Titre : une vie parfaite

Auteur : Niwa-himé

Genre : romance, yaoi, one-shot

Disclamer : perso et histoire à moi !!!

Note importante de l'auteur : Histoire traitant d'homosexualité donc si ça plait pas, vous lisez pas !

Je vous souhaite une agréable lecture !

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Je suis parfait. Je le pense. Vraiment. Bon. D'accord. Peut-être ne suis-je pas la perfection même mais tout de même, s'il existe quelqu'un en ce monde qui approche le plus la perfection, c'est bien moi.

J'ai aussi un appartement parfait…. Du moins il l'était, il y a un petit moment encore. Il était rangé. Propre. Très propre. Et ça sentait merveilleusement bon.

J'avais un travail… non je l'ai toujours. Mais il me paraissait parfait. Mais dernièrement, il est de loin l'endroit le plus horrible que je connaisse.

Bref. Tout était parfait. Tout. Absolument tout. Et j'étais heureux. Extrêmement. Alors pourquoi ai-je laissé tout ceci arriver ? Pourquoi l'ai-je même accueillis les bras ouverts et si chaleureusement ? Pourquoi ? Si seulement j'avais la réponse…

Je regarde d'un œil blasé la paire de chaussettes qui traîne derrière la porte de la salle de bain. Je pousse un soupir. Je saisis les chaussettes du bout des doigts. Je vais directement dans la cuisine.

Comme je m'y attendais, tu es assis, non, plutôt avachi sur la chaise contre le mur. Je pousse à nouveau un soupir. Ma cuisine était si belle… tu as renversé du café sur le bord de l'évier. Il y a des miettes de pain sur la table, il y en a aussi par terre. Mais à mon plus grand malheur, j'aperçois de la confiture d'abricot sur ma si magnifique table.

Je lève les chaussettes devant tes yeux. Tu relèves la tête et me fais un sourire. Non, non. Ça ne marche pas comme ça. Tu attrapes mon poignet qui tend toujours ces vilaines chaussettes. Tu tires dessus et je me retrouve à m'appuyer sur la table avec mes deux mains. Je grimace. Les chaussettes. Sales. Sur ma table. Je vais pleurer. Mais avant je vais te hurler dessus.

Ta main glisse le long de mon bras. Tu agrippes le col de ma chemise violemment et tires d'un coup sec vers toi. Nouvelle grimace. Elle va être froissée. J'ai pris dix minutes ce matin pour la repasser. Je sens tes lèvres se poser sur les miennes. Doucement. Une chemise froissée. Ce n'est pas si grave. Et puis ce n'est pas comme si elle allait avoir l'air de sortir directement de la machine à laver. Vraiment froissée. Elle sera juste un peu chiffonnée.

Nous nous séparons. Tu murmures un tendre bonjour contre ma bouche. Je pousse à nouveau un soupir. De désespoir sûrement. Je m'empresse de recoller nos lèvres ensemble. Ta main s'égare dans mes cheveux. Je vais te tuer. Je sors de la salle de bain. Donc j'étais parfaitement bien coiffé.

Je me redresse. Il faut que je refasse un saut à la salle de bain. Pour me repeigner. Tu te lèves et me dis de finir de me préparer. Tu vas faire mon petit-déjeuner. Je lève les yeux au ciel. Je suis certain que tu vas mettre un peu plus de désordre dans cette si charmante cuisine. Du moins elle était avant ton arrivée…

Je jette tes chaussettes dans la panière. J'ai oublié de t'engueuler. J'hausse les épaules. Chaque matin c'est pareil. Ce n'est pas grave si j'ai oublié aujourd'hui. Non. Le problème c'est que chaque matin tu te défiles en m'embrassant comme tu viens de le faire. Je vais vraiment te tuer…

J'ai mangé. J'ai fini de rassembler mes papiers. Je vais partir au travail. J'entends un bruit de vaisselle cassée. Je ferme les yeux. Je pousse un léger gémissement. Ma vaisselle. Si chère à mon cœur. Je pose ma pochette sur la table basse du salon. Je suis à la cuisine et mes yeux se posent immédiatement sur tes mains. Tu ramasses la tasse dans laquelle je buvais quelques instants plus tôt. Mais l'horreur me prend quand je te vois te couper. Je me précipite vers toi. Je te redresse et saisis ta main blessée entre les miennes. Ce n'est pas une coupure très profonde. Mais le sang coule quand même. Je te tire vers le salon. Je t'ordonne de t'asseoir sur le canapé et je cours chercher la boîte à pharmacie. Je me bénis pour avoir pensé à racheter du désinfectant.

Tu as la tête baissée. Tu ne pleures pas. Non. Bien sûr que non. Ça m'agace. Je me rappelle être tombé dans le bac à douche une fois. Et la première chose que j'ai faite c'est pleurer de douleur. Je me maudis encore pour ça. Tu m'as soigné. Et tu m'as dorloté plus que d'habitude. Et bon sang, tu ne cesses de me dorloter. Tu étais à mon service. Je souris alors que je me souviens t'avoir fait plier en quatre pour me satisfaire autant qu'il y avait encore la moindre marque sur ma jambe.

J'ai envisagé de me faire mal plus souvent après ça. Mais définitivement. Je ne suis pas comme toi. Je ne supporte pas autant la douleur. Bizarrement te faire mal involontairement fait partie de ton quotidien. Et tu ne pleures jamais ! Ça m'énerve.

Je m'agenouille devant toi. Je m'aperçois qu'il y a une tâche de sang sur le tapis. Ce coup-ci je m'enfiche. Ce n'est pas le mien. Et avouons-le, je ne l'aime pas particulièrement ce tapis.

Je pense ta plaie tout en te maudissant à voix haute pour être si maladroit. Et toi tu souris doucement. Je suis certain que tu crois que je m'inquiète pour toi. En fait. Je ne me soucie pas vraiment de toi. Un peu, ça c'est sûr, mais vraiment qu'un peu.

Je soupire. Je finis de ranger tout ce que j'avais sorti de la boîte à pharmacie. Je suis toujours agenouillé sur le sol. Je vais pour me redresser et retourner placer la boîte dans la salle de bain quand tu m'attires sur tes genoux. Non. Vraiment. Ce n'est absolument pas le moment. Je vais être abominablement en retard.

Tu murmures un petit merci et tu m'embrasses doucement, tendrement. Et je ne peux pas m'empêcher de me dire que seule une personne amoureuse peut embrasser ainsi. J'aime savoir que tu m'aimes.

Voilà pourquoi mon travail ne me paraît plus autant attrayant qu'avant. Parce que je suis loin de toi. Je me sens stupide de penser ça. Je te repousse légèrement.

Je sors de notre appartement. Je n'ai qu'une envie c'est d'y rentrer et de nous y enfermer à double tour. Juste toi et moi. Que c'est beau de rêver.

Ma journée de travail m'a éreinté. Je t'envie de pouvoir travailler tranquillement à la maison. Je suis enfin rentré.

Je n'ai qu'une envie c'est de mettre les pieds sous la table, d'aller prendre une douche et d'aller me enfin coucher. Peut-être avoir un câlin avant de sombrer dans le sommeil.

Je t'appelle et je n'ai aucune réponse. Je fronce un peu les sourcils. Je vais dans la cuisine. Qui n'a pas été rangée. Bien sûr. Mais il n'y a pas de dîner de fait. Rien. Et mon ventre qui grogne abominablement. Je soupire.

Je suis dans la chambre et je te trouve enfin. Allongé de tout ton long en travers du lit avec une couverture négligemment entouré autour de toi. J'entends un petit ronflement agaçant sortir de tes lèvres.

Je remets la couverture un peu mieux sur toi. Je m'apprête à sortir quand je sens une main entourer mon poignet et me tirer à l'arrière. Je tombe mollement sur le lit à tes côtés. Tu es encore tout endormi mais tu te penches sur moi et m'embrasses gentiment. Je grimace dans le baiser. Il faut dire que tu n'as pas une halène très fraîche.

Tu te colles à moi et enroules la couverture autour de nous. Je sens ton nez s'enfouir dans mon cou. J'aurais bien envie de râler. C'est moi qui viens de dehors. C'est moi qui devrais me réchauffer le nez. Pas toi.

J'ouvre la bouche pour te parler mais tu me coupes. Juste un murmure. Un simple murmure. Je t'aime. Moi aussi. Et je me retourne pour te faire face. Je t'embrasse et cale ma tête sous la tienne. Tes bras m'entourent. Je suis bien.

Je souris. Je ne suis pas parfait. Tu es loin, très loin de l'être aussi d'ailleurs. Et rien de ce qui nous entoure ne l'est non plus. Et je vénère la perfection. Mais sincèrement. J'aime cette vie imparfaite, bien plus que n'importe quelle vie parfaite.

Fin