SEED

Ecriveuse : Mimiko

Série : originale

Genre : Déconseillé au moins de seize ans (ça ne se voit pas immédiatement, alors je préviens). Un peu de violence, d'angoisse et du léger gore pour cet épisode, c'est tout.

Disclaimer : Alors c'est simple, tout les personnages sont copyright MOI. On y touche pas sans permission où je mords.

Episode 1 : L'arrivée

La berline roulait depuis un long moment sur la même route, tortueuse, vide et abandonnée. Avec toujours le même paysage de forêt qui donnait à la jeune fille une impression de malaise. Elle se retourna vers l'homme qui se tenait prés d'elle, cherchant un peu de réconfort. Elle ne savait pas où il l'amenait.

Cet homme, ainsi que les deux qui conduisaient à l'avant portaient des uniformes de militaires verts et rouges, dont seul le logo d'une tête de lion permettait de les identifier. Mais elle n'avait pas peur. Elle faisait confiance à l'homme assis à côté d'elle. Elle lui vouait une admiration, et une confiance sans faille.

La voiture passa sous un tunnel. Des petites lumières brillaient à chaque tournant, mais les hommes avaient allumés les phares. Elle jeta un coup d'œil à l'arrière pour s'apercevoir que l'entrée du tunnel se refermait derrière eux. L'homme ne semblait pas s'inquiéter, donc il n'y avait aucune raison pour qu'elle s'en fasse.

La traversé du tunnel apparut comme interminable. A un tel point, que la jeune fille sentit pointer une crise de claustrophobie. Elle détestait être enfermée dans le noir sans une ouverture par laquelle s'échapper, et au fond d'elle-même, elle ressentait à nouveau cette impression d'enfermement.

La fin du tunnel arriva enfin. Le ciel était bleu et le soleil éclairait la forêt environnante. Ils firent encore quelques kilomètres avant de découvrir derrière la cime des arbres les voutes et les toits d'un immense bâtiment moderne. Ils passèrent sous un portail ouvert, avant d'entrer dans une cour. La jeune fille eut à peine le temps d'y lire : «Centre d'entrainement et de formation SEED ».

A présent le bâtiment se découvrait dans sa totalité à ses yeux : il ressemblait à une espèce d'université dont l'architecture aurait été confiée à un designer fan de RPG. Des adolescents en uniforme bleu marine se promenaient ici et là, certains parlants et d'autres lisant dans les jardins qui entouraient le lieu.

La voiture s'arrêta devant l'entrée et l'homme sortit, l'enjoignant à faire de même. Ce qu'elle fit sans se faire attendre. Il lui prit la main et la conduisit vers les portes d'entrées. Il passa devant une espèce de guichet gardé par d'autres hommes en uniforme qui le saluèrent et entra.

A l'intérieur, il y avait un grand hall assez silencieux au plafond vitré et haut. Sous les pieds de la jeune fille, il y avait un blason représentant une fleur à demi ouverte. De chaque côté du hall, il y avait des ascenseurs, ou était-ce des portes ? Qui s'ouvraient de temps en temps pour laisser passer un adulte ou ce qui ressemblait à des élèves. Devant elle, le hall se rétrécissait pour former un large couloir menant à une salle légèrement plus petite que celle-ci.

L'homme décida de prendre un des peut être ascenseurs qui se révélait être réellement des ascenseurs.

-Tu viens ?

Elle ne se fit pas prier, et s'engouffra prés de lui, bien que l'intérieur soit vaste. Il appuya sur le bouton du quatrième étage et l'appareil se mit à monter rapidement avec un petit bruit de sonnette. Il se remit à sonner quand il fut arrivé au dernier étage et les doubles portes s'ouvrirent.

Ils devaient être dans la partie administrative, car il y avait devant eux un couloir sombre et désert où la seule fenêtre devait être à des lieux d'ici. L'homme, toujours sa main dans la sienne, avança, décidé le long de celui-ci. Il y avait des portes de chaque côté avec des plaques dessus, mais la lumière n'était pas assez bonne pour qu'elle puisse lire les noms qui y étaient gravé. Finalement, ils s'arrêtèrent devant une grande porte, et comme elle était plus imposante et plus belle que les autres, elle en déduit que ce devait être le bureau de la directrice.

L'homme frappa trois petits coups secs. Une voix lente et mielleuse les invita à entrer.

La porte s'ouvrit d'elle seule.

Dans le bureau il faisait encore plus sombre que dans le couloir. Ce qu'elle aurait pût croire impossible : Seules de nombreuses bougies éclairaient.

-Oh c'est vous ? Fit la femme derrière le bureau.

C'était difficile de la voir clairement : elle avait l'apparence d'une femme qui avait dépassé de peu sa quarantaine, de longs cheveux de couleur inidentifiable lui tombaient sur les épaules, elle portait de petite lunettes rondes qui brillaient à la lueur des flammes, rendant ses yeux cruels.

-Je vous amène la fille dont je vous ais parlé au téléphone, répondis l'homme.

-Quel âge a-t-elle ?

La jeune fille se tint tranquille dans un coin de la pièce : elle avait appris qu'il ne fallait pas déranger deux adultes qui discutaient sérieusement.

-Onze ans.

-Mmh, elle a l'air chétive… Fit la femme avec une grimace.

-Elle ne l'est pas. Ne vous en faîte pas. Elle serra une parfaite recrue.

-Nous verrons bien si elle tient plus d'une semaine… Puis s'adressant à elle : Approche ! Quel est ton nom ?

La jeune fille réfléchit un instant, avant de décider de lui donner le nom qu'elle avait reçu il y avait deux ans :

-Mimiko.

-Hmm, très bien, désormais tu t'appelleras C0999Z. Tu as compris ? Répète !

Mimiko aurait aimé répliquer que ce n'était pas vraiment un nom, et qu'en plus il était trop long pour qu'elle s'en rappelle, elle dont la mémoire n'avait jamais était sa qualité première. Mais elle avait aussi appris qu'il ne fallait pas désobéir à une grande personne.

-C0999Z…

-Sors maintenant, et attends dans le couloir qu'on vienne te chercher, lui lança la femme.

Mimiko sortit en faisant le moins de bruits possible et referma la porte derrière elle. Comme il n'y avait personne dans les environs, elle se laissa glisser à terre en soupirant. Elle se demanda dans quoi elle avait bien pût fourrer ses pieds. Elle avait un don pas possible pour se mettre dans les pires situations. Mais bon, elle était pressée de faire ses preuves pour que son sauveur soit fier d'elle et pour montrer à cette femme qu'elle était tout sauf chétive. Elle avait juste omis de manger pendant une semaine.

Alors qu'elle en était à la pensée de son ventre qui commençait à se manifester, elle entendit un choc sourd suivi de rires et d'un sanglot. Fronçant les sourcils, elle se leva pour voir de quoi il en retournait.

Devant ce qui devait être l'unique baie vitrée du couloir, il y avait quatre personnes, dont une fille. Elle et deux autres garçons tenaient un adolescent contre le mur. La marque visible et rouge sur sa joue ne faisait pas planer l'ombre d'un doute sur le fait qu'il était en train de se faire attaquer. La fille avait un horrible rictus accroché aux lèvres : on aurait dit qu'un coin de sa bouche était relevé à son maximum par un fil invisible. On aurait pût dire qu'elle était belle. Oui, ces cheveux étaient raides, assez longs avec une frange, et d'un blond platine. Les traits de son visage étaient réguliers, sa peau et ses lèvres pâles. Mais ces yeux étaient d'une noirceur qui rendait son expression dure et cruelle. En fait, elle avait les mêmes iris que Mimiko.

Les deux garçons qui l'accompagnait étaient bâtis sur le model des golems. Elle en avait déjà vu sur des livres illustrés, et c'était la première chose qui lui vint immédiatement à l'esprit. Les cheveux marron hérissés d'épis, le nez en patate et le regard aussi stupide que leurs rires. Celui qui se faisait agresser était plutôt mignon, le nez retroussé, des beaux cheveux noir jais et des yeux d'un vert étincelant. Des yeux qui étaient lors remplis de frayeur et de larmes.

-Regardez cette mauviette qui chiale comme un bébé, fit la blonde en attrapant violemment son menton dans ses mains, comme cherchant à le broyer, intensifiant encore plus les pleurs du garçon. Bein quoi, tu ne vas pas te faire dessus en plus ?!

Les deux golems se mirent à s'esclaffer comme si c'était la blague du siècle. Du sang commençait à couler le long de la main blanche de la fille.

Mimiko ne pouvait pas en souffrir davantage. Elle savait qu'elle avait promis d'être sage, mais c'était plus fort qu'elle. La justice était fermement ancrée en elle.

-Trois contre un ! Vous êtes des lâches ! Rugit-elle en sortant de sa cachette qui n'en était pas vraiment une.

Les quatre têtes se retournèrent vers elle avec un air plus que stupéfié. Et après un petit silence où chacun se regardèrent sans dire un mot, Mimiko et la fille se défiant activement du regard, cette dernière décida à prendre la parole :

-Je ne t'ai jamais vu ici, qui est tu ?

-Mon nom est…, elle eut ne seconde d'hésitation : quel nom devait elle lui donner ?

-… Mimiko ! Se décida-t-elle.

La réponse parut convenir à la blonde, car son sourire s'élargit sous son regard froid.

-Encore une expérience ! C'est pour ça que tu ne me connais pas encore. Je m'appelle Chriss, et je te conseille vivement de faire comme si tu n'avais rien dit et je te pardonnerais !

-N'y pense même pas, répliqua Mimiko en s'insurgeant intérieurement. Pour qui cette fille se prenait elle ? Pour le caïd du coin ? Eh bien elle n'allait pas lui laisser faire la loi !

Chriss lui rendit un regard froid, envoya le garçon qu'elle tenait toujours se fracasser le crâne sur le mur : une longue trace sanglante suivit son parcours au sol.

-Tu n'aurais pas dû me répondre comme ça !

Elle s'approcha doucement de Mimiko avec la même allure qu'un félin s'apprêtant à bondir sur sa proie, la même lueur meurtrière était concentrée au fond de ses pupilles. Mimiko ne broncha pas, même si au fond d'elle quelque chose comme un réflex de survie lui disait de s'enfuir.

Il fallait qu'elle se montre digne de celui qui l'avait sauvé.

Le fauve aurait pût la dévorer si une jeune femme habillé d'un tailleur n'était pas arrivé en même temps.

-C0999Z ! Ah vous êtes là !

Mimiko tourna la tête vers la nouvelle arrivante qui semblait avoir assez d'autorité pour que Chriss se fasse oublier. Pourtant elle n'en donnait pas l'air avec ses airs de bibliothécaire, un chignon brun en pagaille menaçant de s'écrouler à chaque instant et ses petites lunettes ovales au bout du nez qui laissait apparaitre deux yeux longs et bleus.

Chriss fit signe à ses deux gorilles et passa prés de Mimiko pour partir :

-On se reverra ! Lui murmura t'elle avec un ton haineux qui, s'il avait était un verre d'eau, déborderait largement.

Ce fut quand elle fut loin d'eux, que la jeune femme remarqua enfin le corps du garçon à terre :

-Oh mon dieu, c'est Chriss qui a fait ça ? Puis se reprenant : Oh évidemment que c'est Chriss qui a fait ça, question stupide. Eh bien ma petite, tu as fait la pire rencontre que tu aurais pût faire dés ton premier jour…

-Pardon, mais qui êtes vous ? Demanda Mimiko.

-Oh désolé ! Avec tout ça, je ne me suis même pas présenté ! Je suis Miss Emily Lene, ton professeur de magie de l'esprit. Et la directrice m'a donné la difficile tache de te faire découvrir les mœurs d'ici.

-Magie de l'esprit ?

-Oui, mais ne brûle pas les étapes, chaque chose en son temps ! Tout d'abord, tu dois nous promettre de ne jamais révéler à aucun élève d'ici que tu viens de l'extérieur. OK ?

-Pourquoi ça Miss Lene ?

-Eh bien il le vaut mieux pour toi. Tous les élèves de cet établissement sont nés et ont grandi dans ce centre. Ils ne connaissent pas l'extérieur, lui expliqua Miss Lene.

Mimiko réfléchit un instant : c'était pour ça qu'ils trouvaient tous normal de se connaitre, ils ne doivent pas voir de nouvelles têtes souvent.

-…Chriss a parlé d'un truc que je n'ai pas bien compris : elle a dit que j'étais une expérience.

-Il vaut mieux que tu te présente comme tel. Bien que les expériences sont méprisées… Ceux sont des enfants qu'on a élevé à part pour qu'ils aient certaines capacités. Bon, nous n'allons pas rester ici ! Je vais te faire une visite des lieux, puis je te donnerais ton emploi du temps, ton uniforme et te montrerais ta chambre.

-Je ne vais pas revoir le lieutenant ? Demanda Mimiko.

-L'homme qui t'as amené ? Il est déjà reparti ! Lui répondit vivement son professeur, puis s'apercevant de son air réellement déçu, t'en fait pas ! Il reviendra te voir !

Mimiko soupira un « oui » qui se voulait convaincu.

-Allons-y maintenant !

-Et le garçon par terre ? Lui rappela la jeune fille.

Miss Lene lui fit un charmant sourire :

-Ne t'en fait pas, l'équipe de nettoyage va s'en occuper !

OooO

La traversé du centre fut longue et cela leur pris tout l'après-midi de visiter le réfectoire, le foyer des élèves, la bibliothèque, l'infirmerie, les aires d'entrainements, les salles de cours et les jardins. Elles se dirigèrent maintenant vers les dortoirs.

-Pardon professeur, mais j'ai une question plus qu'essentielle à vous poser : pourquoi sommes nous là ? Nous étudions pourquoi ?

La jeune femme la regarda un instant avant d'éclater d'un rire léger :

-Tu ne sais même pas pourquoi tu es là ? Tu es là pour devenir SEED, un soldat aux capacités d'adaptations de combats exceptionnels, capable d'effectuer n'importe quelle mission, en groupe ou en individuel.

- Pourquoi on ne fait pas ça dans une base normale ?

-Parce qu'il faut un entrainement très dur, un tempérament aiguisé, une volonté très forte pour utiliser la magie de l'esprit. Toi-même tu auras du mal, tu vivras des jours difficiles, mais tu devras rattraper le niveau des autres pour survivre.

Mimiko ne comprit pas ce que voulait dire Miss Emily Lene, mais elle savait que dans peu de temps, elle le comprendrait.

Au bout d'un couloir, dans une des branches du bâtiment, elles arrivèrent devant les dortoirs. Plusieurs élèves se reposaient à cette heure là le long du couloir ouvert sur le jardin qui y menait, retenu par des piliers, mais quand elles entrèrent, elles trouvèrent l'escalier principal du dortoir désert. Et pour cause, un pendu tournoyait doucement au milieu, attaché par une corde au lustre du plafond.

Mimiko en resta sans voix. Ses yeux ouverts au maximum, plus mué par l'effarement que par l'horreur. Ou peut être un peu. Du moins, ça ne semblait pas faire réagir son professeur. Elle regardait le corps de l'élève avec un regard sévère.

Sa tête était inclinée sur ses épaules, indiquant qu'il était bel et bien mort le cou brisé. Ses yeux sous la douleur avaient roulé dans leurs orbites et sa peau était blanche. Si Mimiko l'avait touché, elle l'aurait trouvé raide. Il devait pendouiller là depuis ce matin.

-Vous croyez que c'est un suicide ? Proposa doucement Mimiko en s'avouant que cette idée lui plaisait plus qu'à l'autre chose à laquelle elle pensait.

-J'en doute fortement. Je pense plutôt qu'il doit s'agir d'un nouveau trophée pour Chriss…

-Mais vous ne faîtes rien pour l'en empêcher ?

-Non… La directrice n'en a cure. Ca fait partie du système du centre : seuls les plus forts survivent. Il faut t'attendre à d'autres joyeusetés dans ce genre tout les matins.

La jeune fille en resta à nouveau muette.

-D'ailleurs, c'est un conseil, il va falloir que tu apprennes rapidement à ne dormir que d'un œil. Surtout si Chriss t'as dans le collimateur.

-Mais il n'y a pas de verrous aux chambres ? Fit Mimiko intérieurement vraiment de moins en moins rassuré et se demandant si le lieutenant savait vraiment ce que signifiait la phrase « je vais te mettre en sureté ».

-Crois moi, ce n'est pas un verrou qui empêche d'entrer ici. Et tu as intérêt à devenir forte rapidement. Ici, c'est comme ça, plus tu es fort, plus tu es respecté et plus on te laisse tranquille, lui enseigna Miss Lene en montant l'escalier, Mimiko sur ses talons.

Elles traversèrent un couloir qui ne différait pas de ceux du reste du bâtiment et arriva devant une porte. Elle l'ouvrit :

-Voila ta chambre ! Elle est double, mais pour l'instant tu es seule.

La jeune fille entra : ces appartements se composaient de trois pièces. Celle d'entrée, large, comportant un canapé et des petits meubles, s'ouvrant sur deux chambres. Elle ouvrit la porte de droite : la chambre était assez étroite avec un lit simple, un bureau, un casier pour ses vêtements et une petite fenêtre. Mais c'était mieux que rien.

Elle s'assit sur le lit qui rebondit légèrement sous elle. La jeune femme entra à son tour en lui désignant des vêtements qu'elle tenait sur son bras. Le premier qu'elle lui montra, et qui était en double exemplaire, était pourvu d'un chemisier blanc, d'une veste et d'une jupe bleu marine :

-Celui-ci c'est ton uniforme, tu dois le porter tous les jours de la semaine.

Elle les déposa sur son lit, puis lui montra un autre vêtement ressemblant, mais avec plus de fioritures :

-Celui-ci, c'est ton habit des grands jours et de cérémonies.

Puis le dernier était une chemise de nuit entièrement blanche hormis le blason de l'école sur le torse, lui aussi était en double exemplaire :

-Et ceci est ton pyjama. Il y a des chaussettes et des petites culottes, dans ton casier. Ton emploi du temps est au dos de ta carte d'étudiant, et aussi placardé sur la porte de ta chambre. Les douches, les lavabos et les sanitaires pour filles sont au bout du couloir. Pour l'instant tu n'as pas besoin de sous-vêtement, mais si le besoin s'en fait ressentir, n'hésite pas à te rendre à l'infirmerie voir le docteur Anne Misser, pareil si tu te sens malade, si tu es blessée ou si tu as un problème. Tu as tout bien compris ?

-Oui, Miss Lene, répondit Mimiko.

-Très bien, tu peux dormir, alors à demain !

Le professeur lui fit un signe de la main amicale avant de sortir de ses appartements. Mimiko s'empressa de tirer le verrou de suite après elle et d'allumer toute les lumières car la nuit était tombée entretemps. Elle ferma les volets des deux chambres avant de se mettre en chemise de nuit et de rester immobile au beau milieu du « séjour ».

Puis, de façon résolu, elle entra dans sa chambre, ferma la porte, se faufila sous les couettes et ferma la lumière. Mais elle n'arriva pas à se détendre, car tous ses sens étaient aux aguets. Elle craignait d'un moment à un autre entendre la porte s'ouvrir doucement, et quelqu'un entrer à pas de loup. Ce quelqu'un avait étrangement des yeux très sombres et cruels, et lui susurrait à l'oreille :

« On se reverra ! »

Elle ne dormit pas cette nuit.

A suivre…