se marre, il me dit que le type qui fait le DJ est un sacré bouffon. Je lui répond "c'est mon petit-ami". Il éclate de rire, gêné, et me demande pardon. Je dis "je m'en fous, tu as raison alors…", puis on parle de nos amours, nos tendances, nos fantasmes, et lentement, je lui confie mon aventure et le désir ardent que j'ai de le retrouver, ce si bel et si mystérieux asiatique.

- Tu me trouves bête, n'est-ce pas? Moi aussi.

- Non…" il joue avec une goutte de bière sur la surface de la table. "En fait, je crois que j'aurai fait pareil… J'aime bien bouger, et chercher… C'est pas pour rien que je fais de l'archéo!

On rit doucement.

- K… Demain, je pars. Je vais chez un ami qui habite dans le sud, à N. C'est pas loin de là où tu t'étais arrêté… Si c'est vraiment important pour toi, tu pourrai venir, et tu resterai avec nous le temps de ta recherche, ou je sais pas…

Je me redresse et lui prend les mains, abasourdi.

- Quoi? Non, tu… Tu ferais ça? Tu crois que c'est possible?!

Mon cœur bat à deux cent à l'heure.

- Bien sûr que c'est possible, si tu le veux! Alban a une grande maison, et si je lui explique il sera d'accord, sois-en sûr. Je passe te prendre demain dans la matinée, et en roulant à bonne allure, on y est dans la nuit. Ensuite on pourra réfléchir aux alternatives…

- Shanon, je…" je vais pleurer. "Tu es mon dieu. Je ne sais pas comment te remercier!

Il rit et me caresse les cheveux.

- Ca me fait plaisir, je t'assure. J'aime pas rouler seul, et puis c'est pas comme si tu m'étais désagréable…

- Pardon de déranger, mais je viens récupérer un jeune homme qui est très fatigué, qui ne sait plus ce qu'il fait et qui va rentrer vite fait faire un gros dodo…" coupe une voix à l'accent énervé que je ne connais que trop bien.

- Tu rentres, Dorian?" fais-je en le regardant.

- Ouais, et tu viens avec moi.

Je n'ai pas le temps de répondre, il me tire à lui et fusille Shanon du regard.

En partant, je me retourne et lui fait un bye-bye de la main. Il me souffle un baiser et me montre son téléphone puis Clarisse.

Elle lui donnera mon numéro.

Je suis sur un nuage.

Dorian ne dit rien. Il doit être en train de massacrer mentalement celui qui m'a fait rire pendant toute la soirée et qui a osé passer sa main dans mes mèches rebelles.

Je me roule avec délice dans la couette et ferme les yeux. Tout est trop beau.

Dorian éteint la lumière et les minutes s'écoulent, silencieuses… Puis il me prend contre lui, ses mains arpentant mon corps, sa bouche glissant sur mes épaules, mon cou, mon visage.

- Dorian…

- Non, tais-toi, laisses-toi faire.

Il prend mes lèvres. Sa peau contre la mienne est brûlante.

- J'ai envie de toi… Je suis dingue de toi mon amour…" murmure-t-il au creux de mon oreille, la voix enrouée de désir.

Je peux sentir son excitation filtrer de tout ses pores, à croire qu'il n'en pouvait vraiment plus d'être à côté de moi sans rien pouvoir me faire.

Ses caresses expertes arrivent à m'arracher quelques gémissements étouffés, et même si mon esprit ne tient pas à se mêler à Dorian, mon corps est moins docile et réagit aux baisers ardents de mon amant.

Nous nous retrouvons vite nus, nos souffles rauques résonnants dans la pièce obscure, lui entre mes cuisses, sa bouche affamée besognant délicieusement mon intimité.

Lentement, il remonte le long de mon corps, sa salive laissant un sillon brillant sur ma peau, dessinant les courbes de mes muscles tendus, puis happe ma bouche, noue ses doigts aux miens et me pénètre profondément.

La valse amoureuse commence.

Mon aveuglement et mon entêtement m'empêchent de me détendre et d'apprécier simplement le plaisir primaire que m'offre Dorian.

Les vagues de chaleur successives qui d'habitude sont si douces bien que violentes me laissent la sensation d'un tapis d'aiguilles dans le creux de mes reins.

Dorian se fait plus brusque dans ses mouvements, ne cesse de m'embrasser et de me gémir des mots d'amour, jusqu'au moment où il se libère.

Il retombe sur moi, en sueur, essoufflé, et se retire, avant de me serrer contre lui et de poser ses lèvres sur mes mains, mes cheveux, pour les câlins de "l'après", alors que le sommeil nous berce.

Je n'ai pas eu d'orgasme. je suis parcouru de tremblements, le parfum de Dorian et l'odeur de nos ébats me donnent la nausée, j'ai mal à la tête et l'impression de manquer d'air.

En médecine, ça s'appelle psychosomatiser.

- Je t'aime, K." murmure Dorian.

- Arrêtes de me dire ça.

- Pourquoi?" un baiser. " C'est vrai pourtant.

- Peut-être, mais tu me le répète sans arrêt, ça me soûle.

- Qu'est-ce que t'as mon cœur? Pourquoi tu t'énerves?

- Laisse-moi respirer.

Je m'écarte de lui et lui tourne le dos. La lumière du réverbère au-dehors filtre par dessous les volets.

Dorian revient à l'attaque, avec ses armes, ses mots qui étaient infaillibles au début de notre relation, mais qui ne marchent plus sur moi maintenant que mon obsession a atteint un stade dangereusement proche du fanatisme psychopathique.

- Hey… Dis-moi ce qu'il y a…" Je déteste sa voix toute douce, toute mielleuse. Ca ne lui colle tellement pas. "Tu me parle plus depuis que t'es rentré.

- Y a rien.

- Si, me prends pas pour un con. J'ai fait quelque chose de mal? C'était pas bien?

- Le jour où tu me fera du bien, les poules auront des dents!" fais-je en quittant le lit, à la recherche de mes sous-vêtements.

Dorian allume brusquement la lumière, nous éblouissant quelques instants.

- Tu me fais quoi, là, au juste?

Il est énervé.

- Tu veux que je te dise? Vraiment, tu y tiens? Et bien il se trouve que ton petit ange, ton amour de K. en a marre d'être le toutou de service! Il en a marre de toi et de ta manière d'être, de tes promesses, de tes baisers et tout! Il en a marre! Mais ça va pas durer Dorian, faut pas me prendre pour un con moi non plus! Et pour finir, sache autre chose, je t'ai jamais aimé, moi, et rester avec toi ça me tue.

Je sors en claquant la porte de la chambre, sans me retourner. Il me hurle un "putain t'es gonflé! Petit con!" et j'entends un bruit de verre brisé.

Je m'en fous, il peu mettre le feu à la maison, au moins maintenant c'est clair entre nous.

Je m'allonge sur le canapé, dépliant la couverture sur moi, et ferme les yeux. Il faut que j'essaie de dormir avant demain.

¤¤¤

Un bruit m'éveille.

J'ouvre un œil et vois l'heure affichée sur le magnétoscope: huit heure quarante-cinq.

On marche dans la pièce, j'entends le lave-vaisselle tourner.

Dorian doit partir ouvrir le magasin je suppose.

Je referme les yeux et fais semblant de dormir. Je ne veux pas lui parler.

Je l'entends errer dans le salon, le bruit de son briquet et son souffle qui recrache la fumée.

Il s'approche de moi, soupire, s'accroupit près du canapé.

Je sens ses doigts caresser ma joue, doucement, du genre "je le fais mais j'espère qu'il ne va rien sentir, je ne voudrais pas le réveiller et encore moins qu'il sache que je m'en veux.", puis il arrête, tire sur sa clope, feuillette un magasine, soupire à nouveau.

Il se penche sur moi et dépose une multitude de petits baisers sur mes lèvres et mon front et me murmure un "je t'aime". Je le chasse et me retourne, sur le ventre, la tête entre les coussins.

Il rit doucement, pense que je rêve, et s'en va.

Evitons de penser.

Je traîne encore un peu au lit, m'étire et décide de me lever. J'ai mal au dos…

Mon téléphone sonne.

Je fouille l'appartement pour le retrouver, sous une pille de fringues froissées qui me rappelle Dorian… Et je décroche.

- Oui?

- K.? C'est Shanon. Je suis en bas.

- Sha…

Oh mon dieu! J'avais complètement oublié!!!

Je me met à trembler, lâche le téléphone et cours dans la maison, incapable de savoir ce que je fais, les battements de mon cœur totalement désynchronisés, l'esprit déboussolé.

Cette fois, c'est à la porte qu'on sonne.

Je suis en slip et en t-shirt, mais en fait, je crois que je ne m'en rend pas bien compte. J'ouvre.

Grand garçon, brun, jeans, pull…

- Shanon!

- Et alors, qu'est-ce qui t'arrive? Je suis venu trop tôt?" me demande-t-il en souriant.

Je ne sais pas de quoi j'ai l'air. Je le fais entrer.

- Non, non, je… c'est juste que… Ohh, Shanon, retiens-moi, je vais m'évanouir…

Il me prend vite contre le lui et me touche le front.

- Ca va?

- Non…" je respire profondément. "Attends… Voilà, je crois que c'est bon. Excuses-moi, j'ai…

- Un peu déconnecté? C'est pas grave. Tiens, assieds-toi. Tu veux que je fasse quelque chose? Un café?" propose-t-il gentiment.

- S'il te plaît… Je vais préparer des affaires.

- Alors tu viens?

- Oui. Je n'en peux plus. Hier soir, c'était horrible… enfin je te raconterai…

Je me lève et entre dans la chambre. Je sors un sac de voyage et commence à y entasser mes habits. Pas tout, bien sûr, mais ce que j'aime et ce dont j'ai besoin. Le reste ira aux pauvres ou je ne sais quoi. Puis je fais le tour du bureau et du salon. J'emporte quelques photos, quelques papiers importants si je veux travailler, pour l'assurance et cætera… Mon porte-monnaie, mon chéquier, mon téléphone, c'est bon. Une trousse de toilette. Tiens, il faudrait que je m'habille aussi: un jeans, un pull, comme d'habitude, de toutes façons je ne sors pas ce soir. Puis je retourne dans la chambre. Il y a quelque chose que je dois prendre. Je m'approche de la table de nuit; au fait, je ne vais pas laisser mes rares bijoux ici! Je les prends… Et impossible de trouver ce que je veux.

Je fouille la pièce de fond en comble, même la poubelle. Et c'est là que je la vois: une statuette en marbre blanc, de la taille d'une main à peu près, représentant l'Apollon chasseur, presque nu, armé, beau, en mille morceaux.

Le bruit d'hier soir… ce que Dorian a jeté contre la porte… La seule chose que m'a laissé mon père avant de partir. La seule chose qui le représentait à mes yeux, depuis mon enfance. Une tête parfaite, un socle avec deux pieds, une main fine, un bout tordu - probablement un genoux ou un coude, et des débris… Mon cœur se serre et mes yeux me brûlent. Allons, K., tu ne vas pas pleurer pour ça! Pour un morceau de marbre! C'était kitsch au possible…! Oui, c'est vrai, ça faisait moche ici. Mais c'était papa. Et Dorian l'a cassée. Pourquoi? Parce qu'il n'a pas pu me baiser comme il le voulais, voilà pourquoi! Il connaissait la valeur de cet objet à mes yeux! Il savait ce que ça représentait pour moi! Et il l'a éclatée, proprement et simplement! Ah, il est beau, celui qui m'aime tant! J'aimerais bien entendre son excuse, tiens! Fils de pute.

Je sors de la chambre avec violence, et enfile mes chaussures.

- Viens, on se casse." Dis-je à Shanon, sans lui laisser le temps de boire le café qu'il a préparé. "On se casse ou je fais un massacre.

Il me suit, interloqué, mais ne rajoute rien.

Une fois assit sur le siège passager, une fois que le moteur ronronne, une fois que le radio chante, je me détends. Je pars. Et pour de bon.

On passe devant le vidéoclub.

J'ai comme envie de rire.

A suivre…

Je sais pas si je dois arrêter ce chapitre ici… Bon, c'est fait maintenant --"

Voilà, première partie terminée. On entame la deuxième séquence j'espère que ça vous plaît toujours.

Merci habituel et sincère à Tipheretj et Lakesis, et puis aussi à Nyonoshii! (T'inquiète, j'aime Kill Bill moi aussi lol.)