Chapitre quatre : ne reste pas seule


Je me réveillais le lendemain avec la hâte de commencer une nouvelle journée, surtout en sachant que nous ferons du Kayak. Cette perspective me met de super humeur bien que je n'aie jamais pratiqué ce sport. Je restais malgré tout dans mon lit à flemmarder, refusant de me lever pour le moment étant trop bien enroulée sous les couettes. Allez juste une petite heure de plus, une toute petite… non ? Ce n'est pas possible ?? Bon d'accord, je me tais.

M'entendant soupirer, Lin commença à rire de bon cœur et s'asseyant prêt de moi elle déclara :

- Tu devrais te lever sinon tu sais qui j'appelle !

- M'en fout, tu ne le feras pas !!

- Ah bon ? On va voir !!

Je me cachais alors sous les couettes et la voyais repartir sans comprendre. Elle ne va tout de même pas appeler Raphaël ? Elle ne serait pas assez folle pour le faire. Doucement je me replaçais sous les édredons et commençais à m'endormir, tant j'étais bien….

- Alors elle est où la dormeuse ?

- Ici, déclara Lin en souriant.

- Je fais quoi ? Méthode forte ou douce ?

- Essaie d'abord la douce puis ensuite on verra…

- D'accord !

J'avais les yeux à demi-clos et entendais à moitié leur parole, tellement j'étais bien dans mon petit pays des rêves. Lorsque je rouvris les yeux, je vis Raphaël pencher sur moi, déposant un baiser sur ma joue. Je le repoussais alors avec force et me reculais, les joues totalement rouges, n'osant plus le regarder dans les yeux.

- Non mais ça ne va pas la tête !!!!

- Et bien ça l'a réveillé au moins, sourit Raphaël.

- Merci, dit Lin en s'asseyant prêt de moi, observant le pestiféré partir. Et bien, tu vois que je pouvais le faire !

Je vais l'étriper. Comment a-t-elle osé me faire un coup si vache et en plus avec ce… cette chose !! Elle a perdu l'esprit, ce n'est pas possible. J'étais tranquillement allongée en train de dormir et voilà qu'une espèce de pieuvre dépose un baiser sur ma joue. Berk ! Rien que d'y penser, j'en ai la nausée… et pourtant je suis rouge comme une tomate parce que ses lèvres sont très douces et ne semblaient pas révoltées par ce qu'elle faisait. Je frissonne un instant et tape mon crâne contre le mur en grognant. Je veux mourir… je n'aime pas penser, cela donne trop mal à la tête, surtout lorsqu'il s'agit de choses aussi peu intéressantes. Je ne comprends pas pourquoi il faut toujours que je me pose des milliers de questions quand une réponse convient à toutes : je suis folle. Voilà, c'est tout, point final. Il faut me faire enfermer.

Je regardais Lin et lui jetais un regard noir.

- La prochaine fois que tu as des idées dans ce genre je te jure que je te…

- Remercie-moi au lieu de pester va ! Aller vite, on part dans cinq minutes pour le kayak !

Je vous assure que, si je n'avais pas été si pressée de faire du Kayak, j'aurais prit le temps de la tuer à petit feu sans ménagement. Mais en y réfléchissant bien, cela pourrait me causer bons nombres de problèmes. D'abord, cela me ferait un vide car je l'apprécie beaucoup malgré qu'elle m'en fasse voir de toutes les couleurs. Ensuite, la tuer aurait été trop gentil. Et pour finir, bien que cela ne soit qu'une répétition, ma vengeance sera terrible ! En un clin d'œil je fus habillée et installée dans le mini-bus qui nous emmenait vers l'instant fatidique : le Kayak. Durant tout le trajet j'ai évité le regard de Raphaël, ne pouvant m'empêcher de rougir comme une collégienne. Cela m'énerve de réagir de cette façon à cause de lui, mais si Lin n'avait pas eu une idée aussi stupide il faut dire ! Soupirant, j'enfonçais mes écouteurs dans mes oreilles afin de ne plus entendre le brouhaha autour de moi. Je me concentrais alors sur les notes jouées au piano et leur tonalité. Elles me touchèrent tellement que je me sentis envahi par celle-ci et bercée au point de me rendormir, rêvant de notes qui se baladaient dans mon esprit.

Lorsque je rouvris les yeux, le mini-bus semblait s'être stoppé et j'étais seule dedans, complètement recroquevillée sur moi-même dans une position fœtale. Je ne compris pas tout de suite pourquoi personne n'avait prit la peine de me réveiller. Soupirant, je me recoiffais un minimum et descendais à la recherche des autres. Heureusement pour moi, ils ne se trouvaient qu'à une centaine de mètre, écoutant les paroles d'un moniteur. Il ne leur avait que dit bonjour et son prénom d'après ce que j'avais compris. Je m'approchais de Lin et grognais instant, lui montrant que j'aurais apprécié un réveil.

- Désolée Olivia mais je n'ai pas pu m'arranger pour que nous soyons dans le même groupe…

- Festif… grognais-je de nouveau.

Je m'écartais doucement d'elle et allais demander au moniteur avec quel groupe je devais être. J'appris que j'étais avec Raphaël et d'autres personnes. Je soupirais encore plus bruyamment. Ma journée risquait d'être un véritable enfer, surtout loin de Lin avec qui je m'étais si facilement liée d'amitié. Toute mon envie de s'amuser s'était dissipée en un coup de pousse. J'aurais réellement dû rester dans le mini-bus et dormir avec ma musique dans mes oreilles. Et puis, pourquoi ne m'a-t-elle par réveillé ? Depuis ce matin, j'ai l'impression que le monde va s'écrouler sur moi et que je ne pourrais rien faire pour l'en empêcher.

- Maintenant aller vous changer et vous installer dans votre kayak ! Suivez les groupes afin que nous n'ayons pas de problèmes merci !

Je m'habillais et allais directement vers mon groupe, ne pouvant m'empêcher de grogner comme un chat mécontent de sa nourriture. Après avoir écouter les consignes de sécurité je m'installais dans le kayak et fixais Lin qui ne semblait pas du tout rassuré. Peut-être a-t-elle peur de se faire du mal, je ne lui ais jamais demandé. En regardant un peu autour de moi je m'aperçus que Raphaël me regardait en souriant. Je suis sûre que c'est de sa faute. Il a empêché Lin de me réveiller et à cause de cela, je ne suis pas avec elle ! Non je ne suis pas paranoïaque je ne le vous permets pas ! Et oui je sais, je suis de très mauvaises humeurs…

- Allez-y, tout le monde en route !!

Je partis avec le canot, grognant sur le fait que je n'en avais jamais pratiqué. J'espère sincèrement ne pas me retourner, car cela ne me semble pas être agréable. Les autres semblent tous habitués, ils s'amusent à se lancer de l'eau comme des enfants dans une piscine. Pour ma part, j'avance doucement en suivant le moniteur, ayant une mine encore plus renfermée qu'à l'ordinaire. Je ne comprends pas pourquoi. Dès que j'ai une amie, on essaie de me séparer d'elle. Ai-je fais quelque chose de mal ? Suis-je si mauvaise que cela ? Je sais que je dramatise trop mais ce genre de situation se sont produites tellement souvent. Je me mine le moral à penser cela et pourtant, peut-être s'agit-il de la vérité après tout, non ?

Je pagaie, mettant un coup à gauche afin d'aller à droite et inversement dans l'autre sens. Je me suis vite habituée à cet engin mais je dois dire que c'est très fatigant car mes bras me semblent aussi lourd que du plomb. Heureusement, notre longue course s'achève sur le lit de la rivière. Notre groupe est le premier car nous n'avons pas eu de problème majeur, si je ne compte pas Raphaël et ses amis qui se sont amusés dans les rapides où j'avançais avec le plus de lenteur possible afin de ne pas me prendre un rocher. Sinon tout s'est un peu prêt bien passé. Après avoir posé le Kayak sur les cailloux j'allais vers un coin tranquille et regardais l'eau, les yeux dans le vague.

Dois-je faire des efforts pour être acceptée ? Dois-je devenir… comme tout le monde ? Je ne comprends pas pourquoi les gens me jugent sans me connaître… C'est comme si l'on m'empêchait d'être heureuse car je n'étais pas née pour. Peut-être est-ce à cause de mon air acariâtre ? Mais ils ne cherchent pas à voir ce qu'il y a sous le masque, sous la violence ou la méchanceté, sous ce visage froid. No, personne ne cherche à savoir parce que personne ne veut savoir, il s'en foute tous de moi… et en fait, ils ont raison…

Prenant un caillou je le jetais dans l'eau et essuyais les larmes qui perlaient aux coins de mes yeux.

- Pourquoi pleures-tu ?

Je me retournais d'un bond et regardais la personne en face de moi avec colère.

- Et toi pourquoi m'espionnes-tu ?!

Il s'agissait de Raphaël qui, les cheveux trempés, me regardais avec une sorte d'inquiétude dans les yeux.

- Je n'aime pas voir les gens seuls.

Je grognais et me recroquevillais doucement sur le rocher tout en fixant les rapides avec colère.

- Et bien tu es mal barré avec moi alors pars !

Ma voix était cassante. Je sais qu'il veut m'aider mais cela ne lui sert à rien. J'aime la solitude… C'est pesant parfois c'est vrai mais en fin de compte, elle me permet de me cacher des autres. Raphaël me regardait toujours. Pourquoi faut-il que ce soit Lui qui veuille m'aider ? Cela aurait pu être quelqu'un d'autre non ?

- Et je n'aime pas non plus voir les gens pleurer

- Je ne pleurais pas laisse-moi…

- Alors c'est quoi les larmes qui coulent ? Dit-il en venant, d'un geste de la main prendre une larme qui coulait sur ma joue.

Je frissonnais au contact de sa main sur ma joue et me reculais, me recroquevillant encore plus sur moi-même. Soupirant, il s'assit à mes côtés et regarda l'eau, tout comme moi.

- Tu sais, rester seule ne t'apportera que du chagrin et de la méfiance envers les autres… Je ne suis pas là pour t'énerver… Si j'avais voulu, je serais resté avec mes amis et je t'aurais totalement oublié. Seulement voilà, quand je te vois ici, assise à pleurer dans ton coin, j'ai l'impression de me revoir quelques années auparavant. Certes, j'ai changé maintenant, mais c'est grâce à des amis merveilleux. Ce qui tu ressens, tu n'as pas besoin de le garder pour toi. Et le fait que l'on t'ait séparé de Lin, n'a rien à voir avec le fait que personne ne t'aime. Les moniteurs ont jugé bon de te laisser dormir. Elle voulait rester avec toi mais ils n'ont pas accepté. Ne t'en veut pas, ce n'est pas de ta faute, tu n'as rien fait à personne Olivia. Essaie de vivre un peu avec les autres… ne reste pas seule…

Il s'est alors levé, a posé sa main sur mon épaule et est reparti comme il est venu. Je pleurais encore un instant en silence, tremblotante face aux paroles qu'il avait prononcé. Lui aussi avait connu la solitude ? Je ne parvenais pas à y croire… Essuyant mes larmes, je me dirigeais vers le Kayak de Lin qui venait d'arriver. Je lui souris gentiment.

- Alors le Kayak ? Lui dis-je, contente de voir un sourire naître sur ses lèvres.

- Parfait chef !

Elle se mit au garde à vous, comme un soldat devant son général. Je ris un instant et la regardais en souriant. Raphaël avait raison… c'est difficile de tout garder pour soit. Les amis c'est agréable…

- On rentre ? Demanda-t-elle en me prenant le bras.

Je hochais la tête et m'avançais vers les moniteurs, attendant qu'ils nous donnent les derniers ordres avant de rentrer. Grâce aux paroles de Raphaël, je me sentais à présent un peu plus léger et le voyais sous un autre angle. Certes, il était toujours stupide, immature, dragueur etc. Mais j'ai enfin réussi à percer un cœur au fond de lui…


Fin du chapitre 4

Merci pour vous reviews, c'est vraiment adorable de votre part ! Veuillez m'excuser du retard pour cette fik, j'essayerais d'avancer plus souvent, encore pardon. En espérant que ce chapitre vous a plu !

Kisuuuuu