Porcelaine

Murmure d'un ange dans une pluvieuse nuit de novembre…

Tu gis sur ton lit, immobile, comme si ton âme était déjà partie.

Envolée. Comme une plume…Une plume blanche…Comme toi…

Pourtant à cet instant précis elle ne vole pas, ton âme,

Elle est enfouie au plus profond de toi, perdue dans ton cœur

Empli de ténèbres couleur saphir.

La couleur de ses yeux ?

La solitude avait toujours été ta seule compagne,

Ta seule amie, ta seule ennemie.

En cet instant, elle est redevenue pour toi ce qu'elle a été.

Mais cette fois elle est accompagnée…

Tu ne sais pas si tu les hais ou si tu te hais.

Tu sais seulement que tu es seule,

Seule tu es née et seule tu mourras

Seule.

Petite âme solitaire perdue

Dans un monde trop grand pour toi,

Plus rien n'est agréable quand on est si seul...

Et celui qui prétendait t'aimer, où est-il maintenant ?

Il disait te connaître et te comprendre,

On ne comprend jamais, même en aimant de toute son âme.

Petite âme, réalises-tu seulement à quel point tu esabandonnée ?

Apparemment tu l'asvu,toi, contrairement à ceux qui revendiquent ton amour.

Eux n'ont pas voulu voir ce que tu cachais au fond de ton âme. Ils ne veulent pas savoir, et ils ne le voudront jamais.

Ils n'ont pas voulu savoir…Jamais…

Maintenant, bien que tu sentes leur présence, tu es seule.

Plus seule que tu ne l'as jamais été…

Etendue dans la soie blanche

De tes draps, dans ta chambre

Aux murs couleur de neige,

Dans une robe de mariée trop blanche pour toi.

Trop jeune pour être une femme, tu es

Trop vieille déjà pour retourner en enfance,

Tu gis dans la soie et dans les voiles.

Maintenant ceux-cisont rouges,

Et tes grands yeux azuréens ouverts sur l'infini,

Et tes cheveux de terre offrant une couronne à ton visage

De porcelaine, pâle, déjà déserté par l'espoir.

Certains disent

« L'espoir c'est la vie »

Tu n'as plus d'espoir, petit ange de porcelaine,

Et tu t'offres aux yeux du monde

Plus belle encore que toutes ces princesses de porcelaines

Au regard de verre qui peuplent ta chambre.

Ton teint de perle est si proche du leur en cet instant.

Et cette quiétude…

Tu n'avais encore jamais été

Aussi belle qu'en ce jour

Ou tu t'es sacrifiée.

Tes draps et ta robe de neige

Sont maintenant de sang.

Seule à jamais tu erres déjà

Loin des regards qui ne méritent plus.

Car tu es belle comme un ange.

Ange de porcelaine.

NdA: Une vieille poésie en vers libres et blancs, retrouvée sur l'un de mes vieux blogs. Je l'apprécie, même si elle a vieilli... Et vous?