Auteur : mimi yuy

Disclamer : L'histoire, les personnages et l'intrigue m'appartiennent, merci donc de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Genre : Romance

Pas de prologue, pas d'épilogue. Aucune chasse à la rev. Juste l'envie d'écrire un truc pas prise de tête, sans contrainte et en prenant mon temps. Je qualifierais ce qui suit d'une sorte de Harlequin versus Yaoi. Une rencontre, des bisouillages, zero lemon et une jolie fin. Vous voilà prévenu. N'en attendez rien car il n'y aura rien de transcendant, palpitant ou innovant… Pour les lecteurs que cela intéresse quand même, sachez enfin, que cette histoire sera assez courte (15/20 chap maxi), aux chapitres eux-mêmes très très courts (4/5 pages seulement) et au plus rapide, produite à un rythme hebdomadaire (Au plus rapide ! Donc en rien garanti). Sur ce, bonne lecture à ceux qui passeront par ici.

RUN AWAY

Chapitre 1 : Journée Zéro.

Ils roulaient tranquillement en direction de sa résidence secondaire quand Jessy, la petite fille de dix ans qui l'accompagnait le lui demanda pour la troisième fois.

- Sensei…

- Je t'avais dit d'y aller quand nous avons fait les courses.

- Mais je n'avais pas envie à ce moment là.

Soupirant, David Leblanc, médecin français en fonction sur les Terres d'Ecosse depuis quelques années, du se rendre à l'évidence, la gamine ne pourrait pas attendre jusqu'à leur arrivée. Ils étaient encore à une heure des lieux et aussi grande soit-elle à ses yeux, Jessica restait encore assez petite pour se permettre ce genre de caprice.

- T'as gagné, on va s'arrêter sur le bord de la route.

- Vous êtes fou ? Tout le monde va me voir !!!

Amusé, l'homme d'une trentaine d'année se permit un petit rire avant de ralentir son 4x4.

Si l'automne leur avait imposé beaucoup de pluie depuis quelques semaines, ils profitaient d'une agréable accalmie ce jour-là.

- Tu n'auras qu'à te cacher derrière un arbre ou un buisson. De toute façon personne ne passe sur cette route et les bois sont déserts.

- hm.

Peu réjouie à l'idée de sa seule alternative, Jessica prit un paquet de mouchoirs avant de monter le talus lui donnant accès au bois.

- Ne t'éloigne pas pour autant.

- Oui. Oui.

L'entendant fredonner l'un de ces génériques de dessin animé qu'elle lui avait imposé tout au long du trajet, ce fut le sourire aux lèvres et en rien inquiet que l'homme s'éloigna de quelques pas pour se soulager aussi. A force d'avaler tous ces sodas au cours de leur longue route, il n'y avait vraiment rien d'étonnant à cela.

Remontant sa fermeture éclair, David s'étonna de ne plus rien entendre.

- Jess ? Tout va bien ?

Silence.

Tête en l'air comme elle l'était, il s'attendait à la voir arriver essoufflée, les bras chargés de nouvelles trouvailles.

- Jess, on n'a pas le temps. Tu pourras t'amuser à chercher des champignons une fois arrivée, mais là nous devons repartir.

La journée était bien avancée et cette région montagneuse des Highlands était réputée pour voir le jour décliner assez vite. Or il voulait pouvoir décharger la voiture à la lumière du jour et non à celle des phares.

N'entendant, ni ne voyant toujours rien venir, David décida qu'il avait suffisamment patienté. Il s'apprêtait à monter à son tour le talus, quand des bruits de pas le rassurèrent tout aussitôt.

- Jessy, si tu ne te presses pas, je pars sans toi.

Comment aurait-il pu deviner qu'ils n'étaient plus seuls ?

--

Fichues blessures.

Chaque pas lui provoquait une douleur sourde imprégnant tout son corps.

Il n'allait pas pouvoir continuer à courir plus longtemps dans ces conditions. Et pourtant s'il ne se pressait pas plus, ses poursuivants n'allaient plus tarder à le rattraper. Il avait déjà eu tant de mal à semer les chiens. L'un de ces fauves lui avait déchiré le mollet gauche. N'ayant pas d'autres solutions, il repartit finalement vers la route. Avec de la chance, il pourrait se faire prendre en stop ou mieux encore voler un véhicule.

C'est alors qu'il entendit la voix fluette d'une petite fille.

Etait-il possible que sa chance soit de retour ?

Pressant un peu plus le rythme malgré les pics de douleur transperçant son corps, il l'aperçu enfin.

Une gamine de douze ans, peut-être moins, redescendait sa jupe avant de s'éloigner vers la route.

Oui, il avait une véritable chance devant lui.

Approchant sans un bruit de la gamine, ce fut le cœur lourd qu'il sortit son pistolet. Un automatique trouvé sur l'un des hommes qu'il avait assommé avant de s'enfuir. Il ne voulait pas agir ainsi. Mais la situation ne lui laissait pas le choix. Alors d'un geste brusque et dénué de tout doute, il bâillonna l'enfant tout en l'attrapant par la taille. Il allait devoir jouer serrer.

Etonnement calme, la gamine ne fit aucun geste pour le repousser.

Peut-être, était-ce du à la surprise ?

En profitant, il descendit avec elle jusque sur le bord de route pour tomber face à face avec un homme.

Son père sans aucun doute.

Un coup d'œil rapide aux alentours lui confirma qu'ils étaient seuls.

Très bien.

Il fallait réfléchir vite et bien maintenant.

Mais ce n'était pas si simple.

Son cerveau semblait en feu.

Et c'était un tel miracle qu'il ait retrouvé aussi rapidement l'usage de ses membres.

Secouant sa tête pour retrouver une partie de ses esprits, le jeune homme observa avec attention l'inconnu lui faisant face. Pourquoi ne disait-il rien ?

Il avait sa fille en otage et tout comme l'enfant, il ne réagissait pas.

- Les clefs sont sur le contact.

Finalement, il n'était pas si crétin.

Le père voulait juste récupérer sa petite saine et sauve en évitant des réactions trop brusques.

Satisfait, il allait finalement lâcher la gamine pour prendre le volant quand il prit conscience qu'il n'y arriverait pas. Ses mains tremblaient, sa vue se brouillait et il savait une partie de ses membres pris d'immobilité subite régulièrement. S'il partait seul dans cet état, il ne tarderait pas à avoir un accident de la route. Non, c'était trop dangereux.

- Je ne veux pas vous entendre ! Toi tu montes et tu conduis. Et moi je ne ferais pas de mal à ta fille. C'est compris ?

D'un simple hochement de tête le père lui fit comprendre que « oui ». Un instant en suspens et il fit comme convenu un premier pas vers le véhicule. Lui recula par réflexe, le laissant s'asseoir sur le siège du conducteur. Il monta le dernier, la fille toujours dans ses bras. Un père ne pouvait pas partir sans elle. Et celui-ci toujours aussi calme, semblait comprendre l'ampleur de la situation.

Enfin tous entrés à l'avant du véhicule, ce dernier démarra.

Bien. C'était parfait.

Il allait peut-être y arriver finalement.

Restait à savoir où se rendre. Il ignorait totalement où il se trouvait déjà alors…

Il avait couru la nuit entière dans la forêt sans trop savoir dans quelle direction.

Si ça se trouve, il n'avait fait que tourner en rond la nuit durant. Si bien qu'il pouvait encore être à seulement quelques mètres du lieu de sa fuite.

Mais peu importe. Pour l'instant, il pouvait enfin souffler.

Il était si fatigué.

Il avait mal.

Luttant pour garder les yeux ouverts, il comprit à cet instant seulement qu'il avait fait une erreur.

En marchant, il pouvait lutter contre la fatigue et l'engourdissement de ces membres.

Dans cette voiture ce n'était plus pareil. D'autant qu'il y faisait si chaud.

Qui avait mis le chauffage ?

Serrant avec force la gamine contre lui comme bouclier, il affermit aussi sa prise sur son arme.

Il ne devait pas montrer ses faiblesses.

Etonné de n'entendre aucune parole en provenance de ses otages, il se souvint que c'était lui qui avait exigé le silence total. Mais l'absence de bruit n'aidant pas à lutter contre le sommeil, il tenta un mouvement qu'il stoppa tout aussitôt. Trop douloureux.

- Mettez la radio en marche.

- Elle ne fonctionne plus. Il n'y a qu'un lecteur CD.

Alors branchez-le !

D'un geste lent et contrôlé David allait agir quand il vit les yeux de l'inconnu se révulser.

Ce n'était pas le moment de se laisser aller.

Il y était presque.

Il allait réussir.

Il y croyait vraiment.

Tant et si bien qu'il ne prit-il même pas conscience de s'évanouir.

--

Observant avec inquiétude leur kidnappeur, David le vit clairement perdre connaissance.

Ne ressentant plus aucune prise sur sa taille, Jessica, elle, se retourna enfin pour voir le visage de son preneur d'otage. Bougeant l'une de ses mains devant ses yeux, elle fut surprise, qu'il n'y réagisse pas.

- Il s'est évanoui ?

- On dirait bien Jessy.

Apercevant un nouveau terre-plein sur le bord de route, le médecin s'y rangea tout aussitôt. Le moteur stoppé, il dégagea Jessica des bras entourant toujours sa taille pour l'amener jusqu'à lui.

- Passe derrière et change ton haut. Tu as le dos plein de sang.

Obéissante et gardant toujours un sang froid étonnant pour une enfant de son age, Jessica se glissa comme demandé sur la banquette arrière avant de détacher la toile isolant le coffre contenant leurs affaires personnelles.

Après quelques minutes de recherche l'enfant trouva un polo lui appartenant. Alors sans plus attendre, elle enleva sa chemise pour l'enfiler. D'une taille correcte pour son age, Jessica aussi nommé Jess ou plus affectueusement Jessy avait des cheveux bruns et mi-longs aux boucles naturelles. Son teint très pâle, lui donnait le visage d'une poupée de porcelaine. Il ne lui manquait que des « anglaises » pour rendre l'illusion parfaite. Mais son « Sensei » n'était pas doué en coiffure. A peine réussissait-il à lui faire une queue de cheval sans lui arracher tous les cheveux de la tête.

- Approche maintenant.

Ignorant toujours l'inconnu les ayant braqué, David prit le pouls de l'enfant sur sa carotide avant d'observer brièvement mais avec attention le fond de ses pupilles.

- Tu te sens bien ?

- Oui. Aucun problème. Il ne voulait pas me faire de mal.

- Je t'ai déjà dit de ne pas supposer ce genre de chose de la part d'inconnu.

- Je sais.

- Hm.

- De toute façon, il n'était pas discret ! Avec toutes ces feuilles mortes, je l'avais entendu arriver à des mètres.

Assuré par le bagou de la gamine qu'elle n'était pas traumatisée par cette mauvaise expérience, David s'interrogea enfin sur leur agresseur.

- Vous pensez qu'il va mourir ?

Approchant le corps inconscient, le médecin l'observa avec attention. Il ne devait pas avoir plus de vingt cinq ans. Sa peau étonnement claire était certainement due à une perte importante de sang mais pas seulement. A l'image de Jessy, lui non plus ne semblait pas avoir eu la chance de beaucoup vivre à la lumière du soleil ces derniers temps. Cheveux châtain portés courts, barbe naissante, il avait des cernes d'une profondeur abyssale prouvant son épuisement totale. Sur son flan, une tache de sang laissait supposer une blessure béante. Un coup de couteau, très certainement.

Etait-ce du à une bagarre ?

Une évasion ?

Un braquage ayant mal tourné ?

L'individu n'avait aucun bagage, juste des vêtements à l'évidence beaucoup trop grands pour lui.

- Dites ? Vous comptez l'observer encore longtemps avant de le soigner ?

Voyant que la petite lui tendait sa trousse de médecin, David hocha la tête d'un signe d'acquiescement. Baissant légèrement le dossier du siège passager, il entreprit d'ouvrir la chemise sombre et trop large pour déposer une compresse sur l'entaille. Mais aux fibres blanches présentes dans la plaie, il lui faudrait attentivement la nettoyer avant de la panser. Ceci n'étant pas facile dans une voiture, il fit au mieux avant de revenir au visage. Les yeux verts marron étaient révulsés et inactifs à toute lumière.

Suivant le contour de la mâchoire puis le cou du blessé, David aperçu alors d'étranges marques sur le torse. Ecartant plus largement la chemise, il comprit que ce garçon n'était vraiment pas un voleur en fuite comme les autres. Une main dans ses cheveux pour les repousser vers l'arrière lui confirma ses dernières craintes. Comment était-ce possible ? D'autant plus à leur époque !

Pour compléter le tout, il trouva coincé dans la ceinture, un rectangle de métal facilement reconnaissable. Une découverte dont il s'empara en plus du pistolet resté jusqu'alors dans les mains de l'inconnu.

- Remet ta ceinture Jessy. On repart.

- Il serait temps d'arriver chez vous. Le jour va tomber et on ne pourra pas m'accuser d'être celle qui nous a fait prendre du retard.

Toujours aussi déconcerté par sa manière de penser, le médecin remit pour la énième fois le contact, direction une maison perdue au fin fond d'une forêt écossaise. Un lieu de villégiature où il avait promis des mois précédents d'y emmener la jeune fille. L'arrivée impromptue d'un nouvel invité n'était pas spécialement prévue.

Mais pour nombre de raisons, l'homme décida de ne pas faire demi-tour vers la ville. Un comportement certainement jugé comme suicidaire par quiconque. Mais aux vues des marques présentes sur le corps de l'homme assit à ses cotés, cela serait certainement bénéfique à ce dernier.

Quant à Jessica, elle semblait véritablement ravie de cette nouveauté.

- Comment il s'appelle Sensei ?

- Comment veux-tu que je le sache ?

A suivre.

mimi yuy