Kikoooo !

Oula, ça bouchonne, ça bouchonne dans la Cour Blanche ! Ayé, les cours ont bel et bien recommencé... Oh misère de malheurs ! Et j'ai une autre mauvaise nouvelle pour vous. Ceci est le dernier chapitre de cette histoire...Mais bon, profitons de ce dernier quart d'heure ensemble...

Réponses aux reviews !

L'ange gardien : Ahhh ! Mici beaucoup pour ta reviews ! Mouak !

Lilytyty : Tu dis Viii...tu dis aïeuh...tu dis piiii ! Viii Ayeuh Piii (doigt sur la culotte). Bonjour à toi ma chère Nordiste que j'aime. Oui, je devrais avoir d'avoir publier le jour de la rentrée, sauf que c'était la rentrée pour toi, et pas pour moi. Mouahahahah. Super jeu de mots ! Waah Et oui, c'est la fin. Pour de bon cette fois. Mais alors, vraiment pour de bon. Tiens, c'est bizarre. J'aurais pensé que l'auteur de la lettre à Séb serait Stef (si tu savais tous les trucs cochons qu'elle m'a dit...) ! Uhuh bref, voilà. Merci d'avoir toujours été là, et pour ces reviews. Bisous !

Saratatouille : Coucou ! Merci pour ta reviews ! J'espère que tu as passé de bonnes vacances ! Bon, quand tu iras à Bercy (si tu travailles bien à l'école), tu me diras comment c'était, hein ?! Ui, bien sûr, vers les derniers chapitres, Sébastien a un peu beaucoup mûri. Il était temps ! Uhuh ! Ca montre aussi que c'est la fin. C'est ça, squatte, squatte, squatte chez Manouchka ! Au fait, tu l'as bien giflée de ma part, hein ? Je compte sur toi ! Bichoux ! Mouak

Manouchka la Retardataire : Ahhh...un peu plus, et je te reconnaissais plus ! Bon, je peux comprendre que tu sois chargée, après, t'es en 4ème, et il était temps que tu bosses un peu. Mdr Bref, je dois avouer que Lulu nous a fait une belle peur ! Voui, voui, je m'entraîne pour mes enquêtes : ça avance, ça avance ! Non, je ne suis jamais allée à Bercy, mais je suis déjà aller sur le site officiel et sur le site de la RATP pour me renseigner sur le métro ! On voit qu'à Paris, ils ont le pognon pour construire des trucs comme ça ! Oui, l'idée du gel coloré, ça m'est venu en tête quand j'ai vu la pub à la télé ! Mdr Ahhh mici ma Manouchka d'amour (chiante, peut-être, mais d'amour quand même). J'espère avoir réussi à maintenir l'émotion dans ce chapitre. Wala. Bichoux !!!

N'oubliez pas de lire ce que j'ai écrit en message personnel après le chapitre. Je tiens vraiment à tous vous remercier.


Chapitre Douze : Le rêve atteint


- Clémence, tu es magnifique.

La jeune fille échappa un petit rire. Son visage était vieilli de deux ans, et maintenant, elle ressemblait plus à une femme qu'à une adolescente. Matthieu se pencha vers elle, et déposa un baiser dans son cou.

- Arrête, tu me chatouilles !

À 21 ans, elle avait déjà le profil d'un bourreau des cœurs, et celui de Florian avait été le premier à en faire les frais. Celui-ci ne tarda pas à faire son entrée dans la loge.

- Dehors, ordonna-t-il sèchement à l'agent artistique.

Il s'exécuta. Il était préférable pour lui de ne pas pimenter la colère du jeune homme.

- J'en ai assez que tu te foutes de ma gueule !

- Florian, ne commence pas !

- Je fais ce que je veux ! Ça me saoule de te voir flirter avec lui ! Il a dix ans de plus que toi !

- Huit ans, rectifia Clémence, pète-sec.

- T'es égoïste ! Tu penses même pas à moi ! Tu me fais du mal !

- Pas ma faute !

- Ah ouais ?

- Ouais ! J'ai 21 ans, je fais ce que je veux ! Et j'ai besoin d'être aimée !

- Je t'en donne, moi, de l'amour !

- Pas comme je veux !

- J'y peux rien !

- Alors, ne viens pas te plaindre ! Si ça te pose vraiment un problème, va voir Ludovic et persuade-le de te laisser faire ce que tu veux avec moi !

Là-dessus, Florian sortit de la loge sans un mot et claqua la porte. Clémence soupira. Il ne fallut pas plus de deux minutes pour que Baptiste fasse une interruption dans la pièce.

- Putain, Clémence ! Qu'est-ce que t'as foutu encore ?

- Quoi ?

- Florian est sur le bord du suicide ! Bon, pas jusque là, mais quand même, il est hyper déprimé !

- Il n'avait pas à venir me critiquer moi et Matthieu.

- Matthieu est ton agent artistique, pas ton petit ami.

- Je sais. Mais je ne vais pas attendre trente ans, et encore moins quarante, pour être heureuse !

- Vous, les filles, vous avez toujours besoin de bisous et de câlins ! Y'a autre chose dans la vie !

- Matthieu, il peut me donner ça !

- Florian aussi.

- Peut-être, mais on a le droit de rien faire, à cause de vous ! Parce que vous avez même pas confiance en nous ! Avec Matt', j'ai pas ce problème. En plus, c'est un mec super !

Baptiste soupira et posa sa tête sur l'épaule de Clémence.

- Tu aimes Florian ?

- Évidemment, je l'aime depuis que je le connais. Ça me fend le cœur de lui faire ça. Mais j'ai qu'une vie et je veux en profiter.

- Bon, viens.

Il lui prit la main et la conduisit dans une autre loge. Ludovic feuilletait un magazine, Sébastien écrivait quelque chose sur un papier et Florian broyait du noir dans son coin. Baptiste chuchota quelque chose à l'oreille de Ludovic. Celui-ci leva les yeux de sa page et regarda Clémence et Florian.

- Le Nudiste a peut-être raison, fit-il en caressant lentement sa barbichette. Après tout, c'est vrai qu'ils se sont toujours comportés comme des amoureux, même si y'avait pas de rapports physiques. Et y'a jamais eu de problèmes. Baptiste, je crois que tu as raison.

Pendant ce temps, Clémence s'était agenouillée auprès de Florian.

- Flo', pardonne-moi.

Le jeune homme ne répondit pas.

- Allez, je t'en prie, c'est toi que j'aime Florian.

- Redis-le.

- De quoi ?

- Que tu m'aimes.

- Je t'aime Flo', alors maintenant, arrête de bouder.

- Dans ce cas, pourquoi tu sors avec Matthieu ?

- Parce que j'ai envie d'avoir une vie normale. Je veux faire comme les autres.

- Moi, je m'en fiche de ça, je veux juste que tu restes avec moi. Alors, redis-le-moi.

- De quoi ?

- Que tu m'aimes. Tu me le dis jamais.

Alors, Clémence répéta une centaine de fois les mots que Florian voulait entendre. La sensibilité de Ludovic fut très touchée par cette scène.

- Clém', tu aimes Florian ? demanda-t-il, en se levant de son pouf.

- Qu'est-ce que je dis depuis tout à l'heure ?

- Okay. Et toi Flo', tu aimes Clémence ?

- Tu crois que je ferais la gueule si je l'aimais pas ?

- Okay. Bon, approchez-vous tous les deux. Sébastien, détache-toi de ta feuille et viens ici !

Le jeune homme obéit et se planta au garde-à-vous devant Ludovic.

- Oui chef !

- Bon, tu fais le témoin de Clémence, et toi, Baptiste, tu fais le témoin de Flo'.

- Attends, qu'est-ce que tu comptes faire là ? demanda Florian, paniqué.

- Je vais vous mettre officiellement ensemble.

- Et qu'est-ce que je vais dire à Matthieu, moi ?

- Que t'as déjà un mec ! répondit Baptiste.

- Bon, les enfants, claironna Ludovic. Vous m'écoutez oui ou merde ? Bon, merci. Clémence, veux-tu prendre Florian pour petit copain officiel ? Si tu réponds « oui », ça va, sinon, tu vas te faire foutre et tu viens plus nous emmerder.

- Oui.

- Bon, Flo'…

- Oui.

- Mais attends que je termine ma phrase avant de dire « oui » !

- Ouais.

- Bon, Florian. Veux-tu prendre Clémence pour petite copine…

- Oui.

- Bordel Florian !

- Quoi ? Je me languis d'embrasser la mariée !

- Mais laisse-moi terminer, putain !

- Okay, vas-y Lulu'.

- Veux-tu prendre Clémence pour petite copine officielle ? Si tu réponds « oui », ça va, sinon, tu vas te faire foutre et tu viens plus nous emmerder.

- Oui.

- Bah voilà, on y est arrivé ! s'exclama Ludovic, soulagé.

- Je peux l'embrasser ? demanda Florian, impatient.

Il avait retrouvé le sourire.

- Bah ouais, quand tu veux !

- C'était un super mariage ! s'exclama Sébastien, en regardant Florian s'agripper de toutes ses forces à Clémence.

- Bon, vous attendez pour le bébé quand même, hein…

- Ouais, répondirent les deux amoureux.

- Et Clém', n'oublie pas la pilule !

- Mais oui !

- Euh Flo'…s'inquiéta Baptiste.

- Quoi ?

- Pourquoi tu l'embrasses pas ? T'es pas content ?

- Si, si, fit-il, gêné. Mais…je suis très pudique.

Ludovic éclata de rire, suivi des autres membres du groupe. Ils n'arrivaient pas à s'arrêter.

- Alors ça, c'est la meilleure !

- Faut me laisser un peu de temps pour que je réalise, c'est tout.

- On aura tout vu, soupira Sébastien. Avant tu l'embrassais toute la journée non-stop, et maintenant, plus rien !

- Allez mon Floflo' d'amour ! supplia Clémence. Un petit bisou !

- Pas en public ! En plus, je vais froisser ta jolie robe. Tu me connais, je suis pas un mec ordonné moi !

La jeune femme ne l'écouta pas et se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

- Arrêtez ! C'est dégueulasse !

- Vous allez me faire pleurer !

- Ouah !

Les opinions de Ludovic, Baptiste et Sébastien étaient très partagés. Au même moment, Matthieu entra dans la loge. Aussitôt, un sourire cruel apparut sur le visage de Florian.

- Trop tard, jubila-t-il.

- De quoi ?

- On vient d'unir Flo' et Clémence, expliqua Baptiste.

- Désolé vieux ! s'exclama Ludovic.

Matthieu sourit.

- Ça fait plaisir.

- Je suis certain que t'es dégoûté ! lança Sébastien, alors que le couple s'éclipsait hors de la loge.

- Oh…non, ça va. Clémence a tout pour plaire et pour séduire, mais je pense que Flo' attends son tour depuis longtemps.

- Ça, c'est vrai.

- Ils forment un très beau couple.

Les trois jeunes hommes étaient du même avis que Matthieu.

- Moi, quelque chose me dit que Florian, il est pas pudique à 100 ! raisonna Ludovic.

- Arrête de dire des conneries, fit Sébastien. Il veut presque jamais partager la salle de bain avec nous !

- Je suis sûr, reprit le jeune homme, qu'il est pas pudique au lit ! En tout cas, pas avec Clémence ! J'en suis certain !

- Je veux bien te croire, approuva Baptiste.

- Excusez-moi de vous interrompre…coupa Matthieu. Mais si vous voulez voir le groupe Kyo, vous devriez vous dépêcher.

Sébastien manqua de s'évanouir.

- Grouillez-vous les mecs ! On va les rater ! pressa Baptiste.

Il prit son frère par le bras et le tira en dehors de la loge. Ludovic les suivit, impatient.

- Je veux un autographe ! brailla dans le couloir le plus jeune des deux frères.

- Ta gueule, tu vas nous faire repérer !

Depuis que les Dax Riders lui avaient signé ses premiers autographes, Sébastien avait décidé de commencer une collection. Mais la plupart des groupes qu'il voulait rencontrer étaient anglo-saxons ou américains, ce qui l'embêtait toujours un peu, puisqu'il ne parlait pas un traître mot d'anglais. Heureusement, Florian lui donnait toujours un petit coup de main, et « le Petit Sébastien » repartait toujours content avec un autographe dans les mains.

Ce soir-là, les Rescapés avaient été invités à une cérémonie qui récompensait les meilleurs artistes de l'année. L'invitation les avait beaucoup surpris mais ils s'étaient rendus avec joie à la salle de spectacle.

Lorsque Baptiste, Sébastien et Ludovic revinrent dans la loge, autographes en poche, le plus jeune des frères reprit sa feuille et se remit à écrire.

- Qu'est-ce que tu fais Séb ?

- J'écris un discours.

Baptiste et Ludovic se regardèrent, étonnés.

- Pourquoi ? ne purent-ils s'empêcher de demander.

- Bah, si on est élu « Meilleur Groupe de l'Année », qu'est-ce qu'on dira ?

- Avec toi, tu vois, on rencontre le même problème qu'avec le Père Noël, expliqua Baptiste. Séb, quand t'étais petit, tu y croyais dur comme du fer. Lorsqu'on t'a montré le déguisement que mettait Papa pour faire le Père Noël, tu nous as cassé les bonbons en nous disant que Papa était jaloux et qu'il voulait l'imiter ! Bah là, tu vois, c'est pareil. Faut pas rêver Séb, on a aucune chance d'être élu « Meilleur Groupe de l'Année », surtout avec tous les groupes qui sont en jeu.

- C'est vrai, admit Ludovic, en mimant Florian. Les groupes qui concourent sont excellents. Nous, on est merdique à côté d'eux.

- Reviens à la réalité, Séb. On est ici pour le fun.

Sur ces tendres paroles, Baptiste saisit le discours de Sébastien et le déchira en petits morceaux. Voyant la mine chagrinée de celui-ci, il s'excusa.

- C'est pour ton bien. Pour pas que tu te fasses de faux espoirs.

Matthieu fit à nouveau interruption dans la loge.

- Maquillage ! s'écria-t-il.

- Oh non ! se lamenta Baptiste.

- Un peu de poudre vous fera le plus grand bien, allez ! Moi, je vais aller interrompre les tourtereaux !

- Fais gaffe, conseilla Ludovic. Flo' va t'en vouloir !

- Je m'en branle !

Ludovic, Baptiste et Sébastien se traînèrent jusqu'à la maquilleuse, tandis que l'agent artistique prenait une direction opposée. Lorsqu'il arriva dans la loge de Clémence, il vit le couple s'embrasser tendrement.

- Excusez-moi de vous interrompre…fit-il, embêté.

- Quoi ? grommela Florian, non content d'être dérangé dans son activité favorite.

- Maquillage !

- Oh non !

- Flo', t'inquiètes pas ! rassura la jeune femme. Après, on va dormir à l'hôtel, on sera mieux, non ?

- Mouais.

- Allez, viens !

Elle le poussa en dehors de la loge. Une maquilleuse prit à part Clémence. Pour poudrer quatre rockers, c'était très simple, et surtout, très rapide. Pour maquiller correctement une femme, c'était plus long, parce qu'il n'y avait pas que la poudre à appliquer. Ainsi, Florian dû attendre une demi-heure le retour de Clémence dans la loge. Mais au lieu d'apparaître à l'encadrement de la porte, ce fut la tête ronde et enfantine de Sébastien qui se manifesta.

- Flo'…

- Ouais ?

- J'ai un secret à te dire.

- Oula Séb, je croyais que tu savais garder les secrets.

- Oui mais…je pensais qu'un secret sur Clémence t'intéresserait…

- Ah. Ça, ouais. Ça m'intéresse. Vas-y, dis-moi, je cafterai pas !

- Baisse-toi, je suis trop petit !

Florian s'exécuta et Sébastien colla sa bouche à son oreille.

- Clémence s'est fait mettre du gloss à la fraise.

Il y'eut un petit silence, le temps que Florian saisisse correctement ce que venait de lui dire son meilleur ami. Quand il réalisa, il détala comme un lapin, et Sébastien resta seul dans la loge.

- Je crois que j'ai fait une belle connerie, se dit-il en mettant son index dans la bouche.

Clémence passait inlassablement sa main sur sa robe pour la défroisser. Lorsque la porte s'ouvrit brutalement, elle sursauta. C'était Florian, paniqué. Il la chercha du regard, et quand il la vit au fond de la pièce, il se rua sur elle, sourcils froncés.

- Flo' ? Qu'est-ce que…

Il ne lui laissa pas le temps de poser sa question. Le jeune homme la plaqua contre le mur et l'embrassa sauvagement. Quand il releva la tête, il souriait béatement. Ses lèvres étaient roses bonbon.

- C'est pas malin ! pesta la jeune femme. Je vais devoir m'en remettre maintenant !

- À ta guise, je surveille ça de près ! s'exclama Florian, en s'essuyant la bouche avec le dos de sa main.


La cérémonie ne tarda pas à commencer. Florian, Clémence, Ludovic, Baptiste et Sébastien ne se quittaient pas et s'étaient assis l'un à côté de l'autre. Bien qu'ils soient venus pour le fun, ils ne pouvaient pas s'empêcher de s'ennuyer. Ils se languissaient que la soirée se termine et d'aller dormir dans leurs chambres d'hôtel. Plusieurs personnalités furent élues. Et il arriva le moment où le Groupe de l'année devait l'être aussi. Aucun membre des Rescapés n'écoutait les animateurs. Clémence jouait avec les mains de Florian, Baptiste dormait à moitié, Ludovic plissait soigneusement son smoking, et Sébastien envoyait discrètement un texto à son ex-conquête.


À présent, Alexandra en était sûre : elle était la Solitude Incarnée. Ses journées étaient toutes les mêmes. Elle se levait les matins du pied gauche, et écoutait l'album des Rescapés pour faire revenir sa bonne humeur pendant qu'elle s'habillait. Si elle n'avait pas sa dose de Florian tous les matins, elle était d'une humeur massacrante et c'était ses proches qui raflaient la mise. À 17 ans, elle n'était pas plus respectée qu'avant, et depuis que ses amies n'étaient plus dans sa classe, elle restait seule. Mais elle tenait bon. Elle travaillait d'arrache-pied, en écoutant en boucle le même album, et le moral revenait. Alexandra était sans doute la plus grande fan des Rescapés. Elle connaissait les chansons sur le bout de ses ongles rongés. Et le seul point positif de sa réputation, c'était ce fameux groupe de rock. Elle pouvait même se vanter d'avoir le numéro de téléphone personnel de Florian et de faire tourner en bourrique toutes les filles qui se présentaient à elle. Le jeune homme lui avait même envoyé une invitation gratuite pour leur concert à Lyon et, avec ça, un accès privé aux loges. N'est-ce pas merveilleux de connaître une star de la chanson ?

Alex se laissa tomber sur son lit. Elle tourna la tête pour regarder son téléphone portable. Personne ne l'appelait.

- À quoi ça sert d'avoir un portable si y'a personne qui t'appelle ? marmonna la jeune fille.

Elle se mit à réfléchir. Puis, se souvenant de la cérémonie qui devait débuter dans quelques minutes, elle se releva, paniquée.

- Ohlala ! Vite ! Ça a dû commencer !

Alexandra alluma sa petite télévision et s'allongea tranquillement sur son lit, entourée de ses trois peluches.

- Et les nominés sont…s'exclama la jeune femme qui présentait la cérémonie, soucieuse de créer le suspense.

Sans attendre, une petite vidéo montra aux spectateurs les meilleurs groupes qui avaient été sélectionnés, et les Rescapés en faisaient partie. Alex se crispa. Elle avait passé des mois sur Internet pour voter pour son groupe préféré. Il fallait que Florian, Ludovic, Baptiste, Sébastien et Clémence remportent la victoire. Sinon, elle pouvait directement ouvrir la fenêtre et se jeter par-dessus bord ! Au point où elle en était, elle n'avait plus rien à perdre.

Devant les caméras, le groupe de rock n'entendait pas ce que disait la présentatrice. Ils continuaient leurs petites occupations jusqu'à ce que la voix de la jeune femme parvienne à leurs oreilles.

- Les Rescapés !

Sébastien, qui était plus attentif que l'on ne le pensait, poussa son célèbre cri aigu qui résonna dans toute la salle. Il fit sursauter tous les spectateurs, même Alex qui était de l'autre côté de la télévision. Puis, des applaudissements couvrirent son hurlement, et il fallut secouer Baptiste dans tous les sens pour qu'il revienne à la réalité. Florian, Ludovic et Clémence étaient très étonnés ; ils ne semblaient pas comprendre ce qu'il se produisait sous leurs yeux.

- Et qu'est-ce qu'on fait là ? demanda Florian, pâle.

- Euh…

- Les Rescapés, vous venez par ici ? demanda la jeune femme, impatiente.

Ils durent obéir. Comme dans les situations graves, Florian prit la main de Clémence, qui prit celle de Ludovic, qui prit celle de Baptiste et qui prit celle de Sébastien qui garda son autre « paluche » dans la poche. Une fois sur le plateau, le trophée en or que la présentatrice leur tendait. Ensuite, il y eut un grand silence dans lequel le public attendait un discours du groupe.

- Donc, si on a été élu, ça veut dire que le Papa Noël existe ! chuchota Sébastien à son frère.

- Si tu veux Séb !

- T'aurais pas dû déchirer mon discours ! Tu vois, c'est là qu'on en aurait eu le plus besoin !

- J'avais pas pensé qu'on serait élu ! siffla Baptiste.

- Improvisez, conseilla l'animatrice.

- Bon, on vous prévient, on est cinq à parler, ça va être long !

Baptiste et Sébastien furent les premiers à remercier leurs proches.

- Merci Maman…

- Papa…

- Mamie Fernande…

- Oh non, on avait dit pas Mamie Fernande !

- Mais si on la cite pas, elle va nous tuer !

- Véridique. Et aussi tous les gens qui habitent la rue du Peyrat et la rue Saint-Exupéry de Lyon, pour avoir été patient avec nous quand on jouait de la musique dans le cabanon !

- Euh…merci à nos trois meilleurs amis, reprit sérieusement Baptiste. Flo', Clém' et Lulu'. Parce qu'à nous cinq, on forme un tout, et c'est comme ça qu'on est arrivé jusqu'ici.

Sébastien montra du doigt quelques spectateurs assis dans la salle.

- Toi, toi, toi, toi, toi, et toi. En gros, merci tout le monde !

- Oui, et si vous me le permettez, continua le plus âgé des deux frères, j'aimerais dédier cette récompense à tous les autres groupes de rock. Je pense qu'ils le méritent autant que nous, peut-être même plus. En plus, entre groupes, on se comprend, on a les mêmes buts, on est solidaire. Donc voilà, c'est aussi pour eux. Merci.

Lorsque Baptiste et Sébastien eurent terminé (et lorsque ce dernier eut envoyé des baisers invisibles à la caméra et promit qu'ils arrêteraient de fumer l'an prochain), ce fut Clémence qui prit le relais.

- Moi, j'aimerais remercier les quatre hommes de ma vie, plaisanta la jeune femme. Bah oui, j'en ai quatre, j'ai bien de la chance ! Florian, Lulu', Baptiste et Sébastien. Merci à ma famille, qui m'a enseignée tout ce que je sais aujourd'hui, et ça, depuis que je suis un embryon dans le ventre de ma mère. Pour nous avoir aidés dans les moments les plus durs, pour nous avoir montré le chemin quand on est arrivé à Paris seuls et perdus, merci Matthieu. Je remercie aussi le public. Et pour finir, j'aimerais dire aux jeunes qui souhaitent monter un groupe et qui pensent que la musique est un art qu'il faut transmettre, qu'il ne faut pas se décourager. Il faut bosser, faire surtout confiance aux autres et ça vient tout seul.

Des applaudissements éclatèrent à nouveau puis, Ludovic décida de prendre la parole.

- Euh…Moi, je vais faire plus court. Alors bien sûr, je remercie le groupe et le public. Du fond du cœur. Mais j'aimerais aussi remercier mon père, qui a toujours été là quand j'avais besoin de lui. C'est seul qu'il m'a élevé parce que ma mère est morte un peu après ma naissance. J'imagine que c'est pas facile de s'occuper et d'éduquer un enfant, et en tout cas, tu peux être fier de toi. Papa, je voulais donc te dire merci pour ça, et aussi pour m'avoir écouté et respecter mes choix. Voilà.

Florian s'approcha timidement vers le pupitre en prenant le trophée que lui tendait Ludovic.

- Bah moi, je vais faire plus long que toi Lulu' ! Je pense que je vais remercier les mêmes personnes que mes amis, à savoir le groupe, le public, les gens qui nous aiment, et les gens qui nous aiment pas. Oui, vous avez bien entendu. Les gens qui nous aiment pas, parce que je les emmerde et que c'est grâce à eux que les autres nous aiment bien ! J'aimerais remercier Madame Fondecave, alias Fonfon, pour m'avoir appris à dire « oui » à la place de « ouais », puisque pas plus tard que tout à l'heure, j'ai dit « oui » à Clémence et « ouais » à Ludovic. Bon, c'est assez compliqué, cherchez pas à comprendre. Je veux aussi dire à merci à Alexandra, évidemment. J'te fais de gros bisous ma puce, je t'oublie pas !

- Hey ! s'indigna Sébastien. Nous aussi, on lui fait des bisous, si tu permets !

- Mouais, enfin bon… Je voulais surtout remercier quelqu'un qui me tient tout particulièrement à cœur.

Le jeune homme s'interrompit. Ses amis le regardèrent d'un air interrogateur.

- C'est une personne qui a fait beaucoup d'efforts pour me supporter. J'ai pas été toujours sympa avec elle, même pas du tout, si mes souvenirs sont bons. J'ai même été très méchant. Bref, cette personne, c'est ma mère, et j'ai été un vrai salaud avec elle. Je le reconnais, je l'avoue, devant tout le monde. Mais aujourd'hui, je regrette. Je regrette parce que j'ai pas passé autant de temps avec elle comme je l'aurais voulu. Quand mon père est parti, c'est la seule à ne pas m'avoir laissé tout seul. Et au début, je ne le comprenais pas. Maintenant, j'ai compris qu'elle a tout fait pour m'aider, et que je l'ai rendue très triste. Alors, un conseil les enfants, gardez votre maman près de vous, parce que c'est la seule personne qui sera toujours là pour vous. Moi, la mienne, elle ne sera plus jamais là pour moi, à cause de mes conneries. Alors, faîtes pas comme moi. Je ne suis pas quelqu'un à imiter.

- Personne ! intervint Baptiste. Personne du groupe ne doit être imité ! On est tous des mauvais exemples à suivre !

- C'est vrai, admit Florian, en souriant. M'enfin, sinon, Maman, je voulais te dire que je regrette tout, que tu me manques et que je t'aime.


Je sais l'image que tu as

Ce que tu gardes de moi

Tu peux pas savoir à quel point

Ça me rend fou

La détresse que j'ai fait taire

Les mots que je n'écoutais pas

Je comprends mieux que tu n'aies

Pas tenu le coup

Je n'ai rien fait pour nous

Mais aujourd'hui, tu sais je ne suis

Plus vraiment le même

Tu sais, tu n'en reviendrais pas

Et j'ai compris beaucoup de choses,

Il faut que tu reviennes

Tu sais, j'ai besoin de toi…

Ça fait des mois que j'y pense

Que je ne dors qu'à moitié

À regretter la chance que j'ai laissé passer

Déchiré de ton absence

J'ai fui tout ce que j'étais

Mais j'ai besoin de ta confiance pour réparer

Nos plaies

Nos plaies

Oh…

Mais aujourd'hui, tu sais je ne suis

Plus vraiment le même

Tu sais, tu n'en reviendrais pas

Et j'ai compris beaucoup de choses,

Il faut que tu reviennes

Tu sais, j'ai besoin de toi…

Oh…j'ai besoin de toi…

Oh…j'ai besoin de toi…

Mais aujourd'hui, tu sais je ne suis

Plus vraiment le même

Tu sais, tu n'en reviendrais pas

Et j'ai compris beaucoup de choses,

Il faut que tu reviennes

Tu sais…

J'ai besoin de toi…


Cette chanson avait été la première que Florian avait écrite lors de son retour en France. C'était ce même texte qu'il avait tant de fois modifié au cours de toutes ces années. Il était consacré entièrement à sa mère. Celle-ci le savait. Elle se souvenait d'avoir lu le premier couplet par-dessus l'épaule de son fils, le jour où ils s'étaient retrouvés. Contrairement à ce que pensait Florian, sa mère ne l'avait pas oublié. Loin de là. Elle avait longtemps pleuré son départ, elle avait souvent regretté ses paroles.

Et si Alexandra pensait être la plus grande fan de Florian, elle se trompait fortement ! Elle avait été devancée par la mère du jeune homme. Elle conservait tous les magazines qui parlaient de lui, elle découpait toutes les photos de son fils et les rangeait dans un album photo, puisqu'elle n'avait plus l'occasion de le voir. Elle était fière de lui. Et en agissant de la sorte, elle voulait le lui montrer.

Le soir de la cérémonie, elle était devant sa télévision. Voir son fils bouger, parler, sourire, était comme l'arrivée du Messie pour elle. C'était une occasion à ne pas rater. Lorsqu'il avait tenu son petit discours improvisé, elle s'était effondrée en larmes. Pendant près d'une heure, elle avait pleuré. Toute la nuit, elle avait pleuré. Elle pardonnait à son fils. Elle lui pardonnait ses paroles et ses gestes. Elle lui pardonnait d'avoir une mère maladroite, une mère égoïste, une mère qui ne savait pas comment s'y prendre.

Durant les années qui suivirent cette cérémonie, Florian avait renoué des liens très forts avec sa mère et le groupe descendait souvent à Lyon pour voir leurs parents respectifs. Le père de Ludovic s'était remarié avec une femme plus jeune que lui. Son fils avait plutôt bien accepté cet événement, tout autant que son père avait accepté son homosexualité. D'ailleurs, Ludovic avait fini par se trouver un petit copain idéal, qui n'était autre que le jeune homme qu'il avait rencontré dans l'avion la première fois qu'il était allé à Paris ! Les parents de Baptiste et Sébastien avaient fini par divorcer, et les deux frères avaient aidé leur mère à financer son nouvel appartement. Sébastien devint plus mâture. Il s'arrêta, avec son frère, de fumer. Durant cette période, ils furent insupportables avec les autres membres des Rescapés, mais le jeu en valait la chandelle. Cependant, aucun des deux frères n'était devenu plus raisonnable dans leurs petites histoires d'amour, même s'ils pensaient sérieusement à fonder une famille. Quant à Clémence et Florian, ils ne changèrent pas leurs habitudes, et gardèrent leur grande complicité. Bien sûr, ils ne se cachaient plus et s'aimaient toujours aussi passionnément.

Et même si le groupe savait que leur rêve ne durerait pas, ils étaient heureux d'être arrivés jusque là. Ils savaient qu'ils pouvaient être reconnus pour leurs talents. Ils savaient qu'ils pouvaient réussir, même sur un chemin rempli d'embûches. Après tout, ils étaient les cinq meilleurs amis du monde, ils s'acceptaient tous comme ils étaient. Ils étaient les Rescapés. Et leur histoire durerait encore de longues années…

Fin


Titres des chansons de l'histoire

Welcome to my life de Simple Plan (chapitre 1)
Plaisirs Solitaires de Madame Kay (chapitre 3, 7 et 11)
Pour une minute de plus de Madame Kay (chapitre 4)
Qu'est-ce que j'ai fait ? de Madame Kay (chapitre 5)
Accidentally in Love (Bande Originale de Shrek 2) des Counting Crows (chapitre 6)
Les garçons portent du rose de Madame Kay (chapitre 6)
La vie comme elle vient de Clémence (chapitre 7)
Ca sert à rien de Madame Kay (chapitre 7)
Pourquoi tu pleures ? de Madame Kay (chapitre 7)
Je t'aime de Lara Fabian et reprise par Madame Kay (illusion dans les chapitres 8 et 9)
Regarde de Madame Kay (chapitre 8)
I was made for lovin' you des Dax Riders (chapitre 9 et 10)
Avril (une lettre pour toi) de Madame Kay (chapitre 9)
Emilie de Madame Kay (chapitre 10)
La même histoire (we're all in the dance - Bande Originale de "Paris je t'aime") de Leslie Feist (chapitre 10)
Seul de Madame Kay (chapitre 11)
Plus le même de Madame Kay (chapitre 12)
Rockcollection de Laurent Voulzy (extra 2)
Zidane y va marquer de Cauet (extra 3)
La danse du coup de boule de La Plage (extra 3)

Sans oublier des allusions aux Dessous de Madame Kay, le groupe dont je me suis inspirée avec Idyllik...

Comme vous avez pu les contaster, aucunes de ces chansons ne m'appartiennent. Du côté des personnages, Alex est réelle (mais m'appartient lol) ainsi que Mayssa, Christian, Florent, et les autres élèves sauf Joachim. Sans oublier Madame Fondecave (alias Fonfon), ma prof d'histoire de seconde ! Florian, Clémence, Ludovic, Baptiste et Sébastien et les autres personnages sont imaginaires, et ils m'appartiennent. Les rues, et les lieux comme la Maison de la Danse et la maison de disques existent dans les villes de Paris et Lyon, et le lycée du groupe est aussi réel (mais pas situé à Lyon).

FIN

Wala. Quand j'écris "fin", généralement, je ne reviens pas dessus. Un groupe de rock pas comme les autres est enfin terminée. Je sais qu'il n'y aura eu que douze chapitres. Je n'ai jamais fais des histoires trop longues...

Mais, mes p'tits chatons...je vous laisse pas tomber ! J'ai commencé une nouvelle histoire (que je me languissais de commencer, pour tout vous dire), dont je publierais le premier chapitre très prochainement. Il n'y a aucun rapport avec Un groupe de rock pas comme les autres, et c'est une histoire bien, bien, bien, bien, bien différente. Plus sérieuse. Peut-être moins d'humour. Aussi, je pense que vous serez moins nombreux à la suivre.

Mais pour ceux que ça intéresse, je vous livre un petit résumé de cette fameuse histoire, qui s'appellera 36, quai des Orfèvres.

Il s'agit de Gabrielle, une jeune femme qui travaille dans la Brigade Criminelle de la Police Judiciaire (de Paris, évidemment, sinon, ce ne serait pas les Orfèvres). Un soir, ses amies l'amènent en boîte de nuit pour "s'éclater". Elles la forcent à boire et Gabrielle rencontre Valentin (mais oui, souvenez-vous, Valentin dans Polichinelle !). Et, bien entendu, ils passent la nuit ensemble. Au petit matin, Valentin n'est plus là, et Gabrielle ne se souvient plus de grand chose. Sa mémoire revient le lundi matin, lorsqu'elle se rend à son travail, et qu'on lui annonce qu'un nouveau officier l'aidera dans ses enquêtes. Et cet officier, n'est autre que Valentin.

Ca va être chaud les enfants. Mdr
Bref, c'est pas seulement une histoire d'amour (de haine surtout), mais aussi, une histoire policière. Je prévois tout pleins de crimes, vous inquiétez pas !

Libre à vous de suivre cette histoire ou pas. Pour les intéressés, il y'aura très sûrement une petite apparition de Camille et Joël.

Waaaala !

Pour ceux que je retrouverais, et bien dans ce cas, à bientôt !
Et pour tout le monde, merci. Merci de m'avoir suivie dans l'histoire de Florian, Clémence, Ludovic, Baptiste et Sébastien. Et de m'avoir soutenue jusqu'au bout.

On m'a aussi dénichée un site hyper intéressant, avec pleins de vidéos sur Madame Kay, le groupe sur lequel je me suis inspiré. Certaines vidéos montrent les show-cases du groupe filmés par des fans. Ce sont des vidéos plus ou moins de qualité, et je dois avouer que les cris hystériques des fans m'ont rapidemment tapé sur les nerfs... Bref, je vous donne le lien, et je vous conseille fortement les quelques show cases qui sont assez bien réalisés, les vidéos où Fred (le chanteur du groupe) chante des chansons en accoustique (vraiment c'est super) et celle où les Madame Kay dansent sur du Willy Denzey : c'est à mourir de rire ! En gros, je ne vous souhaite...que du plaisir ?searchquerymadamekay&searchSearch

http:codekay.free.fr

Merci Tyty pour le lien !

Je vous fais de gros bisous mes p'tits chatons d'amour ! (Vous ne vous en sortirez pas comme ça !) Merci pour tout.

Je vous zadore ! Mouak !

La P'tite Clo' (bien triste)