Vivre avec ton souvenir

Je me lève. Il fait déjà chaud et il est à peine 9 heures 30. Doucement, je sors de la tente. Personne. Ils ont tous dû descendre à la plage… Moi j'ai pas envie d'y retourner, je me suis coupé hier, j'ai pas envie que ça me pique.

Je m'assoie sous l'arbre en faisant attention aux fourmis qui grouille. J'ai fais un rêve bizarre. J'ai rêvé de Sylvain. C'est peut être parce que je sais que je vais le voir dans quatre ou cinq jours. Mais alors pourquoi pas de Alice et Guillaume ?

Je regarde autour de moi, retourne dans la tente et prends mon bouquin. Le seigneur des anneaux. Heureusement que j'ai pris de la lecture. Bérenger me fait chier.

OoO

Ça y est. Tout le monde débarque. Il est 11 heures 30. Mon père fais bouillir de l'eau. Je sens qu'on va encore avoir le droit aux pattes. Enfin, on est pas en Italie pour rien.

« Aujourd'hui on monte en haut du Vésuve » Déclare mon père.

Chouette. Je suis contente. Mais je veux surtout de l'ombre, du vent. Il fait chaud à Naples. En plus le camping est pas du tout bien exposé. Du coup les seuls endroits d'ombre son rempli de fourmis… Le pied total.

OoO

On va manger. On a tous nos assiettes. Je fais la gueule comme d'habitude. Faut dire que ça change pas trop depuis sept ou huit ans. J'essaye d'écouter les conversations. Martin essaye de me parler de je sais pas trop quoi.

Martin, c'est le fils des amis qui sont avec nous. Il était censé venir et jouer avec mon frère puisqu'il a douze ans et Bérenger onze, mais finalement, il s'entend mieux avec moi. Puis comme j'ai envie de faire chier Bérenger, on le fait à deux. C'est tellement mieux.

Le portable de mon père sonne. Je sais pas pourquoi j'ai un nœud dans l'estomac. Ça arrive toujours quand le téléphone sonne. Mon père prend le portable et regarde c'est un texto. Il le lit à haute voie.

« Il est arrivé un grand malheur, rappelé quand vous serez près ».

C'est mon oncle qui a envoyé le texto.

« Y a quelqu'un qui est décédé » Dit mon père. « Ce doit être maman ».

« C'est Sylvain » Je dis.

« Mais non, Noémie ».

« Si, c'est Sylvain ».

Ma mère essaye de m'assurer que non tandis que mon père appelle mon oncle. Il reste un moment au téléphone. Je n'ai que des brides.

« Que s'est-il passé ? » A demander mon père « . . . Qu'est ce que. . . D'accord. . . Oui. . . J'attends ».

Et il continu à parler. Moi, j'ai mal. Je pense à Sylvain. Je sais pas pourquoi je pense à lui. Mais j'ai peur. J'ai mal au ventre et je ne sais pas pourquoi, mais j'ai envie de recracher le peu que j'ai mangé.

Mon père raccroche, pose le portable. Se prend la tête entre les mains et la baisse. Tout le monde attend. On veut tous savoir. Tout semble s'être arrêté. Soudain, il se redresse.

« Sylvain est mort » Déclare-t-il.

« Qui ça ? » Demande mon frère qui pleure déjà.

« Sylvain » Grinçais-je dégouttée de le voir pleurer sans savoir de qui il s'agit.

Je me lève et pars. Je vais dans les toilettes du camping et m'appuie au lavabo. Si, bien sûr que mon frère sait qui est Sylvain. C'est son cousin à lui aussi.

J'ai mal au ventre. Je rentre dans une cabine et m'assoie sur les toilettes après avoir rabattu le couvercle. J'attends. Pourquoi est-ce que je ne pleure pas ?

Merde. C'était mon cousin quand même. Je ne le voyais que une semaine par an, mais c'était mon cousin quand même. J'ai mal de savoir qu'il est mort, alors pourquoi je pleure pas ? Je suis insensible à ce point là ?

Au bout de trente minutes, les larmes arrivent à mes yeux. Il en faut du temps pour que mon cerveau enregistre la nouvelle. Ça y est. Puis quand je pleure, je pleure. C'est les chutes du Niagara, plus moyen d'arrêter.

Mon père frappe à ma porte.

« Noémie, viens, on t'attend. On va au Vésuve ».

Je sors et je le regarde. J'ai tellement envie qu'il me dise que c'est une blague. Une mauvaise plaisanterie. Mais de voir des larmes dans ses yeux est quelque chose de si rare que je ne pose même pas la question.

Je monte en voiture. Martin essaye de me faire sourire en faisant le con avec son espèce de chat en peluche. J'arrive même pas à esquisser un sourire. Puis, je me souviens pourquoi il veut me faire sourire et les larmes remontent. Je m'enfouis la tête dans mon lion. Mon lion en peluche.

J'ai mal, j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal. Bordel, j'ai mal. Pourquoi cette douleur ne part-elle pas maintenant ? Pourquoi est-ce que ce mal au ventre ne peut-il pas partir ? J'ai mal au cœur, j'ai mal à la tête et mon estomac menace de faire ressortir tous ce qu'il contient.

On roule. La route défile. On longe la mer méditerranée. C'est bleu et ça s'étend à l'infini. Bof, j'ai ça en face de chez moi. Soudain y a un choc dans la voiture et je vois une moto passer par la droite. C'est un malade ?!

Mon père se range sur le côté et on descend. Une voiture nous a percuté. La moto a du passer par la droite pour éviter d'être touchée. Après un constat, pendant lequel je suis remonté dans la voiture pour pleurer tranquillement, on a reprit la route du Vésuve.

Arrivé, il faut payer pour monter. Bon, bah mon père paye. Mais je n'arrive pas à marcher. J'ai mal au ventre. J'ai envie de vomir. Je m'accroupie, la douleur passe. J'essaye de repartir, mais rien n'y fait. La douleur revient.

Mon père me soutient. On arrive enfin tout en haut. C'est beau, mais je n'ai pas envie de me réjouir. Je regarde Pompeï avec les jumelles. C'est tellement loin que je me demande comment la lave a pu détruire cette ville visitée quelques jours auparavant.

Le portable de mon père sonne de nouveau. Ça y est. Je redescends sur terre. Les larmes reviennent et j'ai encore plus mal au ventre. Mon père essaye de savoir ce qu'il s'est passé, mais rien. Il raccroche et nous regarde.

Sur le chemin du retour, je suis monté dans la voiture d'Alain. Toujours avec Martin. Mon frère ne desserre pas les dents, pas plus que les autres. Personne ne veut rien dire, de peur de dire une connerie. Puis de toute façon… Il n'y a rien a dire… On ne peut juste que souffrir en silence.

De retour au camping, maman appelle Babou, ma grande sœur. Il faut qu'elle lui dise. Elle veut qu'elle s'arrange avec mon grand-père pour prendre le train. Nous, nous partirons demain matin pour repartir en France. A à peine 20 heures, je vais me coucher. Je suis fatiguée et je n'ai pas faim.

OoO

Mon père me réveilles. Je venais à peine de m'endormir. J'ai mal à la tête. Je m'habilles et sors. Le temps représente notre humeur à tous ou au moins la mienne. Pluvieux et gris. Je ne regarde même pas le déjeuner que me tends ma mère. J'aide Bérenger à plier la tente. L'atmosphère est pesante. On ne s'insulte même pas. C'est rare.

Dans la voiture, je m'ennuie. Mon CD tourne en boucle depuis une heure. Toujours la même chanson de Sinsemilia. Ça devient lourd. Je prends le volume trois du seigneur des anneaux. Je lis quelques pages et j'arrête. J'y arrive pas. Je prends le livre de mon frère qui traîne. Les vacances du petit Nicolas.

OoO

Je repose le livre et regarde mes parents. Ils se sont arrêtés. Apparemment on a crevé. Je me demande si la vie va être aussi pourrie jusqu'à la fin de mes jours. . .

On galère avec le crique, mais pas moyen, il faut faire appel à un garagiste. Une demi-heure pour qu'il arrive. Quinze minutes pour qu'il se rende compte qu'il faut emmener la voiture à son garage. On recule donc de 50 km sur notre itinéraire. Il répare et environ quinze minutes après on peut reprendre la route.

On arrive près de Pise. Le temps de trouver un camping et il fera nuit. On s'arrête et on installe la tente. Mon père nous dit d'aller prendre une douche avant d'aller manger. J'y reste une vingtaine de minutes. J'ai mal au ventre, je ne sais pas comment je vais faire pour manger… De toutes façons j'ai pas faim.

On se balade dans le parc qui entoure la tour de Pise. Puis on va dans une pizzeria. Boh, ça fait deux semaines que je suis en Italie, et ce doit être la dixième fois que j'aurais une pizza à manger… Rien que la routine.

Une calzone… Pour changer. Mais celle là… Elle est pas bonne. Je sais pas si c'est parce que je vais pas très bien… En tout cas, de retour à la tente, je l'ai vomie. Mais ça va pas mieux pour autant. Je reste étendu dans la tente à attendre le sommeil qui ne viens pas.

Dès le matin, on a reprit la route. Alors, j'ai sortis tous mes livres. Y en a bien un dans le tas qui me plaira, non ? Il faut bien que je m'occupe l'esprit. Et il ne faut pas que je m'endorme… Je ne veux pas rêver de choses agréables qui au réveil rendront tous les souvenirs encore plus douloureux.

J'imagine difficilement ce que doivent ressentir mon oncle, ma tante et mes deux cousins. Ce doit être quelque chose d'à peine vivable.

En chemin, on récupère Barbara à la gare. Elle n'a pas du beaucoup dormir. Deux heures plus tard on est chez mon oncle. Seules ma tante et ma cousine sont là. On boit une tisane et ils se mettent à parler. Moi, j'ai pas envie d'entendre de quoi ils parlent. J'ai les yeux fixé sur la trappe qui descend à la chambre de Sylvain. J'ai envie de descendre pour le voir.

Je me lève finalement et je monte à l'étage pour lire mon livre tranquillement. Mais le silence… Tous ça me donne envie de pleurer. Barbara arrive quelques minutes plus tard avec Bérenger. Elle me regarde dans les yeux.

« Je vais vous dire comment est mort Sylvain » Dit-elle. Sans doute l'on-t-ils dit en bas. « Il a fait un jeu… Le jeu du foulard. Ça consiste à se bloquer la respiration au niveau du cou avec un foulard ou une écharpe… Mais… Il l'a fait avec une ceinture… Les crans ont bloqués… »

A la fin de ses mots je sens ma respiration se bloquer. Barbara est repartie et Bérenger la suivit. J'ai du mal à bien saisir les mots de Babou. Qu'est ce qu'elle vient de dire ?

Au bout de quelques minutes, je redescends. Je ne suis plus très à l'aise toute seule dans le salon. Il y a la sœur de ma tante qui est là. Elle raconte quelque chose, les larmes aux yeux, la voix tremblante… Je comprends alors qu'elle raconte ce qu'elle sait… Et je comprends alors aussi que c'est elle qui a trouvé Sylvain mort… Que c'est chez elle que ça c'est passé…

Les deux jours qui suivent, j'accumule ma lecture, mes livres et les balades en forêt avec ma tante. Je me sens mal à côté d'elle. Parce que malgré tout, elle arrive à sourire. Elle a mal mais elle ne le montre pas alors que moi je n'arrive pas à le cacher.

Puis ce soir, mercredi, il y a une veillé. On entre dans la chapelle. La famille la plus proche. Mon oncle et ma tante, mes deux cousins, mes parents, ma sœur, mon frère, mes grands-parents paternels et moi. Le cercueil est là. On se met tout autour en arc de cercle. Quelques fleurs sont disposés à côté. Barbara dépose une bougie de l'île et une grosse peluche qu'on a acheté dans l'après midi. C'est un gros gorille. Sûrement pour représenté celui de Mario-card, c'était le personnage préféré de Sylvain.

On est resté plusieurs minutes dans le silence. Puis le curé dit quelques prières. Il lit des textes puis il nous invite, chacun à notre tour à nous « entretenir » avec Sylvain. Guillaume, son frère commence. Il pose ses mains de chaque côté du cercueil et baisse la tête. Il reste quelques minutes comme ça. Il doit parler mentalement puis il sort de la chapelle. Mon père suit, il frappe un petit coup sur le cercueil. Ensuite c'est ma mère, ma sœur, mon frère, ma tante, mes grands-parents. Il ne reste plus que mon oncle, ma tante, Alice et moi. Je m'avance et je caresse le bois froid. Ça me fait frissonner, il est complètement sans vie. Enfin je sors.

Dehors, ils se serrent tous les uns dans les bras des autres et Barbara vient me prendre dans les siens. L'étreinte me rappelle pourquoi je suis là et je ne peux plus empêcher les larmes de sortir.

Enfin, tout le monde est sortit. Ma tante referme la chapelle et on rentre. En chemin je me demande pourquoi Alice n'a rien fait. Elle est restée debout à regarder le cercueil, elle n'a pas fait un geste. Elle ne pleure pas non plus.

Le soir, on se retrouve tous dans la chambre à Guillaume et on parle de Sylvain. On évoque les souvenirs qu'on a. Les meilleurs.

« Cette nuit là, c'était bizarre » Commence Johan. « Avec Guillaume on dormait, puis soudain, on s'est réveillé et on sentait tout notre corps parcouru de fourmis de frissons. Ça faisait vraiment peur ».

Je les écoute. Je suis surprise.

« C'était à quelle heure ? » Demanda Babou. « Parce que moi aussi je me suis réveillé dans la nuit vers 4 heures. J'avais des frissons. J'ai mis du temps à me rendormir tellement ça me paraissait bizarre ».

« Nous c'était vers 3 heures » Répond Guillaume.

Je me lève et pars brusquement de la chambre pour m'enfermer dans celle d'Alice et pleurer.

Je suis dégoûtée. Dégoûtée et jalouse et même triste. Ils ont ressentit la présence de Sylvain et pas moi. Moi, j'ai simplement rêvé de lui la nuit avant d'apprendre qu'il était mort. Pourquoi il est pas venu m'apporter un signe à moi ???

Barbara entre et s'assoie à côté de moi.

« Nono… Tu sais, ça a peut être rien à voir avec Sylvain, ça peut être du hasard… ».

« Pourquoi vous semblez tous l'avoir déjà oublié ? » Que je lui crie dessus. « Pourquoi est-ce que je suis la seule à me souvenirs de ces moments qu'on a passé ensemble et pas vous ? Pourquoi vous l'avez tous déjà zappé ? ».

« Non… Non Noémie » Commence ma sœur. « On l'a pas oublié. Seulement, on a pas tous les mêmes souvenirs. Toi se sont ceux là qui te marquent le plus pour des raisons particulières. Moi aussi j'ai des souvenirs avec lui. Mais ce ne sont pas les mêmes. Et puis si ont les réunis tous, on peut recomposer toute sa vie… ».

Puis elle me laisse. Au bout d'une heure, Aurélie, Johan, Barbara, Alice et Bérenger entre dans la chambre avec un cahier.

« On va lui écrire quelque chose. Tu nous aide ? » Demande Aurélie.

Le lendemain matin, c'est l'enterrement. Je cherche mes vêtements les plus sombres. J'enfile un jean et un sweet bleu. Dehors il pleut légèrement. Un peu de soleil aurait pu faire du bien, mais bon… Je sers contre moi le gorille. Dans l'église on a le droit aux premiers bancs. Trop gentil. Le curé lit des prières, les mêmes que la veille. Puis il passe une musique « Time of your life » de Green day, un CD de Sylvain, parce que son père sait qu'il n'aimait pas l'orgue.

Another turning point, a fork stuck in the road.

time grabs you by the wrist, directs you where to go.

so make the best of this test, and don't ask why.

it's not a question, but a lesson learned in time.

it's something unpredictable, but il the end is right.

i hope you had the time of your life.

(Bon débarras,

un autre tournant, une fourche collée à la route.

Le temps vous saisit par le poignet, vous dirige vers où aller.

Faites donc le mieux pour ce test et ne demandez pas pourquoi.

Ce n'est pas une question, mais une leçon apprise à temps.

C'est quelque chose d'imprévisible, mais la fin est juste.

J'espère que vous aviez le temps dans votre vie).

So take the photographs, and still frames in your mind.

hang it on a shelf of good health and good time.

tattoos of memories and dead skin on trial.

for what it's worth, it was worth all the while.

It's something unpredictable, but in the end is right.

i hope you had the time of your life.

(Prenez donc des photographies et développez-vous toujours dans votre esprit.

Accrochez-les sur une planche de bonne santé et de bon temps.

Les tatouages de mémoires et peau morte sur procès(essai).

Pour ce qu'il vaut, il valait tout le temps.

C'est quelque chose d'imprévisible, mais dans la fin est juste.

J'espère que vous aviez le temps dans votre vie).

It's something unpredictable, but in the end is right.

i hope you had the time of your life.

(C'est quelque chose d'imprévisible, mais dans la fin est juste.

J'espère que vous aviez le temps dans votre vie).

It's something unpredictable, but in the end is right.

i hope you had the time of your life.

(C'est quelque chose d'imprévisible, mais dans la fin est juste.

J'espère que vous aviez le temps dans votre vie).

It's something unpredictable, but in the end is right.

i hope you had the time of your life.

(C'est quelque chose d'imprévisible, mais dans la fin est juste.

J'espère que vous aviez le temps dans votre vie).

Puis ma mère se lève pour lire un texte. Puis ce sont tous les autres qui se lèvent. Ma sœur, mon frère, Alice et deux cousins de Sylvain. Ensemble, ils lisent un poème qu'on lui a écrit la veille. J'ai pas envie d'y aller. Pas envie de pleurer devant tout le monde. Mais je le regarde ce texte que j'ai moi aussi entre les mains.

« A notre Sylvain, aujourd'hui défunt,

Nous voudrions témoigner de notre amour.

A notre frère, notre cousin,

Toi qui sera près de nous pour toujours,

A ces moments d'intenses émotions,

A ces interminables et folles discussions.

Ta vitalité, ton intrépidité,

Font le lit de ta personnalité.

Ta patience et ton attention sont la pierre d'angle de ton caractère ;

Vélo, ski, bouffe, fêtes, délires,

Douloureusement trop éphémères

Terrible oppression que te voir partir.

Avide d'aventure et de fortes sensations,

Poursuis ta quête de liberté et pars en paix.

A notre frère, notre cousin, gravé dans notre cœur à jamais ».

Puis ils mettent une nouvelle musique, cette fois c'est « Let it be » des Beatles. Quand elle se finit, Guillaume se lève et lit un grand texte qu'il a écrit pour son frère. C'est beau. Puis enfin, ils remettent « Let it be » et nous invitent à sortir de l'église, chacun notre tour en passant devant le cercueil.

When I find myself in times of trouble

Mother Mary comes to me

Speaking words of wisdom let it be.

And in my hour of darkness

She is standing right in front of me

Speaking words of wisdom, let it be.

Let it be, let it be.

Whisper words of wisdom, let it be.

And when the broken hearted people

Living in the world agree,

There will be an answer, let it be.

For though they may be parted there is

Still a chance that they will see

There will be an answer, let it be.

Let it be, let it be. Yeah

There will be an answer, let it be.

And when the night is cloudy,

There is still a light that shines on me,

Shine on until tomorrow, let it be.

I wake up to the sound of music

Mother Mary comes to me

Speaking words of wisdom, let it be.

Let it be, let it be.

There will be an answer, let it be.

Let it be, let it be,

Whisper words of wisdom, let it be.

Encore une fois je caresse le bois froid. Puis dehors on attend que tout le monde soit sortit pour avancer vers le cimetière.

Dans le cimetière, seul la famille proche peut rester. Les autres, pour ceux qui sont encore là, attendent de loin. Une fois le cercueil au fond de la fosse, on s'approche… Je laisse tomber une rose rouge puis j'aide Babou à allumer de l'encens. On dépose ensuite la bougie et le gorille.

Une fois de retour au chalet, je suis remonté directement au salon. Tout le monde mange, moi je n'ai pas faim. Je reprends mon livre « les noces barbares ». Babou arrive et pose sa main sur mon épaule. Elle me fait sursauter par ce geste et je retire mes écouteurs pour croiser son regard.

« Nono… Tu ne dois pas rester toute seule… C'est pas bon… Je sais que c'est dur… Mais tu ne dois pas arrêter de vivre pour autant… Il aimerait pas ça… Tu le sais… Tout ce qu'il aime c'est te voir sourire ».

J'esquisse un sourire et Barbara ressort. Je remets mes écouteurs, reprends mon livre et repose mes yeux sur les lignes. Mais là, mon regard se bloque… Il me semble… Je me remets à pleurer.

Je ne redescends voir les autres que le soir. Quand j'ai enfin fini mon livre et que j'ai faim. J'ai faim mais j'ai un nœud dans l'estomac. La maison est vide. Dans le jardin, les adultes parles mais les autres ne sont pas là.

Je rentre de nouveau dans la maison. Il y a du bruit dans la chambre de Sylvain. Je lève la trappe et descends. Ils sont tous là. Six sur la pauvre nintendo 64. Aurélie me voit et me fait une place sur le lit.

Je regarde la pièce. Rien n'a changé. On dirait qu'il va revenir d'une minute à l'autre. Mon regard se pose sur le gorille sur le bord de la fenêtre. Je le prends dans mes bras.

« Ton oncle l'a ramené. On risque de ce le faire piquer là bas, puis il va s'abîmer avec la pluie… Alors il lui fera une petite niche en bois… Ok ? ».

J'hoche la tête et le sers contre moi.

OoO

Aujourd'hui, Dimanche. Demain ce sera la rentrée. On va partir d'ici quinze, vingt minutes. Je donne mon sac à mon père, dit au revoir à tout le monde puis je descends furtivement dans la chambre de Sylvain.

Je prends le gorille et le sers contre moi comme s'il s'agissait de mon cousin. Puis je le lâche sentant les larmes monter.

Je monte en voiture et regarde la maison s'éloigner. J'ai peur de ce que je devrais dire quand je reviendrais en février… Les autres ne pensent pas à ça. Il n'y a que moi dans la voiture qui panique autant à tous ce qui touche au future. Babou et Bérenger dorment. Ma mère aussi. Il n'y a que mon père et moi d'éveillé. Lui, il est occupé à sa conduite et moi à mes souvenirs. Mes yeux glissant sur ce poème qu'on lui a écrit. Ma tête repassant la mélodie de « Time of your life » et l'image de Sylvain plus que présente.

Comment pourra-t-on apprendre à vivre sans toi ? A vivre juste avec ton souvenir…

Fin

22 avril 2005

Ça faisait un moment qu'on m'avait dit d'écrire entièrement ce qui s'était passé en y décrivant bien tous les sentiments de haine, de dégoût, de peur… Etc.

Voilà, l'histoire est écrite telle que je m'en souviens. Telle ma haine à l'époque pour mon petit frère que j'aime tant aujourd'hui. Beaucoup de détails me reviennent encore aujourd'hui, mais me voilà bien incapable de les décrire. Et peut être le texte est-il déjà assez noir, non ?

Peut être que j'écrirais ce qu'il se passe ensuite, mais c'est pas sûr. Il me faudrait beaucoup de courage pour raconter comment chaque été et chaque février suivant je suis retombé dans les mal de ventre et l'impossibilité de manger en voyant ma famille. Entendre chaque année de nouvelles versions… Mais peut être… Peut être un jour aurais-je ce besoin. Je ne l'espère pas.

Pour toi Sylvain. Pour toi que je ne connaissais pas tant que cela mais qui me manquera toute ma vie et sur chacune de mes descentes de pistes de ski. A toi que j'aime.

A toi ma Caro, parce que même si tu ne connaissais pas Sylvain, aujourd'hui, certainement doit tu ressentir une douleur bien supérieur à la mienne.

C'est peut être con à dire, mais la famille c'est certainement ce que l'on a de plus précieux, alors… Même si le petit frère ou la petite sœur sont chiants… Oubliez pas que quand ils seront plus là… Je ne vous le souhaite pas. Un cousin, c'est certainement pas grand chose à côté d'un frère, d'une sœur, d'un père ou d'une mère.

Cerbère.