DROITS DE L'HISTOIRE : A MOI !! TOUT ! XD même le titre de l'OS, n'a moi d'abord xd.

Genre : « Yaoi » mais il n'y a pas que ça, oneshot, partie de l'arc « des épines et des ailes »

Rating : T

Pour qui ? Pour tite M, happy b-day ! (Et oui XDXDXD)

Mici ! A tous pour vos petits mots.

Résumé : la pie est un oiseau voleur, dit-on. Même avec des ailes il est difficile de voler.

Pour bien comprendre la lecture :

C'est un pov d'Audran, et en même temps il y a une conversation téléphonique entre lui et Thomas. (Vous savez qui est Thomas si vous avez lu la ruse du renard qui se passe bien des années après)

Thomas et Audran sont très amis. Audran appelle Thomas "Tom" de temps en temps. Thomas appelle Audran "Dan"


Des épines et des ailes

Le sacre de la Pie

28 Octobre 2005 19h30

-

Ce n'est pas si difficile.

-

- Alors, qu'est-ce qu'il me manque…

- Moi pour te consoler ?

- De quoi ?

- De ta rupture d'avec le petit jeune, voyons. Quoi d'autre ?

-

Ce n'est pas si difficile que ça, finalement.

De partir comme un voleur.

De quitter un appartement sans vraiment rompre une relation.

Tout en sachant que c'est ce qu'on fait. Sans le dire. Sans bruit. Sans esclandre.

Ce n'est pas si difficile de faire ses bagages quand on voit ce répondeur qui clignote encore et encore. Ce répondeur qu'on a envie de fracasser contre le mur si blanc, à s'en briser les os, à saigner de rage.

Mais ça ne changerait rien au problème. Je laisse les scènes d'hystéries aux femmes, après tout, étymologiquement elles sont les seules à en faire.

Même si ce n'est pas vrai.

-

- Arrête ça, Tom.

- Sans blague je le comprends pas, ce mec, il te laisse partir comme ça ? Il a capté au moins que tu partais vraiment ?

- Tu m'as laissé partir aussi, Thomas. Et je ne « pars » pas. Je rentre chez moi.

- Aux dernières nouvelles tu ne m'as pas vraiment laissé le choix, Audran.

- Ce n'est pas faux.

- Bref, ton appart pouvait attendre encore un peu.

- Ca fait six mois que je squatte.

- C'est ton mec, bordel, j'appelle pas ça du squat.

- Je rentre chez moi, je lui claque pas la porte.

-

Ce n'est pas si difficile de vider des armoires, des tiroirs, des séchoirs.

Ce n'est pas si difficile d'effacer ses traces même si on a pu trouver ses marques, même difficilement.

Ce n'est pas si difficile de vider les lieux et non je ne me sens pas vide, même si le tube de dentifrice l'est.

Mais il n'est pas à moi. Dans quelques minutes je ne vivrais plus ici, alors ça ne me regarde plus. Même si je suis tenté de le remplacer. C'est stupide.

-

- Je te connais bien. Et je la connais ta distance. Ce mec te rend dingue, Dan. Comme je t'ai jamais vu. Et tu t'en vas.

- Tu ne le connais même pas.

- Pas vraiment, non, mais je connais l'effet qu'il a sur toi. Et je te connais toi. Et je t'entends encore décrocher le téléphone tout ensommeillé et me parler comme si j'étais lui. Comme tu ne m'as jamais parlé à moi et on était ensemble. Et on était bien. J'étais bien et tu avais l'air bien. Et l'air ailleurs aussi.

- Bien connaître ne met pas à l'abri de se tromper, Tom.

- Non c'est clair. D'ailleurs à te voir comme ça je me dis que tu t'es trompé quand tu m'as dit que c'était fini. Si tu savais la haine que je te porte, parfois, quand tu fais le con. Si tu savais comme parfois je peux me sentir con.

- Ne te dis rien. Mes plans n'ont jamais été mes potes. Si on n'avait pas arrêté les frais on ne serait pas amis aujourd'hui.

- L'amitié c'est beau mais parfois ça saoule. Je le déteste. Mais je t'aime toi. Il te fait du mal. Il te fait du bien. Tu te fais du mal. Peut-être que tu lui en fais. Tu es le genre qui fait beaucoup de mal, Audran. Plus que tu ne le sauras jamais. Mon premier amour, mais pas l'unique.

-

Ce n'est pas si difficile de jeter sa brosse à dents usée, comme je le suis.

C'est une torture d'être chez lui car même quand il n'est pas là, il est partout.

C'est une torture que de porter son jean préféré ou plutôt le jean qu'il préfère sur moi.

Parce que le jean est à moi et quand Jaylé me regarde le porter, j'ai l'impression d'être à lui.

C'est une torture. Une torture de porter cette t-shirt blanc, parce qu'il sent lui quand je la porte moi.

Ce n'est pas si difficile que de reprendre sa liberté. Par contre c'est une torture de savoir qu'on l'a toujours eue.

-

- Ce qui signifie en langage Audran que je te saoule. Désolé, vieux, t'as pas besoin d'entendre ça. Même pour rire.

- Non, j'avoue. Mais ça fait plaisir d'être désiré même après tant d'années.

- Oh, s'il faut que ça, je peux te changer les idées, tu sais. En huit ans je me suis amélioré.

- C'est gentil mais tu as un mec. Et Christophe ne partage pas.

- Même pas drôle.

-

Et c'est aussi un soulagement, une fierté de merde, partir le premier pour ne pas se faire jeter.

Pour moins souffrir. Pour moins le lasser parce que je craque et qu'il le sent même s'il ne peut pas vraiment l'identifier.

Jaylé est ce que j'étais même si on a nos différences, je ne suis pas narcissique.

Quand j'étais jeune j'étais comme lui et j'en ai fait souffrir plus d'un.

Parfois sans m'en rendre compte, parfois sciemment.

Aucune excuse, il ne me doit rien. C'est moi qui veux trop. C'est moi qui ai changé avec les années, quand d'autres restent les mêmes.

C'est moi qui ne veux plus partager. C'est donc moi qui pars. Et c'est moi qui ne dis rien.

-

- On en prend de la place même si c'est temporaire…

- C'est ce que Chris me dit souvent. Je lui dis que s'il est pas content il a qu'à me faire l'amour, ça prend moins de place dans le lit. Enfin ça dépend de la position. Je peux toujours lui servir de matelas.

- Le lit est creusé de mon côté… enfin du côté où on dorment ceux qui ne sont pas lui.

- Audran, tu m'écoutes plus.

- Hein ?

-

Je pars en sachant pertinemment que je vais l'exaspérer même si je lui rends service. Parce qu'il préfère parler quand je préfère me taire. Je ne sais faire que ça. Me taire et l'exaspérer.

Et lui faire l'amour.

Ça je sais. Mais ça ne fait pas tout, même si j'aurais préféré.

-

- Deux. Tu devrais ptet lui en parler, tu sais ?

- De quoi ?

- De ce lit qui se creuse, Audran

- Pourquoi faire ? Attend, j'ai un double appel.

- Ben ça attendra, me zappe pas.

- Me tente pas, Tom.

-

Je pars et ce n'est même pas un break. C'est un je rentre chez moi parce qu'il n'y a plus le feu.

Parce que les travaux sont terminés. Parce que je fais ce qui était convenu. Parce que c'était temporaire.

Parce que je n'ai même pas à me justifier et c'est ce qui me tue.

Je pars et c'est une rupture de nos petites habitudes. Une rupture qui n'en est pas une parce qu'il est invité à venir quand il veut.

Que je sais que je peux venir quand je veux. Mais que je n'y remettrai plus jamais les pieds.

Et il n'a rien à récupérer chez moi puisqu'il n'est jamais venu.

-

- Sujet plus que sensible pour un simple déménagement…

- Tom…

- T'as vraiment l'air de bien l'aimer celui-là, mine de rien, même si t'en parle jamais… même si on l'a jamais vu alors que tu nous caches jamais tes mecs. T'as l'air de bien l'aimer ouais… en tous cas plus que moi et aux dernières nouvelles je suis selon tes propres termes « ton dernier plan sérieux »

- Je l'ai jamais caché pas…

- Pas à moi, Dan. Pas à moi qui te connais depuis plus de dix ans.

- Ce n'est pas parce que tu me connais que tu as raison.

- Dis-moi que j'ai tort alors ?

- Je crois que j'ai tout pris…

-

On s'appellera, c'est sûr, je ne pars pas fâché.

On s'appellera, oui. Selon nos emplois du temps.

On chatera de temps en temps, si je suis d'humeur, s'il n'est pas en train de répondre à son répondeur.

On reprendra avant qu'on ne s'installe par commodité plus que par envie, même si mes yeux ont été un peu plus gros que le ventre.

On reprendra nos distances. Je reprendrai ma distance même si je n'ai jamais montré que j'étais trop proche, au point d'être tombé.

Je redeviendrai Jeunz.

-

- Tu changes de sujet, hein ?

- Pas vraiment. Je vérifie que je n'ai rien laissé, c'est tout. Attend j'ai un double appel.

- Sans blague. Tu laisses ton cœur, Dan.

- C'est ça, alors je me ferais poser un pacemaker. Laisse la romance aux femmes, Thomas. Ne fais pas tout un fromage d'un déménagement.

- J'ai tendance à saouler les mecs à tomber amoureux trop vite. Ça ne veut pas dire que je ne vois pas ceux qui le sont des autres. Même si ça fait mal.

-

Je passerai à autre chose, il paraît qu'avec le temps, même si la chanson dit qu'un premier amour ne s'oublie jamais.

Un premier amour à 30 ans passés. J'espère que la distance est un bon alzheimer.

Elle a bien marché pour certains de mes ex. Elle a marché pour mes parents même si l'amertume reste.

-

- Tom…

- T'aimes ce gars, point. Par contre c'est ta vie et tu fais ce que tu veux, ça m'empêchera pas de te dire que t'es con. C'est à ça que servent les amis même s'ils aimeraient avoir des bénéfices de temps en temps.

- Et après tu t'étonnes que ton mec me déteste…

- Il te détesterait plus si tu me prenais au mot, Dan.

-

Je pars comme un voleur même si j'ai prévenu que je rentrai chez moi. Même si je n'ai pas dit précisément quand.

Je pars même si quelques mois auparavant Jaylé m'a fait comprendre que j'étais chez moi chez lui.

Je pars parce que si chez moi c'est chez lui, alors c'est aussi mon lit. J'ai appris à ne pas aimer prêter mon lit à des inconnus.

-

- Imbécile…

- Bon. T'as besoin d'un verre. T'as besoin de tirer ton coup et tu veux pas avec moi, pas cool. T'as besoin d'un ami. Alors tu discutes pas, j'arrive avec le Baileys et on va se faire plaisir.

- C'est vraiment un alcool de tapette, Thomas.

- Je le prends comme un compliment, mon chou, d'autant que c'est l'un de tes préférés. Et va pas me dire que tu veux être seul ce soir, sinon je pourrais croire que tu l'aimes. Si tu vas vraiment bien, je veux le voir pour le croire.

-

Je pars parce que si chez moi c'est chez lui, Jaylé est à moi et ce n'est pas vrai, un être humain n'appartient pas à un autre, même quand on aime. Surtout quand on aime.

-

- Ton mec ne risque pas d'apprécier.

- Chris bosse ce soir et puis si ça le saoule, ben je lui dirais rien et j'irais le chercher après son boulot. Ce sera super gentil de ma part et il va me faire l'amour comme un fou pour me remercier.

- Il saura que tu as fait d'une pierre deux coups.

- Ah si seulement…

- Tom…

- Oh ça va, hein, tant que je ne tire pas le mien… et puis même : ce qui n'est pas su ne peut pas nous atteindre !

-

Je pars en laissant les clés qu'il m'a laissées chez sa concierge.

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- T'es vraiment con.

- C'est pour ça que tu m'aimes, Dan. Tu vois, tu souris. Je l'entends. Alors ce verre ?

- Tu veux dire cette bouteille ?

- Voire ces bouteilles, ouep. Je t'ai pas entendu dire oui !

- Est-ce que j'ai le choix ?

- Pas cette fois, non, Audran.

-

Je pars en laissant un sms simple, comme moi avant que j'aime. Comme je lui montre.

« Ai récupéré mes affaires. Clés chez ta concierge. Merci pour le squat. A+ »

-

Je pars avec son « ok » sur mon portable.

Je pars avec son « on se voit quand ? », tranquille, sur mon répondeur.

Je pars et je souris, il faut du courage pour être lâche. Il faut être lâche pour être courageux.

Avoir peur d'avoir mal c'est normal. Se faire du mal pour ne plus souffrir c'est humain.

L'amour, c'est un rendez-vous chez le dentiste. La (non) rupture est un mal pour un bien.

J'aimerais bien redevenir grenouille au lieu d'être une pie.

Mais la pie a des ailes alors elle vole plus loin, loin des écorces d'arbre, loin de ce qui peut l'écorcher vive.

Je souris.

-

- Ok…

-

Ce n'est pas si difficile d'éteindre un arc-en-ciel.

Fin


Bienvenue dans le monde d'Audran et de Jay…

Héhéhéhéhéhéhéhé (la haine monte en vous, je le sais)

J'espère que ça vous aura plus, surtout à toi tite M !

La suite ?

Si vous le voulez au prochain oneshot !

On va essayer de ne pas faire "à la même heure, dans un an" pour la suite :p