Disclaimer : A moi, tout, à mouahahhahaa !

Genre : OS - Dark

Notes : Euh… Bonne lecture à qui passe par ici.

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Colère

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Tu regardes les traînées de griffes, effaré.

Tu penses aux conséquences ; tu penses aux cicatrices.

Mais les cicatrices, c'est moi qui les porte.

Et moi je ne vois que le sang ; le sang qui coule et recouvre les plaies, le sang qui rend les choses plus réelles et plus intemporelle à la fois. Le sang que seuls les gens comme moi peuvent comprendre, peuvent vouloir…

Le sang qui nous apaise, qui se déverse de notre corps comme sa vue nous vide l'âme.

Le sang qui coule dans un filet régulier, qui sèche trop vite, qui perd son éclat.

Trop tôt.

Et les mots se forment déjà sur tes lèvres que je vois pincées et mesquines, avec ses yeux à elle.

« - Qu'est-ce que tu as fait ? »

Je te lance ce regard condescendant et te répond d'un air goguenard, sans prendre la peine d'élever la voix.

Je ne suis plus là.

Elle est là. En moi.

Elle n'est pas moi. C'est elle qui te parle.

Colère.

Elle n'est pas moi.

Et pourtant elle prend possession de moi, si vite.

Elle me brûle, me dévore.

Ce n'est pas de ma faute, si ?

Je suis peut-être trop faible, pour vivre avec une horreur en mon sein.

Elle me consume. Elle ne me quitte pas. Pourquoi ?

Tu lèves les yeux au ciel, la mâchoire serrée. Tu m'ôtes la lame des mains.

Tu n'es même pas délicat en prenant mes bras entre tes doigts, pour examiner les plaies.

Impressionnantes mais peu profondes, comme toujours.

Tu passes aux jambes, tu respires un peu plus facilement. Là aussi, les coupures sont légères même si le sang coule.

Il faut qu'il coule, quand elle est là.

Tu es froid ; tu n'as pas le choix. Je le sais.

Et pourtant ta froideur me blesse.

Et l'attise, elle. Elle revient, et me soulève à nouveau alors que je croyais mes forces envolées.

Ou devrais-je dire écoulées ?

Et je te repousse, violemment.

Tu tombes assis sur le sol, juste en face de moi.

Tes mains remontent vers mon visage, doucement, prudemment.

Je suis un animal, blessé, souffreteux, désespéré, lancé dans une guerre perpétuelle contre le monde et les autres, contre ceux-là qui ne me comprendront jamais.

Une guerre qui te désole, qui te blesse.

Une guerre dont je suis finalement la seule victime.

Seule contre tous, il faut que je m'adapte.

Il aurait fallu.

L'homme est peut-être un animal social.

Moi pas.

Je suis une femme, j'ai une excuse ?

Tu plonges ton regard dans le mien, et tes yeux m'accrochent en route.

Des yeux verts, vraiment verts. Avec trois tâches brunes au fond des iris, infimes, minuscules, auxquelles je me raccroche souvent.

Tes yeux la font fuir.

Colère.

Je me sens vide sans elle. Vide et petite, à bout de souffle.

Une furie éreintée arrivée en bout de course, bien moins majestueusement qu'un étalon lancé au triple galop.

Je me sens petite, trop petite. Pitoyable.

J'ai froid. Les larmes inondent mes joues, que tu caresses doucement, presque tendrement.

J'ai froid, sans elle.

Tu passes à présent ta main dans mes cheveux, c'est ce que tu fais toujours.

J'ai froid, sans toi.

Je me repose contre toi et tu m'ouvres les bras, comme toujours.

Tu ne me résistes pas.

Même si elle te fait fuir.

Tu restes malgré elle, malgré moi. Tu restes parce que tu m'aimes.

Tu aimes la souffrance ?

Tu restes et tu trembles avec moi, en attendant.

En attendant la prochaine fois.

En attendant qu'elle revienne.

Colère.

Dis, tu resteras encore ?

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Fin