Genre : yaoi/aventure

Auteur : Greynono

Disclamer : ouais, pour une fois ces personnages sont entièrement à moi !!!!! sautille sur place de joie

Note : C'est ma première fic ici, alors soyez gentils !

Ce chapitre est juste une amorce, tous les personnages ne sont pas en place… Mais j'espère que ça vous donnera envie de lire la suite !

Entraide forcée

Chapitre 1 : Disparition

David reposa le livre dans la bibliothèque et regarda la pendule dont le bruit ne cessait de l'énerver depuis un bout moment. Il savait que le temps passait, un peu trop vite à son goût, pourquoi fallait-il que l'on vienne le lui rappeler de manière aussi agaçante ?

Il jeta un coup d'œil sur la salle où il était, même s'il la connaissait déjà par cœur, son regard l'ayant exploré de nombreuses fois. Mais il aimait bien admirer le splendide cirque qui régnait dans la pièce, aménagé et entretenu par ses soins… Pas un endroit où l'œil se posait dans le vide, il y avait toujours un bibelot, un livre, un quelconque objet qui venait combler l'espace et permettre au regard de s'y accrocher, juste pour le plaisir de regarder quelque chose…

Il adorait cela et laissa une fois de plus ses yeux vagabonder un peu partout, redécouvrant tous les objets qu'il avait amassé au fil des ans. Simples souvenirs ou véritables bibelots de collection, il les aimait tous également.

Il savait que ce cirque énervait beaucoup Simon, son majordome, mais il lui avait expressément défendu de venir le ranger ou de toucher à quoi que ce soit. Sans savoir pourquoi, il se disait que cela lui briserait le cœur.

Un léger bruit de fit entendre à la porte de son bureau. Il tourna la tête et aperçut un jeune homme dans l'encadrement, qui semblait attendre quelque chose. Mince, longiligne, de longs cheveux clairs lâchés sur ses épaules, un air encore enfantin sur le visage malgré ses vingt ans, des traits très fins, il avait tout de ces anges qu'on imagine volant haut dans le ciel.

Il ne lui manquait que les ailes…

- Tu voulais me dire quelque chose Gabriel ?

- Non… C'est juste que je savais que tu serais là et… En fait, je ne trouve plus mon épée pour l'entraînement et j'ai pensé que tu pourrais m'aider…

La moue d'énervement qui s'affichait sur son visage angélique fit sourire son frère. Il avait dû chercher longtemps avant de venir lui demander…

- Bon, je vais t'aider, ne t'inquiète pas. Je te demande juste une minute, le temps que je range ça.

Daniel s'empara de la pile de dossiers qu'il avait laissé sur son bureau et se dirigea vers sa commode privée.

Gabriel resta à l'entrée, attendant patiemment que son frère le rejoigne. Il n'était jamais entré dans cette pièce et s'y refusait catégoriquement. Et pour cause… Tous les objets qui y traînaient l'empêchaient d'y venir librement.

Car Gabriel était aveugle. Il n'aurait pas manqué de tout casser en entrant dans le bureau, même en faisant très attention. Et il détestait devoir surveiller chacun de ses mouvements pour ne rien abîmer sur son passage, même si avec le temps cela était devenu une habitude.

Il n'avait pas toujours été aveugle, mais il lui restait très peu de souvenirs des jours où il voyait encore. A l'âge de 4 ans, il avait fait une chute violente dans les escaliers du manoir, manquant de se rompre le cou. Il était arrivé inconscient en bas, et sa mère avait failli en mourir de peur. Il n'avait eu qu'un bras cassé et une légère commotion à la tête. Seulement, depuis ce jour-là, il ne voyait plus rien.

Le médecin leur avait dit que ce n'était qu'une hémorragie bénigne dans son cerveau qui avait provoqué cet aveuglement temporaire selon lui. L'hématome en se résorbant aurait dû lui ramener la vue, mais Gabriel n'avait plus jamais vu. Ses yeux s'étaient progressivement vidés de toute lueur de vie, organes sans utilité.

Une longue période d'adaptation avait suivie, durant laquelle son grand frère David lui avait été d'un précieux secours. En tant qu'aîné, David s'était fait un devoir de l'aider, devoir qui s'était mué en complicité, puis en réelle tendresse. Ils n'avaient pas été élevés ensemble, mais l'infirmité de Gabriel les avait réuni, leur permettant de s'apprivoiser doucement et de devenir inséparables. Gabriel avait acquis avec le temps une certaine indépendance, mais il avait encore terriblement besoin de son grand frère, qui était toujours là pour lui.

Comme aujourd'hui, avec sa lame qui avait mystérieusement disparu… Il avait dû la poser dans un coin mais il n'arrivait pas à remettre la main dessus, sa cécité l'handicapant sérieusement pour ce genre de problème.

Il sentit soudain une main attraper son bras et l'entraîner à sa suite.

- Allez viens, ton épée ne doit pas être si loin que ça… l'encouragea David.

Son frère lui sourit, le suivant en toute confiance. David était un guide excellent, qui avait de plus l'habitude de l'emmener un peu partout, aussi Gabriel l'aurait suivi au bout du monde. Il n'avait pratiquement confiance qu'en lui.

- Tu l'as posé où la dernière fois ?

- Ben… Il me semble que c'était sur le guéridon de ma chambre, mais je ne l'y ai pas trouvé. C'est sûrement Simon qui y a touché ! grommela-t-il.

- Arrête d'accuser Simon, tu te débrouilles très bien tout seul pour perdre tes affaires ! répliqua son frère, amusé.

Ils montèrent les escaliers du manoir, l'aîné tirant son cadet par le bras. Et l'aveugle suivait en toute confiance, habitué de toute façon à chaque recoin de l'endroit. La main de David serrait doucement son bras, sans lui faire mal. Il aimait ce contact chaud, le seul qu'il ne craignait pas. Son monde, plongé dans le noir, n'acceptait qu'une seule voix et un seul toucher : ceux de David. Le lien qu'il avait avec son frère était très puissant, il malgré son infirmité il n'avait jamais eu l'impression d'être un poids pour David, au contraire.

Son frère le lâcha quand ils arrivèrent dans sa chambre. La sobriété de la décoration en aurait étonné plus d'un, mais elle convenait parfaitement à Gabriel. Les meubles recouverts par la seule poussière, les murs nus, le sol dénué de tout tapis, jusqu'au manque absolu de lampes, tout rappelait l'austérité d'un cellule de moine. Et pourtant, le jeune homme y était parfaitement à l'aise. Sa main ne rencontrait jamais d'obstacle à renverser et il pouvait y évoluer en toute liberté, pas comme dans le bureau de David qui était l'équivalent d'un parcours du combattant pour lui.

Le jeune homme s'avança jusqu'à toucher son lit et se retourna vers l'endroit où il savait que son frère se tenait.

- Alors, tu le trouves ?

- Mais attends, je n'ai même pas chercher ! s'exclama David en riant.

Pour Gabriel, voir semblait parfois accorder tout pouvoir.

Il se dirigea vers la commode en question et aperçut la poignée de la lame qui dépassait prés d'un des pieds. Il se baissa et s'en saisit.

- La voilà, elle était tombée et avait roulé sous le meuble.

Gabriel s'approcha et s'en saisit du premier coup. S'il ne voyait pas, ses autres sens avaient compensé cette infirmité et son ouïe particulièrement fine l'aidait dans sa vie de tous les jours. Aussi le bruit de la lame d'acier cognant contre le fourreau, aussi mince soit-il, ne lui avait pas échappé, et il su où elle se trouvait exactement devant lui.

- Merci, je vais pouvoir aller à ma leçon ! Le prof va me tuer pour tout ce retard…

- Surpasse-toi et il ne pourra rien te dire ! lui répondit son frère sur un ton presque sérieux.

Gabriel rit et sortit sans attendre, sa main rasant les murs jusqu'à la porte.

David le laissa partir sans inquiétude : il connaissait la maison mieux que lui sans aucun doute, il n'aurait aucun mal à trouver la salle d'entraînement. Il sourit en se rappelant les progrès étonnants qu'il avait fait : pour un aveugle, il maniait l'épée avec une dextérité hors du commun.

Il allait sortit à son tour quand il remarqua un objet sous la commode, le bord dépassant légèrement.

Décidément, Gabriel n'avait pas dû faire bien attention pour faire tomber autant de choses aujourd'hui. Il ramassa le cadre et regarda pendant quelques instants l'image qu'il abritait. Leurs parents…

Son frère avait à peine 6 ans lorsqu'ils étaient morts, contaminés tous deux par une étrange fièvre. Heureusement pour les deux frères, ils étaient en ville chez un oncle lorsque c'était arrivé et ils n'avaient pas été touchés. Leur disparition les avait énormément affecté, mais avait également renforcé leurs liens, David ayant compris que son rôle d'aîné lui commandait de veiller sur son cadet aveugle. Gabriel avait été longtemps inconsolable, leur mère surtout lui manquant beaucoup. Il répétait sans arrêt qu'il ne concevait plus de plus pouvoir toucher son visage pour la savoir prés de lui, se rappeler de ses traits et des plis qui marquaient sa figure quand elle souriait. David, un soir que son frère était en pleurs, s'était emparé d'une petite peinture qui montrait leur parents et à l'aide d'une fine pointe, il avait fait des trous dans l'image afin de souligner les traits des deux visages. Gabriel avait ainsi pu sentir de nouveau leurs traits sous ses doigts et il lui en avait été très reconnaissant. Il ne s'en séparait plus depuis et la retouchait parfois quand ils lui manquaient trop.

David sourit tristement devant la peinture trouée et la reposa sagement sur la commode.

- Il avait juste perdu son épée… Ne vous inquiétez pas, je veille sur lui.

Puis il quitta la chambre, laissant ses parents veiller eux aussi sur leurs enfants.

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Deux heures après, alors que David rangeait un dossier important au secret, il fut interrompu par son fidèle majordome Simon, qui frappa discrètement à la porte pourtant ouverte de son bureau.

- Oui ?

- Monsieur Gabriel ayant bientôt fini sa leçon d'escrime, est-ce que je peux préparer le déjeuner ?

- Oui Simon, il n'y a pas de problème. Combien de temps lui reste-t-il ?

- Environ dix minutes monsieur.

- Bien, je vais aller le voir, ça me fera une pause avant le repas.

David rejoignit rapidement la salle d'entraînement et partit s'asseoir sur un siège dans le fond de la pièce. Là, il pu observer les efforts que déployait son frère face à son professeur.

Certes, le jeune homme était aveugle, mais quand on le voyait se démener comme un beau diable au centre de la salle, on en aurait presque douter. Son ouïe lui permettait de déceler les déplacements de son adversaire, et les mouvements que lui avait enseigné son professeur par cœur lui permettait de deviner à l'avance ce qu'il allait faire. Cela lui avait pris beaucoup de temps avant de tout connaître sur l'escrime, mais Gabriel était patient et courageux. Il n'avait jamais abandonné, et David était fier de lui aujourd'hui.

Il le regarda évoluer, l'épée à la main, parant les coups de son professeur avec une adresse surprenante, déplaçant son corps très souplement, ce qui lui permettait à la fois d'esquiver et de frapper avec précision. Gabriel était très mince et souple, et à voir ses mouvements, on aurait presque cru qu'il dansait devant son adversaire, effectuant une chorégraphie précise. Il ne marchait pas, il volait. Sans la sueur qui le recouvrait, on aurait également cru que cela ne lui coûtait aucun effort…

David adorait regarder son frère en plein combat : cela le reposait toujours et le sentiment de fierté qu'il avait le faisait se sentir serein. Il avait longtemps eut peur pour l'avenir de Gabriel dans le monde, mais quand il le voyait se battre, il savait qu'il réussirait un jour à trouver sa place dans le monde, il en avait le courage et la force.

Gabriel esquiva la frappe de son professeur à droite, se retourna prestement et asséna un coup sur son poignet, l'obligeant à lâcher son arme à cause de la douleur. Il avait visé juste et son professeur battit en retraite en le félicitant. Il avait nettement progressé et Gabriel rougit du compliment.

Le professeur se retourna et aperçut David qui les rejoignait. Il le salua :

- Bonjour comte de Lorgnat, je suis heureux de vous voir.

- Bonjour. Comment s'est passé la leçon ?

- Voyons grand frère, je ne suis plus un enfant dont on demande des comptes à ses professeurs, remarqua Gabriel qui les avait entendu.

Il esquissa une petite moue qui fit sourire son aîné. Le jeune homme avait su habilement remplacer le vide d'expression de ses yeux par celui de son visage. Sa bouche était capable de se tordre dans tous les sens pour exprimer ce que voulait Gabriel. Et cela était parfois très pittoresque…

- Tout s'est bien passé, continua son professeur. Il fait des progrès étonnants… Bientôt, je n'aurai plus besoin de venir.

Ils discutèrent quelques instants, le temps que Gabriel s'éponge avec une serviette avant de se séparer.

David n'eut aucun besoin de guider son frère jusqu'à la salle à manger : l'odeur du repas l'y attirait d'elle-même. Après ces deux heures d'efforts, il avait faim.

David l'aida à s'asseoir et prit à son tour sa place en face de lui. Il lui posa des questions sur sa leçon d'escrime pendant que les domestiques apportaient le repas. Entre deux bouchées gourmandes, Gabriel lui raconta qu'il sentait qu'il faisait des progrès et cela le comblait de bonheur. Il adorait plus que tout sentir la garde de l'épée dans sa main et savoir qu'au bout de celle-ci se dressait une lame qu'il était capable de manier avec assurance maintenant.

Pendant qu'ils discutaient, on leur apporta le courrier du jour. David le parcourut rapidement : il n'y avait rien d'important, quelques invitations, des demandes de paysans qui occupaient ses terres, un avis du gérant de son domaine. Une lettre se détacha de l'ensemble et attira son attention : c'était le sceau royal qui la refermait et David se pressa de l'ouvrir, intrigué.

Gabriel entendit le bruit du papier et tendit l'oreille.

- Une lettre importante ?

- Oui… répondit vaguement David sans faire attention.

Il lut rapidement la missive puis la replia et la dissimula dans sa poche intérieure.

- Il va falloir que je parte quelques jours.

- C'est le roi ? demanda l'aveugle.

- Comment tu sais ? s'étonna son aîné.

- Il n'y a que lui qui te sépare de moi, se plaignit Gabriel.

- C'est le roi, Gabriel, je dois lui obéir. Et puis c'est mon ami… C'est normal que je l'aide quand il a besoin de moi, non ?

Le jeune homme acquiesça à contre-cœur et lui demanda :

- Tu vas à la cour ?

- Non, pas vraiment, répondit son frère évasivement.

- Ah, je vois, tu ne peux pas le dire.

David sourit devant la réaction butée de son frère.

- Si tu veux. Si le roi me demande mon aide, ce n'est pas pour le clamer sur tous les toits. Ne t'inquiète pas, je ne serai pas absent longtemps. C'est l'histoire de quelques jours.

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Cette discussion était restée dans l'esprit de Gabriel pendant longtemps.

« Je ne serais pas absent longtemps… Quelques jours… »

Seulement, cela faisait plus de deux semaines et demi qu'il avait quitté le château et Gabriel n'avait plus aucune nouvelle depuis. Ce qui l'inquiétait énormément…

Il avait fait envoyer un courrier à la cour et la seule réponse qui lui était parvenue était que l'on ignorait totalement où pouvait bien se trouver David de Lorgnat. Quand Simon lui avait lu la réponse, il avait grommelé contre cette cour qui se fichait éperdument de ses plus loyaux sujets et contre le roi qui avait dû envoyer David dans une affaire impossible.

Cependant, plus les jours passaient, plus il s'inquiétait. En temps normal, David aurait au moins pensé à lui envoyer de ses nouvelles pour le rassurer, ou expliquer son retard. Ce manque de réaction commençait à lui faire peur. Il avait dû lui arriver malheur. C'était la seule explication.

Il reçut enfin une lettre du roi en personne. Il pressa Simon de lui lire mais l'hésitation qu'il mettait dans son ton lui en dit plus que la lettre elle-même.

« Cher de Lorgnat. Vous n'ignorez pas que j'avais envoyé le comte de Lorgnat à Dubogny pour une affaire urgente mais sa disparition de David depuis plusieurs jours me fait craindre le pire. Je suis vraiment désolé d'être responsable d'une telle chose et sachez que je serai toujours là pour vous. N'hésitez pas à faire appel à moi.

Je vous serai également très reconnaissant de m'envoyer ce que David a pu laisser à mon intention si par hasard il l'a fait, en vous priant de garder le secret sur tout cela évidemment.

Je renouvelle mes excuses. C'est un ami qui le pleure. »

Simon replia la missive tristement, avec une lenteur solennelle.

- Je suis désolé Monsieur. Je sais combien votre frère et vous ét…

- NON !! hurla soudain Gabriel. David n'est pas mort, j'en suis sûr ! Le roi s'est trompé, il a peut-être disparu mais il est vivant, ce n'est pas possible !

Il se prit la tête entre les mains, complètement perdu, incapable d'aligner deux pensées cohérentes.

- Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible… Pas David…

Simon posa sa main sur son épaule, compatissant. Lui aussi estimait beaucoup le comte qu'il servait depuis son enfance. Sa disparition lui faisait tout drôle. Il n'aurait jamais cru ressentir pareille douleur.

Mais Gabriel se dégagea vivement se son étreinte et s'enfuit loin de lui, incapable de supporter la pitié. Il courut comme un fou jusqu'à sa chambre, trébuchant souvent. Il percuta même une servante et s'étala à terre. Il se releva prestement et se dirigea vers sa chambre, le visage inondé de larmes. Une fois qu'il eut refermé la porte, il s'effondra sur son lit en pleurant.

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Il pleura longtemps avant de s'endormir, épuisé, dans un sommeil lourd.

Il avait l'impression d'être dans un brouillard épais qui l'engloutissait. Il pouvait sentir un souffle froid sur sa peau et cela le faisait frissonner. Il entendit soudain un bruit et s'y dirigea, incertain. Plus il se rapprochait, plus le bruit se concrétisait et il distingua bientôt la voix de son frère David qui l'appelait au secours, gémissant, implorant son aide. Il cria, tenta de le rejoindre mais trébucha et tomba à terre. Il essaya de se relever mais la voix s'éloignait, pleurant doucement. Il cria une dernière fois.

Il se réveilla en sursaut, un cri figé dans sa gorge. Il avait rêvé…

La situation présente lui revint à l'esprit et il fut tenté de céder aux larmes une nouvelle fois. Mais la voix de David lui revenait sans cesse aux oreilles, appelant à son secours. C'était une mélodie sourde et triste qui lui faisait mal au cœur.

La certitude s'imposa soudain à lui : David n'était pas mort. Ce n'était pas possible. Il avait déjà rendu service au roi, parfois dans des périodes beaucoup plus dangereuses que là, et il y avait toujours survécu. Il n'avait pas pu se faire avoir de la sorte : il était vivant. On devait le retenir quelque part, d'où son silence, ou bien il était dans l'incapacité de communiquer, blessé et perdu dans Dubogny. Mais il était vivant.

Gabriel sécha ses larmes et prit sa décision : puisque personne ne daignait aller l'aider, c'était à lui d'agir. Il le retrouverait et il le ramènerait chez eux. Il était un homme, il était capable de le faire. Peu importait les obstacles…

A suivre….

Dites-moi ce que vous en pensez !