Le Voyeur Amoureux

D'un pas de velours, mon silence est de mort,

Ta lucarne refermée ne changera pas ton sort.

Ma belle protégée innocente et candide,

Qui ignore le péril du destin perfide.

°

La fille qui rampe à travers la foule,

Des yeux bleus de plus mais aux larmes qui coulent.

Car il n'y a que moi qui te comprenne,

Seul mon piètre cœur soulagera ta peine.

°

Dans ta noire maison, je te guette si pure.

L'intime boudoir dont je savoure l'allure.

Mais sache que le froid que tu sens dans ton cou,

Est le soupir attisé de mon souffle doux.

°

Sens-tu le danger de mon désir diabolique ?

Ressens-tu dans la nuit ce frisson satirique ?

°

Tu te glisses, à ma merci, sous tes draps de soie.

Tu pries tes anges, mais maudits ta foi.

Enfin endormie, je sors de mon ombre.

Je recroqueville mes ailes, m'avance dans la pénombre.

°

Nos âmes en symbiose j'effleure ton corps nu.

L'amoureux de ta rose, de tes lèvres charnues.

Or de ta beauté né le mal qui t'enlève,

D'une caresse glaciale l'ange déchu t'achève.