Hello,
C'est une song fic qui n'intéressera, je pense, que ceux qui ont lu L'Etoile Double de Freithnen (faudrait que je pense à remettre en ligne le tome 1 --, mais le 2 est dispo ) même si ceux qui apprécient le yaoi et les romances en général peuvent l'apprécier. Pour résumer, Scala est un jeune assassin de presque trente ans qui a perdu Rachid, son meilleur ami, un an auparavant. Il se plonge alors dans les souvenirs et réalise qu'il est passé à côté de quelque chose d'important : l'amour.
Chanson utilisée : Une dernière danse, Je saigne encore, de Kyo. Quand j'ai écrit cette petite fic, j'adorais ces deux musiques.
N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez ;).

Juste un con

Je suis un mec bien. Enfin, il paraît. Je crois que même un mec bien comme moi a des regrets. J'ai des regrets, certainement plus que n'importe qui sur cette terre. Et les regrets, ça fait mal.

Un regret ? Ça brûle de l'intérieur, ça consume, ça déchire ; mes entrailles sont des plaies géantes, elles sont comme chauffées à blanc depuis cette foutue nuit.

On dit que seuls les abrutis ont des regrets.

Je crois pas. Ou alors je suis un abruti fini, un gratiné.

Je ne pense pas… J'ai des regrets dans ma vie, j'en ai pas mal. Si je pouvais tout recommencer, je le ferai. Je ne me ferai pas virer de la maison paternelle, je n'irai pas m'engager dans l'armée, je ne trahirai pas le seul homme qui m'a fait confiance avant mes vingt ans : Isthar de Werlynd.

Pire encore : si j'avais eu un tant soit peu de courage, oui, de courage, j'aurai jamais laissé ce connard de Bayek toucher la seule personne qui importe pour moi.

Et ça fait mal, crois-moi, une lame enfoncée loin dans mon âme…

Je m'appelle Scala. Rectification : on m'appelle Scala. J'ai un nom, entier, oui… Mais ça, c'est mon secret. Je m'appelle Scala, j'ai 27 ans cette année. 27 ans et des années de haine derrière moi. Une haine indicible.

Je suis pas du genre à pleurer. Je suis un homme.

Mais y a des choses qui font mal. Très mal.

Des plaies qui ne se referment jamais, le genre qui ne cesse jamais de saigner…

Et je saigne encore, je souris à la mort

Y a des gens dans la vie qui vous tendent la main. J'en ai trouvé quelques-uns sur ma route, mais une seule m'a aimé vraiment. Aimé comme on peut aimer quelqu'un jusqu'au mépris de sa propre vie.

Cette personne, ce n'est pas une bombe sexuelle comme Darunn.

Non…

Ce n'est pas une femme qui me préparait des bons petits plats…

Non plus…

Cette personne, c'est un homme.

Un homme, ouaip. Un mec qui m'a aimé, qui m'a désiré, jusqu'à ce qu'un fils de pute le sépare de moi.

Cet homme s'appelait Rachid. Ehjezna Rachid.

Il est mort, y a plus d'un an.

Plus d'un an…

Mais je saigne encore, je souris à la mort…

Rachid, Rachid… Je me marrais quand tu me disais des trucs ambigus, je rigolais, je me moquais de toi, je piétinais ton amour que je jugeais hors-normes. Pour moi, l'amour entre mecs, pas question… Juste un con…

Je vois ton nom écrit en grand partout sur les murs

Parce que maintenant, tu vois, Rachid, bah maintenant le con que je suis, bah tu lui manques. Tu lui manques avec un grand M. Le genre de manque qui me pourrit de l'intérieur. Je te jure… J'ai jamais eu aussi mal que ça de toute ma chienne de vie. Je ne suis qu'un con, je sais, un mec paumé qui n'a jamais su ce que le verbe aimer voulait dire. M'enfin, quoi qu'il en soit, je me retrouve comme une pauvre cloche depuis que tu n'es plus là. Depuis que tu m'as murmuré avec ta voix cassée que tu étais une saleté d'homo.

Sais-tu c'que j'endure ?? je sens tes mains sur mon corps qui brûle, je brûle…

Le pire, tu sais… C'est que j'avais compris depuis longtemps. Depuis trop longtemps. Je savais que tu ne me regardais pas comme un compagnon doit regarder son pote. Je savais, JE SAVAIS.

Je n'ai rien fait. Con comme je suis.

Et maintenant, je suis tout seul avec mes regrets. Avec la vie qui se poursuit, la vie qui tourbillonne, les autres qui trouvent celui qui leur manque. Et moi je crève. J'en crève. Parce que je sais maintenant. Je sais que si je pouvais te revoir une seule fois, je mourrais heureux. Parce que je t'aime, pauvre abruti de Sudiste.

Je t'ai perdu, depuis je ne m'aime plus, depuis j'en suis sûr, je peux fermer la blessure…

Parce que, désormais, ou que tu sois, je pense à toi. Je n'ai plus envie d'aller me pinter pour t'oublier, parce que tu fais partie de moi. Tu es relié à moi, je suis relié à toi. Le lien d'une flèche, le lien d'une vie, ça ne s'oublie pas.

La flèche a traversé ma peau…C'est une douleur qui se garde

Alors reviens.

Reviens ou garde moi une place où tu es.

Prie pour moi, prie pour le salaud que je suis.

Prie pour Scala l'enfant indigne.

Prie pour Scala l'ado stupide.

Prie pour Scala le soldat.

Prie pour Scala l'assassin.

Prie pour celui qui t'a arraché le cœur de ses mains.

Prie pour moi, pour tous ceux que j'ai été, pour tous ceux que je serai…

Mais je connais l'histoire

Mes larmes sècheront un jour.

Il est déjà trop tard

Elles coulent, elles dévalent mes joues, et ça fait mal, et j'ai mal, et je ne veux plus de cette putain de douleur qui me met à terre.

Dans son regard

On peut apercevoir

Qu'il se prépare

Au long voyage

Je veux relever la tête, je veux vivre, je veux toi, je veux Rachid.

FIN