Bonjour,

J'ai 16 ans, je suis Canadienne et étudiante de cinquième secondaire au programme d'études internationales (PÉI). Mon histoire, Pirate, a été écrite dans le cadre d'un long travail scolaire, appelé projet personnel, sur lequel je travaille depuis septembre et qui a autant d'importance dans mes notes que n'importe quelle matière scolaire. Ce projet comprend également un texte dans lequel je devrai analyser mon histoire et le processus qui m'a amenée à sa création, ainsi que son impact sur le public visé.

C'est là que vous, cher/chère lecteur/lectrice, intervenez. J'ai besoin de vos commentaires pour m'aider à évaluer ce dernier aspect de mon travail. J'aimerais si possible avoir des raisons, des explications pour tout ce que vous avez apprécié ou pas, car il est plutôt difficile de baser une analyse sur un simple "C'est bien", ou encore "Ça pourrait être mieux". Pourquoi? Comment? Voilà ce que je veux savoir.

J'accepte les reviews anonymes. En conséquence, s'il vous plaît, ne lisez pas cette histoire sans laisser de commentaire, même si vous n'êtes pas inscrit(e) sur ce site! Plus j'en aurai, mieux ce sera.

Merci énormément et bonne lecture!

Eldonyx

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Pirate

Prologue: La trouvaille d'Anne

« Aïe! », s'exclama la jeune fille lorsque sa tête entra en contact, plutôt brutalement, avec une poutre du plafond bas du grenier. C'était la troisième fois depuis qu'elle y était montée, une demi-heure auparavant. Sa grande taille l'obligeait à marcher courbée, et comme il lui arrivait souvent d'oublier ce petit détail, elle collectionnait les bleus.

Prenant soin de reprendre sa position accroupie, Anne Légaré se dirigea vers la cause de sa maladresse, un très vieux coffre de bois bardé de fer, couvert de poussière et presque complètement dissimulé derrière une commode endommagée et une série de boîtes de carton pleines de vieilleries.

Le grenier de la maison de ses grands-parents était décidément un endroit très intéressant, surtout pour quelqu'un qui, comme elle, avait un certain intérêt pour l'histoire. La vieille demeure familiale était en elle-même un témoin du passé, et dans son grenier apparemment jamais vidé depuis sa construction s'empilaient de véritables trésors venus de toutes les périodes de l'histoire du Québec. Anne, depuis qu'elle avait découvert l'existence du grenier étant petite, y montait chaque fois que sa famille venait en visite. Elle passait des heures au milieu de la poussière et des araignées, en quête d'un objet dont elle essaierait ensuite de retracer l'histoire.

Anne deviendrait un jour archéologue, c'était son rêve le plus cher. Parcourir le monde à la recherche de trésors enfouis, chercher à mieux comprendre les civilisations disparues, c'était ce qu'elle voulait faire.

En attendant, le grenier lui servait de terrain de jeu.

Elle repoussa sans effort les boîtes de carton et se glissa dans l'espace ainsi créé, essayant d'atteindre le coffre. Ce fut difficile, mais elle parvint malgré tout à l'ouvrir, et se tortilla encore plus pour regarder à l'intérieur.

S'y trouvaient de très vieux vêtements, soigneusement pliés bien longtemps auparavant pour être ensuite oubliés dans ce grenier, triste rappel attestant que tout finit par passer. Anne sortit une robe du coffre dans l'intention de mieux la voir et la déplia. Quelque chose tomba par terre.

C'était un petit livre à la couverture de cuir rouge, tout aussi ancien que le reste, et qui avait apparemment été caché dans les replis du vêtement. Il n'y avait pas de titre.

Curieuse, elle se pencha pour le ramasser et l'ouvrit. Des lignes et des lignes d'une écriture élégante et ancienne se dévoilèrent à ses yeux, alignées sagement sur les pages jaunies mais intactes.

Alors, toute idée d'exploration plus avancée oubliée, Anne Légaré s'assit par terre au milieu du grenier et se mit à lire...

Je m'appelle Amélie Légaré, Laliberté par mon nom de jeune fille. Je suis arrivée à Québec en 1725, à l'âge de vingt-six ans. On pouvait alors déjà me considérer comme une vieille fille, et pourtant je n'ai eu aucun mal à me trouver un mari. Il faut dire que j'étais robuste et endurante, et de surcroît pas trop mal dotée par la nature.

J'ai rencontré celui qui allait devenir mon époux dans une petite auberge, tout près des quais. C'était un coureur des bois qui revenait vendre ses fourrures après un hiver de travail, et il avait décidé de s'arrêter pour la nuit plutôt que de devoir retrouver son chemin dans le noir. Moi, j'étais arrivée à Québec un peu moins de deux semaines auparavant, et je travaillais comme serveuse dans cette auberge en attendant mieux.

Le mariage eut lieu au début de l'hiver suivant. Je n'allais tout de même pas laisser filer ma liberté pour les beaux yeux d'un inconnu!

Cinquante ans plus tard, je peux affirmer avec certitude que j'ai fait le bon choix en décidant de lier ma vie à celle d'Antoine Légaré.

Nous sommes aujourd'hui le 9 février de l'an de grâce 1775, et je suis vieille maintenant. J'ai fait beaucoup de choses par le passé, et ce dont je suis la plus fière est sans conteste mes quatre enfants, tous robustes et en bonne santé. Simon, mon unique fils, chez qui j'habite depuis la mort de mon mari, est médecin et père de trois beaux enfants; la douce Gabrielle est mariée à un agriculteur de l'île d'Orléans; Catherine la turbulente s'est retrouvée épouse d'un tonnelier au caractère aussi flamboyant qu'elle; et Sara, ma petite dernière, est entrée chez les Ursulines quand elle a réalisé qu'elle devrait se marier un jour. Bizarrement, je ne crois pas que sa foi ait eu beaucoup de poids dans sa décision. Elle a hérité de mon goût de l'indépendance.

Avant, je me surprenais parfois à espérer qu'elle prendrait en main son destin et qu'elle partirait découvrir de nouveaux horizons comme je l'ai fait jadis, car je voyais bien que la vie d'épouse et de mère de famille ne l'intéressait pas du tout. Paradoxalement, j'avais très peur de me lever un matin pour découvrir qu'elle avait disparu: le monde est plein de dangers que je connais trop bien, et je craignais aussi qu'elle suive mes pas.

Mais elle ne l'a jamais fait, ce dont j'ai été à la fois un peu déçue et soulagée.

Il est vrai, aussi, qu'elle n'a jamais su ce par quoi je suis passée dans ma jeunesse. Je ne l'ai jamais raconté à personne, pas même à Antoine. Au début, c'était pour assurer ma sécurité, mais beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Je n'ai jamais rien dit.

On pourrait écrire un livre avec ce que ma famille ne sait pas à mon sujet.

Et c'est précisément ce que je suis en train de faire. Ce genre d'histoire n'est pas faite pour tomber dans l'oubli.

« Anne, le souper est prêt! Descends tout de suite avant que ça refroidisse! » Anne leva les yeux du journal de son ancêtre à contrecoeur. Faire patienter sa mère était rarement une bonne idée. La suite devrait attendre.

Vivement que le souper finisse, qu'elle puisse savoir de quoi Amélie parlait.

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Et vous? Êtes-vous du même avis qu'Anne?

Reviewez!