Titre : Chaleur Enfantine

Auteur : Cerbère

Disclaimer : À moi !

Note : Les OS c'est pas mon fort, mais il fallait que je l'écrive pour me la sortir de la tête. Pas super joyeux, mais j'en suis assez contente. J'espère que ça vous plaira.

Chaleur Enfantine

Lorsque Anaïs entendit la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer, elle laissa Justin -son fils- jouer dans la baignoire et couru se jeter au cou d'Arthur, son petit ami. Ce dernier laissa tomber son sac par terre et couvrit de baiser papillon la nuque dénudée de la femme qu'il avait dans les bras. Elle se recula et pris le temps de le détailler, comme-ci elle ne l'avait pas vu depuis des mois. Il n'était parti que trois jours, mais comme trop souvent, il avait oublié son chargeur de portable. Il la laissa repartir à la salle de bain -sortir Justin de l'eau- et s'installa dans le canapé, pour ouvrir son sac et en sortir deux cadeaux.

Une fois son pyjama enfilé, Justin couru se jeter dans les bras de son père, non pas parce qu'il lui avait manqué, mais pour faire plaisir à sa mère. Arthur était trop prit par son travail pour passer du temps avec son fils, mais avait toujours promis à Anaïs qu'une fois qu'il serait en âge de jouer au hockey, leur complicité serait réelle.

Anaïs avait connu Arthur dix ans auparavant sur un terrain de hockey sur glace, lorsque son entreprise avait proposé une initiation à ce sport. A l'époque Arthur jouait et enseignait ce sport. Désormais, il était joueur et capitaine de l'équipe nationale et entraîneur à ses heures perdues. Autant dire qu'il passait beaucoup plus de temps sur la glace que chez lui.

Justin déballa son cadeau pour découvrir une boîte de Playmobils. Aux anges, il embrassa son père ; Non pas parce qu'il l'aimait mais par politesse et couru à sa chambre pour déballer sa nouvelle panoplie. Une fois disparu, Anaïs s'installa tout près d'Arthur et posa sa tête sur son épaule.

« Alors ? C'était comment ? ».

« Nous avons tous gagné, mais ce n'était pas sans effort. Je suis vraiment fier de l'équipe et espère qu'ils feront aussi bien aux J.O. ».

« Et les filles ? ».

« Eh bien » Soupira-t-il « Elles ont tout gagné, mais ne se sont vraiment pas foulés. Elles s'étaient déjà considérés comme vainqueur et ont fais la fête toute la nuit. Je suis déçu, mais elles ont gagné et en sont satisfaites, alors je n'ai rien à dire ».

Anaïs l'embrassa gentiment dans le cou.

« Tout à fait ».

« Tu n'ouvres pas ton cadeau ? » Demanda Arthur en poussant un paquet vers sa compagne.

« Si, bien sûr ».

Anaïs prit le paquet et défit soigneusement le ruban, écarta le papier et passa ses doigts sur l'étoffe, appréciant la douceur du tissu. Sortant totalement le vêtement du paquet, elle pu contempler une magnifique robe d'été, verte.

« Elle te plaît ? ».

« Elle est superbe ».

Elle l'embrassa pour le remercier et resta dans l'étreinte. Il lui avait manqué. Elle ne pouvait pas l'accompagner lorsque ses matchs étaient en dehors des week-ends et sur plus de deux jours. Depuis la naissance de Justin, 7 ans auparavant, elle avait apprit à attendre son retour. Lorsqu'elle l'avait connu, elle était membre d'une entreprise comptable. Désormais, elle en était la vice présidente. Elle travaillait chez elle, ce qui lui permettait de garder elle-même son fils qu'elle n'aurait confié à personne d'autre qu'aux enseignants de l'école.

« Ça ne va pas ? » Demanda Arthur, surpris par la soudaine tristesse du regard de sa femme.

« Si, si, ça va. C'est juste que... ».

« C'est juste qu'on est qualifié pour les J.O. et que je vais devoir m'absenter un mois, c'est ça ? ».

Anaïs haussa les épaules, comme pour montrer qu'elle y était indifférente, même si c'était loin d'être le cas.

« Anaïs, ne fais pas semblant d'être surprise. Tu t'en doutais. Nous en avons longuement parlé... ».

« Je sais » Le coupa-t-elle « C'est juste que... Je te vois si peu en ce moment ».

« Je ne t'en aime pas moins » Justifia-t-il avant de se lever « Je vais faire à manger ».

« Justin a déjà mangé... On est que tous les deux ».

« Encore mieux » Sourit-il.

« Je vais le coucher ».

Anaïs quitta la pièce et entra dans la chambre de son fils, complètement immergé dans son monde de playmobils. Elle le regarda jouer quelques minutes, espérant qu'un jour, Arthur accepterait de lui faire un deuxième enfant. Elle n'aimait pas l'idée d'avoir un enfant unique. Et même si un était loin du nombre qu'elle avait espérée avoir un jour, elle était très heureuse que ce nombre existe. Lorsqu'elle était tombée enceinte, ni elle, ni Arthur ne s'y attendait. Et ce dernier ne se sentait même pas prêt. Mais ils l'avaient gardé et elle n'avait aucun regret. Ce petit garçon avait apporté dans l'appartement tout ce qu'elle souhaitait : de l'amour, de la présence, de la complicité et de la sincérité.

« Allez mon coeur, c'est l'heure de dormir ».

Justin leva les yeux vers elle et lui sourit. Il se leva et vint lui faire un câlin avant de s'installer sur son lit.

« Tu me lis une histoire ? ».

« Bien sûr, choisi un livre ».

Anaïs n'eu pas longtemps à attendre. Le gamin attrapa le même livre que tous les soirs. Un livre en anglais que sa tante lui avait un jour rapporté. Elle s'installa près de lui et ouvrit le livre. Ils lurent ensemble le livre puis Justin se coucha sans un mot, et s'endormit. Anaïs le regarda quelques minutes et quitta la chambre pour se rendre à la cuisine où son compagnon s'activait autour de la table, allumant deux chandelles. Il lui tira sa chaise, la faisant s'asseoir.

« Le repas sera moins romantique que l'ambiance, je suis désolé, mais tout mon amour réside dans ses pattes à la carbonara ».

Elle balaya l'air de sa main et tendit son assiette pour qu'il y mette les spaghettis. Il s'installa en face d'elle et commença à lui raconter les trois jours de tournois, sans oublier de parler du parcours de l'équipe féminine, que, bien que feignante, avaient de beaux résultats. Après le repas, Anaïs alla faire couler un bain et s'y installa avec Arthur, continuant de parler des trois jours passés.

« Justin a de très bon résultats à l'école. Ils envisagent de lui faire sauter le CM1 dans deux ans, si tout continue comme ça ».

« Tu lui met trop la pression » Rétorqua Arthur.

« Je lui met la pression ? Tu rigoles j'espère » S'offusqua-t-elle « Quand on rentre et que je n'ai pas fini mon travail, il se met à ses devoirs jusqu'à l'heure du bain, ensuite il joue avec ses playmobils. Je ne regarde même plus si il fait ses devoirs tellement c'est devenu inutile ».

« Eh bien, c'est un motivé. Pas de quoi s'inquiéter ».

« Moi, je m'inquiètes. Il ne te vois jamais ».

« Pour ce que ça lui manque » Soupira Arthur.

« Arthur ! Bien sûr que tu lui manques, tu es son père ! ».

Arthur soupira et passa ses mains sur ses cheveux, les plaquant en arrière. Il n'aimait pas aborder le sujet de son fils, car à chaque fois, Anaïs remettait son travail en question. Il avait réussi à concilier travail et passion et n'avait aucunement l'intention de changer ses plans avant l'heure de la retraite. Après une heure, ils sortirent de l'eau pour aller se coucher.

OoO

Anaïs inséra une pièce dans le distributeur et opta pour un thé glacé. Un café n'aurait que pour but d'augmenter sa nervosité. Elle avait une trouille bleue des avions et que ce soit elle ou sa famille, elle avait le don de s'angoisser. Elle s'installa sur un des bancs et attendit. Arthur revint vers elle, son billet en main.

« Allez, ma belle, je serais de retour dans un mois ».

« Je sais... C'est long ».

« J'aimerai te faire part de quelque chose avant le départ... » Arthur s'installa sur le banc et pris les mains de sa compagne dans les siennes « Je... J'ai beaucoup réfléchis au fait que... Que tu ne veuilles pas de Justin un fils unique... Et je pense que tu as raison ».

« Tu es sérieux ? ».

« Oui, bien sûr. C'est une décision plus facile à prendre pour moi que pour toi... Alors, tu vas y penser pendant que je serais aux USA, ok ? ».

« Je t'assure qu'il n'y a pas besoin de réfléchir » Sourit Anaïs, trop heureuse de le voir, enfin, évoquer sa requête.

Il lui sourit gauchement et elle se mordit la lèvre inférieure. Elle avait été trop enthousiaste et elle allait lui foutre la trouille.

« T'as raison. On en reparlera à ton retour ».

« Je dois y aller » Lui dit-il en voyant ses équipiers arriver vers lui « Ne stresses pas trop, le vol est très sur de nos jours ».

Anaïs fit un petit sourire qui ne cachait pas son inquiétude. Elle accompagna Arthur aux portes d'embarquement. Elle salua Thomas et Gary, deux nouvelles recrues de son compagnon qu'elle connaissait depuis quelques années. Les deux jeunes la saluèrent et partir en direction des portes d'embarquement. Arrivèrent ensuite l'équipe féminine avec Samantha en tête. Cette dernière avait acquit le poste de capitaine de l'équipe trois ans avant Arthur et Anaïs savait que c'était pour ça qu'Arthur demandait autant d'effort à son équipe. Trop macho pour accepter que Samantha ai un poste plus longtemps que lui. Or, s'il voulait le garder plus longtemps qu'elle, il fallait des résultats. Des vrais.

Anaïs embrassa une dernière fois Arthur et le regarda passer la porte d'embarquement, légèrement angoissée. Elle aurait voulu partir avec lui. Même en prenant l'avion. Mais Justin avait école et elle ne voulait pas lui faire louper deux semaines. Et prendre un billet pour seulement une semaine revenait de la folie, si on savait qu'à 7 ans, Justin ne profiterait aucunement du voyage. Elle ravala ses pensées et reparti vers la voiture. Elle avait laissé son fils chez sa soeur et voulait le récupérer avant l'heure du coucher.

OoO

« Anaïs, reste ce soir, ça te fera du bien. T'es complètement stressé, en plus » Insista Amélie.

Anaïs voulu protester mais du admettre que sa soeur avait raison. Elle fit un signe de la tête à Justin qui reparti dans la chambre de ses cousins pour jouer. Anaïs s'installa près de sa soeur sur le divan et accepta volontiers le verre de cognac qu'elle lui offrit.

« Arthur… Arthur a parlé d'un deuxième enfant... Pour après son retour » Fit-elle d'une petite voix.

« Mais c'est génial » S'exclama sa soeur.

« Je sais pas... Je trouve ça bizarre. Il n'est jamais là pour Justin, c'est à peine s'il le considère comme son fils… Un deuxième gamin… ».

« T'en as envie ».

« Oui, j'en ai envie. Mais j'ai aussi envie que mes enfants aient un père et non pas seulement un courant d'air ».

Amélie soupira. Elle ne comprenait que trop bien le sentiment de sa soeur. Son mari avait était un courant d'air pendant trois ans. Après qu'elle eu crié et menacé de divorcer, il s'était trouvé un travail moins prenant et ne regrettait pas son choix. Mais Arthur était plus égoïste. Il n'était pas encore prêt à abandonner sa passion pour ses enfants.

« J'ai peur qu'il ai dit ça parce qu'il a eu un mauvais pressentiment... Tu sais, ça arrive... On pressent un accident et du coup, on tiens à être irréprochable au moment de partir pour qu'on garde une bonne image ».

« Anaïs, tu pêtes complètement une pile. D'ici 4 heures, Arthur va t'appeler pour te dire qu'il est bien arrivé. Arrête de stresser comme ça. Ça rime à rien ».

OoO

Anaïs ne pouvait quitter des yeux l'écran de l'aéroport. Elle rehaussa Justin dans ses bras et vérifia qu'il dormait toujours. Sa sœur était partie en vacances et elle ne pouvait pas se permettre de laisser son fils seul à l'appartement et elle n'avait pas en confiance en les baby-sitters. Mais bon, l'horaire annoncé de l'arrivée de l'avion était à 22 heures 37 et il était 22 heures 30 à l'horloge principale de l'aéroport. Anaïs revint sur ses pas et s'installa sur un siège qu'un homme venait de lui céder. Elle ferma les yeux quelques instants et ne les rouvrit qu'à l'annonce haut-parleur du débarquement des passagers. Elle se releva et avança vers les portes d'arrivées.

Après quelques minutes elle pu voir la tête des coéquipiers d'Arthur parmi la foule. Ils la saluèrent, elle les félicita pour leur médaille de bronze et ils l'informèrent qu'Arthur était plus loin derrière ; Il avait quelques soucis avec la douane. Après une petite heure, Anaïs pu voir son compagnon arriver. Elle l'embrassa et ne pu s'empêcher de remarquer qu'il était de mauvaise humeur. Elle ne s'attarda pas sur le sujet, trop désireuse de coucher son fils. Ils se dirigèrent vers la voiture en silence. Arthur s'installa du côté passager et regarda Anaïs asseoir Justin à l'arrière et fixer sa ceinture de sécurité. Une fois fait, elle passa derrière le volant, démarra et pris le chemin du retour. Le tout dans un silence quasi religieux.

Une fois arrivés à l'appartement, Anaïs glissa Justin dans son lit et revint au salon pour trouver Arthur couché sur le canapé, le bras sur les yeux.

« Ça va ? » Demanda-t-elle.

Arthur retira son bras et se redressa. Il contempla sa copine qu'il n'avait pas vu depuis plus d'un mois et lui fit signe de s'approcher. Il l'attrapa par la main, lui caressant les veines du poignet et la tira à lui pour l'embrasser.

« Tu m'as manqué » Souffla-t-il entre deux baisers.

Elle lui répondit par la pareille et s'installa près de lui.

« Tu veux manger quelque chose ? » Demanda-t-elle.

« Non, merci. Le bain coule… D'ici quelques minutes, on pourra se glisser dedans ».

Elle lui sourit et se cala contre lui. Il laissa sa main dans ses cheveux avant de la repousser gentiment pour ouvrir son sac et en tirer un petit paquet qu'il lui tendit. Anaïs retira le papier et regarda la petite boîte en métal, joliment décorée.

« C'est à cause d'elle que je suis resté bloqué à la douane. Comme elle était dans mon sac, ils ont voulu l'ouvrir et j'ai dis que s'ils l'ouvrait, ils devraient me la remballer. Comme ils sont plus nuls que moi… ».

Anaïs sourit à la petite anecdote et ouvrit la boîte. Elle en extirpa un écrin et une seconde boîte. L'écrin renfermait deux bracelets en argent finement ciselés. La boîte, elle, contenait un parfum. Sans le sentir, elle savait qu'elle l'aimerait. C'était un don qu'Arthur avait. Il ne lui offrait que des choses qu'elle n'avait pas l'habitude de porter ou d'avoir, mais ça lui allait, et surtout, ça lui plaisait. Elle déposa les objets sur la table basse et tira Arthur jusqu'à la salle de bain où ils se glissèrent dans l'eau chaude de la baignoire.

Après quelques minutes dans le silence, Arthur se dégagea le bras et fouilla dans la poche de son pantalon qu'il avait laissé près de la baignoire. Anaïs le regarda faire, espérant qu'il n'avait pas l'ambition de fumer. Elle le vit sortir une petite boîte et la lui tendre.

« Pour ce cadeau, j'voulais attendre une plus grande intimité… J'pense que là, c'est parfait ».

Anaïs prit la petite boîte et l'ouvrit. La bague était en or blanc, simple, sans gravure. Le bijou contrastait tellement avec les bracelets qu'il lui avait offert plus tôt dans la soirée.

« Tu veux bien te marier avec moi ? » Demanda-t-il enfin.

Elle leva les yeux vers lui. Surprise. C'est ce détail qui l'intriguait le plus. Elle n'y avait jamais fais allusion, sachant à quel point Arthur tenait à sa liberté. Elle se sentait perdue avec autant d'attention à son égard. Elle secoua la tête, se sortant de ses pensées et sourit à son compagnon.

« J'aimerai beaucoup, oui ».

Elle le laissa passer la bague à son doigt et se pressa un peu plus contre lui, trop heureuse de ce qui lui arrivait. Après quelques minutes dans le silence, elle voulu aborder le sujet d'avant les JO. La supposition d'avoir un second enfant. Peut-être que ce serait de trop avec un mariage.

« Je sais à quoi tu penses » Fit Arthur avant même qu'elle n'ai ouvert la bouche. « Tu choisis. Je te suis. Tout ce que tu veux ».

Anaïs avait toujours était fascinée par les facultés d'Arthur. Cette façon qu'il avait de lui offrir des choses totalement différentes de son style habituel mais qui lui plaisaient et qui lui allaient, cette façon de lire dans ses pensées, cette façon d'arriver à la rassurer. Elle inspira pour parler :

« Non, je n'ai pas de don » La coupa-t-il encore, avec tendresse. Il resserra ses bras autour de sa taille, la pressant contre lui « Baignoire ou lit ? ».

Anaïs mit un instant avant de comprendre le sens de la question. Si Justin avait été une « erreur » dû à la baignoire de leur premier appartement, elle avait envie que son frère ou sa sœur soit une envie. De la baignoire ou du lit, cela lui été égal. Bien qu'elle n'avait pas envie d'attendre de sortir de la baignoire pour se perdre dans les bras de son amant qui lui avait plus que manqué pendant ce dernier mois.

OoO

Arthur éteignit son réveil et bougonna. Il laissa Anaïs se caler dans ses bras et se frotta la tempe avec sa main restante. Il avait une gueule de bois comme jamais il n'en avait eu. Et pour la première fois de sa vie, il envisagea de ne pas aller au travail. Après tout, il venait de fêter ses fiançailles avec toute sa famille et celle de sa future femme, ils venaient de rentrer des JO. Il avait bien le droit à des petites vacances et d'en faire à ses coéquipiers. Anaïs ouvrit les yeux, surprise de ne pas être repoussée par un homme pressé d'aller au travail. Elle se redressa sur un coude et le regarda, malgré l'obscurité.

« Il est si beau que ça le plafond pour que tu ne bouges pas ? ».

« J'envisages de faire l'école buissonnière ».

« Parfait » Fit Anaïs en se réinstallant contre lui, prête à se rendormir.

Arthur, lui, était bien réveillé et boulot ou pas, il n'arriverait pas à se rendormir. Il fit galoper ses doigts sur l'épaule dénudée de sa partenaire et la sentit frémir. Elle était chatouilleuse.

« Va falloir m'occuper, si tu veux pas que je partes au boulot ».

Anaïs soupira exagérément et se redressa. Arthur lui sourit et l'attrapa par la nuque pour la rapprocher de lui et l'embrasser.

« Ok, voilà ce que je te propose : encore une heure de dodo, puis un aspirine et ensuite, on fera des folies de nos corps. Ça te va ? ».

« Je pense que je vais accepter. Je vais te regarder dormir en imaginant tout ce que je vais pouvoir te faire… Hum, quel joli programme ».

Anaïs l'embrassa une dernière fois et se rendormit tout de suite. Arthur, contre toute attente, la suivit peu de temps après. Leur grasse matinée prit fin au son de vaisselle cassée. Anaïs sursauta et tendit l'oreille. N'entendant rien, elle regarda l'heure et bondit hors du lit, enfila sa robe de chambre et couru à la cuisine pour y trouver, comme elle l'avait pensée, Justin, en pyjama, essayant de ramasser des débris de porcelaine.

« Non, poussin, écarte-toi, tu vas te couper ».

Elle l'embrassa sur le front et le poussa jusqu'au canapé, lui alluma la télé et alla ramasser les morceaux de vaisselle. Elle rassembla le tout dans la pelle la vida dans la poubelle. Ensuite, elle revint vers Justin qui l'avait observé craintivement du canapé. Elle s'installa près de lui et passa sa main autour de ses épaules.

« T'es pas fâché ? » Demanda-t-il.

« Bien sûr que non. Pourquoi je serais fâché ? ».

« J'ai cassé ton bol préféré ».

« Et si tu disais plutôt à maman pourquoi tu l'a cassé, hein ? » L'encouragea-t-elle gentiment.

« J'voulais te préparer ton café ».

Anaïs ne pu cacher son sourire et embrassa son fils sur la tempe.

« C'est très gentil, mon cœur… Pourquoi tu ne m'as pas réveillé ? ».

« J'ai essayé mais tu dormais… Et y'a avait papa ».

Anaïs hocha la tête. Justin voyait rarement vu son père le matin. Cela ne l'étonnait pas qu'il ai réagit de cette façon. Arthur était comme un étranger pour son fils, et ça lui faisait mal au cœur. Qu'est-ce que ce serait avec un second enfant ?

« Ça te dirais qu'on aille faire un tour dans les parcs cette après-midi avec papa ? » Demanda-t-elle.

Justin hésita un peu puis hocha la tête. Anaïs y devina plus une envie de faire plaisir à sa mère que de se balader avec son père. Arthur ouvrit alors la porte de la chambre et regarda Anaïs avec un sourire d'excuse qui en disait long. Il était déjà habillé et coiffé.

« Vraiment, ce n'est pas sérieux » Tenta-t-il « Je dois y aller. Mais je rentre tôt ce soir, d'accord ? ».

Anaïs n'essaya même pas de le dissuader et l'observa sortir. Elle regarda deux dessins animés avec son fils avant de l'emmener dans sa chambre pour l'habiller. Une fois fait, elle parti prendre une douche. Au son de la sonnette, elle rinça ses cheveux en toute hâte, enfila son peignoir et intercepta son fils qui allait ouvrir.

« Justin, s'il te plaît ».

L'enfant retourna dans sa chambre. Anaïs avança jusqu'à la porte et regarda par le judas. Surprise, elle entrouvrit la porte pour y passer la tête, prenant soin de laisser son corps derrière la porte.

« Samantha ? » Demanda-t-elle, intriguée de voir la jeune femme sur son perron.

« Salut » Fit Samantha d'une voix peu sûre.

« Arthur n'est pas là, il avait entraînement » Répondit Anaïs, avec une pointe d'angoisse.

« Oh, peut importe, c'est vous que je voulez voir ».

« Moi ? Mais pourquoi ? Il y a un problème avec Arthur ? ».

« Avec Arthur ? Oh non, pas du tout, je vous rassure. Laissez-moi vous expliquer ».

« Entrez ! ».

Anaïs s'effaça de l'entrée pour introduire la jeune femme au salon. Elle s'excusa de sa tenue et lui proposa un café. Pendant que l'eau chauffait, elle couru s'habiller et une fois assises dans le salon, avec une tasse de café entre les mains, Samantha expliqua la raison de sa visite.

« Voyez vous, je n'ai pu m'empêcher de remarquer que vous portiez toujours de superbes tailleurs qui vous mettaient toujours en avantage... J'ai... J'ai besoin de vos conseils. J'ai un rendez-vous très important et comme vous pouvez le constater, le tailleur ne fait pas partie de ma garde robe » Elle montra une jolie robe bleue « Pourriez-vous m'aider? ».

« Mais… Qu'attendez-vous de moi ? ».

« Emmenez-moi dans un magasin et aidez-moi à trouver le tailleur qui m'ira le mieux... Tout simplement ».

« Tout simplement ? » Répétât-t-elle tout en se gardant de faire des commentaires à voix haute.

'Tout simplement' avait-elle dit. Anaïs était sidérée. Depuis qu'elle s'habillait en tailleur, elle ne faisait rien à la légère. Il lui était arrivée de passer des heures dans un magasin à essayer toutes sortes de tenues et de repartir les mains vides. Pas parce que c'était trop cher, mais tout simplement parce que ce que la vendeuse considérait comme un détail sans importance prenait une toute autre ampleur aux yeux d'Anaïs. Lorsqu'elle était devenue vice présidente elle avait mis un point d'honneur à ne jamais décevoir son entreprise et de toujours être au top pour celle-ci. Elle passait donc des heures dans les magasins pour un seul tailleur.

Elle ne se sentait pas capable d'habiller quelqu'un d'autre qu'elle-même. À part Justin peut-être. Et encore, elle trouvait ça difficile et avait hâte qu'il soit en âge de choisir ses vêtements et ainsi elle pourrait être sûre qu'il ne porterait que ce qu'il aime et quelque chose propre à son style. Ce que lui demandait Samantha, lui paraissait impossible. Elle refusa poliment, lui conseillant un magasin où les vendeuses s'occuperaient bien d'elle. Mais Samantha supplia et Anaïs craqua.

« Ok » Céda-t-elle « Mais demain. Aujourd'hui, j'ai promis à Justin de l'emmener au parc et je compte bien tenir parole ».

« C'est tout à fait normal. Je comprends. Demain, à quelle heure ? ».

« 9 heures. Venez ici. Je déposerais Justin à l'école et nous irons dans le centre commercial juste à côté. Ça vous va ? ».

« Oui. Et je serais beaucoup moins gêné si vous acceptiez de me tutoyer ».

Anaïs regarda Samantha partir et referma la porte. Elle enfila sa veste, appela Justin, lui mit son manteau et, ensemble, ils partirent en direction des parcs de la ville. Anaïs s'installa sur un banc, près de la cage dans laquelle Justin jouait avec d'autres enfants. Elle fit un signe de tête à un père, qu'elle croisait très souvent et lui fit une place à côté d'elle. Ils discutèrent jusqu'à l'heure du déjeuner, puis Anaïs emmena son fils faire une promenade comme elle lui avait promis.

OoO

Anaïs ouvrit la porte et étouffa une exclamation surprise avant de laisser entrer Samantha. Cette dernière resta dans l'entrée pendant qu'Anaïs finissait de nettoyer la table de la cuisine. Elle regarda Justin arriver et enfiler son manteau.

« Alors voici donc le fameux Justin » Sourit Samantha en s'accroupissant devant l'enfant. « Ton papa parles beaucoup de toi, tu sais ? ».

Anaïs retint une remarque. Elle n'imaginait pas Arthur parler de Justin à son travail. Elle s'en voulait de penser ça, mais ne pouvait s'en empêcher. Ce qui la surprenait le plus, c'était la tenue que portait Samantha : une superbe robe d'été, verte. Elle prit le cartable de son fils et le poussa dans le couloir, laissant Samantha répéter à Justin ce qu'Arthur lui avait dit. Sans trop y croire.

Anaïs gara la voiture sur le parking du plus grand centre commerciale de la ville, ouvrit la porte à Justin et l'accompagna à l'école. Il l'embrassa une dernière fois et parti rejoindre ses copains. Anaïs rejoignit Samantha qui était resté près de la voiture. Elle lui fit signe et elles partirent vers le centre commercial. Elle ne pouvait s'empêcher de regarder la robe que portait Samantha, qui était exactement la même que la sienne. Elle se garda de tout commentaire et l'invita à entrer dans un magasin qu'elle avait beaucoup fréquenté dans le passé.

Habiller Samantha fut plus simple qu'elle ne l'avait pensé. Les vêtements lui allaient parfaitement, quelque soit la coupe. Elle n'avait jamais vu ça. Elles s'étaient un peu battues pour la couleur, Samantha voulant du noir et Anaïs affirmant que du clair serait le mieux. Finalement, Samantha avait accepté d'acheter un tailleur gris souris. Elles sortirent du magasin en plaisantant.

« Je peux t'inviter à boire un café ? » Demanda Samantha.

Anaïs regarda l'heure. Elles étaient restées deux heures dans le magasin et elle ne voulait pas être en retard pour récupérer Justin.

« Rapidement, alors ».

Elles s'installèrent sur la terrasse d'un café brésilien et commandèrent leurs boissons. Anaïs arrêta de fixer la robe et regarda la collègue de son compagnon.

« Tout à l'heure... Tu as dis à Justin que Arthur parlait beaucoup de lui, c'est vrai ? ».

Samantha paru surprise par la question.

« Bien sûr. Il en est très fier. Il n'en parle peut-être pas aux autres, mais à moi, si ! On dirait que ça te surprends ».

« C'est juste qu'il n'a jamais l'air de s'en soucier à la maison » Répondit Anaïs avant de réaliser que ce n'était pas le genre de chose à dire aux inconnus.

Samantha se réinstalla dans son siège et regarda Anaïs.

« Il en est très fier. Vraiment. Je suis sûre qu'il y aura une grande complicité entre eux lorsqu'il viendra jouer au hockey ».

Anaïs rigola. Elle en doutait fortement. Justin avait l'âge d'être initié aux sports, mais cela ne l'intéressait pas. Il voulait faire de la musique et Anaïs l'avait inscrit, un trimestre plus tôt à des cours de Solfège. Elle regarda sa montre et se leva.

« Samantha, je suis désolée, mais on va devoir y aller. L'école fini dans quinze minutes et j'ai promis à Justin de l'emmener aux parcs ».

« Bien. Allons-y ».

Samantha se leva à son tour, déposa un billet sur le comptoir, pris son sac à main et celui qui contenait son tailleur et elles quittèrent le bar. Samantha retint Anaïs par le bras.

« Attends, deux minutes, s'il te plaît. Je dois me racheter du parfum. J'ai cassée ma bouteille hier matin. Y'en a pas pour longtemps, il n'y a personnes ».

Anaïs soupira et la suivit dans le magasin. Elle la regarda passer les rayons pour s'arrêter et attraper une bouteille. Ladite bouteille était en verre, légèrement fumée avec des tons bleus foncés à bleus clair. Anaïs retint une remarque mais nota dans un coin de sa tête qu'il y avait un problème. Pendant que la jeune femme payait à la caisse, elle détailla ses poignets cherchant des bracelets où des quelconques bijoux. Une fois le parfum acheté, elles revinrent vers la voiture, récupérèrent Justin et rentrèrent. Samantha les quitta peu de temps après et Anaïs rentra à son appartement pour faire à manger. Une fois le repas fini, elle pris Justin sur ses genoux.

« Mon chéri, maman est fatiguée. Et voudrait dormir un peu. Alors, je sais que je t'avais promis d'aller faire un tour, mais... On pourra le faire une autre fois, d'accord ? ».

Justin hocha la tête et serra sa mère dans ses bras. Anaïs posa sa main sur ses cheveux et l'embrassa sur le front. Puis elle se leva et parti vers sa chambre pour s'allonger et fermer les yeux.

OoO

Anaïs ouvrit les yeux et cligna des paupières. Elle se redressa et regarda le réveil. Elle avait dormie deux heures. Elle passa sa main sur ses yeux et tiqua au contact humide. Elle avait pleuré. Elle sorti ses pieds du lit et appuya ses coudes sur ses genoux. En face d'elle, dans la penderie, elle pouvait voir une boîte en plastique. Sans réfléchir elle l'attrapa et enfourna à la hâte la robe verte, le parfum, les bracelets et tous les cadeaux qu'Arthur lui avait offerts depuis les années qu'ils étaient ensemble. Une fois fait, elle referma la boîte et se rassit, sa cachant les yeux.

« Bonsoir Justin, maman n'est pas là ? ».

« Dans la chambre, elle dort ».

Anaïs releva la tête au son des voix dans le salon. Elle s'essuya les yeux d'un revers de la main et senti la bague de fiançailles contre sa paupière. Elle commença à la faire tourner autour de son doigt en attendant Arthur. Ce dernier ne tarda pas à arriver. La voyant assise dans le noir, il s'avança vers elle et s'agenouilla pour n'avoir son visage plus qu'à quelques centimètres du sien.

« Ça va pas ma chérie ? ».

« Non, ta chérie ne vas pas bien ! » Rétorqua-t-elle « Alors, je t'explique. Je pars avec Justin dans vingt minutes, le temps de préparer nos affaires et toi, pendant ce temps-là, tu prépares les tiennes. Cet appart est à mon nom et quand je reviendrais demain matin, je ne veux plus t'y voir ni quoi que ce soit qui t'appartiennes. C'est compris ? ».

« Mais ? » Voulu protester Arthur.

« Mais rien du tout » Cria-t-elle « Tu t'es pas assez foutu de ma gueule peut-être ? ».

« Calme toi, ma puce ».

« Je ne suis pas ta puce. Je veux juste que tu dégages ».

« Mais je vais aller où ? ».

« Où tu veux, je m'en fous du moment que tu disparais de ma vie ».

Anaïs retira sa bague et la mit rageusement dans la main de son ancien compagnon et quitta la chambre. Elle attrapa Justin par la taille et l'emmena dans sa chambre pour préparer ses affaires. En trois minutes, elle avait embarqué la moitié de l'armoire de son fils et s'apprêtait à démarrer quand Arthur se posta devant la voiture.

« Anaïs c'est ridicule. Viens parler avec moi. Je ne comprends rien ! ».

La jeune femme fit gronder sa voiture, desserra le frein à main et commença à avancer doucement, accélérant petit à petit. Arthur se dégagea de la voie. Arrivée à son niveau, elle ouvrit sa fenêtre.

« Tu peux garder les clés. Dès demain, je fais changer les serrures ».

Et elle quitta le parking souterrain, laissant Arthur seul. Elle jeta un petit coup d'oeil dans le rétroviseur pour voir son fils. Elle n'avait pas voulu de lui comme spectateur. L'enfant regardait par la vitre et ne pleurait pas. Elle reprit sa route en direction de chez sa soeur, tout en composant son numéro.

OoO

Après plus de deux heures de route, après avoir lutté contre l'envie de pleurer et de dormir, Anaïs pu enfin voir le panneau annonçant le village de sa soeur. Elle s'en sentie soulagée et jeta un coup d'oeil sur Justin qui s'était endormi dès le début du voyage. Elle s'en voulait de lui infliger ça, mais elle devait admettre que ses coups de tête étant rares, elle ne savait pas les gérer. Elle senti comme un étau se resserrer sur elle lorsqu'elle vit la voiture garée sur le parking et sa soeur courir à sa rencontre. Anaïs serra le frein à main et alla détacher Justin.

« J'ai essayé de t'appeler mais tu ne répondais pas. Arthur est là. Il veut te parler. Donne-moi Justin, je vais aller le coucher ».

Anaïs hésita puis tendis son fils à sa soeur. Elle inspira un grand coup et entra dans la cuisine. Arthur était assis à la table, jouant avec un anneau. Elle pouvait facilement deviner que c'était le sien. Elle alla se servir un verre d'eau et s'appuya contre le rebord de l'évier.

« Qu'est-ce que tu fais là ? ».

« Je veux que tu m'expliques ! ».

« T'expliquer quoi ? ».

« Ton coup de gueule. D'un seul coup, deux jours après notre repas de fiançailles, tu pêtes les plombs, tu me fous dehors et tu me rend ta bague. Je peux savoir ce que j'ai fais de mal ? ».

« Te fatigue pas, Arthur. Je veux plus que tu te serves de moi ».

« Mais je comprends rien. Je ne me sers pas de toi. Je te demande de m'épouser, tu dis oui. Si ça te fais peur, parle m'en au lieu de me foutre dehors comme ça ».

« Arrêtes ! Arrête » Cria la jeune femme « J'ai tout compris. Tu me dégoûtes. Comment t'as pu me faire ça ? Je te savais égoïste mais pas à ce point là ! Je veux plus jamais te voir ! ».

« Tu seras bien obligé. Justin est mon fils et ».

« Tu te souviens de son nom ? Ne me fais pas rire. Ne te sers pas de lui. Tu ne connais que son prénom et son visage et encore. Tu n'es rien pour lui. Juste un coup de vent ! Tu ne le connais pas et ne le connaîtra jamais ! ».

« Mais qu'est-ce que j'ai fais, bon sang, pour que tu me cries dessus comme ça ? ».

« Ce que t'as fais ? Comment as-tu osé m'offrir les mêmes cadeaux qu'à ta maîtresse !? Comment as-tu pu jouer autant avec mes sentiments ? Toutes ses années où j'attendais que tu rentres de tes voyages pour le plaisir d'être avec toi, alors que tout ce que tu voulais c'était une autre femme ! Mais dégage ! Je ne te retiens plus ».

« Une maîtresse ? Non mais tu rigoles ? C'était y'a au moins six ans. Les premiers mois de la naissance de Justin ! Ça n'a durée que deux mois ! Anaïs, arrête ».

Anaïs vira rouge. Elle n'avait pensée qu'à Samantha et personne d'autres. Elle balança son verre dans sa direction, il l'évita de peu et la regarda se calmer. Elle respirait rapidement et essayait de se contrôler.

« Maintenant » Fit-elle d'une voix calme et contrôlée « Tu disparais. Tu prends tes affaires, et tu oublies. Tout ! Surtout que tu as un fils, parce que lui, ne sait pas qu'il a un père ».

« Je n'ai pas qu'un fils, je te rappelle que tu es enceinte ! ».

« Si tu étais plus présent et moins égoïste, tu saurais que ça n'a pas marché ! Au moins, je lui évite la peine de ne connaître qu'un courant d'air comme père ».

Arthur se mordit la lèvre. Il avait déconné, il le savait. Il se frotta le visage et s'approcha d'Anaïs. Il lui caressa doucement le bras, la faisant frissonner. La sentir réagir sous ses doigts le fit intérieurement sourire. Il ne connaissait peut-être pas son fils, mais, elle, il la connaissait.

« Anaïs, je t'aime ! ».

« C'est trop tard. Sors ! ».

Arthur soupira et sorti de la cuisine. Anaïs resta appuyée contre l'évier et écouta la voiture démarrer et quitter le parking dans un crissement de pneus. Elle se retint de pleurer. Amélie arriva alors et la pris dans ses bras.

« Je suis désolée, ma chérie. J'ai tout entendu ! ».

Sa soeur secoua la tête.

« Et Justin ? ».

« Il a tout entendu aussi. Mais il est si jeune. Il n'a pas compris. Je l'ai couché dans le lit. Il s'est rendormi... Ça va aller ? » Anaïs hocha la tête. « Tu veux en parler ? » Elle secoua la tête « Tu veux une tisane ? ».

« Je veux bien ».

Anaïs sécha ses larmes d'un revers de la main et s'assit à la table de la cuisine.

« J'a toujours eu une confiance aveugle en lui » Commença-t-elle « Toujours pensée qu'il m'aimait malgré son égoïsme... Puis depuis les JO... Entre le bébé et les fiançailles, je me suis posée des questions. Et Samantha est arrivée. Dans la même robe que moi, avec le même parfum. Tu me connais, les coïncidences, ça va une fois, mais pas deux... ».

Amélie s'installa en face de sa soeur et posa sa main sur la sienne.

« Je sais, chérie, ça fais mal… Mais je suis là si tu as besoin, Ben aussi… ».

Elle lui servit sa tisane et se réinstalla. Elles restèrent quelques minutes en silence puis Amélie pu entendre sa soeur rigoler doucement.

« J'ai menti » Fit Anaïs en relevant la tête « Je... Je suis enceinte. Trois semaines ».

Amélie serra un peu plus fort sa main dans la sienne.

« C'est Arthur ? » Demanda-t-elle bêtement.

« Et qui d'autres ?... C'est sans importances de toute façon. Arthur ne le saura jamais. Mes enfants n'ont pas besoin d'un père absent. Je préfère qu'ils n'en ai pas du tout plutôt que de les entendre me demander où il est sans arrêt ».

Amélie écouta sa soeur parler pendant une heure, compatissant à sa peine tout en sachant que d'ici quelques années elle trouverait quelqu'un de bien pour elle et Justin... Et le dernier. Tout ça, si elle ne perdait pas totalement confiance en la gente masculine. Anaïs regarda l'heure et soupira. Elle déposa les tasses dans l'évier et les rinça. Elle souhaita une bonne nuit à sa soeur qui la serra fortement dans ses bras et parti vers la chambre d'ami.

Justin dormait sur le lit double, un polochon tout le long de son corps. Elle sourit à l'image, passa sa main sur son ventre et se déshabilla. Elle enfila un tee-shirt et se coucha près de son fils. Ce dernier ouvrit les yeux et la regarda un long moment avant de délaisser son polochon pour se caler contre elle. Lorsqu'elle se mit à pleurer, en le serrant contre lui, il pleura aussi. Il avait compris la situation, mais il pleurait plus pour la souffrance de sa mère que pour le départ de son père. On ne regrettait pas ce que l'on avait jamais eu. Anaïs posa sa tête sur celle de son fils, respirant l'odeur de son shampoing et appréciant la chaleur qu'il dégageait. La chaleur enfantine du seul être dans sa vie qui lui donnait tout ce dont elle avait besoin : de la présence, de l'amour, du réciproque, de la complicité et de la sincérité.

Fin

À bientôt

Cerb