CHRONIQUES ADOLESCENTES

Résumé : Ils sont deux adolescents tout ce qu'il y a de plus normaux, avec chacun leur vie, leur rêve, leur espoir…mais comme tous ceux de leur âge, ils grandissent, ils se cherchent, ils expérimentent de nouvelles choses…et notamment leur sexualité. Et s'ils en venaient à partager leurs états d'âme et leurs sentiments ? Venez suivre le parcours de ces deux garçons pas comme les autres…

Note : Cette histoire traite de relations homosexuelles, vous êtes prévenus. Sur ce, bonne lecture !

Ce chapitre n'est qu'une sorte de longue introduction dans lequel je plante le décor, il ne se passe donc pas grand-chose, l'histoire débutera réellement à partir du deuxième chapitre.

Chapitre 1 : ou comment faire une petite présentation

Nolan vivait à Charlotte, en Caroline du Nord, depuis un peu moins d'un an à présent. Il aimait beaucoup cette région des Etats-Unis, avec ses grandes plaines verdoyantes, ses forêts dont la couleur changeait au rythme des saisons, ses cours d'eau, ses bords de mer…

Il avait la chance de vivre en banlieue, dans un quartier assez tranquille aux rues propres et aux maisons luxueuses. Ses parents lui avaient dit avant qu'il ne déménage que Charlotte était une ville peuplée de nouveaux riches qui ne laissait que peu de place aux classes moyennes. Mais ce ne fut que quelques temps après son installation qu'il remarqua toute la portée de leurs paroles.

Il entrait alors pour la première fois au lycée etdans une école privée extrêmement coûteuse, Charlotte Latin School.Il yavait été accepté uniquement parce qu'il bénéficiait d'une bourse d'étude, accordée grâce à des résultats exemplaires et un dossier irréprochable. Il savait en entrant dans cette école qu'il devait rester à niveau s'il ne voulait pas se voir gentiment congédier.

Ce fut en côtoyant de plus près ce milieu qu'il avait compris qui étaient vraiment les habitants de Charlotte. Bien sûr, ils étaient tous d'une politesse et d'une courtoisie exemplaire, ils étaient propres sur eux et s'adonnaient aux galas de charité, leur sport favori après le golf. Mais Nolan ressentait chez eux une incroyable impression d'hypocrisie, de faux semblant, de superficialité.

S'il aimait beaucoup la région, Charlotte était une ville où il ne se sentait pas tout à fait à sa place. Même la maison qu'il habitait n'était pas vraiment la sienne, elle appartenait à l'entreprise informatique dans laquelle son père travaillait en tant que technicien. Il avait donc quitté sa ville natale de Détroit pour que son père puisse saisir cette opportunité. Il était en fait un des seuls à pouvoir s'occuper de l'entretien d'un certain type de machine, d'où l'offre plus qu'alléchante qu'on lui avait faite. Sa mère quant à elle était infirmière. Elle avait toujours été un peu surprotectrice avec lui, sûrement à cause de la profession qu'elle exerçait.

Physiquement, Nolan se comparait souvent à une sorte d'ovni, sûrement parce qu'il était issu d'un mélange de nombreuses cultures. Sa mère avait des origines espagnoles de par ses parents, qui d'ailleurs étaient retournés au pays. Il avait hérité d'elle la finesse de ses traits et sa petite taille, ce qui le consternait, surtout quand on est un adolescent de presque 15 ans et qu'on ne rêve que d'une chose, se fondre dans la masse. Mais à presque 15 ans, il écopait d'une silhouette trop fine pour un garçon et d'un misérable mètre soixante cinq. Son père quand à lui était le fruit de l'amour entre une jeune chinoise, morte peu après sa naissance dans une révolte au sud du pays, et d'un italien. Son père lui avait transmis sa chevelure ébène et la forme de ses yeux, légèrement en amande et quelque peu tiré. Au-delà de leur forme, le plus étonnant restait leur couleur. Nolan avait les yeux d'un vert incroyable, et sa peau légèrement mate les faisait ressortir d'une manière fascinante. Couleur d'autant plus étonnante que ses parents possédaient tous deux des yeux marron assez foncés, si bien que Nolan avait longtemps cru qu'on l'avait adopté. En fait, il apprit plus tard que cette couleur menthe à l'eau lui venait d'un lointain ancêtre du côté de sa mère, comme quoi, la génétique réservait bien des surprises…

Il n'avait pas énormément d'amis, tout au plus quelques connaissances…sauf sa voisine, Sam. Cette fille était devenue en très peu de temps sa meilleure amie. C'était sûrement parce que tous deux se comprenaient, partageaient secrètement le même complexe. Là où Nolan trouvait qu'il ressemblait trop à une fille, Sam était une fille on ne peut plus masculine. Elle mesurait 1m75, était plutôt sportive et musclée, et elle manquait encore terriblement de formes féminines. Ses cheveux courts, ses pantalons larges et ses tee-shirts informes, ne faisaient que renforcer son allure de garçon manqué.

Tous deux étaient inséparables, un peu comme frère et sœur. D'ailleurs, Sam était pour lui la sœur qu'il n'avait jamais eu, étant fils unique.

Ce soir là, Nolan n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il se leva de son lit et fouilla dans son tiroir. Il en sortit un petit carnet de cuir noir et un stylo, puis commença à écrire.

Dimanche 28 Mai, journal de Nolan Carattini

Je ne sais pas ce que j'ai, mais j'ai beaucoup de mal à m'endormir ce soir. Peut être parce que je sais que dans une semaine je serais enfin en vacances…Et puis mon grand père m'a promis de m'emmener dans le sud de la France au mois de juillet, pour mon anniversaire, alors je crois que toute cette excitation m'empêche de dormir correctement.

Heureusement que le camp de basket de Sam commence en juillet, sinon, je ne sais pas ce que j'aurais fais de mon mois de Juin ici, tout seul.

Peut être qu'au lieu d'avoir uniquement des activités dans l'art ou le bénévolat, moi aussi je devrais me choisir une activité sportive. Je me dis souvent que ça doit être sympa de faire parti d'une équipe, de partir en camp et de vivre en communauté pendant deux semaines.

Mais avec le physique que j'ai, je me vois mal me choisir un sport d'équipe. Pour Sam, c'est différent, elle a l'embarras du choix. Mais son sport de prédilection reste le basket, elle va même peut être passer capitaine de son équipe l'année prochaine, enfin, tout dépendra de ses résultats pendant le camp. Il nous arrive de faire quelques paniers ensemble de temps en temps quand on est chez elle. Elle me dit que je devrais essayer de passer les sélections pour entrer dans l'équipe, que je me débrouille plutôt bien…comme si l'équipe de basket de l'école qui arrive tous les ans en final, même si on n'a pas encore gagné le championnat, allait prendre comme nouveau membre un type qui fait une tête de moins que tous ses partenaires…

Mais bon Sam a l'air d'y croire, même si plaire au favori du coach reste un vrai défi. Jason Scott est un vrai con…


Dimanche 28 Mai, journal de Jason Scott

Mon père veut absolument que je me débrouille pour passer capitaine de l'équipe l'année prochaine…comme si on allait prendre un sophomore (1), il a l'air d'oublier que je suis pas dans l'équipe féminine, à moins d'être senior on devient pas capitaine de l'équipe masculine, c'est comme ça. Mais comme ma très chère sœur Sarah était capitaine de son équipe à 15 ans, il faut que je fasse aussi bien qu'elle…et blablabla…

Ce con va me foutre la pression avant que je parte au camp, j'aime pas ça, je sais que je vais pas pouvoir profiter. Heureusement qu'au mois de juin on part dans le sud de la France, ça rattrape son attitude lamentable du père qui s'y prend comme un manche avec son fils, tout ça parce que son père s'y prenait déjà comme un manche avec lui…tel père tel fils…oups, j'espère que la ressemblance saute d'une génération.

Jason vivait à Charlotte depuis sa naissance. Son père y dirigeait un très grand cabinet d'avocat et sa mère était une journaliste toujours partie à droite et à gauche pour écrire ses articles. Sa sœur, Sarah, avait quitté la maison depuis un an et était à l'université. Mais c'était comme si son esprit hantait toujours les lieux. Son père lui rabâchait sa réussite à longueur de temps. Il avait toujours vécu dans l'ombre de sa sœur.

Depuis qu'ils avaient l'âge d'aller à l'école, tous deux fréquentaient Charlotte Latin School. Sa popularité avait toujours été bâtie sur celle de sa sœur. Il n'était pas Jason, non, il était le frère de Sarah.

La famille Scott se reconnaissait au physique particulier de ses membres. Les enfants avaient les cheveux aussi blonds et lisses que ceux de leurs parents, et les yeux aussi bleus qu'un ciel d'été sans nuage à l'horizon.

Jason avait souvent profité de sa gueule d'ange pour obtenir des faveurs. Mais sa sœur avait toujours été plus douée que lui à ce jeu là. Elle passait une main dans sa longue chevelure blonde qu'elle ramenait en arrière de manière sensuelle, et regardait ses interlocuteurs de ses grands yeux bleus azurés qui suintait l'innocence…l'innocence feinte, mais ça, lui seul le savait. Il se disait souvent que Sarah aurait dû être comédienne…

Il savait que cette semaine marquerait la fin de l'année scolaire, et cela n'était pas pour lui déplaire. Il en avait marre d'être dans la plus petite section du lycée. A la rentrée il serait un sophomore, et qui sait, peut être même capitaine de son équipe…


Lundi 29 Mai, journal de Nolan Carattini

J'ai vraiment eu une journée de merde aujourd'hui, il n'y a pas d'autres mots pour décrire ce que j'ai vécu. Pour commencer, j'arrive en retard ce matin en anglais. Miss Horner, qui ne me porte pas dans son cœur allez savoir pourquoi, m'a humilié devant toute la classe. Cette conne n'est qu'une jeune prof arriviste qui veut se faire remarquer. Elle aime descendre plus bas que terre les plus faibles d'entre nous et favorise ceux qui ont le plus d'influence dans l'école pour se faire bien voir. Je suis sûr qu'elle ne me supporte pas car malgré tous ces diplômes, moi, un pauvre ado de presque 15 ans, en sait plus qu'elle sur la littérature. Ses analyses ne sont que des résumés de théories fumeuses qui n'ont aucun sens, moi je sais lire à travers les lignes d'un bouquin au moins, je mets du cœur dans chacune de mes lectures. Mais ça, elle ne l'a toujours pas compris…une personne qui lit un texte sans en ressentir toute la portée et les émotions ne peut l'analyser correctement.

Je lui ai déjà dit ça une fois après un cours…j'ai été collé deux heures. J'imagine déjà l'effet que ça fait dans le dossier d'un élève qui postule chaque année pour avoir une bourse, et être exempté des frais de scolarité vertigineux de cette école.

Le pire fut sûrement pendant la pause déjeuner. J'avoue être un peu maladroit de temps en temps, mais c'était vraiment pas ma faute ! J'avançais dans le réfectoire vers la table où était assise Sam, quand un abruti de premier ordre m'a bousculé, et évidemment, il a fallu que je renverse tout mon plateau sur la personne qui se trouvait juste devant moi, autrement dit Jason Scott…il s'est violemment retourné sur moi et m'a aggripé par le col. Je ne pouvais que bafouiller de plates excuses. Ce gars là est populaire, fait bien 15 cm de plus que moi, et il était entouré de tous les autres membres de l'équipe de basket…autant dire que j'avais plutôt intérêt à fermer ma bouche.

Et Sam…pourquoi a-t-elle voulu intervenir ? Elle s'est levée et a demandé à Scott de me lâcher. Bien sûr, il m'a dégagé sur le côté et a commencé à s'en prendre à elle en l'insultant. Sam est peut être forte physiquement, je sais qu'elle est extrêmement sensible. Quand j'ai vu que ses yeux commençaient à briller, je l'ai prise par la main et nous sommes sortis.

Quand je disais que j'avais vraiment passé une journée de merde…

Lundi 29 Mai, journal de Jason Scott

Tous des crétins dans cette école ma parole, on laisse vraiment entrer n'importe qui…aujourd'hui, on vient de me bousiller une superbe chemise Calvin Klein hors de prix. Tout ça parce qu'un idiot ne sait pas marcher et tenir son plateau en même temps. Je ne connais pas ce garçon, il doit être nouveau, on est tous plus moins là depuis qu'on est à la maternelle. En tout cas, il n'a pas intérêt à recroiser mon chemin, sinon je lui en fous une, et il n'aura pas l'autre femme de Cro-Magnon pour le protéger. Sans blague, est ce qu'on peut appeler ça une fille ? Une fille, c'est sensée avoir des seins, pas des pectoraux, enfin bref je m'égare…

J'aurais honte de traîner avec un truc pareil, elle a de la chance de faire du basket, sinon tout le monde l'aurait lynché depuis longtemps. Je me demande si c'était son petit copain…non, c'est impossible, une fille comme elle est probablement lesbienne…tout de façon je m'en fous, et puis pourquoi est ce que je me mets des images aussi dégoutantes en tête, hein ?

J'ai vraiment besoin de sommeil…je maudis mon père qui n'arrête de me mettre la pression, c'est à cause de lui si je ne dors plus en ce moment.

Et puis ma copine me prend vraiment la tête, je ne lui demande pourtant pas grand-chose, juste qu'on couche ensemble. C'est vrai quoi, on sort ensemble depuis deux mois…j'ai 15 ans et je suis toujours puceau. Je crois que je vais aller voir ailleurs. Liz a beau être mignonne, avoir tout ce qu'il faut la où il faut, j'ai envie de sexe moi, j'ai des désirs à satisfaire. Les filles sont vraiment chiantes parfois. Elle ne veut même pas me caresser là où je pense, elle croit quoi, que je vais me contenter de l'embrasser toute ma vie ? Quelle conne…

Je crois que ce soir, je suis encore parti pour une petite séance de travaux manuels…

(1) : Sophomore correspond à la seconde (il y a 4 ans de lycée)

Voici pour ce premier chapitre, j'espère qu'il n'a pas été trop long et trop ennuyeux, mais c'est toujours difficile de planter le décor sans passer par des étapes de descriptions parfois un peu trop primaires…enfin voilà, n'hésitez pas à laisser vos commentaires !