Titre : Douce agonie

Disclamer : Tout ceci appartient à moi et à mon esprit…

Genre : Fantastique, Sadique avec une pointe affinée de Romance (pour ne pas trahir mes bonnes habitudes)

Résumé : Une jeune fille donna sa vie en cadeau, émettant un pacte avec l'éternité; un pacte de sang. Les affres de la damnation; chose qu'elle regrettera? Conte vampirique

Rating : PG-13

P.-S. : Mais qu'est-ce? Le retour d'Aurialie? Moui… ça ressemble à ça!

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Douce Agonie

-La souffrance à son coté de joie, le désespoir à sa douceur et la mort à un sens-

Prélude

-La vie n'a qu'un sens : une ligne qui va de la naissance à la mort. Le reste n'est que broderie-

Les anges tombent, s'effondrent. Douce, languissante, elle s'amoindrit, demeurant en ce repaire obscur, éloignée, perdue. Les terres bénies étaient loin, qu'une incommensurable réminiscence d'un passé déchu. Il n'y en avait plus, a présent, tout comme il ne résidait de cette haine perfide du genre humain, existence futile; la pauvre bernée par la mascarade superficielle de l'éternité. D'une beauté ternie, traits ingénus, iris opalins amenuisés par sa naïveté flagrante; charmée, exhaustivement envoûtée.

Il s'était soutenu en face d'elle telle la pauvre fût une futilité ravivée par sa grandeur titanesque, son désir d'être tout ou plus, de se sentir vivante alors qu'elle valsait avec son tendre paradoxe. Il l'avait prise, portée devant son regard, extasié, décelée puis totalement détruite; détruite dans l'unique conspiration de la refaire à son image. Se souvenait-il de cette soirée, celle passée au cœur des geôles, admirant en sa vue obsolète cette frêle humaine que rien n'avait brisé jusqu'à maintenant. La parade avide, feintes et ambition, la mascarade encore et toujours, celle qui raviva les plus intenses blessures de l'âme, léguant cette pauvre créature à son entière merci.

Elle le suivit, obtempéra à son jeu tel il fut le plus illustre des stratèges. Un être fin, assurément. Qu'avait-elle à perdre? Les menaces pesaient lourdement, écorchaient ses épaules déjà révulsées par le trop imposant fardeau de ses péchés antérieur. Céder…céder, laisser cet empire déchu et penser, un seul et futile instant, à sa propre survie.

Se relevant doucement de la couchette de fortune, s'avançant par delà l'ombre des barreaux qui quadrillait le sol stérile de son refuge, le regard de son ravisseur demeurant constant; elle s'offrit à lui. Geste irrémédiable alors que lourdement sa tête tombait, se languissait contre son épaule et que parmi les quelques mèches éparpillées se dévoilait une nuque chaude au derme lilial.

Elle ressentit cette froideur maladive s'enivrant de cette offrande, ses mains éparses traçant quelques hiéroglyphes du bout des doigts, la figure de l'homme s'approchant, la moiteur de ses lèvres minces accrochant son lobe, transmettant quelques bribes mielleuses à son oreille.

-La mort fauche les faibles, mais l'éternité en est sa contradiction…

Sa joue caressant sa peau… elle se raidit, serrant machinalement ses poings, ses ongles lui écharpant la chair de ses paumes. La Faucheuse viendrait, elle ne devait la craindre…

À l'encontre de toute attente, il se révulsa, exauçant lentement son visage blafard, léguant un sourire fin à la tendre demoiselle. Elle n'était pas prête, se disait-il, elle aspirait à plus, beaucoup plus que la mort éphémère. Un rugissement sourd, elle émit un faible soubresaut tandis que ses deux pointes avides, assoiffées, écorchèrent impudemment sa chair vulnérable. Interrompant son mutisme d'un court cri, elle se ravisa abruptement, plongeant languissamment dans cette euphorie malsaine. Renchérissant son étreinte, elle laissant courir ses menottes contre le dos de l'homme, ébauchant quelques sinueux trajets contre l'étoffe de sa cape. Ses jambes cédaient, chancelaient alors que son esprit tanguait misérablement en eaux troubles, liant la liesse à la frayeur. Cette pulsation, de plus en plus faible, de moins en moins vite…il écoutait avidement son appel, auscultait avec minutie les moindres réactions.

Il mit terme à l'enlacement déchirant, la déposant avec une délicatesse démesurée, sondant ses yeux clos, ses spasmes épars agitant son corps tel elle ne fut qu'un pantin obsolète, ses lèvres traçant quelques mots qui ne furent jamais perçus. Rassasié de cette soif avide et bestiale, ce qui demeurait d'humanité en lui s'éprit un bref moment, scrutant cette belle valsant entre une frontière trop mince, celle qui séparait l'animation du trépas.

Se relevant finalement, il la quitta pour la retrouver en de différents lieux, bien après les moissons, que les feuilles furent tombées et naquirent de nouveau de leurs cendres. La flamme du bougeoir formait quelques sinueux dessins, lissant sa peau rosée d'une multitude d'esquisses, reflets changeants. Il rencontra cet éphémère brasillement contre ses yeux, se liant à la noirceur de son iris, semblant en épouser la surface. Craintive, elle éleva le regard vers lui, ses traits enfantins s'éprenant autant d'insécurité que d'une confiance aveugle; se déformant calmement en un ressentiment des plus choqués alors qu'il entonna d'une voix faible :

« Serais-tu prête à mourir? »

Elle rabaissa un instant son minois vers la table qui se figurait devant elle, hésitante. Le vampire, amer, épris de la saveur aigre d'un pressentiment lugubre, émit volte-face, se maudissant déjà de cette défaite.

-Je te donnerais ma vie en cadeau si tel en était ta requête, laissa-elle percevoir d'un timbre posé, pesant avec tracas le moindre de ses mots qui fut prononcé.

oo—oo—oo—oo—oo

Voilà, ce fut… ce que ce fut )

Je me vois déjà manquer d'inspiration pour la note de la fin… Du moins, eh oui, pour ceux qui se remémorent ma personne, je suis de retour après un long exil !

On note ici l'influence que plusieurs scènes de Role Play ont pu avoir sur cette histoire. Pour tout vous avouer, je ne sais pas du tout où je m'en vais, tout dépendra de mon inspiration et bien sûr de votre réaction à l'histoire. Du moins, un bon trip vampirique en perspective!

(P.s. : les citations du début sont respectivement de Naghib Mahfouz et de Andrée Maillet)

Aurevoir et au prochain chapitre!

-Aurialie-