Classement: T pour adolescents
Genre: Romance/Humour/Drame
Avertissements: Insultes et mauvais langage occasionnellement, situations parfois sexy, mais rien d'intense.
Disclaimer: L'histoire m'appartient, tous ses personnages également, mais les situations et les lieux (sauf St. Michael's College et Éthéré) ne m'appartiennent pas. Les chansons, émissions de télévision, films, livres, citations et autres ne sont pas à moi, sauf si indiqué.
Résumé: Dans la vie, il y a toutes sortes de relations qui forgent la personne que nous allons devenir. Il y a nos parents, nos amis, nos professeurs, nos collègues... et nos ennemis. Dans le cas de Kara et Chris, c'est surtout le dernier point qui est à retenir. Étudiants brillants d'un programme enrichi d'enseignement, adversaires depuis sept ans et rivaux dans tous les domaines, ils font vivre à l'autre et à leur propre entourage un véritable enfer. Maintenant en secondaire cinq, certains croient qu'ils devraient faire la paix avant que la situation ne dégénère, mais... ils devraient savoir qu'abandonner n'est pas une option.


De l'autre côté du miroir

- Prologue -


« Soit on aime, soit on hait. Sinon, on méprise. Aimer et haïr sont signes de respect et de reconnaissance. » Romain Guilleaumes



Il y a une mince ligne entre la haine et l'amour.

Je ne sais pas exactement qui a dit cette phrase en premier. Ce n'est certainement pas moi, je ne fais que reprendre un cliché bien connu de tous. Après tout, quoi de plus banal que de lire une histoire où les protagonistes se détestent pour quelle que raison que ce soit, puis tombent en amour subitement ? Ne le niez pas, c'est devenu d'une telle banalité !

C'est une des choses qui me laissent perplexe. Pourquoi la haine et l'amour sont-ils aussi semblables ? Est-ce à cause de la passion qu'ils nous inspirent ? Après tout, haïr et aimer ne sont pas des actions faciles. Détester, c'est aisé. On peut détester beaucoup de gens dans notre vie sans que cela ait de grande influence sur notre quotidien. Haïr, c'est difficile, cela demande toute notre énergie, à toute heure de la nuit et du jour. Cela influence directement notre vie, bien sûr, puisque toutes nos actions sont faites en lien avec la haine que l'on ressent.

La haine nous empêche souvent de penser clairement. Elle nous aveugle à tout ce qui nous entoure, sauf l'objet haï. Elle nous rend sourd à tout et à cause de cela, elle obscurcit notre jugement. Elle nous empêche d'être rationnel, puisque c'est une émotion puissante et que celles-ci ne sont jamais rationnelles. Haïr n'est certainement pas quelque chose qu'on fait avec la tête, qui est pensé et mûri. Non, c'est quelque chose qu'on fait avec le cœur. On hait avec le cœur et c'est ce qui donne sa force à ce sentiment.

Le cœur est un organe qui nous fait faire les choix les plus absurdes et nous fait prendre les décisions les moins réfléchies. Il empêche souvent notre tête de nous parler, de nous conseiller car il sait que la tête ne serait pas toujours d'accord avec les décisions qu'il prend. Non, la tête est intelligente, elle n'est pas aussi insouciante que le cœur. Elle sait que la haine est une émotion qui demande beaucoup trop d'énergie et ne prend donc pas la peine de s'en préoccuper. Elle sait apprécier et détester, mais elle ignore comment aimer et haïr. C'est la fonction du cœur de ressentir ces émotions.

Où en étais-je, avant de vous ennuyer avec ce cours de biologie que vous n'avez nullement demandé ? Oh oui, je vous parlais de la haine et de l'influence qu'elle a sur nous et sur notre vie. Et quelle influence! La plus grande de toutes. On est prêt à tout par haine pour quelqu'un. Pour le faire souffrir, pour gagner contre lui, pour ressortir plus fort que lui.

Maintenant, relisez ce que vous venez de lire sur la haine. N'est-ce pas exactement le même discours que celui qu'on porte sur l'amour ? Un sentiment puissant, qui obscurcit notre jugement, qui nous fait faire les pires folies, qui nous laisse épuisé à chaque soir d'avoir été trop passionné et qui fait en sorte que notre tête ne puisse plus avoir le dessus sur notre cœur... n'est-ce pas l'amour, autant que la haine ? Ne sont-ils pas liés au point d'être parfois indissociables ?

Après avoir vu ce que j'ai vu, après avoir fait ce que j'ai fait, je crois pouvoir affirmer qu'ils le sont. Oui, l'amour et la haine sont des sentiments très rapprochés l'un de l'autre. Au point d'être indissociables ? Oui. Au point de ne plus savoir lequel est lentement monté en nous, envahissant notre cœur, notre corps et notre tête sans aucun espoir d'y échapper ? Certainement.

Peut-être, en ce moment même, trouvez-vous ma conception de l'amour et de la haine invraisemblable. On peut haïr sans aimer et aimer sans haïr, bien sûr. C'est une évidence. Seulement, je crois qu'on peut aimer et haïr une seule et même personne. On peut se méprendre sur nos sentiments et prendre l'amour pour de la haine et vice-versa. Parfois, c'est par ignorance ou par incrédulité qu'on choisit de ne pas faire le point sur nos sentiments. À d'autres occasions, c'est simplement parce qu'on a fait un choix, conscient ou non, de ne pas admettre la vérité. On choisit de ne pas être honnête envers soi-même et envers l'objet de notre haine ou de notre amour.

Peut-être croyez-vous que je suis folle. Je ne peux pas vous blâmer de le croire, après tout mon discours n'est pas totalement clair et il peut même vous paraître suspect sous certains aspects. Peut-être faites-vous partie de ces gens qui ne peuvent admettre que l'amour et la haine soient deux émotions dont la source est la même. Ou alors, il se peut que vous ne soyez pas de ces gens qui croient à la passion aveugle, à l'abdication de la tête face à la trop grande violence du cœur.

Ne croyez pas que je sois une personne au tempérament violent ou marginal ; ce n'est pas le cas. En fait, rien n'est plus loin de la vérité. J'ai toujours été une personne calme, posée et qui se fondait facilement dans les foules. Aussi visible que le vieux papier peint qui orne les murs du salon de vos grands-parents. Je n'étais pas soumise, mais pas rebelle non plus. Je n'étais pas un génie, mais je réussissais bien à l'école. Je n'étais pas d'une beauté à vous couper le souffle, mais je n'étais pas hideuse à faire pleurer non plus. J'étais... normale. Une fille normale – du moins, autant qu'une adolescente puisse l'être.

Non, laissez-moi rectifier cette dernière ligne. J'étais aussi normale qu'une adolescente de seize ans qui était ennemie avec Lui puisse l'être... c'est-à-dire pas normale du tout. Pas même d'un iota. Vous comprenez, maintenant ? Oui, Lui. Tout est en rapport avec Lui. Tous mes beaux et éloquents discours sur l'amour et la haine, loin d'être écrits d'un point de vue philosophique et rationnel, n'avaient qu'un seul et unique but: me justifier à mes propres yeux. Me convaincre que tout n'était pas si grave, que la situation était banale.

J'aurais dû savoir que s'il y a une chose de sûre chez Christopher Knightley, c'est qu'il est tout sauf banal.


N/A: Bonjour à tous ! Pour ceux qui l'ignorent, vous vous trouvez maintenant devant la version 2.0 de DACM. Pour l'instant, seul le prologue et le premier chapitre sont mis à jour (avec 2h de retard, puisque j'étais supposée les mettre en ligne samedi et que nous sommes dimanche, mais j'ai eu quelques petits ennuis de connection Internet). Pardonnez-moi cet incident. En lisant, vous remarquerez qu'il n'y a pas de différence, ou si peu, avec la première version et vous avez raison. Ce sera comme ça dans les premiers chapitres. Certains passages ont été modifié, mais si vous n'avez pas une mémoire surnaturelle (ou n'êtes pas l'auteur) vous ne verrez pas la différence. Par contre, vous pourrez probablement remarquer que St. Michael's est devenu encore plus prestigieux. Et les uniformes ont été modifiés. Mais ce sont des détails techniques qui ne vous intéressent probablement pas vraiment.

Le prochain chapitre devrait être posté demain (enfin, aujourd'hui, le 12 juillet), vous aurez donc quelque chose à vous mettre sous la dent en attendant (si vous le désirez). En attendant, j'espère que vous apprécierez encore davantage la nouvelle version. Maintenant je me tais et vous laisse lire le premier chapitre.