Voici le deuxième texte de Vies croisées.

Pas plus de blabla... Bonne lecture !


Au réveil

Le lit était si moelleux, si chaud, si sécurisant…

Mais pas autant que ses bras.

Le soleil arrivait difficilement à percer les épais rideaux de la chambre. Mais son sommeil était si léger que même ces fins traits de lumière avaient pu lui faire ouvrir les yeux. Il enfonça sa tête dans les oreillers, s'enivrant du parfum qui l'avait accompagné toute la nuit, et qui, il l'espérait, l'accompagnerait pour toujours.

Un frisson le parcourut et il ramena la couette marron sur ses épaules nues. La chaleur qu'il trouvait si agréable le regagna. Non, décidemment, il n'avait pas envie de se lever, d'autant plus que l'idée d'aller au travail ne le réjouissait pas du tout. Il n'avait pas envie d'entendre sa chef ronchonner parce que ses collègues étaient encore en retard. Tom voulait bien être gentil, mais parfois, il aimerait que les autres fassent quelques efforts.

Il tendit un bras sur sa droite, sans vraiment s'attendre à trouver la personne aimée à ses côtés. Cette dernière n'était pas vraiment du genre à se lever tard, et, elle devait déjà être en train de déjeuner dans la cuisine, devant le journal du jour. Patiente, silencieuse, voilà comment était la personne qu'aimait Tom.

Il se retourna dans le lit, et fixa le plafond blanc. L'appartement était vraiment silencieux, ce qui lui donnait envie de se rendormir, plutôt que d'affronter le vacarme de la ville et du bureau.

« Je vais bien être obligé de me lever…. »

Il frotta ses yeux lourds de fatigue, et finit par laisser son bras retomber sur son visage, pour l'entraîner dans une obscurité totale. Il n'avait pas assez dormi cette nuit, mais il ne le regrettait pas. Cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas passé de nuit ensemble que celle-ci lui avait parue justement trop courte, bien que merveilleuse. Il souleva son bras et jeta un coup d'œil au réveil sur la table de nuit.

7 : 27

Le réveil n'allait pas tarder à sonner. Tom pensa au bon café qui devait l'attendre dans la cuisine, ainsi qu'à la bonne douche qui le réveillerait définitivement.

7 : 29

Il pensa aussi au froid glacial qu'il devait faire dehors, et au chemin qu'il aurait à parcourir en voiture avant d'arriver au bureau.

7 : 30

Mad World se fit entendre. Même la radio le poussait à se rendormir avec une chanson aussi douce. Tom tira la couette jusqu'au dessus de son visage et grogna comme un ours qui aurait préféré continuer son hibernation.



Il sentit alors qu'on tirait la couette vers le bas, jusqu'au dessous de son nombril, et bien qu'il n'ouvrit pas les yeux, il laissa un sourire s'installer sur son visage.

Des lèvres se posèrent sur sa peau nue, juste au-dessus du nombril, et se mirent à parcourir de baisers son torse, jusqu'à remonter dans son cou, puis sur ses joues, ses lèvres. Alors Tom ouvrit les yeux et passa ses bras autour du cou tendu vers lui, et rendit le baiser si librement offert.

« Bonjour, dit-il une fois que leurs lèvres se furent séparées.

- Bien dormi ? »

Tom acquiesça. Son amant s'assit à côté de lui, et Tom se redressa pour lui répondre :

« Pas assez. Mais c'est bien comme ça.

- Tu veux que je dise à la chef que tu es malade ?

- Tu resteras avec moi ?

- Elle risque de devenir folle si jamais je lui dis que nous sommes tous les deux malades…

- Si tu y vas, alors j'y vais aussi, Kyle. »

Et Tom l'embrassa. Non plus de ce baiser doux donné au réveil, mais d'un baiser passionné, qui laissait parfaitement entendre à son compagnon ce que Tom voulait vraiment. Ce dernier s'amusait à mordiller les lèvres de Kyle, sans pour autant les blesser. Il savourait leur goût de café noir, la boisson préférée de Kyle. Celui-ci réussi à dire difficilement :

« On va avoir beaucoup de travail aujourd'hui… On ne devrait pas être en retard. Surtout tous les deux… Ensemble… Ça paraîtrait suspect…

- Oui, oui… »

Les bras de Kyle enserrèrent la taille de Tom. Des bras puissants et réconfortants qui l'entrainèrent plus profondément dans le lit. Environ une demi-heure plus tard, un cri retentissait dans la chambre, et Kyle s'effondrait à côté de son amant. Tom lui caressa les cheveux et le regarda se rendormir, comme à son habitude.

Finalement, il irait seul travailler. La journée n'avait, après tout, pas si mal commencé.


Le 30/03/2008