Il n'y a pas de nuages. Dans la rue, des voitures, des bruits, beaucoup. Je marche, la pensée désactivée. Je ne touche pas les gens. Facile. Il fait froid. Toujours.

Je traverse la route.

Je traverse la route.

Je traverse la route. Je ne vois pas la voiture arriver, vite. Trop vite. Elle me percute sur le côté ; Mon corps est projeté à quelques mètres. J'ai mal partout. Tout un tas de personnes se regroupe autour de moi. Un couple, un enfant que l'on éloigne, un vieil homme qui téléphone aux secours, et d'autres. Beaucoup.

Beaucoup, mais ils ne comprennent pas.

La vie m'a libéré.

Libéré.

J'ai mal et je sens mon être partir. Enfin. Après tant de souffrance, d'abnégation, et perdre toute envie. La mort vient, elle n'est que la fin du cycle, la fin de tout. Ma délivrance.

Ma délivrance.

Enfin.

Et pour toujours.

Et tout d'un coup, je ne sens plus rien. Et les gens sont des oiseaux blancs, très purs. Les voitures émettent le bruit des cascades, je suis sur la toundra et mon être s'en va, sous le regard de l'homme - enfin - et aller loin, jusqu'à nul part. Merci à la vie de m'avoir apporté la mort tant attendue. La nuit se déploie… et le vent se déplace.