Je m'éclate toujours à écrire des débuts d'histoires et les rencontres farfelues, surtout quand celles-ci collent bien avec la vie des gens autours de moi.
Dans ce qui va suivre… il y a une multitude de clins d'œil à ma famille… vont-ils les comprendre ? J'en doute, car je ne pense pas qu'ils me lisent. Dommage…

Et vous votre avis ?

Cette histoire n'aura peut être pas de fin… quoique…

Autre chose : je ne trouve pas de titre... HELP !

Ces personnages sont miens… et font références à des personnes qui existent…du moins une partie d'eux transparaît.

Donc évitez d'y toucher sinon vous aurez une famille entière sur le dos !


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Rencontre

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Les gens sont d'une débilité peu commune quand ils se retrouvent face à moi.
Soit ils bafouillent, soit pausent des questions indiscrètes et idiotes.
J'ai un handicap… rien de naturel.
Rien dû à une naissance difficile.

Petite j'étais même très belle. De grands yeux bleus. De beaux cheveux blonds platines, à la limite du blanc. J'étais une gamine heureuse, gaie comme un pinson. Ayant toujours une bonne répartie.
J'étais la fille la plus chanceuse du quartier.
Des parents qui s'aiment, une grande sœur belle et gentille, un petit frère Gabriel aussi blond que moi, un chat et un chien… et un avenir tout tracé dans le secteur de la communication ou du cinéma.
J'aimais parler… j'aime toujours.
J'ai gardé ce bagout qui maintenant me sert à rabattre le caqué à ces personnes trop curieuses.

L'accident est arrivé à mes neuf ans.
Un accident de voiture banal. Ma sœur faisait la conduite accompagnée, Gabriel et moi étions à l'arrière avec maman…on s'est fait emboutir…sur une voie rapide. Seuls papa, Anne et moi, avons survécus.
J'ai perdu une partie de mon visage et j'ai soucis avec ma jambe droite. Dans l'ensemble j'ai eu de la chance, aucun organe n'a été touché. J'ai toujours mes yeux, mon nez, mes oreilles, mes mains.
De mes multiples opérations je n'ai gardé que ces trois longues balafres qui parcourre mon visage du côté droit et cette douleur qui vas et viens selon son bon plaisir.
J'ai mis du temps, mais j'ai récupéré mon goût en l'avenir.

Ma sœur a tout perdu. Elle a perdue sa propre confiance, sa joie de vivre et son sourire. Elle aurait voulu mourir. Du jour au lendemain, elle s'est éteinte. Elle se juge coupable…. Elle ne l'est pas. Mais on a beau lui dire... En plus, elle refuse de voir un psy… moi je l'ai fait, comme papa. C'était trop important.

Les enfants sont marrants, un jour il y en a un qui est venu me voir en me disant :

- C'est joli les dessins sur ton visage, je peux avoir les mêmes ? (1)

Un autre :

- Tu es jolie même si tu laves mal le visage.

Ce jour là j'ai éclaté de rire, et j'ai pris ma décision… je serais puéricultrice.

Le plus gênant, ce sont les adultes.
C'est eux qui pausent les mauvaises questions et des remarques imbéciles...

- Elle va traumatiser mon fils avec ses… (Crétine, ton gamin s'en fou comme de l'an quarante… tant que je ne joue pas à la vilaine sorcière)

- Vous vous êtes fait ça comment ? (Un jour je suis allée en Papouasie et je me suis fait attraper par des cannibales, heureusement je me suis évadé quand il commençait à manger ma joue...)

- Mais… vous avez essayé la chirurgie esthétique (Non… jamais…. J'adore porter les traces de mon malheur sur mon visage, ça donne un style).

- Ca ne vous gêne pas (Ben maintenant que vous le dites…quand j'utilise ma main gauche, j'ai la cicatrice du haut qui fait mal… en quoi cela me gênerait, c'est vous que ça gêne !)

Enfin tout ça pour dire que je me suis endurcie.

Et ma sœur a sombrée dans la dépression.

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Quoi… vous voulez une histoire ?
Soit… voilà mon histoire… celle qui démarre aujourd'hui, mercredi 26 juillet.

Oui elle a démarré ce jour car c'est une date importante pour nous dans la famille.
C'est l'anniversaire de ma cousine Aélya (quel prénom. (2) ). Un jour difficile à oublier, car quinze jours avant la date, elle vous rappelle bien qu'elle compte avoir des cadeaux.
Je l'adore… depuis sa tendre enfance elle dirige tout le monde…et obtient ce qu'elle souhaite par usure… non pas par usure de caprice et pleurnicherie. Mais usure d'argument plausible.
Donc… le 26, je me devais de lui offrir la panoplie de Beautifull-day, de la peinture sur carreaux mais décollable ! Très important le décollable, car comme ça elle peut dessiner sur les vitres de sa chambre sans fâcher maman car elle les retire rapidement.
Et c'est créatif, ça ouvre l'esprit…
Je tiens à souligner que cette charmante demoiselle a 9 ans et que je suis entrain de la citer…

Donc ce jour là… je prends ma super voiture repeinte en vert (3)… Et je roule en direction de l'appartement de ma tante. (Et oui… je suis au moins majeur… j'ai le permis…depuis 3 ans environ…petit calcul hein ?)
La route n'est pas bien longue…j'en ai pour quinze minutes à peine…
J'ai de la chance, j'ai même une place de stationnement qui se libère, juste en face du bâtiment. Je l'ai repéré de loin ! Je suis la championne pour cela.

Mais déboulant de nulle part, voilà, t'il pas qu'un mec, avec une poubelle bleue (avec des faux airs de voiture quand même) me pique la place ! Et ce, alors que j'avais mon clignotant pour me garer !

Ah non ! Ca n'allait pas se passer comme ça !
Furieuse je me suis mise en double file à ses cotés et je suis sortie en trombe de la voiture.

- Non mais vous vous prenez pour qui !

Le conducteur baissa ses lunettes de frimeur pour me regarder de bas en haut.

- Quoi ? Fit-il au bout de quelques secondes.

- Non mais j'ai prévenu que la place m'intéressait !

- Pas vu.

Il coupa le moteur et fit mine de vouloir sortir de l'auto.
Toujours fâchée je le repoussais fermement sur son siège conducteur.

- Eh ! Minutes papillon ! Je viens de te dire que…

Le jeune homme brun (j'ai beau être fâchée, j'arrive à voir s'il est vieux ou jeune) attrapa ma main et la tira vers lui.

- Tu me touche encore, fille, femme ou handicapée, je te balance dans le caniveau.

Que n'avait-il pas dit ! Handicapée ! Moi ?

- L'handicapée te dit d'aller te faire f…

Il sourit.

- Ce n'est pas comme ça que vous aurez la place ! En plus non seulement vous bloqué une voie avec votre véhicule, mais en plus y'a une place un peu plus haut sur l'autre trottoir… vous voulez quoi au juste ?

Et là… je ne sais pourquoi, j'ai eu la sensation d'être la spectatrice de la scène.
Je nous vis, là… moi empêchant un homme de sortir de sa voiture, pour une vulgaire place de parking…Alors qu'effectivement il y avait une autre place.
Me sentant plus débile que jamais, j'ai retiré ma main…respirée un grand coup et balancé comme ça, histoire de le déstabiliser.

- Peut-être que je cherchais juste un moyen pour avoir votre numéro de téléphone.

Là oui, il parut surpris. Figé serait un mot plus juste. Dans ses yeux il semblait y avoir une question… que voulait-il ?

Un ange passa
Il avait un physique pas trop mal… et de belles mains.
Il devait se demander ce que je lui voulais.
Un deuxième ange passa…(oui… il doit y avoir des réunions d'anges par chez moi, car ils passent souvent)
Et là je me suis sentie plus débile que jamais et j'ai décidé de réagir.

- Bon… ben raté alors… au revoir.

Et avant qu'un autre ange décide de passer au-dessus de nos têtes, je suis montée dans la voiture pour faire mes manœuvres.
Je me suis garé en deux temps trois mouvements (comme quoi… être gêné aide à faire des créneaux magnifiques). Et j'ai pris mon cadeau pour aller le plus rapidement possible, ma jambe ne faisant pas de sienne, vers l'entrée du bâtiment de ma tante.

- Hé !

J'ai appuyé sur l'interphone, priant pour que la mère d'Aélya réponde. Je n'avais pas l'intention de me retourner sur cette interjection.

- Hé ! La pirate !

Pirate ? Mais quel âge avait ce garçon pour m'appeler comme ça ! Mignon mais crétin !
Je me refuse encore de me retourner.

Mais que fais Georgine ! Ce n'est pourtant pas difficile de répondre à l'interphone et de dire : Je t'ouvre !

Le silence se fit.
Par curiosité j'ai levé la tête. Tiens, pas d'ange cette fois…
Mais une main qui attrape la mienne pour me glisser un papier dedans, et une voix qui me dit : "J'aime les femmes d'action… j'attends ton appel."
Respiration… un… deux…trois…non…je respire bien…
Et je sursaute… le haut parleur me surpris.

- Excuses moi d'avoir été longue, fit une voix féminine. Je t'ouvre.

Je me suis retournée… Il n'était plus là… et sa voiture démarrait.
Il n'en voulait pas vraiment de sa place.

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Aélya fut ravie de son cadeau… "C'est exactement ce qu'elle voulait ! "
Je la cite encore… elle est tellement marrante…
Peut-être fera t'elle de la politique plus tard… elle dirigerait à merveille un pays…

Non… justement… trop dirigiste…elle deviendrait dictateur.

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Voilà. C'est ainsi que je connu le garçon mystère.
Mystère oui… car sur le mot était indiqué seulement :

"Moi qui ai toujours aimé les histoires de pirates,

Je ne laisserai pas passer l'occasion de me battre.

06.XX.XX.XX.XX. "

La rime était nulle… mais cela suffit pour que je prenne mon téléphone et que j'enregistre le numéro sous le nom de : M. Mystère.


(1) Merci à A.B… cette réplique tu me l'as dite

(2) Clin d'œil à qui comprends l'allusion…

(3) Je vous parlerais de la spécificité de la voiture dans le prochain chapitre.