Bonjour !

Voici encore une nouvelle histoire, née d'une grande discussion avec mon chibi japonais sur les histoires Yaoi en général... Hiro, merci à toi (je te n'aime... mais le dis pas à Fred sinon il va me faire la tête)

J'espère qu'elle vous plaira !

Et non, je ne laisse pas tomber Chez Danny, celle-ci étant d'ailleurs bien avancée sur mon pc.

Bonne lecture à ceux qui passent par ici


Chapitre 1

Lycée Alexander

Trois… Deux… Un !

La sonnerie du lycée retentit enfin, à la grande joie de tous les élèves qui étaient désormais en week-end. Mais cette sonnerie faisait la joie d'un élève en particulier, pour lequel week-end rimait avec : sortie, match, beuverie, et surtout, fainéantise. Car pour lui, le week-end n'était pas fait pour travailler, contrairement à ce qu'exigeait le Baccalauréat en fin d'année. Non. Il travaillait bien assez en semaine pour avoir à en faire encore plus pendant le week-end. Celui-ci, il le réservait en partie à son équipe de rugby dans laquelle il jouait depuis ses 10 ans. Un sport qui était devenu pour lui une passion, bien plus importante que les cours.

Il fut parmi les premiers élèves à sortir de la salle : ses affaires étaient toujours rangées à l'avance. Il s'engouffra dans la masse d'élèves qui tentait d'atteindre le portail d'enceinte du Lycée. Au bout de cinq minutes de débâcle, il arriva enfin à son vélo, qui l'attendait toujours à la même place. Bien qu'étant âgé de dix-huit ans, et un permis en poche, il n'avait jamais touché à sa voiture qui l'attendait sagement au fond du garage. Il préférait effectuer un trajet de plus de quarante minutes pour rentrer chez lui, et cela, pour diverses raisons.

« T'es encore arrivé avant moi, Nathan ! »

Le jeune homme se retourna avec un sourire éblouissant, et acquiesça avant de dire à l'étudiant qui s'approchait de lui :

« J'y peux rien si t'es trop lent !

- Je ne suis pas lent. Je suis juste les cours avec sérieux, contrairement à certains…

- C'est pareil ! »

Nathan défit le cadenas de son vélo en souriant, et le rangea dans son sac avant de monter sur la selle. Son ami l'imita avec un vélo rangé juste à côté. Les deux jeunes hommes habitaient dans le même village depuis leur enfance. Ils avaient ainsi créé de forts liens alors qu'ils n'étaient qu'à la maternelle. Ils sortirent du lycée, et prirent la direction de la sortie de la ville. Ils ne roulèrent pas vite, ne commençant à parler que lorsqu'ils atteignirent enfin les routes de campagnes. Le temps était superbe pour un mois de février, pas trop froid, pas trop humide, un temps parfait pour rentrer chez soi en compagnie de son meilleur ami, et surtout, en prenant son temps. Le village dans lequel ils vivaient comptait près de sept cents habitants, et se situait au pied d'une montagne, ce qui en faisait un endroit vraiment magnifique pour les yeux, et bien que les températures descendent très bas en hiver, l'été, les villageois pouvaient profiter du lac qui ne se trouvait qu'à une vingtaine de minutes à pieds pour se rafraîchir. Les deux jeunes hommes finirent par apercevoir les grands chênes qui marquaient l'entrée du 

village. Ceux-ci appartenaient à un avocat qui avait fait construire une grande maison deux ans auparavant, et avec qui Nathan et son ami s'entendaient très bien. Un coup d'œil jeté à travers la clôture appris aux jeunes élèves que l'avocat n'était pas là, sa BMW n'étant pas garée dans l'allée. Ils continuèrent leur chemin, et passèrent ainsi devant la boulangerie et la mairie, devant laquelle un groupe de personnes âgées s'était installé comme à leur habitude pour s'échanger les derniers potins. Un vieil homme qui n'avait presque plus de cheveux sur le crâne les héla :

« Alors les jeunes, finis les cours ?

- Oui, répondit Nathan avec son plus beau sourire. Maintenant on va se préparer pour le match de demain !

- Oui, j'en ai entendu parler… répondit le vieillard. Vous avez intérêt à gagner ! T'as entendu, Clément ?! »

Le meilleur ami acquiesça avant de répondre :

« Comptez sur nous, Monsieur Gérard. »

Après les dernières politesses, les deux amis continuèrent leur chemin jusqu'à arriver devant l'école primaire du village, où attendait une jeune femme brune. Lorsque celle-ci les aperçut, elle se leva de son banc, rejetant sa queue de cheval en arrière, et frotta ses bras, prouvant ainsi qu'elle devait attendre ici depuis un moment. Les deux jeunes hommes s'arrêtèrent devant elle et Nathan descendit de son vélo pendant qu'elle lui disait :

« Franchement, tu peux pas prendre ta voiture ? Ça m'éviterait de t'attendre ici comme une idiote…

- J'aime bien le vélo. Au moins ça me fait de l'exercice pendant la semaine. »

La jeune femme haussa les épaules, et sembla enfin remarquer Clément :

« Tu pourrais pas le pousser à prendre sa voiture ? Vous rentreriez quand même ensemble.

- Il est grand, répondit Clément. Il fait bien ce qu'il veut.

- Ouais, tout à fait, » s'impliqua Nathan.

Il prit la jeune femme dans ses bras et déposa un baiser sur sa joue droite :

« Allez, Justine. Tu vas pas bouder, non ? »

Justine leva les yeux au ciel. Clément décida alors qu'il était temps pour lui de les laisser :

« J'y vais, moi. Je pense que pas mal de boulot doit m'attendre chez moi.

- D'accord, dit Nathan. On se retrouve au stade, demain à treize heures ? »



Clément acquiesça et leur tourna le dos sans même dire au revoir au couple. Toujours dans les bras de Nathan, Justine dit :

« Il est vraiment pas sociable ton ami…

- C'est parce que tu ne le connais pas bien. Il est très sympa au fond.

- Si tu le dis. »

Justine approcha ses lèvres de celles de Nathan qui raffermit son étreinte. Un peu plus loin, Clément avait arrêté son vélo. Il regarda le couple un court instant, et se remit en route. Il lui fallut une bonne dizaine de minutes pour arriver chez lui. La maison, comme tous les soirs vers les dix-huit heures, était très silencieuse, tout comme les champs alentours. La famille de Clément était une modeste famille d'agriculteurs, qui possédait un vaste terrain qui leur permettait de vivre correctement toute l'année. Clément participait parfois au travail des champs avec son père et son équipe, mais depuis deux ans, il avait commencé à prendre du recul face à tout ça. Depuis que…

Clément se reprit. Il était préférable de ne pas repenser à ce qui avait pu se passer. Il devait se focaliser sur le présent, là où on avait le plus besoin de lui. Il rangea son vélo dans le garage attenant à la maison, et passa par une petite porte en bois qui liait le garage à la cuisine. Là, il fut écœuré par le désordre qui régnait : la table n'avait pas été nettoyée, la vaisselle n'avait pas été faite, et une odeur de brûlé rendait l'atmosphère étouffante. Clément poussa un long soupir, et entra dans le salon, d'où lui provenait le son de la télévision. Face à celle-ci, un homme était assis dans un gros fauteuil de cuir, les bras ballants. Clément s'en approcha sans bruit, et éteignit le poste de télévision grâce à la télécommande qui traînait au beau milieu de cannettes de bières plus ou moins vides sur une petite table ronde. Il regarda l'homme enfoncé dans le fauteuil, qui dormait la bouche grande ouverte. Il ne ressentit alors que du mépris, voire de la haine pour cet être humain. Autrefois très travailleur, il rechignait aujourd'hui à la tâche, et n'allait dans les champs que parce qu'il y était obligé. Autrefois, il avait été un modèle pour Clément. Désormais, le jeune homme ne le voyait plus que comme un déchet. Mais c'était son père. Et ce lien était, malgré tout, un lien trop fort pour que Clément ne le combatte. Il prit une couverture qui traînait sur le divan juste à côté de lui, et en couvrit son père. Il monta ensuite à l'étage, mais n'alla pas tout de suite dans sa chambre. La première porte qu'il ouvrit, donnait sur une chambre d'enfant, dans laquelle deux lits avaient été installés. Une jeune fille qui ne devait avoir que quelques années de moins que lui, lisait une histoire à deux enfants, dont le plus jeune, un garçon, était presque sur le point de s'endormir quand Clément entra. La jeune fille leva rapidement les yeux sur son frère, et Clément put y voir, comme tous les soirs depuis deux ans, la même peur qui les habitait. Alors, il dit, tout simplement :

« Je suis rentré. »

Et tout alla mieux.


11/05/08 (bon anniversaire Nanou!)

Les critiques sont plus que bienvenues