Voilà la première histoire ! Je commence par les histoires fantastiques !!!!

Si le Yoann en question se sent insulté, c'est pas du tout le but. C'est juste que je voulais utiliser ton nom dans une des mes fics comme un clin d'œil mais j'avais besoin d'un personnage un peu 'blonde' ! Ça ne reflète en rien ton caractère, je te le promets !

Barbare !

Tout se passa en une fraction de seconde. Le pickpocket m'arracha mon portefeuille des mains alors que je cherchai ma carte bancaire pour retirer de la tune.

« Tout est une arme… »

Qui avait dit ça, aucune idée… Mais le fait est cette phrase s'était imposée dans mon esprit. Bizarrement, il fallait un certains temps pour la dire mais elle s'était comme matérialisée dans mon esprit. Ce que je veux dire, c'est que si cette voix avait effectivement 'prononcé' cette phrase, cela aurait prix une ou deux secondes. Et donc, le voleur se serait déjà un peu éloigné.

Or, ça n'avait pris qu'un centième de seconde. Etrange, certes, mais pas autant que ma réaction. En effet je portai mon sac en bandoulière. Celui-ci était relativement lourd. Je le lâchai sur le sol et le prit par la lanière. Le faisant tourner comme un poids et le lançant comme un poids, je visai les jambes du petit enfoiré. Le choc le fit tomber par terre. Sa tête heurta un peu violemment le sol, sous les regards éberlués des passants. Mais je n'en avais pas terminé. Dénouant mon écharpe, je me jetai sur lui et le relevant par le col, je la lui passai autour du cou.

Puis, tout naturellement, je commençai à serrer.

« Tu sais ce qui va se passer, maintenant ?

- Non, suffoqua celui-ci.

- Alors, je t'explique. Je vais serrer de plus en plus parce que je veux que ce soit toi qui me rendes mon portefeuille. Je veux que ce soit toi qui tende la bras pour me le donner en t'excusant. Ce n'est pas moi qui vais le prendre.

- Va te faire f… »

Je serrai un peu plus, la coupant la parole en même temps que le souffle.

« Tu vois ce que je te disais… C'est sûrement pas mon écharpe qui va lâcher la première mais plutôt ta trachée. Alors, tu me le rends ? »

Le voleur me tendit mon portefeuille.

« Et maintenant, excuse-toi ! ».

Pas de réponse. Je serrai plus fort. Alors, il articula un 'excuse-moi'. Je relâchai aussitôt la pression et lui décrochant un immense sourire sincère qui contrastait avec mon attitude, je lançai un « Merci ! » sonore et lui fit au revoir de la main alors que je m'éloignai.

Remettant mon écharpe et réajustant mon sac, je repartis, dévisagé par les gens qui devaient halluciner.

ooo

Je rentrai chez moi, en proie à d'intenses réflexions… Qu'est-ce que je venais de faire ? Est-ce que c'était moi qui l'avais fait ? J'avais un esprit plutôt rationnel, mais là, je me tournais sans mal vers une explication surnaturelle. Comment le pataud de service avait-il pu attenter comme ça à la vie d'un pickpocket…

Etrange… Arrivé chez moi, la table était mise. Très vite, le repas commença. Ma mère me servit et tout le monde commença à manger. Le seul problème est que, mu par une force qui semblait prendre possession de mon corps, je me mis à manger avec les doigts et comme un sagouin…

« Euh… Tu veux une fourchette ? demanda ma mère.

- Pas la peine, lançai-je d'une voix bien trop rauque pour être la mienne. »

Et je continuai à manger, tel le Cro-Magnon de base… Une fois le repas terminé, je pus reprendre le contrôle de mon corps ainsi qu'une vie civilisée. J'aidai ma mère pour la vaisselle puis, prétextant un rendez-vous pour un ciné, je repartis. En fait, à peine dans la voiture, j'appelai mon ami Yoann :

« Il faut qu'on se voit !

- Maintenant ? grogna-t-il, alors que j'entendais de drôles de bruits derrière lui.

- Non, dans trois jours ! Bien sûr, maintenant ! Remballe ton matériel, rhabille-toi et rejoins-moi devant la fac. Vite !

- Ok, j'arrive. »

Il me rejoignit donc une heure plus tard.

« Ben, c'est ça que t'appelles vite…

- J'ai fini ce que j'avais à faire.

- Je ne veux rien savoir.

- Bon, qu'est-ce que tu veux ? J'ai pas que ça à faire, moi !

- Je crois que je suis possédé ! »

Avant qu'il ne me rie au nez, je lui racontai mon histoire.

« Ben quoi ? Tu t'es drogué, c'est tout !

- Ah oui ? Et avec quoi ?

- Ben de la drogue !

- Arrête de te foutre de moi, s'te plaît ! C'est sérieux !

- Ben, tu veux qu'on fasse quoi ? demande Yoann qui s'impatientait. Qu'on aille voir un exorciste ?

- Exactement !

- Hé merde… »

ooo

C'est donc comme ça que nous cherchâmes une adresse et que nous allâmes chez un exorciste bien caché dans une rue sombre comme le veut le cliché de ce genre d'endroit.

« Vas-y en premier, dis-je en le poussant.

- Non toi d'abord ! C'est toi qui as voulu venir là, alors, démerde-toi !

- Ok, c'est bon ! »

Je rentrai donc, suivi de près par Yoann. Une voix lugubre nous demanda de prendre la première porte à droite, ce que nous fîmes. Arrivé dans la pièce, il régnait une atmosphère joyeuse. Il y avait des posters au mur et plein de lumières.

« Salut ! lança la personne qui n'étais pas bien plus vieille que nous. »

Elle s'avança vers nous et nous tapa la bise.

« Salut, moi c'est Samia ! Je suis lesbienne alors, pas les pattes. Mais bon, d'après ce que je vois, y'a pas de soucis, vu que vous êtes gays.

- Vous êtes medium aussi ?

- Non, observatrice. Vous êtes mieux fringués que moi et plus moulant…

- Ok… C'est vous l'exorciste ou bien c'est votre mère ?

- Je vais pas relever l'insulte et vous laisser en vie.

- Hé ! J'ai rien fait, moi ! lança Yoann.

- Tiens donc ! Et avec ce mec habillé en skater aux cheveux blonds, tu as fait quoi ? Tu jouais au tarot ?

- Vous êtes sûr que vous êtes pas medium ? demandai-je.

- J'ai un flash une fois de temps en temps, mais c'est tout. Mais bon, on est pas là pour ça ! Tutoyez-moi et dites-moi pourquoi vous êtes là.

- C'est pour moi, expliquai-je en enchaînant sur les événement de la journée… »

Elle resta perplexe une ou deux minutes, les yeux dans le vide. Après ça, elle prit la parole :

« La pose genre 'je regarde le mur et je vois plein de trucs', c'est pour faire style. C'est comme la voix lugubre quand on rentre.

- Et pour ce qui est de mon problème ?

- Ben, t'es possédé.

- Et tu peux faire quelque chose ?

- Non.

- Et tu sers à quoi alors ?

- A rien.

- Tu comptes me pousser à bout ?

- Oui !

- Hé ben, t'as gagné, m'écriai-je en frappant si fort contre un meuble qu'il tapa contre le mur. »

Je m'apprêtai à lever la main sur elle quand Yoann me retint :

« Nan mais ça va pas ! Tu vas te calmer ?

- Ben tu vois, dis-je en m'adressant aux deux, ça recommence. Je peux plus me contrôler mais en même temps, c'est moi qui commande mon corps. C'est moi, mais pourtant c'est pas moi. Enfin, pas mon moi habituel.

- Ça y est, tu commences à comprendre, lança Samia.

- A comprendre quoi ? demanda Yoann.

- Que ce n'est pas une possession classique. On utilise ce mot mais il est faux. En fait, ton âme cohabite avec une autre.

- Quoi ?

- Dans l'une de tes vies antérieures, tu étais et avais la caractère d'une autre personne. Et il arrive que, quand cette personne était vraiment puissante de corps et d'esprit, une partie de son âme reste gravée au fil des vies antérieures successives. C'est pour ça que certaines personnes ont des flashs de leurs vies antérieures. En général, ça va pas plus loin, mais dans ton cas, si, ça va plus loin.

- Je comprends rien.

- Normal, t'es con. Bon, reprenons avec ton cas précis, peut-être que ça allumera deux trois neurones solitaires. Dans une vie antérieure, tu as fait partie d'une peuplade barbare. Ça, je le ressens parce que je suis exorciste et que je vois comment tu as tendance à te comporter. La personne que tu étais était tellement puissante, tant physiquement que mentalement que, quand elle est morte et s'est réincarnée pour vivre une autre vie, il est resté une trace de son âme. Normalement, l'âme renaît et il ne reste aucune trace de la vie qu'on a menée avant. Mais dans ton cas, comme dans beaucoup d'autres, il est resté une trace. Et même une grosse trace. Un peu comme la tâche blanche sur le pull de ton pote. Ce qui s'est passé avant était tellement intense qu'il en reste une trace.

- Et alors ?

- Ça va être long... Dans ton âme, celle qui fait de toi une petite pédale très bête, il y a une partie de l'âme d'une personne qui a vécu dans une de tes vies antérieures.

- Alors, on est deux ?

- Assez étrangement, oui. Ce barbare est tellement puissant qu'il cohabite en quelque sorte dans ton âme. Il n'est pas totalement mort.

- Et pourquoi je m'en rends compte que maintenant ?

- Parce que ton âme s'est battu contre lui jusqu'à maintenant et l'âme du barbare a du trouver une brèche et a donc pu ressurgir.

- Pourquoi tu dis 'se battre', il est mauvais ce barbare ?

- Non, pas mauvais. Mais il veut survivre, comme tout être humain. Il se bat contre ton âme pour prendre ta place. Il voudrait bien la mettre au second plan pour avoir tout le contrôle sur ton corps et pouvoir vivre à nouveau.

- Et il n'y a que lui en moi ? Mes autres vies antérieures ne vont pas de disputer mon corps elles aussi ?

-Non, elles n'étaient sûrement pas assez fortes pour survivre.

- Et y va se passer quoi s'il prend définitivement le dessus ?

- Ton âme, celle qui fait de toi ce que tu es dans cette vie, sera reléguée au second plan et tu redeviendras celui que tu étais dans cette vie. La personne que ton entourage connaît disparaîtra au profit d'un barbare qui sera perdu dans cette époque moderne où il ne peut vivre ailleurs que dans un asile vu que les gens ne comprennent pas ce phénomène.

- T'es en train de me dire que tous ces fous qui se prennent pour Jules César ou Napoléon sont vraiment ces personnes ?

- Attention, chaque personne est tunique donc, il ne peut y avoir qu'une réincarnation de Jules César. Les autres sont réellement fous ou tout du moins incompris.

- Donc, si je comprends bien, je cohabite avec un barbare qui voudrait bien prendre ma place. Qu'est-ce que je peux faire ?

- Le maîtriser.

- Et le détruire, c'est possible ?

- Oui, même si c'est extrêmement dur. Mais si tu as été un barbare dans une vie antérieure, ça façonne ton caractère de maintenant. Il est une petite partie de toi, que tu le veuilles ou non. Si tu l'élimines, tu ne seras plus jamais le même. Tu pourrais même y rester…

- Et le maîtriser, ça consiste en quoi ?

- L'empêcher de prendre le contrôle de ton corps, résister à tes accès de colère pour ne pas que tu détruises tout et que tu ne tues personne et aussi et surtout combattre sa personnalité. Il y a par exemple de fortes chances que si tu rencontreras un homme qui te plaît, il fasse tout pour t'attirer vers une femme si lui-même préférait les femmes.

- Génial, j'ai déjà aucune vie sociale mais là, je vais finir seul, c'est sûr…

- De toute façon, avec ou sans lui… commença Yoann.

- Ta gueule, Yoann… Et sinon, je dois faire quoi pour résister ?

- J'en sais rien moi, s'emporta Samia, débrouille-toi ! Sois fort et arrête de geindre comme une gonzesse par exemple. Allez ouste, maintenant, ma prochaine cliente va arriver, et je vais coucher avec.

- Comment… Ah, une vision ! comprit Yoann.

- Vi… Ça fera cent cinquante euros, payable par chèque. »

Devant ma mine décomposée, elle ajouta :

« Fallait regarder les tarifs avant de rentrer !

- Mais t'as rien exorcisé !

- Cent cinquante la consulte, trois cent l'exorcisme ! Allez, je te laisse trois jours. C'est la date à laquelle tu reviendras.

- Comment tu le sais ? Je devrais même pas poser la question… Allez, on s'arrache Yo ! Bye Samia ! »

ooo

Nous repartîmes donc. Yoann semblait pensif, chose rare chez lui.

« Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Rien, je réfléchis.

-Ben justement, c'est ça qui m'inquiète. La dernière fois que ça t'ait arrivé, t'as mis le feu à mon lit.

- Je me disais que pour t'apprennes à contrôler cette force et cette colère qui te vient sûrement du barbare mais aussi de toi vu que tu es quelqu'un qui garde beaucoup de choses en lui et que là, en fait, tu t'énerves à cause du barbare mais aussi à cause de toi parce que tu arrives plus à te retenir…

- Arrête de me psychanalyser et crache le morceau.

- Ben, faut te mettre en situation d'énervement 'programmé' et que tu arrives à ton contrôler.

- Bonne idée ! Tu te dévoues pour m'énerver ? Remarque, t'auras pas besoin de forcer, tu m'énerves déjà naturellement.

- C'est moi qui dois t'énerver, pas le contraire…

- Ça veut dire que j'ai le droit de frapper si j'arrive pas à me contrôler.

- Non, frappe le mur. Comme t'arriveras pas à le casser, ça va frustrer la brute en toi et sûrement calmer un peu ses instincts.

- Où est Yoann ? Qu'avez-vous fait de lui ? Tu sais réfléchir maintenant ?

- Ah ah, très drôle, Mr je n'ai pas de vie sociale et je n'utilise que ma main droite seul dans mon lit…

- Donc, je dois frapper ton visage ? demandai-je en en tapant mon poing droit dans ma main gauche.

- Non, déglutit Yoann, le mur…

- Quoi ? J'entends pas ? Ton visage, tu as dis ?

- Non, p'tite bite… Euh Miguel… »

Me voyant fulminer, il ajouta :

« Bon, ben, je me casse ! Salut ! ».

oooTBC DANS TRES LONGTEMPSooo