It's the fear



Auteur : Kazuza

Genre :Slash, romance, angst, school fic et amours interdit ect….


Chapitre 1 : Un nouveau départ.



Mon père disait souvent que le premier jour d'une année c'est comme le premier jour d'une vie.

Et bah tout ça, c'est que des conneries.

Sérieux, quand on a dix sept ans tous les jours se ressemblent et toute les rentrées des classes aussi.

Même solitude, même pression, même galère.

Les nouveau départs ça n'existent pas. Parce qu'on reste soi même ou que l'on aille.

Un exemple ?

Fraichement transféré en court d'année :

Premier jour.

Panne d'oreiller.

Et fatalement en retard.

Pour ne rien arranger, la CPE n'est pas là.

La grippe.

Si ça c'est pas une galère semblable à des millions d'autres… Et c'est pas l'école qui changera mon incapacité à me lever avant dix heures du matin, ça c'est certain.

Une abrutie de prof refuse de me laisser entrer sans un billet de retard. « Allez en demander un à la CPE » siffle sa petite voix nasillarde. Euh, elle a pas capté qu'elle était malade ou c'est juste pour me faire chier ?

Et Xian qui n'est même pas dans la même classe que moi… Xian c'est ma sœur : tellement comme moi que certaine personne m'ont appelé par son nom quand j'ai traversé l'allée nord ou comment on dégomma le peu d'amour propre qui me restait en me confondant avec une fille, fusse t'elle ma jumelle.

Allez savoir pourquoi une boule de nerf comme elle à choisit L… Tout le monde sait que c'est pour les fainéants le cursus littéraire….

Ouais, vous aurez devinez que je suis en S.

Bon alors, comment on retourne au bureau de la CPE…Eh bah ouais j'suis perdu. Là encore un parfait exemple d'une merde que chaque personne normalement constitué rencontre à chaque rentré quelque soit l'école !

Normalement j'ai un bon sens de l'orientation, mais il semble avoir prit ses congés en même temps que ma dignité.

Ça fait au moins un quart d'heure que je traîne dans les couloirs…Je regarde les plaques sur les portes…… okay, je suis tomber dans le secteur administration. Si ça c'est vraiment pas la merde…Il vaut mieux que je mette les voiles avant que quelqu'un me choppe… on pourrait bien m'accuser de sécher les cours et franchement avec mon dossier, on leur donnerait pas tord. T'ain pour une fois que je voulais vraiment aller en cours ! Nan je dec', rien que l'idée de passer plus d'une heure avec je-peux-exploser-les-vitres-avec-ma-voix-de-crécelle me donne envie de me tirer une balle.

Je m'apprête à redescendre l'escalier quand une main m'agrippe l'épaule. Je sursaute et balance mon poing dans la figure de la personne sans plus réfléchir. Le coup est arrêté par une autre main forte qui me ramène le bras le long du corps. Ce qui est vraiment la loose totale sachant que je pratique les arts martiaux depuis genre, toujours…

L'homme qui m'a attrapé me fixe d'un air mécontent et vaguement hautain.

Bien bien, un adulte, surement un prof ou un truc du genre, bien Shuang, way to go mon gars !

A ce point de l'histoire on peut sauter le passage ou je vous raconte que j'ai été viré de ma précédente école et pourquoi hein ?

J'ouvre grand les yeux avant de me rendre compte de deux choses.

La première c'est que c'est le mec le plus hot que j'ai jamais vu (et pourtant physiquement, c'est pas mon type du tout) et la deuxième c'est qu'il est vachement plus grand que moi et que ça m'énerve.

Eh ouais, premier chapitre dans le manuel du parfait sociopathe, immédiatement détester quelqu'un pour des raisons complètement irrationnelle ! Go moi !

Et le gars qu'à décider d'arrêter de faire la gueule pour se foutre de la mienne. .J'lui en collerait bien une mais je doute que ça arrange mes affaires.

« Shuang a de gros problème de violence dû a une profonde répression de ses émotions » avait dit mon psychiatre quand j'me suis fait viré de l'école pour avoir frappé une de mes professeurs. C'est quand même pas ma faute si on m'encourage à exprimer ma colère et qu'on me punisse après pour ça ! Je dec' encore hein ? L'a totalement raison le psy, mais franchement au point ou j'en étais avec elle, j'en avais plus rien à foutre.

La voix froide du type ainsi que la pression de sa main sur la mienne me ramène à la réalité.

_Alors monsieur Xi, arrivé en retard, traîner dans les couloirs et agresser son proviseur, voila une manière très « personnelle » de voir sa rentrée des classes.

Mon Proviseur ? MAIS GO MOI SÉRIEUX ! Pourquoi prendre la peine de venir hein ? J''aurait dû carrément mettre le feu à ce putain d'endroit pour ce résultat là hein ?

Je suis mort.

Viré=mort.

Mon père, cette fois ci, il va me crever !!!

J'arrive plus à respirer et je suis à peu près certain que je vais avoir une attaque de panique dans 5, 4 3…

Heureusement qu'il me tient toujours par le bras sinon je crois que je serais déjà par terre.

Il me secoue un peu, mais pas de « allons téléphoner à votre père pour mettre en route la procédure d'exclusion voulez vous ? » en vue. J'attends quelques minutes, histoire de voir, puis je jette un coup d'œil vers lui.

Toutes traces de contrariété semblent avoir déserté son visage, un léger sourire vient même s'épanouir sur ses lèvres.

Et cette fois il se fout pas de ma gueule.

Je me dégage d'une secousse parce que c'est parce qu'il fait une tête de plus que moi qu'il peut me trimballer comme bon lui chante.

« Bon bah, je vais rentrer chez moi…

— Et pourquoi ? Vous avez cours il me semble. Vous comptez ajouter à votre premier jour exemplaire l'école buissonnière ?

— Vous….. me virez pas ?

— Eh bien, il me semble que Mlle Ferrera est malade et que, comme je l'espère vous cherchiez un pion pour vous faire un billet de retard ?

Je le regarde, il me regarde… on se regarde ahaha ! Bref je crois que j'ai saisit.

_…… Oui…

_C'est ce que je pensais, et je doute qu'il ait été dans votre intention de me frapper, je me trompe ?

Je le regarde encore et on reprend notre petit manège.

— … Non….

Pourquoi est ce qu'il me cherche des excuses ?

Il a probablement un grain.

— La plupart du personnel administratif est malade, janvier est vraiment le plus mauvais mois de l'année……" grommelle t'il en me faisant signe de le suivre, je vais remplir votre billet d'entrée.

Je le suis sans un mot, fasciné par la démarche assurée et l'aura de puissance qui ce dégage de ce type. C'est rare les proviseurs qui ont vraiment une aura de leader, pas juste des vieux et gros pachyderme à la con…

On entre dans son bureau et il ouvre un tiroir pour en extraire le papier désiré.

J'ai jamais vu endroit aussi propre et bien rangé.

Même la paperasse qui encombre son bureau est parfaitement organisée en petite pille distincte dont pas une feuille ne dépasse.

Ce type doit être un sacré maniaque. Moi ça m'aurait prit vingt ans à retrouver quoi que ce soit dans ma chambre !

Alors qu'il remplit le billet de retard, je me décide à poser la question qui me brûle les lèvres depuis tout à l'heure.

" Pourquoi ?

— Hum ? Pourquoi quoi monsieur Xi. Xi c'est votre nom de famille n'est ce pas ?

— Vous croyez sincèrement qu'on peut appeler son enfant Xi ?

Il me regarde, je le regarde, bref vous connaissez la chanson maintenant.

— .......

_Oui, c'est mon nom. Donc, pourquoi vous ne me virez pas, vous devez connaître mon dossier non ?

Il relève les yeux du billet de retard et La seul chose à laquelle je peux penser c'est « oh putain ses yeux ! ! ». Gris genre acier. C'est hot comme c'est pas possible.

_Je connais vos antécédents dans un autre lycée que le mien. Je vais être clair, ce qui était valable la bas ne l'est pas forcément ici, nous avons des règles, que je vous prierais d'étudier et de suivre scrupuleusement. En cas de manquement à ces règles, vous serez puni comme vous le méritez. La balle est donc dans votre camp. A vous de ne plus faire d'erreur.

Bon OK ptêtre que les nouveaux départs existent mais c'est quand même RARE hein ? et puis, j'avais raison sur un point, c'est pas le lieu qui change, c'est les gens. Et ce type…

_Vous êtes chelou, je grommelle, en repoussant une mèche qui est parvenu à s'échapper de ma queue de cheval.

Mais va y, antagonise le proviseur Shuang…

Il relève de nouveau la tête et il éclate de rire.

Ouaip, pas de doute, il est tordu.

Ou tout simplement……. Sympa ?

Nan, c'est bon j'y crois plus moi au prof ou au proviseur sympa. Y'en a que deux sortes. Ceux qui prétendent être sympa et ceux qui font pas d'effort pour le cacher. Point barre.

_Ma femme n'arrête pas de me le dire.

Il est marié ?

Il doit avoir quoi….. vingt cinq, vingt six ans….. Devenir proviseur à cet âge ça dû demander pas mal de sacrifice. Avec ça, j'vois pas ou il a trouvé le temps de se maquer…

J'dois faire une drôle de tête parce qu'il se met de nouveau à pouffer.

_Oui, je suis marié et j'ai dépassé la trentaine.

_Okay… Vous avez quel age alors ?

_Une fois la vingtaine dépassée ce ne sont plus des choses que l'on demande monsieur Xi.

_Ce serait vrai si vous étiez une femme, je réponds du tac au tac. Il attend que ça et ça se voit. L'homme c'est plutôt la crise de la quarantaine non ?

Il rit encore et je sais que j'ai mit dans le mille. Finalement il se lève pour me tendre le mot.

_Je suis bien content d'accueillir un élève qui à le sens de l'humour ! Je ne vous dirais pas que je souhaite bientôt vous revoir, mais plutôt une bonne rentrée. Ne vous inquiétez pas, les professeurs et moi même savons combien il est difficile de faire sa rentrée des classes en milieu d'année.


... – OoO - ...



En sortant je me dis que les proviseurs, sympa, drôle et canon devrait être mit dans des réserves spécialisées pour qu'ils s'y multiplient.

Enfin, l'important c'est qu'il m'ait genre pas viré du tout et donné un mot et que cette pute de prof va enfin me laisser entrer.

Je frappe à la porte.

« Entreeeeeeeeeeeez »

ARGH ! C 'est pas possible d'avoir une voix aussi chelou !

Et la gueule qui va avec… non mais elle s'est fait combien de coloration différente en même temps exactement ? Au moins je viens enfin de découvrir quelque chose que le coiffeur à deux cent euro la demi-heure de ma mère pourrait pas la sauver là.

Elle m'indique où aller m'asseoir genre la seule place vide dans la classe je vais pas pouvoir la trouver seul.

Mon voisin de table est un jap aux cheveux blonds décoloré dont les yeux refroidiraient le pôle sud un peu plus qu'il ne l'est déjà. Il me jette un regard à la « pourquoi qu'on me fout un cafard dans ton genre à côté de moi ?!! »…et je ne perd pas de temps pour le lui rendre. S'il me cherche il va me trouver ! Bon ok, j'ai promis d'être sage.

Contrôler sa colère, contrôler !

Ouais de toute façon si j'me le fait à la sortit des cours, j'aurais pas de problème ici et puis il a pas l'air d'être du genre à cafter. Ce sera tout benef, je ventile un peu de la frustration que je ressens en ce moment et je lui apprends un peu la vie en lui refaisant sa face à c'te tête de con. Ça y est, son nom, j'm'en souviens, cette bouffonne de prof l'a dit…… c'est Uesugi, Katsura Uesugi.

Bref, je me calme.

Elle parle elle parle, je me fait chier….

Elle parle….

Elle colle un élève qui mâchait du chewing-gum….

Elle parle…..

Le cours se termine.

C'est pas trop tôt.

Vu les cris de joie des autres la conscience collective n'est plus à prouver. On est tous d'accord pour dire qu'il faudrait la crever cette harpie.

C'est la pause et c'est tant mieux, j'ai un casier et une soeur à retrouver moi.

« Excusez-moi, Shuang Zi ?

Putain vous pouvez pas me foutre la paix cinq secondes ?

Contrôler la colère, contrôler…….

— Xi.

— Pardon ?

— Mon nom c'est Xi. Avec un X. Comme Xavier.

Comme je vais te Xilophoner ta face.

Contrôler la colère, contrôler…….

— Ah…

Il a l'a délicatesse de rougir, et il est mignon… et hot. Définitivement dans ma case « possible » et ça le sauve le ptit con qui sait pas lire mon nom. Ya que deux lettres quand même hein ?

— Hum…Je suis Vivian Schilton, le délégué de ta classe, on m'a chargé de te montrer un peu l'école, de t'expliquer le fonctionnement enfin, tu vois le topo ! »

Ah, p't'ête qu'il va m'être utile celui là en plus d'être joli à regarder.

J'ai vaguement l'impression de l'avoir déjà vu d'ailleurs….

Ah et puis je m'en fous ! Je sors mon plus beau sourire de cocktease et déclare :

« En fait, je cherche mon casier.

J'ai droit à un petit rougissement qui me dit que j'ai mit dans le mille. Encore.

— Le casier, je peux faire ça ! Suis moi.

Mignon et drôle. Décidément p't'être que j'l'aime bien cette école.


... – OoO - ...



Je sympathise tout de suite avec Vivian et je compte même pas me le faire.

J'aurais jamais cru ça possible d'ailleurs, le côté sympathie, pas le côté sexe hein ?
Mais bon, je crois pas qu'il y ait une personne sur terre qui puisse résister à tant de bonne humeur et de spontanéité.

Hot et drôle, c'étais déjà pas mal mais en plus il est intelligent.

Cheveux blonds, je suppose que c'est pas un défaut en soi mais bon, yeux très grand même face à moi. Je suis asiatique et je n'arrive pas à dépasser le mètre soixante. Pas que ça explique pourquoi, mais je crois que ça joue sachant que ma mère atteint à peine le mettre cinquante.

Vivian doit faire dans les un mètre cinquante huit, comme Xian.

Peut-être que finalement j'arriverai à me faire des amis ici je pense en refermant mon casier.

Vivian a arrêté de parler et son expression figée ne me dit rien qui vaille. Y'a plus un bruit dans le couloir et vu qu'on est un peu dans un lycée en période de pause, ça en dit long. Il fixe un point derrière moi et je me retourne pour voir ce qui cause ce silence général.

Ch'ais pas pourquoi, mais je sens encore des ennuis en perspective….

Les ennuis s'appelle Katsura Uesugi et toute une troupe de garçon et de fille derrière lui, style le chef et sa petite bande. Le pire c'est que c'est probablement ça. Et si ya un truc que je supporte pas, à part les gens en général, les blonds et les grande perche, c'est bien les ptits chef.

Il ignore tout le monde et se dirige droit vers nous. Il parait très calme contrairement à ses esclaves qui m'ont l'air bien agité. En même temps, je suis pas sûr que ce type soit capable de péter les plombs et tout péter. Faudrait qu'il décongèle un peu avant ça.

« Je vois que t'as déjà choisit ton camp.

Okay, voila un autre truc commun à tous les lycées. Y'a des règles que toi tu connais évidemment pas, mais y'aura toujours un con pour penser que même si c'est le premier jour tu dois tout savoir et agir en conséquence. Fuck.

En bref, j'ai absolument rien comprit sauf qu'il est là en train d'essayer de m'intimider. Manque de pot pour lui, j'ai pas peur de beaucoup de chose, et me faire casser la gueule en fait pas partie, surtout si je peux en casser quelques une en même temps.

C'est là que Vivian qui n'a absolument pas l'air effrayé (j'l'aime de plus en plus ce mec) se met entre moi l'autre avant même que je puisse en placer une.

« Arrête de parader, il connaît pas les règles, il vient d'arriver et tu le sais très bien.

— Mais toi tu les connais, et ce que tu fais là, c'est contre les règles.

— Je suis le délégué au cas où tu l'aurais oublié ?! Ce que je fais, c'est mon job.

— J'ai pas oublié et c'est bien pour ça que j'ai pas encore demandé au Conseil de se réunir. »

La menace est incompréhensible pour moi, mais parfaitement discernable. Vivian pâlit légèrement avant d'effacer toute trace d'émotion de son visage.

Satisfait de son petit effet, Ure se tourne vers moi, l'air toujours indéchiffrable.

« Pour faire simple j'vais te dire la première règle. On ne parle à personne tant qu'on n'a pas choisit son camp et après on ne parle qu'aux membres de son groupe. Il y a deux groupes, le mien, et celui de Nathaniel de La Vrillière. Tu as jusqu'à ce soir pour choisir. J'ai été clair ?

Je vois tout noir tout d'un coup et quand je reviens à moi, y'a du sang sur mes phalanges et Katsura essuie sa lèvre du dos de sa main, l'air un peu moins impassible.

Il l'a pas vu venir celle là, ni les autres d'ailleurs.

On pourrait croire que ce genre de truc m'arrive souvent mais pas temps que ça En fait dans ma vie j'ai expérimenté que cinq trous noirs violent. C'est juste qu'il y a un truc que je peux pas supporter, plus que tout au monde : qu'on tente de me retirer le peu de libre arbitre que j'ai.

« Ecoute bien mon con, je parlerai à qui j'ai envie de parler et si ça te plait pas t'as qu'à aller te faire mettre. Là c'est clair ?

Tout le monde me regarde comme si j'étais bien pété. Et sachant qu'il y a pas moins quatre mecs costauds derrière Ure qu'on l'air d'avoir envie de plus au monde que de me démonter la gueule, le monde à raison.

Deux mecs s'avancent vers moi mais il les retient d'un signe. Une tête de con mais un vrai leader. J'admire ça.

S'il veut régler le problème lui-même je suis d'attaque.

Il a beau être un peu plus grand que moi, et plutôt baraqué, j'ai fait assez d'arts martiaux au dojo de mon grand père pour l'envoyer au tapis sans problème. Il a l'air de considéré la chose et je me tiens près.

C'est là qu'un de ses potes, vraiment très grand, au moins le mètre quatre vingt, pose la main sur son épaule. Il a de cheveux court châtain et des yeux bleu très foncé. Ce simple geste suffit à dissiper toute la tension chez Ure et juste en le regardant, je sais qu'il n'y aura pas de combat, du moins pas aujourd'hui.

« Laisse Katsu, il connaît rien des règles et on à mieux à faire pour l'instant, la pause se termine bientôt !

Il prend une profonde inspiration et me jette un regard à la « j'ai bien envie de te crever mais t'en vaux pas la peine ».

— Ce soir.

— Ouais ouais. »

Alors qu'il s'éloigne, je jette un coup d'œil à Vivian, qui a l'air légèrement soulagé et a retrouvé son air amical. Cela dit il me trompe plus trop avec ses airs mignons et naïfs maintenant que j'ai vu en dessous. Je m'apprête à lui lancer un bon « what the fuck ? » quand il m'attrape par le bras et m'entraîne dans les toilettes.

Heureusement qu'il n'y a personne par ce que je me demande ce qu'ils imagineraient, à part le fait qu'on soit secrètement des filles. Arf.

Le visage mortellement sérieux du mec me déstabilise un peu. J'ai peur qu'il soit aussi à fond dans ce trip de groupe et que je doive renoncer à une des seules personnes qui m'a fait une impression positive depuis très très longtemps.

Je n'ai vraiment pas envie de me fâcher avec la mon premier ami potentiel.

« Mais tu es taré ?! Sérieux, tu sors de l'asile ? Tu veux tuer ta vie sociale dès le premier jour ou quoi !??

— Ecoute, je sais d'expérience qu'il faut jamais se laisser marcher sur les pieds par les petites brutes notoires ! ça, ça aide pas la vie sociale.

Il se radoucie légèrement et secoue la tête en souriant tristement.

— Alors tu choisiras notre groupe ?

Ok, il est à fond dedans.

— Eh doucement, Je viens d'arriver. Je constate juste que ce Katsura se la pète de trop mais son grand pote à l'air sympa par exemple. Je fais pas dans le compartimentage. C'est pas parce que tu as l'air sympa que tes amis le sont aussi, tu comprends ?

Il pousse un soupir excédé.

— Bien sûr que je comprends ! Mais ici, ça ne marche pas comme ça, il y a deux clans et c'est comme ça depuis la fondation de cette école ! Ça a toujours été comme ça ! Les règles dont Uesugi t'a parlé son très très stricte et personne n'y désobéit sans avoir de gros ennuis. Je ne parle pas de quelque bande de bandit des bacs à sable qui tente de ce la jouer ! Toute l'école joue selon ces règles, pions et prof inclus.

Ok, c'est pire que je ne le pensais, je suis tombé dans Trouducland, le monde ou le libre arbitre et la pensée personnelle n'existe pas ! Merci papa, encore une fois tu as trouvé le moyen idéal de faire de ma vie un enfer, et sans même avoir à te déplacer.

— Ca ce traduit par quoi les très gros ennuis ?

Je demande, même si je m'en doute.

— Passage à tabac régulier et isolement général et plein d'autre petite réjouissance dont je préfère ne pas parler. La durée dépend de ce que ton chef de clan a décidé…

— Moi qui croyais en avoir fini avec les Ijime en quittant le Japon, je soupire en tortillant une mèche de cheveux qui me tombe continuellement devant les yeux.

— Tu viens du Japon ? Il demande, l'air visiblement surpris. Shuang Xi c'est plutôt chinois non ?

— Ma mère est chinoise et mon père est japonais. J'habitais à Kyoto avant de venir ici.

— Uesugi n'est pas très rancunier d'après ce que j'en sais, et il est japonais aussi alors…

— J'ai détesté chaque seconde que j'ai passé au Japon. »

Ça sonne comme une révélation, comme un secret, comme quelque chose que j'aurais pas dû dire à haute voix et surement pas à quelqu'un que je connais depuis une demi-heure. Vivian baisse la tête l'air gêné.

« Désolé, je suis un crétin et la plupart du temps, ma langue va plus vite que mon cerveau.

Je gagne un petit sourire et rien que comme ça, tout va soudain beaucoup mieux.

— Bon alors, comment je fais si je veux pas choisir de clan ?

— Ne fait pas ça, s'il te plait. Ne prend pas de décision hâtive ! Ici c'est vraiment très grave quand tu fais ça. Tu crois que tu es le premier ? Que personne d'autre n'a essayer ?! Je ne plaisante pas ! Laisse moi au moins te présenter à mes amis ! Ils sont sympa je te le promets !

Il me regarde avec un parfait air de chien battu et je ne peux pas y résister. En tant que grand frère je suis sensible à ce genre de truc. Et puis merde, j'ai pas envie de foutre la merde encore et encore si j'y suis pas obliger. Vivian est hot et drôle, ya pas de raison que ses amis le soient pas aussi.

— Ok.

— Super ! Ah fuck, c'est déjà la fin de la pause ! On mangera avec eux à midi ok ?"


... – OoO - ...



La matinée passe très vite, faut dire que j'adore les maths donc deux heures d'affilées c'est le bonheur. Ouais, je suis cinglé comme ça moi.

Quand la cloche sonne tout le monde se rue littéralement vers la sortie et moi je reste un peu pour attendre Vivian qui discute avec le prof.

Un des potes de Katsura s'approche de moi. C'est le grand, celui qui m'avait fait une bonne impression malgré la situation. Je reste méfiant, mais bon, il a pas l'air animé de mauvaise intention alors je me laisse aborder sans trop de difficulté. C'est le genre de personne qui dégage un calme absolu et communicatif.

« Désolé pour tout à l'heure, Katsura s'emporte vite, mais on dirait que c'est quelque chose que vous avez en commun.

J'appelle ça un démarrage en force mais sérieux, j'apprécie la franchise du gars.

— C'est pas faux … Il saisit fermement la main que je lui tends. Il a de la poigne et c'est bien, parce que j'aime pas les mous. Shuang et toi ?

Il a vraiment l'air sympa.

— Thomas. Alors, tu as choisit ?

— Mec sérieux… Je soupire.

— Je sais que de ton point de vu ça craint, mais il y a des avantages à ce système et c'est pas comme si qui que ce soit pouvait y faire quelque chose. Comme on dit, à Rome, il faut s'habiller comme les Romains.

Il a tellement raison que s'en est déprimant.

— Hum, Vivian va me présenter ses potes et après on verra je suppose.

— Tu me permettras de te présenter les miens, faire un choix est assez difficile si on ne connaît qu'un seul des parties en présence.

— Faire le choix de ses amis pour l'année est assez difficile en une journée hein ? Je réplique. Un peu cynique sur les bords mais j'y peux rien, tout ça me saoule. Ils ont pas le menu à la carte ?

Enfin, Thomas à raison sur les avantages. Le moins qu'on puisse dire c'est que contrairement aux autres écoles il n'y a pas de problème d'intégration. Ca fait à peine deux heures que je suis arrivé et j'ai déjà deux amis potentiels et leur groupe de copain derrière.

Je suppose que pour la plupart des élèves c'est plus rassurant qu'irritant. Ça doit être pour ça qu'autant de gens y adhère. Finit l'angoisse de la rentrée. On t'offre une bande d'ami sur un plateau dés le premier jour !

On discute encore un peu avant qu'il ne sorte de la classe. Il y a pas mal de club de sport dans cette école, ce qui m'intéresse beaucoup. Pas de base-ball mais le basket ça me va tout à fait.

Je pense soudain à Xian, je me demande si elle est entrée dans un des groupes. Sûrement, c'est bien son genre… Et je me dis que quelque soit celui qu'elle a choisit, ça promet que des emmerdes pour moi. Je peux pas rester une année sans parler à ma sœur. Notre séparation m'a presque tué. Mais on a jamais eut les même gouts, et surement pas en matière d'ami.

Vivian s'approche de moi l'air mécontent.

« Qu'est ce qu'il te voulait ?

— Faire la propagande de son groupe…. C'est quasiment de la politique ici non ?

— Ne plaisante pas avec ça, il me répond en tentant de garder son sérieux.

Mignon.

Il me conduit à la cantine et étrangement au self, beaucoup d'élève nous laisse passé devant sans broncher. En quelques minutes on a nos plateaux en main. Si je me fis à la façon dont Katsura qui est un des deux big boss de ce trou s'adressait à lui et à l'air craintif que lui lance quelques élèves je dirais que Vivian est sans doute quelqu'un d'influent dans ce système de taré, ce qui peut être bien utile.

Il me conduit à une table pleine.

Un des garçons assis reconnaît visiblement Vivian et vire dans les règles de l'art les deux filles qui se trouvaient à côté de lui.

Et là c'est comme un coup de foudre à l'envers.

Le mec c'est le genre de beauté que tu vois que dans les magasines ou à la télé. C'est pas la mignonnerie de Vivian, ou le charisme du proviseur, c'est de la pure et simple beauté. Le genre de beauté bien proprette et entretenu mais indéniablement parfaite. Il est roux, avec des yeux verts et une peau blanche. Il porte des habits de marque, et à une attitude de fils à papa fier de lui qui me donne envie de le gifler. Fort.

C'est le genre de personne qui pense que tout lui est dû malgré le fait qu'il n'est jamais rien gagner de sa vie. Tout le luxe dans lequel il se vautre vient du travail d'un autre.

Une jolie petite chose, flasque et vaniteuse. Rien que de le regarder me donne des hauts de cœur.

Et maintenant, je peux plus m'enfuir, surtout que je viens de remarquer que Xian est assise juste en face de lui.

La merde en somme. J'accueille le sourire éclatant de ma sœur comme une raison suffisante pour ne pas me barrer immédiatement. On s'est pas quitté de la soirée hier mais je peux pas m'empêcher de la boire du regard.

« Alors c'est toi Shuang, Xian était toute émoustillé par ta venue en France !

— Ouais.

Il était déjà à zero dans mon sympamètre et paf, moins un. Le con se permet de parlé à la place de ma soeur. Et en plus il l'a drague ouvertement c'te merde !! Si elle était pas là, je l'aurais déjà crevé.

— Je suis Nathaniel de La Villière. Tu as déjà du entendre parler de moi

— C'est ton arrière grand père qui a fondé l'école, je réponds platement.

Son sourire s'élargit et il rosit de plaisir. Ce que ces petits bourges sont facile à combler.

— Et oui, c'est bien cela ! Et mes parents sont…….

Blablabla !

Et ces parents sont très riches et célèbres et il est très beau intelligent et apprécié etc ect……..

Une punaise ouais !

Katsura aussi est une punaise, mais d'un autre genre ! Avec lui c'est plus électrique. De La Villière ? C'est toute ce qu'il est qui me dégoute. Et le pire c'est que toutes les filles se pâment devant lui et que les mecs boivent littéralement ses paroles. Même Xian. Ça devrait pas me choquer. L'approbation à tout prix, ça a toujours été son motto. Avec ma mère, mon père, Akagi. Pourquoi ça changerait ici ?

... – OoO - ...

Quand enfin la cloche sonne je pousse un soupir de soulagement.

Un déjeuné de perdu à écouter un connard parloter de lui-même à la troisième personne. Même pas pu échanger un mot avec Xian. Elle me fait un petit signe avant de retourner quitter la cantine avec ses copines.

De La Villière est en L aussi…. Comme c'est étonnant…..

Heureusement il me reste Vivian.

On s'installe tous les deux au fond de la classe pour être un peu tranquille.

« Alors ?

— Comment tu fais pour le supporter ?

Il laisse échapper un petit rire discret.

— Il faut le connaître. C'est un rôle qu'il se donne…

— Je suppose que c'est pareil pour Katsura alors…

— Pff…. Tu vas aller avec eux alors.

La touche de peine qui colore sa voix n'est pas feinte et je m'empresse de le rassurer.

— J'en suis pas encore là. On verra si ce qui se passe ce soir est concluant…

— Choisit bien, on ne passe pas d'un clan à l'autre, jamais. Et puis tu ferais mieux de venir avec nous, il ajoute d'une toute petite voix, à près tout, il y a ta sœur dans notre groupe et puis…….. il y a moi…

Je lui souris.

— Je comprends pas pourquoi personne ne fait rien. Je lui confis finalement.

Il hausse légèrement les épaules, l'air blasé.

—La moitié des élèves sont boursier, ils veulent pas perdre leur droit en créant des ennuis, le reste c'est des héritiers, comme toi et moi. Les parents étaient généralement élève ici avant eux et entretiennent tout ça. C'est un petit lycée ce qui n'arrange rien.

— Katsura et Thomas sont donc dans la catégorie des boursiers…

— Ils vivent dans un centre privé, pour surdoué orphelins. Uesugi a un don en informatique quand à Langlois, c'est un élève A+ quelque soit la matière.

_T'as l'air de bien les connaître….

_Uesugi est leur leader et Langlois est son premier bras droit. Je suis celui de Nathaniel. J'ai à faire à Langlois régulièrement dans le cadre de mes activités, hum, extra scolaire."

On échange un petit sourire, mais toute cette conversation m'a laissé un goût amer.


... – OoO - ...



Le reste de l'après midi passe assez vite et pas dans le bon sens. Tout va trop vite. Il est devenu évident que Vivian et Xian respecteront ces règles stupides jusqu'au bout et il n'est pas question que je les mette en danger en avec des décisions qui ne regarde que moi. Je connais trop bien la violence que peuvent engendrer les Ijime. En ce moment, j'aimerais vraiment être capable de plier et de me soumettre à ces règles. Mais je ne peux pas, pas sans me briser. L'école, c'est le seul libre arbitre que j'ai jamais eut. Je ne suis pas près à l'abandonné, pas plus que je ne suis près à me jeter du haut d'un toit.

Je suis tranquillement en train de végéter sur un banc, à côté de Vivian qui révise ses cours, en pensant à tout ça quand Thomas vient me chercher.

Je laisse Vivian, qui de toute façon vit dans l'internat de l'école. Ses parents sont à l'étranger d'après ce qu'il m'en a dit. Sa famille doit être le seul sujet sur lequel il n'est pas capable de monologuer. Je le comprends en un sens. Pas vraiment envie de parler de la mienne.

Thomas veut qu'on fasse un basket avant de rentrer chez nous et je suis à cent pour cent avec lui. Bien besoin de ventiler un peu de toute cette merde.

L'école propose un grand choix d'activité extra scolaire, lycée privé de riche oblige je suppose, ils ont donc un grand stade dans l'enceinte même.

Je reconnais Katsura sur le terrain et plusieurs des mecs de ce matin.

Un petit groupe de fille est assis sur des bancs non loin, probablement les petites amies des joueurs.

Je remarque immédiatement Xian parce que un, je vois qu'elle quand elle est dans mon champ de vision et deux elle se trouve complètement à l'écart et visiblement elle est la cible des railleries du groupe de pouffiasse d'à côté. J'vais faire un carnage.

« C'est ta sœur ?

— T'es sérieux ?

— J'aimerais pas qu'on me dise que je ressemble tellement à ma sœur que la question se pose même pas.

— Merci vieux, je grogne.

— Va lui dire de partir ou elle aura des ennuis, c'est un conseil d'ami…

— C'est n'importe quoi, je réponds avant de courir vers elle. »

Xian me tombe littéralement dans les bras. Elle a l'air terrifié et je commence à peine à prendre conscience de l'ampleur de ce phénomène de « groupe ».

« Shuang, Vivian m'a dit que tu étais là ! Mais qu'est ce que tu fais avec ces gens !? Tu ne vas quand même pas choisir leur clan !??

— J'ai encore rien décidé Xian, mais merde ! Comment t'as pu te laisser entraîner là dedans ??

— Tu ne comprends pas comment c'est ici ! Et puis c'est pas si mal après tout. Je t'en prie, mets ta fierté de côté pour une fois et ne reste pas avec eux ! On a attendu si longtemps ! On est de nouveau ensemble ! Je t'en prie. S'il te plait ?

Si seulement je pouvais. Si seulement c'était juste de la putain de fierté. Je supporte pas de la voir souffrir. Son regard implorant, sa voix tremblante… Si elle me demandait de me jeter sous un bus je le ferais, tout mais pas ça. C'est pas quelque chose qui est du ressort de la volonté. Je peux juste pas.

J'entends une des ces connes ricaner près de nous.

« Eh toi, tu ferais mieux de retourner avec tes semblables, on ne veut pas des filles à papa ici !

Ces copines rigolent aussi, mais plus pour longtemps, c'est moi qui vous le dis…

— Un problème les filles ? »

C'est Katsura, suivit de près par Thomas.

La fille qui s'était adressé à Xian se lève et va se pendre lascivement au cou du premier.

Plutôt mignonne avec de longs cheveux noirs et des yeux marron, mais complètement conne visiblement.

Les filles se mettent à minauder, exactement comme pour Nathaniel de La Vrillière.

Ils sont sérieux ?

Et il faut que je choisisse entre quoi ?

Ces deux groupes sont pareils !

La seule putain de différence c'est le fric.

« C'est cette fille Katsu !

— C'est bon, elle dit bye bye à son bro et elle se casse, pas vrai trésors ?

— T'en veux vraiment une autre vieux ?

Il décongèle l'espace d'une seconde et se permet un sourire amusé avant de répondre :

— Nan merci, t'es petit mais t'as de la poigne. Je cherche pas d'embrouille Shuang. Il y a des règles, on les appliques et on les respecte, point barre. Ta sœur est pas de notre groupe et elle est sur notre terrain elle doit partir. Plus vite tu auras accepté ça et mieux ça vaudra. »

Le ton est calme et concilient, comme si j'étais celui qui se montrait irrationnel. Il a raison. Ça me fait chier de l'admettre mais c'est pas un connard, juste un gars qui veut pas d'emmerde pour lui et ses potes et dans d'autre circonstance j'aurais respecter ça. Là il s'en ait prit à ma sœur et j'm'en vais lui foutre une patate juste pour ça.

Xian me retient

« Je vais y aller Shuang ! D'accord ? S'il te plait, je veux pas d'histoire. S'il te plait. Ok ? A ce soir ! »

Elle se sert une dernière fois contre moi et avant même que j'ai pu dire quoique se soit elle est déjà loin.

Résigné, je me retourne vers Katsura et Thomas.

« Ecoute vieux…….

— T'inquiète j'ai compris vous êtes à fond dans votre trip, alors j'vais jouer le jeu pendant le match et après on verra…

— Ok, il répond en décrochant sa copine de son cou. C'est tout ce que j'attends de toi. »

Le match se révèle particulièrement intéressant.

Je suis dans l'équipe de Katsura qui malgré sa taille moyenne pour un joueur de basket se révèle être excellent. Rapide, endurant, toujours bien placer, il est douer il n'y a pas de doute. Je tiens le niveau grâce à ma pratique régulière de sport qui demande un gros investissement physique mais de justesse. Le niveau ici est clairement de compétition. La plupart des gars doivent avoir été admit dans cette école grâce à leur qualité sportive, ça y'a pas de doute. Ça donne un match intense et passionnant et j'avoue que Katsura est remonté en flèche dans mon estime. Le gars à le charisme et la compétence, ça y'a pas de doute.

On se laisse aller dans les vestiaires, douche et tout le bizarre et on déconne à mort.

Les gars me raccompagnent vers la sortie. Ils sont tous sympa. Pas le genre pété de tune j'ai prit la grosse tête de Nathaniel de La Vrillière quoi. Pendant ces quelques heures, j'ai comme une fenêtre ouverte sur ce que pourrait être ma vie sociale cette année. Le problème c'est que je vois, et ça me perturbe grave.

Devant la grille, Katsura s'arrête brusquement et se tape le front l'air dépité.

« Et merde, j'ai oublié que je devais passer voir le prof de maths à la fin des cours, ne m'attendez pas les gars, on se retrouve au centre !

On papote encore un peu puis je prends aussi congé de Thomas et des autres et je m'apprête à rentrer chez moi quand je m'aperçois que j'ai oublié mon livre de bio dans mon casier. Je suis crever et je pourrais envoyer le prof de bio et son essai au diable mais sérieux, je repense à mon canon de proviseur et je me dirige en trainant du pied vers ce putain de lycée.

Je croise quelque pensionnaire de l'internat dans les couloirs, mais presque tous sont rassemblés dans la cour. Tant mieux, j'ai eut ma dose des Nathaniel et compagnie là.

Je traverse le couloir B15, parce que ouais, c'est tellement grand et sinueux ici que les couloirs on des numéros Et des lettres. C'est comme je m'y attendais totalement vide. Mais pas aussi silencieux que ça le devrait. Y'a des petits bruits qui proviennent d'une des salles à ma droite. Vivian m'a dit ce matin que les profs ne restaient pas dans les salles après les cours et qu'on pouvait les trouver jusqu'à tard le soir dans la salle des professeurs à la rigueur mais pas ailleurs. Et il est vraiment tard là et c'est pas la salle des profs.

Franchement, je devrais filler droit à mon casier et me barrer mais je suis super curieux. On dit que la curiosité tue le chat. Fort heureusement je suis pas un chat donc j'en ai rien à battre de ce dicton à la con.

Je distingue un truc qui ressemble énormément à un gémissement et je suis quasi certain d'avoir reconnu la voix de Katsura, dont, faut le préciser, la pouffiasse de copine c'est barré en même temps que Thomas et les autres.

Ok là je suis OBLIGE d'y aller.

Je résiste encore deux minutes pour le principe et je m'approche doucement. J'entrouvre la porte sans un bruit, parce que dix sept ans à vivre avec quelqu'un comme mon père vous apprends ce genre de compétence. Franchement, là, je trouve pas les mots. C'est d'ailleurs un miracle si je claque pas d'une croise cardiaque.

OH PUTAIN ! Ça c'est du BON, du très très bon !

Nathaniel de La Vrillière, célèbre chef de bande notoire, est allongé sur le bureau du prof, les jambes nettement croisés autour de la taille d'un tout aussi célèbre Katsura Uesugi. Tous deux sont en train de redéfinir le terme de sexe clandestin de la façon la plus humide, silencieuse (pour du sexe hein ?) et urgente que j'ai jamais vu. Et j'ai vu pas mal, vous pouvez me croire.

Là comme ça, je comprends que j'aurais jamais dû entrer. Que j'aurais jamais du voir ce que je viens de voir. Que ce con de dicton ne s'applique finalement pas qu'aux chats et que si je me barre pas très vite, ils vont me voir. Et c'est deux cinglés hein ? Chacun à leur manière, mais à fond dans leur trip de bande. Dieu sait ce que les cinglés sont capable de faire pour préserver leur squelette de placard.

Je respire, je recule, doucement… Manque de pot, je suis tellement choqué que je trébuche sur mon sac que je me rappelle même pas avoir lâché et paf, par terre. J'ai connu plus discret comme sortie.

Katsura et Nathaniel se relèvent brutalement et me fixent un instant les yeux agrandie d'horreur. C'est comme un gag. On est tous tellement in the wind que le temps s'en arrêterait presque.

Heureusement, j'ai un instinct de survie particulièrement développé moi. J'attends même pas qu'ils se rendent compte de ce qui vient de ce passé et je me casse en courant. Je passe, la cour, la grille, je réponds même pas au pion qui me gueule dessus parce qu'il allait la fermé et que je devrais plus être la si je suis pas de l'internat.

Je cours longtemps d'ailleurs et sans m'arrêter si bien que quand j'arrive chez moi, je suis pratiquement mort. Je tombe sur le perron comme une loque et limite je bave comme un chien. Mon cœur c'est organiser une bruyante petite partie et j'en ai les larmes aux yeux tellement j'ai BESOIN de respirer là !

J'ai pas encore les clés de la maison et ça changerait rien si je les avais parce que là maintenant, l'est pas question que je bouge ne serait-ce que mon petit orteil.

La petite scène porno clandestine à laquelle je viens d'assister tourne en boucle devant mes yeux. J'arrive à peine à y croire. Même pas une journée et je viens de foutre en l'air ma vie sociale, définitivement. Bande de putain d'hypocrite à la con. On fréquente pas les membres de l'autre groupe hein ? Le butt fucking c'est pas de la fréquentation ça ? Tous des connards.

Je me relève péniblement et m'adosse à la porte. Avec toute ces conneries j'ai oublié mon livre tient.

L'appuie salutaire de la porte se dérobe et je lève les yeux pour rencontrer ceux de Xian qui vient d'ouvrir la porte. Elle a pas l'air surprise de me voir. Ce qui me surprends moi-même pas. On a ce genre de connexion parfois tout les deux. Un truc de jumeaux je suppose.

« Enfin rentré.

Je me relève et la prends dans mes bras. Les yeux rouges et la voix tremblante sont des indices suffisants pour que même un crétin antisocial comme moi comprenne qu'elle a pas arrêté de pleurer depuis qu'on s'est séparer deux heures plus tôt.

— Xian…

— Shu, c'est horrible !!

— C'est quand même pas encore à cause de cette histoire de clan ? Xian merde, je t'ai promis que je ferais pas de vague. Qu'est ce que je peux faire de plus ?!

— C'est pas ça ! C'est pire ! C'est…

Le reste de la phrase est étouffé par un profond sanglot qui la secoue toute entière.

— Dit.

— Père vient de téléphoner….

Ok, là je suis dans le noir total. Xian vénère le sol sur lequel marche notre père et le papier toilette avec lequel il essuie sa merde. Un coup de téléphone de sa part ? C'est Le wet dream pour elle.

— C'est bien non ?

— Non ! Tu es attendu à l'internat demain, avec tes affaires….

L'enculé. Il aurait pas fait ça. Sérieusement, il aurait pas fait ça. C'est pas possible. Je suis en plein cauchemar là.

— Xian, je comprends rien là !

— L'internat…. Pour le reste de l'année….

Je raffermie ma prise sur elle et l'entraine dans la maison. Je ne tirerais rien de clair d'elle tant qu'elle sera dans cet état.

Au bout d'un quart d'heure, elle est calmée et on s'installe tout les deux dans la cuisine avec du lait pour elle et du café au lait pour moi.

Elle me raconte en détails le coup de téléphone et une demi-heure plus tard j'en suis venu à une seule conclusion.

Mon père est un sale connard. Rien de nouveau hein ? Mais là il pousse sa malignité à des degrés encore rarement exploré jusqu'alors. Je sais depuis longtemps que jamais rien de bon ne viendra de lui et ma mère c'est pas mieux.

C'est simple, elle est jamais là. Elle voyage. Elle fait la fête. Et quand elle voyage pas et qu'elle fait pas la fête elle boit, pour oublier qu'elle n'est pas en train de faire l'un ou l'autre. Elle a jamais voulu d'enfant et nous le fait savoir en nous ignorant totalement. On existe pas dans son monde parfait.

Pas étonnant que Xian soit dans cet état. Elle devait vraiment se sentir seule depuis le déménagement. Au moins avant on était ensemble et Akagi s'occupait de temps en temps de nous. Et évidemment elle avait pas mal d'amis. Je comprends mieux le réconfort qu'elle a pu trouver dans les groupes.

Je la réconforte du mieux que je peux avant de monter dans ma chambre pour refaire mes valises que j'avais à peine commencé à défaire d'ailleurs.

Le pire c'est que je suis même pas étonné. Je m'y attendais. Le déménagement c'était trop beau. Un des premiers trucs qu'il m'a dit c'est que je lui appartiens. Le simple fait qu'il m'est laissé partir ne présageait rien de bon. J'ai juste été stupide d'espérer qu'il s'était peut être tout simplement lassé de moi.

Soudain, je me sens vraiment, vraiment très fatigué. Je me laisse tomber sur le lit et ne m'occuper qu'à vider mon esprit de toute pensée.

Xian entre silencieusement dans la chambre et continu a ranger mes affaires sans un mot. Elle a l'habitude des silences, des après « ça ».

Le seul truc que j'ai jamais comprit, c'est comment elle peut encore aimer notre père tout en sachant.

« On dort ensemble ce soir ?

— Ouais, je fais en souriant faiblement.

Il y a quelque chose de profondément rassurant à dormir avec quelqu'un qu'on aime. Il y a la chaleur, le bruit régulier de la respiration de l'autre, c'est apaisant.

Pour ne pas penser à mon père, je songe au lycée, à ces règles ridicules qui vont me séparer encore un peu plus de Xian, mais tout me ramène à lui. Une chose importante et utile qu'il m'a apprise, c'est que quand les règles des autres ne nous conviennent pas, il faut trouver en soit la force de les changer.

Dans ce cas de figure, le destin m'a donner l'arme idéale. La vérité c'est que le chantage est un moyen que je réprouve fortement. Ça finit toujours mal. Il n'y a pas d'exception à cette règle. Seulement pour l'instant c'est ma seule option.

Je ferme les yeux.

On verra bien.


A suivre