Genre : aventure, historique, yaoi

Note : j'ai tout laissé en plan, changer de passe-temps, bouleverser ma vie de différentes façons parce qu'on est tous obligés de grandir un jour ou l'autre et que la vie sait vous réserver quelques hasards surprenants… Mais ils sont restés là, tapis au creux de mon imagination, à me souffler qu'il fallait que je fasse quelque chose, que diable, qu'enfin je leur écrive leur happy end et j'ai fini par céder à leurs revendications salariales bien méritées. Il était temps.

Aux nouveaux lecteurs, bonne lecture !

Aux anciens de retour, un grand merci pour votre patience !

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Entraide forcée

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Chapitre 16 :

Il ne put retenir une grimace alors qu'il remontait la veste de brocard sur son épaule : son flanc l'élançait, douloureusement mis à l'épreuve durant son séjour dans les geôles d'Aurely. Ses doigts se crispèrent sur le tissu et il attendit que la vague de douleur diminue avant de continuer : c'était la première fois qu'il arrivait à s'habiller totalement seul depuis son arrivée dans cet étrange manoir et même si ce n'était qu'une maigre victoire, cela lui redonnait espoir. Il n'avait pas beaucoup de temps pour s'organiser et réussir à accomplir le plan que ses nouvelles connaissances avaient établi pour lui : la jeune Andréa l'avait proprement épaté et il devait reconnaître que l'ami de Gabriel, Jamie, était bien plus malin qu'on n'aurait pu le croire de prime abord. Etrangement, il n'aurait pas misé une seule pièce d'or sur ces deux gredins s'il les avait rencontré avant toute cette histoire et maintenant, il se retrouvait embarqué dans un de leur plan, en confiance et presque impatient d'en découdre avec d'Aurely à leurs côtés. Cela le déstabilisait un peu et en même temps, apportait une bouffée d'air frais dans une vie qui lui avait semblé un peu trop monotone jusque là. Il ne serait jamais allé jusqu'à remercier d'Aurely pour sa trahison, mais quelque chose avait changé, indubitablement.

Autant chez lui que chez Gabriel. Jamais encore il ne l'avait vu aussi épanoui et heureux : tout comme lui, il souffrait encore de leurs récentes retrouvailles mouvementées, mais il ne ressemblait plus au jeune homme sur la défensive qu'il connaissait autrefois. Gabriel avait mûri et même si cela avait été difficile pour lui de le reconnaître au début, il semblait avoir acquis son indépendance vis-à-vis de lui. Il ne fallait pas être devin d'ailleurs pour comprendre rapidement que désormais, c'était Jamie son point d'ancrage dans la réalité tangible et non plus son grand frère. David s'était senti blessé au début, trahi…. Abandonné également, avant finalement de comprendre que ce changement était peut-être une bonne chose en réalité. Le jeune homme réservé d'autrefois avait fait place à un homme davantage sûr de lui et enclin à aller vers les autres : leurs parents auraient été fiers de lui, tout comme lui-même l'était.

- Une journée et tout sera réglée.

La voix d'Andréa lui parvint, aérienne, dynamique. Elle avait ce velours de l'aristocratie et cette petite pointe piquante qu'on ne trouvait que chez les femmes d'esprit : il devait s'avouer qu'il prenait un certain plaisir à être en sa compagnie. Bien plus qu'un gentilhomme n'aurait dû l'admettre.

Il se retourna et l'aperçut en train de déposer sur une commode une épée et un jeu de dagues : femme d'esprit et femme d'action. Qui aurait pu rester insensible à un tel charme ?

Il finit de boutonner sa veste, retenant par fierté excessive ses dernières grimaces de douleur, avant d'aviser ce qu'elle lui apportait :

- J'espère que je n'aurai pas à m'en servir.

- Parce que vous croyez que d'Aurely vous laissera atteindre le Roi aussi facilement ?

La réponse était évidente : il ferait tout pour faire taire David avant qu'il n'avoue l'intégralité du complot – dont il était l'instigateur – au roi. Et David n'était que trop conscient que dans cette course contre la montre, tout le monde était en danger : lui, son frère, Jamie et Andréa.

- Restons optimistes ma Dame : et puis, votre plan est solide.

Elle lui lança un regard indéchiffrable, entre amusement et inquiétude, avant de hausser les épaules avec délicatesse, faisant d'un simple geste une ôde entière à la féminité.

- Optimistes mais lucides, alors soyez sage et cachez ces dagues. Elles pourraient vous être utiles aujourd'hui.

Il lui sourit alors que déjà, elle sortait de la chambre, laissant derrière elle un parfum frais. En quelques pas, il fut près de la commode et attrapa une des dagues, en appréciant son tranchant acéré : les armes étaient prêtes et apparemment bien entretenues dans cette maison. Andréa y était-elle pour quelque chose ? Une femme seule dans un tel manoir, entourée de ses seuls domestiques…. A vrai dire, il n'y avait pas encore songé, mais elle devait être veuve pour avoir le droit de vivre seule de la sorte : le mystère autour d'elle s'épaississait.

- Vu votre lamentable échec précédent, deux dagues ne suffiront jamais à vous maintenir en vie.

La voix avait quelque chose de tranchant et d'agressif, même si le ton se voulait calme : David se retourna aussitôt et écarquilla les yeux en apercevant le sosie parfait d'Andréa. A la différence que celui-ci avait les cheveux courts, portait des vêtements masculins et qu'après quelques secondes, la surprise première passée, il pouvait voir que sa mâchoire était légèrement plus carrée et son regard beaucoup moins doux. Cela dit, la ressemblance restait frappante et il dû cligner plus que nécessaire des yeux, au point que le jeune homme en renifle de dédain.

- Dans votre état, vous ne serez qu'un poids pour elle. Elle perd son temps avec vous.

L'insulte était sous-jacente et visiblement, l'homme qui se tenait en face de lui, apparu comme par magie par une petite porte dissimulée derrière les tentures qui recouvraient un pan du mur, ne semblait absolument pas disposé à entrer dans ses bonnes grâces. Bien au contraire, il n'était que venin et agressivité, toute entière dirigée contre David qui, aristocratement, réagit de la seule manière que son éducation le lui avait appris : avec dédain et mépris.

- J'imagine que votre discours venimeux a un but, mais quel qu'il soit, il ne m'intéresse pas, aussi vous serais-je reconnaissant de quitter cette chambre.

L'individu haussa un sourcil, comme amusé par la froideur de Lorgnat, et secoua la tête en retenant difficilement un sourire sarcastique :

- Officiellement, il me semble encore être l'heureux propriétaire de cette chambre et du manoir qui est tout autour. C'est vous l'intrus ici, Messire, non point moi.

Il parut s'amuser un temps de l'effet que ses paroles eurent sur David, avant de finalement lâcher dans une dernière saute d'humeur :

- S'il arrive le moindre mal à Andréa, je vous en tiendrai pour personnellement responsable.

Et il sortit, tout comme il était entré.

Laissant David face à une évidence de taille : Andréa et ce jeune homme se ressemblaient bien trop pour être mari et femme. Il fallait donc en sauter à la seule réponse possible : ils étaient frères et sœurs. Voire même jumeaux, au vu de telles ressemblances.

Et le plus dur à admettre pour lui fut de réaliser que si Andréa avait les manières d'une dame et le sourire d'une aventure, son jumeau avait tout du polisson et de l'enfant gâté mal éduqué.

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A suivre.

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J'ignore si cela est à la hauteur de ce que j'ai pu écrire, mais la suite arrive, je suis déjà en train de l'écrire, avec tous les doutes que cela implique : j'aime beaucoup ces personnages des jumeaux et quelque chose me dit que je pourrai en tirer quelque chose vis-à-vis de David, mais la balance penche dangereusement puisque j'aime autant la sœur que le frère.

En espérant que cela vous ai plu.