Voici encore un petit texte tout frais ! J'espère qu'il vous plaira ! Comme d'habitude, c'est un peu triste...

Merci a la miss, à la cannibale, et à pti ange ! Comme d'habitude, vous êtes là et me soutenez ! gros bisous !


Je ne me souviens pas de l'accident. Bien que les personnes qui y étaient présentes m'aient raconté comment ça c'était passé, cela n'éveillait rien en moi. C'était un ami qui conduisait. Moi, je m'étais assis à la place du mort, sans avoir attaché ma ceinture. Mon ami s'était endormi au volant. C'était le seul à ne pas avoir bu, mais sa journée de travail l'avait épuisé. Il n'en n'avait pas fallu plus. Au choc, je suis passé par le pare-brise et j'ai atterri vingt mètres plus loin.

Maintenant, je suis obligé de me déplacer en fauteuil. Les médecins m'ont dit que j'avais eu de la chance. Cet accident aurait pu me tuer.

De la chance ? Je ne vois pas les choses comme ça… Tout a changé. J'ai tout perdu. J'ai fini par devenir quelqu'un d'agressif. J'en avais conscience, mais c'était plus fort que moi. Le pire, ce qui m'énervait le plus, c'était la pitié des gens envers moi. J'ai mis du temps avant de comprendre qu'elle n'éprouvait pas ce genre de sentiments envers moi. Mais il était trop tard quand je le compris.

Elle était ma meilleure amie. Avant mon accident, on faisait tout ensemble. On se connaissait depuis vingt-quatre ans, depuis la crèche. On était allé à la même école, au même collège, au même lycée… Ce soir-là… Ce fameux soir, elle n'avait pas voulu nous accompagner. Elle avait préféré rester chez elle pour réviser ses examens. Je ne lui en avais pas voulu, je ne pourrais d'ailleurs jamais lui en vouloir… Lorsque je m'étais réveillé, elle était là, assise sur une chaise de l'hôpital et me tenant la main. À ce moment-là, elle m'avait souri, plissant ses yeux bleus rougis par la fatigue et les pleurs. Pourtant je ne la vis jamais pleurer.

Une fois sorti de l'hôpital, mes parents me ramenèrent chez eux où ils avaient réaménagé ma chambre de façon à ce que je puisse me déplacer plus facilement dans leur maison. On avait dû annuler le contrat de mon appartement. Ma voiture, elle, restait enfermée dans le garage. Personne ne s'en servait et j'avais demandé à plusieurs reprises que mes parents la vendent, mais rien n'y fit. Cela ne faisait que m'énerver encore plus ! Pourquoi la garder puisque personne ne s'en servirait ?

Elle, elle avait essayé par tous les moyens de me calmer, mais je ne l'écoutais pas. Elle me rendait visite tous les jours, allait parfois chercher mes médicaments ou m'apportait de quoi lire. Elle savait que j'adorais ça. J'adorais lire. Pourtant, je n'ouvrais jamais les livres qu'elle m'apportait. Je ne regardais jamais les films qu'elle me prêtait et n'écoutait pas non plus ces Cd.

Un jour qu'elle avait apporté à manger pour nous deux, je me suis emporté. J'en avais assez de sa pitié, de toutes ses attentions. Je voulais qu'elle me laisse tranquille, qu'elle vive sa vie… Elle s'était mise à pleurer, me disant que je ne comprenais rien. Elle avait raison. Elle finit par sortir de chez moi, les larmes coulant toujours sur son beau visage. Moi, je n'avais pas pu dormir de la nuit.

Le lendemain matin, elle ne vint pas me voir comme elle le faisait toujours. Je refusais alors de prendre mon petit déjeuner. Je passais la journée à l'attendre, aussi bizarre cela puisse-t-il paraître. Puis, en fin de soirée, un coup de téléphone. Je me dirigeais dans le couloir pour décrocher, mais ma mère m'avait devancé. Elle raccrocha le combiné et se tourna vers moi, les larmes aux yeux. Je compris tout de suite ce qui c'était passé.

Les jours qui suivirent furent bien noirs. Je m'installais sur la terrasse de mes parents et n'en bougeais pas. Elle avait eu un accident en rentrant chez elle. Une voiture l'avait fauchée alors qu'elle traversait sans regarder. Je ne pouvais m'empêcher de penser que tout cela était de ma faute. C'était à cause de moi si elle avait été distraite. À cause de mon mauvais caractère et de mon égoïsme.

Il me fallut un certain temps avant de me rendre compte que j'avais été odieux avec elle. Il avait fallu qu'elle ait un accident. Elle avait toujours été là pour moi, et je ne l'avais jamais remercié. Je m'étais senti seul malgré sa présence… J'avais de nombreuses fois pensé à mettre fin à mes jours.

Mais maintenant qu'elle n'est plus là, qu'est-ce que je vais devenir ?


17 / 05 / 2006