DROITS DE L'HISTOIRE : A MOI !! TOUT ! XD sauf le titre de ce oneshot que tite M m'a gentiment donné.

Genre : « Yaoi » mais il n'y a pas que ça, oneshot, partie de l'arc « des épines et des ailes »

Rating : K

Pour qui ? Pour une tite M – Meanne77 – en lui souhaitant un joyeux anniversaire. 'm'a tannée des années pour que je poste des originales… donc vala ¤ très gros câlins ¤

Résumé : il court, il court, le furet…


Des épines et des ailes

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Le syndrome du porc-et-pic

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12 Octobre 2005 09h15

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Je cours, je cours comme tous les matins pour attraper mon bus que je loupe toujours.

Je cours et je n'ai pas eu le temps de bien faire mes lacets, le marron jure avec le vert de la moquette.

Je vais tomber mais j'évite.

Je cours et mon pantalon beige n'est pas bien attaché, ma ceinture noire mal bouclée.

Je cours et le lundi est avec le dimanche, ma chemise blanche est à moitié débraillée et j'ai la tête à l'envers.

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Je souris fort, fort, fort.

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Je cours et je suis rouge, rouge et échevelé, mes courts cheveux bruns bouclant sur mon front et sur ma nuque et je déteste ça.

Je cours et je manque de faire tomber ma veste trop légère, posée sur mon bras surchargé par mon attaché-case et mon châle vert comme mes yeux.

Je cours et c'est l'automne, les feuilles orangées volent autour de moi et je ris, je ris.

Je cours et il a plu, j'essais d'éviter les flaques en vain, mais je ris quand même.

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- Ha…

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Je cours et le bas de mon pantalon est mouillé, ma veste est déjà tombée deux fois et mon châle s'est démis.

Je cours et la poche de mon pantalon vibre, une fois, deux fois, puis une sonnerie se fait entendre et je cesse de courir.

Sans cesser de sourire.

Je plonge la main in-extrémis, je décroche et je l'entends.

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- Audran…

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C'est mon nom et j'ai une boule dans l'estomac.

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- Oui Jay ?

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Jay. Celui que j'ai laissé à la maison.

Pardon, à son appartement.

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- Tu as oublié ton portefeuille sur la table. Encore.

- Oh. J'arrive.

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Tous les matins c'est la même chose, oui.

Mais j'ai la tête en l'air, dans les nuages.

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- Tu devrais appeler pour dire que tu seras en retard.

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Mais s'il a des cheveux de soleil et des yeux de ciel, lui a les pieds sur terre.

Et pourtant il est plus jeune que moi.

Dix ans.

J'ai 34 ans. Il en a 24. On dira que je me refais une jeunesse.

Je n'avais jamais été jeune jusqu'à présent.

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- Oui chef.

- Sois sérieux.

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Mais je le suis avec toi, Jay.

Depuis que l'on s'est rencontré sur ce chat il y a six mois.

Depuis que nous nous sommes parlés, vus.

Mais toi tu es un papillon. Et c'est peut-être ce que j'aime le plus chez toi.

Le fait que je ne sois pas le seul. Le fait que je cherche désespérément à le devenir.

Le fait que je devienne étouffant malgré moi.

Je suis un vieux loup, moi.

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- J'arrive.

- Tu vas me mettre en retard. J'ai cours, moi.

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Tu es fâché et tu as raison, je vais te mettre en retard, encore, mais c'est la première fois que tu m'appelles.

Je vais revenir te faire l'amour comme si nous étions jeunes mariés, espérant te faire un peu oublier.

Je déteste quand tu vas en cours, quand tu vas retrouver autant de rivaux dans leur première jeunesse.

On trouve le plus souvent l'amour sur son lieu de travail. Et comme tu ne m'aimes pas ce sera encore plus facile pour toi.

Moi je n'ai jamais rencontré personne pendant une réunion commerciale.

Par contre j'ai rencontré des chiffres.

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- Désolé.

- Ecoute Audran…

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Je n'aime pas quand tu me dis d'écouter.

Tu me dis rarement d'écouter.

Ecouter c'est synonyme de se quitter et je ne veux pas l'entendre.

Pas aujourd'hui.

Je ne suis pas prêt.

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- Allo ? Ah foutu réseau, j'entends mal.

- Audran…

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Je sens ton exaspération grandir en même temps qu'une certaine lassitude, tu n'es pas stupide, je sais que tu sais que je le fais exprès.

Et tu sais que je le sais.

Je ne veux pas t'entendre me quitter. Tu as vu c'est l'automne et les feuilles sont si belles quand elles fanent…

Je te trouve tellement plus beau quand tu veux me faire mal.

Je m'accroche à toi alors que tu veux qu'on se sépare.

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Je ne pensais pas que tu craquerais si vite après tout, ça ne fait que quelques semaines que je suis comme ça.

Et quelques jours que j'ai des « oublis »

Depuis que tu as repris les cours.

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- A la limite laisse la clé dans la boîte, je me débrouillerai, Jaylé.

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Finalement autant qu'on ne se voit pas, hein ?

La franchise je n'en veux pas.

Je préfère me mentir encore un petit peu.

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- Audran ? Est-ce que… est-ce que ça va ?

- Oui.

- ¤

Non ça ne va pas.

Je fais l'imbécile tous les matins, je joue les hommes heureux et insouciants.

Quand les passants me voient débraillés ils me lancent un regard gentiment exaspérés ou indulgents.

Je joue la comédie si fort que parfois j'y crois.

Et je cours, je cours oui. Je vais à la chasse au papillon avec un filet percé.

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- …

- ¤

Il ne répond rien.

C'est peut-être pire que lorsqu'il me répond, de guerre lasse.

C'est sûrement la fois de trop mais je n'ai pas pu m'en empêcher.

Je ne peux pas m'empêcher de vérifier s'il voit quelqu'un d'autre quand j'ai le dos tourné.

Quand je vais travailler comme un métronome quand lui a des horaires aléatoires.

J'ai fait pareil à un de mes ex qui a été le dindon de la farce. Il ne l'a jamais su, le pauvre.

Mais moi je me méfie.

Avec sa jeunesse à Jay. Avec notre rencontre. Avec mon cœur qui l'aime trop fort et ma tête qui a trop peur.

Qui pense trop, à tors ou à raison.

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- Je raccroche. Je fais vite.

- ¤

Oui.

Aujourd'hui j'ai été débusqué, je ne peux pas sonner « par surprise ».

Au moins ce matin il n'aura vu personne, hein ?

Je m'énerve à réagir comme ça mais je ne peux pas m'en empêcher.

Je peux pas m'empêcher d'être ce que je suis.

J'ai déjà échaudé, je sais trop ce que c'est que d'avoir vingt ans.

C'est un âge traitre.

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- Audran ? Il faudra que l'on parle tu sais… on ne pourra pas éternellement éviter la discussion.

- ¤

Je sais.

J'essaie d'oublier.

Je réponds d'un ton léger en recommençant à courir.

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- Oui.

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Je cours et mon pantalon beige n'est toujours pas bien attaché, ma ceinture noire à présent débouclée.

Je cours et le lundi est toujours avec le dimanche, ma chemise blanche est à moitié débraillée et j'ai encore la tête à l'envers.

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- Parce que j'en ai clairement marre de t'attendre tous les matins parce que tu es « tête en l'air ».

- ¤

Je souris fort, fort,

fort.

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- Oui.

- ¤

Je cours et je suis rouge, rouge et échevelé, les cheveux bruns bouclant un peu plus sur mon front et sur ma nuque et je déteste.

Je déteste ça.

Et je déteste ce que je vais entendre en arrivant.

Et je te déteste de trop t'aimer et de trop en faire et de ne pas savoir te le dire et de savoir que ça ne rime à rien.

On est trop différents.

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- Il va bien falloir te faire faire un double des clés de l'appart.

- ¤

Je cours et je manque encore de faire tomber ma veste trop légère, posée sur mon bras surchargé par mon attaché-case et mon châle vert comme mes yeux.

Ce châle que tu m'as offert il y a un mois parce que ta mère l'avait eu en cadeau avec une commande.

Je cours et c'est l'automne, les feuilles orangées volent autour de moi et je ris, je ris, je ris.

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Je cours et il recommence à pleuvoir, j'essais d'éviter les flaques en vain, mais je ris quand même….

Et je m'arrête net.

Hein ?

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- Arrête de rire, c'est pas drôle, Audran.

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Je…

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- Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Pourquoi un double ?

- ¤

Je ne comprends pas.

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- Comme ça tu pourras récupérer ton portefeuille même si je suis pas là, imbécile.

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Oh.

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- Oh. Pour le portefeuille ?

- Oui. Je vais pas systématiquement me pointer en retard pour ta pomme. Allez grouille, j'ai pas toute la journée.

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Il raccroche.

Et je me sens…

Je ne sais pas.

Con, déboussolé peut-être.

Vidé.

Mon pied éclabousse mon bas de pantalon. Encore.

Je baisse les yeux sur une flaque d'eau, tiens un rayon de soleil la touche.

Et je vois un petit arc-en-ciel.

Du coup je marche.

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Fin


Bienvenue dans le monde d'Audran et de Jay…

La suite ?

Si vous le voulez au prochain oneshot !