Titre : un maintenant éternel

Auteur : Niwa-himé

Genre : romance, yaoi

Disclamer : perso et histoire à moi !!!

Note importante de l'auteur : Histoire traitant d'homosexualité donc si ça plait pas, vous lisez pas !

Je vous souhaite une agréable lecture !

oooooooooooooooooooo

Tu m'as plaqué contre la baie vitrée. Une main de chaque côté de mon corps, posées à plat sur la vitre qui soutient mon dos. Je crois que je suffoque.

J'ai peur. J'attends ce moment depuis tellement longtemps pourtant. Je ne comprends pas. Je suis complètement terrorisé. Pourquoi ? Qu'est-ce qui me prend ? J'ai tout fait pour que ça arrive. Et maintenant je reste figé, le ventre noué par la peur.

Je sens tes lèvres qui s'appuient durement sur les miennes. Et je ne réagis pas pour autant. J'ai si peur. Pourquoi alors que j'ai tant rêvé que ce moment arrive enfin ?

J'ai gardé les yeux grands ouverts. Ils ne se ferment pas. Et je regarde ton visage si proche du mien comme si c'était une vision affreuse.

Je sens ta langue toucher mes lèvres qui restent stoïques malgré tout. Malgré mon envie de répondre à ton baiser. Malgré le besoin que j'ai de toi. Je reste figé. Incapable de répondre à tes avances. Je te vois froncer les sourcils alors que ta langue cesse de bouger contre mes lèvres résolument closes. Tu donnes encore un coup de langue et je reste toujours autant de marbre.

Je ne sens plus que ta bouche maintenant. Pourquoi la laisses-tu sur moi ? Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à te retourner ce baiser ?

Tu t'écartes enfin de moi. Tu gardes encore tes yeux fermés. J'aimerais pouvoir clore les miens pour ne pas t'affronter. Qu'est-ce qui me prend ? Je ne comprends pas. Je ne me comprends plus. Pourquoi est-ce qu'une foule de doutes se précipite en moi tout à coup ? Je n'y avais jamais pensé avant. Et voilà qu'une fois que j'ai ce que je désire, toi, une tonne de questions se bouscule dans ma tête.

Tu ouvres finalement tes yeux et les accroches directement aux miens. J'ai envie de fuir. J'ai envie de te fuir.

« Tu ne voulais pas… ? »

Bien sûr que si ! Mais comment te le faire comprendre alors que je me suis montré totalement indifférent à ton baiser ?

J'ai tout fait pour te séduire, pour que tu me regardes. Cela fait des mois que je te veux si près de moi. Mais j'ai peur maintenant de découvrir que ce n'est que pour un instant. Je te veux pour moi seul. Pour toujours. Est-ce que si je te le dis tu resteras ? Est-ce que tu ne partiras pas en courant loin de moi ?

J'ai le souffle court. Je sens des larmes se hâter aux bords de mes yeux. Je ne veux pas te perdre. Pas maintenant alors que peut-être, il y a la possibilité d'un " nous" .

« Hey… »

Tu me caresses la joue tendrement. As-tu remarqué que mes yeux étaient un peu trop brillants ? Tu m'embrasses doucement le front. J'ai envie de te prendre dans mes bras. Mais ils restent obstinément collés le long de mon corps. Tu prends une mèche de mes cheveux entre tes doigts. Et tu poses ton front contre le mien.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« Je croyais que tu n'aimais pas les roux. »

Comment ai-je pu te dire ça ? Je n'aurais pas dû te rappeler que j'étais roux. Quel idiot ! Bien sûr que tu sais que je suis roux ! Mais pourquoi a-t-il fallu que je sorte un truc aussi débile ? Tu as écarquillé les yeux. Et je crois que tu te mets à sourire maintenant. Pourquoi ?

« Oui… c'est vrai »

J'ai encore plus envie de pleurer. Pourquoi fais-tu attention à moi dans ce cas ? Est-ce parce que tu es seul ? Parce que tu t'ennuies ? Parce que me faire souffrir serait amusant ?

« Mais tu l'as dit toi-même, non ? »

…. Quoi ?

« Tu n'es pas roux, tu as les cheveux couleur feu… »

Je suis sûr d'être en train de rougir. Tu te souviens.

Tout le monde n'arrêtait pas de me charrier sur mes cheveux. Et j'avais explosé pour une fois. J'avais hurlé que je n'étais pas roux. Non. Mes cheveux ont la couleur du feu. Quand j'y repense j'ai honte. C'était tellement stupide. Mais ça me blessait. Parce que je savais que tu n'affectionnais pas particulièrement les roux. Et je me suis maudit pour être roux. J'avais même essayé de me teindre les cheveux. Mais au bout d'une semaine à peine on commençait déjà à voir des racines rousses. J'avais vite abandonné l'idée. Mais je me disais que si personne ne disait à haute voix que j'étais roux, alors tu ne le verrais pas. Je suis vraiment stupide.

« Reste avec moi… »

Je suis paumé. Que veux-tu dire ? Je ne bouge pas. Je n'ai même pas essayé de me défaire de ton étreinte.

« Tu t'éloignes de moi… Tu plonges dans tes pensés et tu m'oublies… Parle-moi, dis-moi ce qui te tourmente »

Que je te le dise ? Non certainement pas ! Tu te moquerais de moi, sans le moindre doute. J'ai déjà presque envie de rire moi-même alors si toi tu venais à savoir… je n'ose même pas imaginer.

« Je pensais que tu le voulais vraiment… »

Bien sûr mais…

« Pourquoi maintenant ? Pourquoi après tout ce temps ? »

Voilà. C'est dit. Je n'ai plus qu'à attendre ma sentence.

« Tu te souviens, la première fois que l'on s'est réellement parlé toi et moi ? »

Évidemment. J'étais en train de pleurer. Je m'aperçois que je suis un pleurnichard. Je ne fais vraiment que pleurer. Quel déshonneur. Mais tu m'as consolé. Tu t'es assis à côté de moi et tu m'as pris dans tes bras. Comment oublier ? Tu ne m'as fait aucune remarque. Tu t'es juste contenté de me tenir serré contre toi. Et tu as patienté le temps que je me calme. Je me suis senti si bien. Pourquoi me parles-tu de cet instant ?

« Je m'intéressais déjà à toi à l'époque, mais je ne savais pas vraiment comment t'aborder… Et ce jour là, et bien je ne pouvais tout simplement pas te laisser seul dans cet état, n'est-ce pas ? Ensuite j'ai vu que tu commençais à me regarder plus que d'habitude, et j'ai même cru mourir quand je t'ai vu tenter de me séduire… Tu sais, tu n'es vraiment pas doué pour la drague ! »

Tu ris. Je suis là suspendu à tes lèvres et toi tu ris ! Tu te moques de moi. Mais je m'en fous. J'ai le cœur qui bat si vite…

« J'ai pensé que tu faisais tout ça parce que je t'avais consolé… et je ne voulais pas que… je ne voulais pas que tu fasses ça pour me remercier, tu comprends ? J'avais vraiment envie de toi… d'être avec toi… mais il me fallait être sûr que c'était vraiment ce que toi tu voulais… tu le veux, n'est-ce pas ? »

Je suis perdu.

« Quoi ?»

« Tu veux vraiment que nous soyons ensemble, n'est-ce pas ? »

Tu ris. C'est alors que je m'aperçois que je hoche la tête peut-être un peu trop vigoureusement. Mais j'ai encore une question…

« Comment peux-tu savoir que… tu sais… »

Tu ris à nouveau. Qu'ai-je dit qui était si hilarant ?

« Hier, tu étais adorablement jaloux »

Je suis sûr que mes joues concurrencent mes cheveux à l'heure actuelle. Tu approches ton visage du mien. Je sens tes lèvres frôler les miennes.

« Franchis le dernier pas… je ne le ferai pas… »

Je n'hésite plus. J'envois mes doutes se balader sur pluton. C'est à mon tour de poser ma bouche contre la tienne. Je n'ai pas ton assurance. Mais dès que tu sens fermement mes lèvres contre les tiennes tu t'empresses de reprendre le contrôle de tout.

Je t'enlace. J'ai encore peur de ce qui va se passer. Demain. Dans quelques heures. Dans quelques minutes. Mais je m'en fous. Tant que nous sommes ensemble maintenant. Oui. Il n'y a que maintenant qui compte. La seconde qui suit est sans importance. Je veux juste que nous soyons ensemble. Maintenant…. Et au fond de moi, j'espère un long, très long maintenant.

Fin