Horreur humaine

Un bruit irrégulier résonne dans ma tête. C'est le bruit de mon coeur qui perd peu à peu de sa vitalité. Un bruit vient s'y joindre, celui de ma respiration rauque alors que je cours pour sauver ma peau. Je commence à manquer d'air. J'ai un poids dans la poitrine, un poids lourd et transperçant. Je ne peux plus avancer. Bientôt, je devrai m'arrêter et ils m'attraperont pour faire des expériences sur moi. Moi, l'étrangeté de la race humaine. Celle que tout le monde fuit à présent, mais que tout le monde aimait avant. Celle qui a été trahie, par son amoureux. Alors que vous lisez ceci, il est tranquillement couché dans sa chambre d'hotel de luxe, protégé par le gouvernement pour éviter que je ne réussisse à aller me venger, à aller le tuer pour ce qu'il me fait subir.

Je n'en peux plus. Le tranquilisant qu'ils m'ont injecté par le biais d'une fléchette qui siège toujours dans mon épaule commence à faire de plus en plus effet. Rapidement, je l'arrache. À quoi bon de toute façon? Le poison est déjà en train de circuler dans toutes les veines de mon corps. Je dois me reposer... rien... qu'un instant... Je secoue la tête et reprend ma course, la vue floue et les jambes en coton. Pas question que je les laisse m'avoir si facilement... moi, la fille qui ne ressemble plus autant à une humaine? Jamais... mais si je veux survivre pour me venger, je dois absolument trouver un refuge... n'importe quoi... Je ne vois plus rien à présent. C'est la fin... ils vont m'apporter dans un laboratoire et m'y enfermer jusqu'à la fin de ma vie, c'est-à-dire dans plus d'un demi-millénaire... moi, la fille avec de l'ADN de chat...

Ce fûrent mes dernières pensées avant que l'obscurité totale ne m'engouffre totalement.

Lorsque j'ouvris les yeux, je n'avais aucune idée de combien de temps s'était écoulé. Ç'aurait pu être une dizaine d'années, comme simplement quelques instants, mais j'en doutais, étant donné que je n'était pas étendue dans de l'herbe, mais bien entre des draps de coton soyeux. Je tentai de tourner la tête, mais je n'y arrivai pas, même en me concentrant énormément. Cependant, mes oreilles captaient des bruits dans tous les sens et ne cessaient de s'agiter. Je les sentais bouger au sommet de ma tête, puis, elle se tournèrent vers l'arrière lorsque le bruit d'une serrure se fit entendre. Rapidement, je refermai les yeux et attendis. Des bruits de pas étouffés, sûrement causés par des pieds chaussés de chaussettes épaisses, se rapprochaient du lit où je me trouvais étendue. Puis, on apposa une compresse froide sur mon front et je sentis une goutte d'eau couler le long de mon cou, me faisant frissonner et ouvrir les yeux. Je me mis à grogner férocement.

-Retirez-moi ça!! Retirez-moi ça!! C'est mouillé... retirez-moi ça j'ai diiiiiiis!!

-Du calme... du calme... ça va, je vais retirer la compresse... fit une douce voix masculine à côté de moi, avant que la compresse ne laisse sur moi que de l'humidité après qu'il l'ait retirée.

Je me calmai peu à peu et retentai de tourner la tête. Cette fois, j'y arrivai, et vis un jeune homme, dans la vingtaine et aux cheveux aussi noir que les ténèbres où j'avais séjourné, qui souriait gentiment dans ma direction. Effrayée, je reculai dans le lit, prête à m'enfuir, mais quelque chose m'en empêcha. Ma jambe droite était paralysée! Je lâchai un miaulement de terreur et de déception. L'homme prit place sur le lit lentement, et continua de me fixer un instant, ne sachant probablement pas que j'avais des griffes et que je savais m'en servir à présent. En moins de temps pour le dire, je le griffai à l'épaule et tentai de sauter hors du lit, pour finalement me retrouver en dehors, mais écrasée sur le sol. Il jura et bientôt je le vis se pencher vers moi, mains tendues. Je fermai les yeux, les deux oreilles rabattues vers l'arrière, mais tout ce qu'il fît fut de me prendre dans ses bras et de me redéposer sur le matelas moelleux du lit. Incrédule, je rouvris les yeux et vît le jeune homme se tenant le bras en grimaçant, puis sourire à nouveau.

-Je ne te veux pas de mal, je te le jure... lâcha-t-il, penaud. Je voulais simplement discuter...

-Où sont-ils? Où sont les scientifiques? Pourquoi ne viennent-ils pas à votre rescousse? Pourquoi suis-je dans un lit moelleux? Ils en ont confectionné un spécial pour me faire croire que je suis dans une vraie maison, histoire que j'aie un comportement normal?! Ils peuvent toujours courir... je... ne me... laisserai... pas faire... commençai-je en me sentant tomber sur l'oreiller.

-Il n'y a pas de scientifique... tu es chez moi... je t'ai trouvée alors que je déménageais dans ma nouvelle maison, à la lisière des bois... tu étais étendue dans l'herbe de mon jardin...

-Maison... mais... qui êtes-vous?

-Je m'appelle Noah. Que faisais-tu sur le sol? Et dans cet accoutrement... tes vêtements sont tout déchirés.

-Je... je ne peux pas rester... ils vont me chercher et s'ils me trouvent ici, tu es fait... ils vont t'enfermer pour entrave aux recherches scientifiques... je... je dois m'en aller... au... plus vite...

-Tu n'iras nulle part, tu as une cheville de tordue... et puis tu vas rapidement te faire reconnaître... tu as une apparence assez inhabituelle...

-Je suis un monstre, tu veux dire... fis-je en montant la couverture par-dessus mes oreilles pointues.

Il redescendit la couverture et planta son regard grisâtre dans le mien. Il secoua la tête, un large sourire collé au visage.

-Non, pas un monstre... tu es différente, mais pas hideuse. Et puis tu es jolie avec tes jolies oreilles et tes pupilles verticales... tu as des ongles tranchants, mais ce n'est pas assez pour qualifier quelqu'un de monstre, non?

Incertaine de cette affirmation, je ne répondis rien du tout. Je me recroquevillai au fond de l'oreiller. Il grimaça à nouveau et se prit le bras. Voyant cela, je jouai avec la couverture et ma queue se hissa hors de celle-ci. J'abaissai mes oreilles, gênée.

-Je suis désolée... pour la griffure...

Il regarda son bras un instant et sursauta. Il m'offrit à nouveau un sourire.

-Mais non, ce n'est pas grave voyons... je comprends tout à fait que ta réaction aie été celle-là... mais ce n'est rien... je t'assure... c'est déjà guérit, presque.

Il désigna son bras qui semblait, vraisemblablement, déjà guérit. Il se rassit sur le lit, faisant pencher le matelas légèrement et m'observa un moment avant d'ajouter :

-Quel est ton nom et comment es-tu arrivée jusqu'ici?

-Je m'appelle Kasomi... et j'étais une fille normale avant que mon copain me drogue et m'injecte quelque chose... je m'évertuais à garder le secret, jusqu'au jour où mes oreilles et ma queue ont poussé... et alors je ne savais plus quoi faire... jusqu'alors, même mon petit ami ne le savait pas mais je lui ai dis. Quelques heures plus tard, des scientifiques débarquaient chez moi, avec des tranquillisants.

-C'est horrible, lâcha Noah, les sourcils froncés.

-Oui... j'ai servis de cobaye pour une expérience qui consistait à introduire des gênes animaux dans des personnes... seulement je ne suis pas la seule dans ce cas et en plus... c'est mon copain qui a manigancé tout cela... je me suis enfuie mais une flèche de tranquillisant m'a atteinte dans l'épaule et j'ai finis par m'écrouler je-ne-sais-où... et je me suis réveillée dans cette chambre.

Il posa une main sur mon épaule, chaleureusement.

-Je vais m'occuper de toi. Je te promets qu'ils ne viendront pas te chercher.

Et ainsi, Noah fut celui qui s'occupa de moi pendant les mois qui suivirent. Il me laissa occuper la chambre du deuxième, celle où je m'étais réveillée, et s'occupait de me rapporter des choses à manger lorsqu'il allait en ville.

Il m'apprit même à me défendre selon des techniques de combat asiatiques, combinant les attaques avec le pouvoir de mes griffes et mes crocs. Il m'apprit que peu importe mon apparence, j'étais une bonne personne et que si je le croyais aussi, toutes mes actions serait qualifiées comme telles. J'appris par moi-même à contrôler mes émotions, évitant la faiblesse de la tristesse concernant mon état.

Malgré l'intense gentillesse dont faisait preuve mon hôte, je me sentais de plus en plus seule. Isolée. 6 mois s'écoulèrent et, un jour, on cogna à la porte, chose assez régulière dans les derniers jours. La maison était surveillée, j'en aurais mis ma queue à couper. Quelques minutes plus tard, il faisait irruption dans ma chambre, nerveux. Je le voyais non seulement à son visage, mais aussi à l'odeur qu'il dégageait. Mon nez plus développé me permettait de discerner les émotions selon différentes odeurs. Et celle que je sentais à ce moment était de la peur. Il se jeta presque sur moi et me serra contre lui.

-Kasomi, tu dois absolument partir... les scientifiques... ils savent que tu es ici... et je t'assure que je n'y suis pour rien!

-Mais... et toi? Tu ne peux pas rester ici... ils vont te mettre en état d'arrestation... tout ça c'est ma faute, miaulai-je, désespérément.

-Non, mais non! Qu'est-ce que tu raconte voyons! C'est moi qui t'ai ramené chez moi, idiote, me dit-il affectueusement en ébouriffant ma tignasse rousse. Pour cette raison, je dois m'occuper de ces scientifiques... et toi, tu dois te sauver. Ta cheville va mieux, alors tu y arriveras.

-Je ne veux pas! Les gens dehors ont peur de moi. Personne ne me considère comme quelqu'un. Il n'y a que toi qui m'ais traitée comme une femme normale... je ne sais pas si j'y arriverai sans ta présence, ajoutai-je, embarrassée.

Il me serra plus fort dans ses bras, et passa son nez dans mon cou et mes cheveux. Au passage, il effleura mes oreilles, faisant gronder en moi le ronronnement du chat satisfait de l'affection qu'on lui transmet. Je lâchai un léger grognement de déception et le serrai à mon tour.

-Alors promets-moi qu'on pourra se revoir, Noah, laissai-je aller, au bord des larmes. Tu es le seul ami que j'aie à présent, je m'en voudrais qu'il t'arrive quelque chose par ma faute.

-Kasomi, je te jure qu'on se reverra. Je ferai attention... Pour l'instant, tu dois partir, et vite. Je leur ai dit que je te livrerais demain, histoire de les faire partir... ils sont partis préparer leur matériel. Tu dois partir avant la tombée du jour ou je ne pourrai plus rien pour toi.

Mes yeux me picotaient. Je ne devais pas pleurer, il n'aurait pas aimé. Il me répétait sans cesse que je devais d'être forte. Plus forte que tous ces pathétiques scientifiques. C'est ce que j'allais faire. Devenir encore plus forte. Toujours plus. Je pratiquerai encore même sans lui mes techniques et j'irai le délivrer si jamais... Je secouai la tête légèrement, ne voulant même pas y penser. Je reculai, me défaisant à contre-coeur de son étreinte, et me retournai lentement, ma longue queue rousse battant tristement derrière moi.

-Soit, si c'est ce que je dois faire, commençai-je, mon R se roulant un peu plus qu'à l'habitude. Mais je reviendrai te chercher dans une semaine. Le temps que je me trouve un endroit où vivre. Pendant ce temps, évite de trop parler aux scientifiques, ils sont complètement tordus.

-Je t'attendrai, je te le promets, Kasomi. Si je ne suis pas là à ton retour, c'est probablement parce que j'en ai été obligé... alors vis ta vie et ne m'oublies jamais, veux-tu?

Je me retournai, plus une seule trace de pleurs sur mon visage, et l'observai pendant un long moment, sans aucune émotion apparente. J'observai cet homme qui pendant un mois avait si bien pris soin de moi, m'aidant à récupérer et m'aidant à ne pas sombrer dans le désespoir. Puis, sans m'attarder plus longtemps, je pris un manteau long et un chapeau et sautai par la fenêtre.

Je marchai longuement en errance, sans savoir réellement où je me dirigeais. Au bout de deux jours, j'arrivai dans un village paisible, où visiblement, tous les habitants se connaissaient entre eux. Je m'arrangeai pour m'installer dans une petite maison retirée et abandonnée de ce village, et bientôt, c'est-à-dire le lendemain, on parlait déjà de moi dans le village entier, tous se demandant qui je pouvais bien être et pourquoi j'avais choisis cette maison. Trois jours avaient déjà passés et je savais que je ne reverrais jamais Noah. Après mon installation simple, j'allai à l'épicerie du village pour m'acheter de la nourriture, recouverte de mon grand manteau et de mon chapeau. L'homme et la femme tenant l'épicerie me sourirent largement à mon arrivée.

-Bien le bonjour! Est-ce qu'on peut vous aider? Vous êtes le nouvel arrivant, j'imagine?

Je rajustai le chapeau pour cacher mes yeux et me contentai d'hocher la tête lentement. J'avais déjà préparé une liste d'effets et de nourriture que je devais acquérir, mais je ne tenais pas à revenir toutes les fois au magasin, question d'éviter les questions, justement. Je parvins à voir le visage des teneurs qui me souriaient toujours. Cela me rendit mal à l'aise en songeant que si je n'étais pas ainsi accoutrée, ils arboreraient sûrement des expressions toutes autres...

-Vous aimez votre nouvelle maison? Je dois avouer qu'elle tombe en ruine, mais la vue est la meilleure du village! Fit la dame gentiment.

À nouveau, j'hochai la tête. Je glissai ma main cachée par une manche trop longue dans l'une des poches du manteau et tandis une liste d'objet et la demande de livraison. La femme lut et hocha la tête toujours en souriant.

-Bien sûr, Monsieur...?

-C'est madame, lâchai-je non chalamment d'une voix rauque dû au fait que ces derniers jours je n'avais pas beaucoup parler.

-Oh, toutes mes excuses, madame! Je suis confuse... c'est que votre imperméable... disons que...

-C'est bon, lâchai-je doucement. Il ne permet pas de savoir qui je suis et c'est parfait comme cela, terminai-je rapidement. Je pourrais avoir tout cela au courant de la journée? J'ai de quoi payer.

-Bien entendu! Justement, nous avons un tout nouveau livreur.

-Bien... oh, et si vous pouviez toujours envoyer le même livreur, je préfèrerais. Je n'aime pas trop les gens...

-Bien entendu madame, vous n'aurez qu'à payer lors de ses livraisons, ça vous va? Je laisserai un message à mon mari pour que, au cas où je ne puisse m'occuper de votre commande, il pense à toujours envoyer le même livreur.

-Merci madame. Voici un avancement, pour la commande d'aujourd'hui, terminai-je en déposant une bonne somme sur le comptoir, et en tournant les talons ensuite pour sortir du magasin.

En sortant, je croisai un jeune homme d'environ mon âge, si ce n'est plus, avec des cheveux châtains et de magnifiques yeux marron. Pour le simple instant où je l'ai aperçu, mon coeur s'était mis à battre follement. Du garçon émanait une aura apaisante et une impression de bonheur que peut-être je ne connaîtrais plus jamais. Il leva la tête pour me saluer. Je rabaissai à nouveau mon chapeau, et pris la route se rendant chez moi, un magnifique chemin parsemé de plantes sauvages et d'orties à quelques endroits. Je m'arrêtai un instant pour observer les abeilles tournoyant autour des fleurs écloses, puis soupirai en repensant à Noah et son magnifique jardin où j'allais parfois jouer dans l'herbe. Il y cultivait toujours un tas de jolies fleurs qui sentaient si bon... rapidement, je sentis une gigantesque vague de solitude. Si seulement je trouvais le moyen de garder apparence humaine... n'importe quoi... je devais trouver un moyen de pouvoir me promener sans arracher des cris de stupeurs!

Lorsque j'entrai, je retirai mon imperméable, mon chapeau et allai m'écraser dans le sofa, à l'abri des fenêtres, les yeux plein de larmes. Pourquoi devais-je subir ça? Qu'est-ce que j'avais fait aux autres pour mériter d'avoir l'air d'un chat à 17 ans? Mon anniversaire approchait et pourtant, j'avais maintenant l'air d'une femme plus vieille, dans la vingtaine. Milieu vingtaine, au moins. J'avais l'air plus sérieux, plus adulte en fait. Ma longue queue rousse ondulait, lasse, derrière moi. Mes oreilles, rousses aussi, n'arrêtaient pas de bouger, captant tous les bruit des environs, jusqu'au village environ. À cause de l'adn de chat, je vieillissais plus vite, mais quelque chose me dit que j'allais arrêter de vieillir pour un bon moment. Mais à quoi cela servait de vivre presqu'un millénaire si on ne pouvait même pas avoir des amis ou encore un partenaire, hein? Je soupirai et m'effondrai en larmes sur le bras de mon divan miteux, mes griffes maintenant ancrées dans le tissu malodorant. Je n'étais pas prête psychologiquement pour avoir déjà cette apparence d'adulte! Encore moins pour porter le lourd fardeau d'une expérience scientifique ayant fonctionnée! Je me remémorai encore une fois la scène où les scientifiques étaient débarqués...

J'étais assise sur mon lit, attendant que mon copain, Mick, arrive. Je devais me confier à quelqu'un, c'était trop dur, et j'étais trop effrayée. Il cogna bientôt à ma porte et j'allai lui ouvrir, ma couverture de lit sur la tête, apeurée comme un chaton que l'on gronde, les oreilles tournées vers l'arrière. Il entra, un large sourire collé sur son visage, et m'embrassa sur la joue, comme à son habitude lorsqu'il venait me voir.

-Kasomi, qu'est-ce qui ne va pas, fit-il finalement en voyant l'état de panique dans lequel je me trouvais. Tu n'es pas bien?

-Non, Mick, c'est affreux!! fis-je en fondant en larmes. Je... je ne sais pas... ce qui se passe mais... je suis... diffé... diffé... rente... hoquetai-je. Je ne... sais... sais pas... quoi faire!

-Calmes-toi, chaton... tout va bien, je suis là maintenant... dis-moi, qu'est-ce qui ne va pas? Et puis pourquoi tu gardes cette couverture sur ta tête? Il doit faire 20 degrés ici.

Lentement, je me découvris, et je ne vis que de l'indifférence dans son regard. Pas de compassion, ni de pitié, et pas de peur. Il avança une main vers ma joue et l'étira pour regarder mes crocs. J'aperçut l'ombre d'un sourire et je l'entendis murmurer: « Ça a marcher... » Puis, il se leva et vînt me prendre dans ses bras. Perplexe, je ne savais quoi répondre, mais je pleurais toujours. Je ne comprenais pas sa réaction... qu'est-ce qui avait marché? Pourquoi n'avait-il même pas parût surpris?

-Ça va Kasomi... n'aie pas peur... ce n'est rien...

Puis, lorsqu'il eût dit cela, une troupe de gens habillés de blouses blanches entrèrent dans ma chambre, armés de petits pistolet. Effrayée, je me défis de l'emprise de Mick qui souriait triomphalement. Il sortit à son tour un petit pistolet et s'en servit pour me viser.

-Que... Mick... ?

Je reculai contre le mur, effrayée, mes oreilles se collaient contre ma tête. Je ne comprenais plus rien! Qu'est-ce que ces gens venaient faire chez moi? Et pourquoi me pointaient-ils de ces armes? J'étais pétrifiée.

-Je suis désolé, Kasomi, mais c'est pour le bien de la science... lâcha Mick, avec un air mi-désolé, mi-narquois.

-Il a raison, mademoiselle, vous n'avez rien à craindre. L'expérience de transfert de gènes a fonctionné à merveille! Vous êtes maintenant une surfemme à la longévité encore plus grande! Réjouissez-vous, peut-être vous nous aiderez à bâtir une nouvelle race!

-Mais je... je n'ai rien demandé, moi... lâchai-je entre deux sanglots. Je ne veux pas mourir...

Les hommes ricanèrent et le scientifiques ayant parler le premier baissa son arme un instant.

-Voyons, nous avons besoin de vous vivante, mademoiselle. Ce ne sont que des fléchettes tranquilisante. Nous ne sommes pas assez fous pour tuer notre plus belle création! Si vous nous suivez sans tenter quoi que ce soit, nous ne les utiliserons pas contre vous. Je sais fort bien que les chats détestent les armes à feu.

-Des gènes... de chat? C'est ça qui s'est passé, c'est ça?! Dis-moi que c'est pas toi qui...

Il acquiesca sans le moindre signe de remords.

-Ça en valait la peine, je t'assure. Je me suis fait un beau petit magot en échange de cette simple injection... et ça a été aussi simple que de mettre un peu de somnifère dans ton repas pendant notre souper en amoureux... fit-il, presque rêveur.

-J'avais confiance en toi, moi! L'amour que j'ai pour toi ne comptait donc pas?!

-Si, justement, je t'aime tellement que je t'ai offert une vie rallongée de près de mille ans, chaton, fit-il à nouveau avec son sourire. Maintenant suis-nous, je ne voudrais pas être obligé de m'en servir contre toi, termina-t-il dans un ton amadouant.

-Tu peux toujours rêver alors... fis-je en grognant et en bougeant vers la fenêtre à balcon de ma chambre. Je n'ai pas l'intention de servir de cobaye.

-Trop tard, chaton, c'est déjà fait. En plus, dans leur centre, tu auras un environnement parfait pour toi. C'est très agréable, tu verras! Fit-il en relevant son pistolet vers moi.

Je versai à nouveau une larme, mais l'essuyai immédiatement. Je n'arrivais tout simplement pas à le croire... tout ce temps, c'était lui... celui que je chérissais plus que tout venais de briser mon adolescence avec une injection. Puis, il tira, me ratant de près, la fléchette brisa la fenêtre. J'en profitai pour sauter sur le balcon.

-Je reviendrai pour me venger, Mick!

-Non, ne partez pas mademoiselle! Nous sommes les seuls pouvant vous aider à contrôler vos nouvelles capacités! Lança le scientifique. Vous ne me donnez pas le choix alors!

Et ils se mirent tous à tirer dans ma direction, plusieurs me frôlant près des jambes, certaines près de mes oreilles. L'une d'elles passa près de m'égratigner la queue. Je les évitai toutes agilement et grimpai sur le toit de ma maison avec l'agilité d'un chat, pour sauter sur un autre toi. Derrière moi, j'entendis Mick hurler.

-Il ne faut pas qu'elle s'échappe!!

Je ressentis une vive douleur dans l'épaule gauche, mais continuai à sauter de toit en toit pour me rendre à la forêt un peu plus loin. Je me surpris à prier pour réussir à m'échapper. Puis, au bout d'un moment, dans la forêt, je m'écroulai suite à l'action du tranquilisant.

Un son de coup me réveilla juste avant que je m'endorme, toujours en larme. « Ce doit être le livreur » pensai-je en me levant gauchement. Je m'empressai de mettre mon imperméable et mon chapeau avant d'aller ouvrir. Sur le pas de la porte, je pus le voir par l'oeil magique, se trouvait le jeune homme aux cheveux châtains du magasin, une grosse boite dans les bras. J'entrouvris la porte et lui dis d'une voix rauque, cette fois dûe aux pleurs, de laisser la boite devant la porte, que je la prendrais lorsqu'il serait parti. Il acquiesca, tenta de voir qui se trouvait derrière la porte et tourna les talons. Ma vie d'hermite du village allait bientôt commencer. Au plus profond de mon âme, je savais que Noah n'allais pas me revoir dans les quelques jours, comme je le lui avais promis. Quelque chose m'empêchait d'y aller. Une drôle et effrayante impression, celle d'un chat effrayé, mais à la fois d'un chat prévenant.

-Non, une semaine n'est pas assez pour écarter le danger... fis-je plus pour moi-même que pour autre chose avant d'ouvrir la porte, prendre ma boite et de refermer la porte non seulement sur l'extérieur, mais aussi sur un futur joyeux et surtout, sur un futur comportant un homme auquel je pourrais faire confiance à nouveau, excepté Noah.

Peut-être que je me trompais.