Titre : Quelqu'un que je ne marquerai pas (dit « The morning after »)
Auteur : Meanne77

Genre : Lendemain matin. Langage peu châtié, une fois encore.

Claimer : Les personnages continuent d'être à moi. J'avoue que ça fait bizarre d'écrire cet Akim là. Pas l'habitude. D'ailleurs j'ai eu beaucoup de mal et je continue de ne pas en être satisfaite (mais là je sais que c'est en partie parce qu'ils me fluffisent trop tous les deux et qu'à ce point de l'histoire ils n'ont pas encore le droit d'être fluffy… v.v)

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Quelqu'un que je ne marquerai pas

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C'est la lumière qui le réveille et il croit un bref instant être rentré trop torché la veille pour avoir eu le courage ou la force de fermer les volets, mais les courbatures se chargent bien vite de lui rafraîchir la mémoire. Il n'est pas rentré tout court.

Généralement, il ne découche pas. Il rentre parfois très tard mais il rentre tout de même parce qu'il sait que ses parents, même s'ils ne disent rien, n'aiment pas ne pas savoir où il passe la nuit. Il essaye de ne pas trop abuser de son statut privilégié de premier fils, aussi parce qu'il doit servir d'exemple à ses deux petits frères. Mais la nuit dernière, c'était spécial. Les images, les sensations lui reviennent alors petit à petit, attisant une envie de revivre sa nuit ; le bar, la faim et le canon… Oh bon Dieu, cette véritable bombe sexuelle qu'il a alpaguée hier soir et qui s'est avérée ne pas être qu'un physique ! Il savait ce qu'il faisait et comment le faire, l'enfoiré !

Il jure à voix basse, il ne peut pas s'en empêcher.

D'autres images, encore… Le verre avalé cul sec pour se donner du courage parce que même si depuis qu'il a fait son entrée plus que remarquée dans le bar, le blond a jeté systématiquement tous ceux venus l'aborder, il ne peut pas ne pas tenter sa chance, lui aussi. Il y va au culot, avec un peu d'alcool dans le sang en guise de soutien.

Les sourires moqueurs de ces pauvres blaireaux quand il s'approche du blond, sourires qui disparaissent quand ce dernier lui paye un verre et, oh leurs têtes lorsqu'ils quittent le bar ensemble ! Il n'est pas prêt de les oublier, ces visages, envieux, haineux, et pour quelques uns, admiratifs. Et il sait que tous hier soir ont fantasmé d'être à sa place. Ça a peut-être rendu encore meilleure la sensation de la langue du blond dans sa bouche, sur son sexe.

Un sourire étire ses lèvres et il ouvre enfin les yeux. Le poids à ses côtés lui indique qu'il ne se réveille pas seul. Un coup d'œil de biais lui confirme ce que l'immobilité du corps lui avait fait supposer : Gaël dort encore. Et il jure de nouveau parce que nom de Dieu, quel canon ! Même le matin au réveil et après une partie de jambes en l'air… Akim peut se rendre compte que ce n'était pas dû à l'alcool ou à l'éclairage. À la limite, même, la veille ne lui a pas rendu justice : il est encore mieux à la lumière du jour et lorsqu'on a l'esprit sobre.

Akim a un moment de jalousie, une pensée à son tour vicieuse, envieuse et haineuse. Alors ça existe vraiment des mecs comme ça. Des mecs d'une perfection physique insupportable, injuste, avouons-le. On peut en rencontrer dans la « vraie vie », pas uniquement en photo sur des magazines devant lesquels on se branle puis éjacule. Y'a des types sur cette terre qui ont le droit d'avoir un mec pareil dans leur pieu… Et puis la pensée se dissipe parce que pour l'instant, celui qui est au lit avec Gaël, c'est lui. La jalousie reviendra plus tard, au prochain magazine, mais en attendant c'est à cause de lui si Gaël dort encore, à cause de tout ce qu'ils ont fait la veille, et il aurait fallu bien plus que ces quelques heures pour combler tous les fantasmes que le blond lui inspire, pour faire tout ce à quoi ces pauvres types du bar ont rêvé cette nuit. Et même si Akim a encore envie de lui (bien sûr, comment pourrait-il en être autrement avec un corps pareil, nu et à quelques centimètres à peine de lui ?), il s'est déjà bien rassasié. Même s'il n'a plus jamais un dieu pareil dans son lit, il sait aussi qu'il n'est pas prêt d'oublier la nuit qu'il vient de passer.

Bien sûr, il est lucide, lui n'aura pas marqué Gaël au point de ne pas être oublié mais peu importe. Ils ne jouent pas sur le même tableau, ils n'appartiennent pas au même monde. Akim le sait, ne se fait pas d'illusions, on peut passer toute une vie sans jamais avoir la chance d'approcher ce genre de mecs. Mais outre les souvenirs personnels de cette nuit, il lui restera celui d'avoir rendu tout un bar vert de jalousie. Il pourra se vanter longtemps de cette prise-là.

Il se lève, va aussi silencieusement que possible chercher son téléphone portable, prend soin d'en couper le son pour que le bruit qui imite celui d'un déclencheur ne réveille pas son coup de la veille. Gros plan sur le visage, centré sur les lèvres pleines et entrouvertes, des lèvres de suceuse, comme il a pu l'apprécier cette nuit, et son trophée est immortalisé. Puis un plan d'ensemble sur le torse nu, le corps alangui entre les draps défaits. Deux clichés comme preuves que la chasse a été ô combien fructueuse, deux preuves pour lui-même, aussi, au cas où il en viendrait parfois à douter avoir été celui avec lequel un type pareil a quitté le bar.

La poitrine de Gaël se soulève et s'abaisse avec un rythme régulier et Akim le regarde un long moment dormir.

Il a les cheveux blonds, naturellement blonds, Akim a eu largement l'occasion de le vérifier. Une peau d'une couleur appétissante, merveilleusement hâlée ; ni trop ni pas assez, non, un bronzage parfaitement dosé et sans doute tout aussi parfaitement entretenu. Pas une seule marque qui ne vienne gâter le tableau parce que Gaël le lui a interdit et que son regard lui a clairement fait comprendre que bien qu'il soit gravement en train de le faire bander, il n'hésiterait pas à le foutre dehors et à se finir tout seul si Akim ne respectait pas ce contrat-là. C'est le sérieux, la fermeté de ce regard qui lui a indiqué que Gaël n'était pas juste un pur beau gosse qui se la jouait mannequin, mais quelqu'un qui l'était vraiment et qui ne pouvait pas se permettre d'avoir des traces sur le corps dans le cadre de son travail.

Un mannequin… Un vrai mannequin…

Avec de jolis yeux vert pailleté… Akim avait dû attendre l'éclairage du métro pour le savoir, celui tamisé du bar ne lui avait pas permis d'en définir la couleur...

Et des fesses pour lesquelles Akim pourrait envisager de se damner s'il était croyant. Fermes, musclées, comme le reste de son corps. Ce n'est pas simplement que Gaël n'a pas un pet de graisse, c'est qu'il est surtout idéalement modelé.

Gaël est beau. Vraiment, vraiment beau.

Trop, en fait, pour être photographié à son insu sur un téléphone portable. D'autant qu'au final, on ne distingue pas grand chose, son téléphone n'est pas assez récent, ou assez perfectionné.

Le corps de Gaël mérite un véritable appareil photo, et même probablement un photographe professionnel, quelqu'un qui saura comment rendre justice à ce qu'Akim a sous les yeux. Si Gaël doit être montré, qu'il ne le soit pas à son désavantage avec une photo minable sur un écran médiocre.

En quelques manipulations, Akim efface ces deux derniers clichés. Personne ne le saura jamais mais ça ne l'empêche pas de se trouver pathétique, de se faire honte.

Gaël pousse un soupir dans son sommeil et Akim sourit, son désir de nouveau attisé par ce simple son qui ressemble tant à un début de gémissement. Il jette son téléphone sur un tas de vêtements non loin de là puis du bout des doigts caresse la peau du ventre, du torse… Gaël bouge, est proche du réveil, et Akim sourit de nouveau. Il se penche, remplace ses doigts par sa langue, sa bouche, suçote sans marquer.

Peut-être que Gaël sera partant pour un lendemain matin…

(fin)