Titre : Pupazzo (Marionette/Pantin)

Auteur : Cerbère

Disclaimer : Les personnages et leurs caractères sont à moi. Seul le pays ne m'appartient pas (encore heureux).

Note 1 : En italique, les dialogues en français. Plus on avance et plus il y en aura. Et bien entendu, l'histoire se passe en Italie.

Note 2 : Les année commencent en janvier et se terminent en décembre.

Je viens enfin de finir la réécriture de Pupazzo. Il y avait vraiment des passages à revoir ou à supprimer. ceci est chose faite. Bien sûr, il y a toujours beaucoup d'incohérence, de coquilles et d'innombrables fautes d'orthographe, mais je ne vois pas tout. Veuillez m'en excuser. J'attends de pouvoir passer ce texte à ma bêta…

Maintenant, sortez les violons :

Un grand merci à : Nawel94, Latina Angel, Azarus, Tinoubebe, Aceituna, Sombre Plume, Jacksosey, Koxinel, Daphalanote, Evilie, , Jeja, No One But Me, Pyrane, Lady Kaoru Anarchy, Ertel, Esil, Meanne77, Ketsuchi, Dkvg, Teneombre pour les reviews et/ou autres marques de sympathie à l'encontre de Pupazzo.

Note 3 : Pour ma grand-mère paternel, que j'aime très fort à qui je dois une très petite origine italienne.


Chapitre 0 : « Terra Incognita »


Année 6, février

« Eh M'sieur, vous êtes là, demain ? » Demanda Marco alors que la cloche sonnait.

« Et pourquoi ne le serais-je pas ? » Demanda le professeur.

« Parce que y'a grève ».

« Je ne fais pas grève, je serais présent et je noterais les absents qui auront intérêt à avoir un bon mot d'excuse ».

« M'sieur, on pourrait étudier une chanson ? ».

L'élève qui avait ouvert la porte bloqua le passage alors que le professeur de français enregistrait la question.

« Pourquoi pas. Ce soir, cherchez dans vos archives une chanson française que vous aimez bien. Prenez les paroles, si possible. On verra ça demain en cours ».

Les élèves opinèrent en quittant la salle. Théo effaça son tableau, rangea ses affaires et quitta le lycée en direction de son domicile, ramassant au passage sa copine.

OoO

Lorsque tous les élèves furent assis dans la salle, Théo s'installa sur son bureau et leur fit face. Il les compta, nota qu'il n'y avait aucun absent et en fut heureux : dans la salle des professeurs, l'enseignant de Maths s'était plaint de sa classe, à moitié vide.

« Alors, je vais demander à tous ceux qui ont trouvé une chanson d'expliquer, en français, bien sûr, pourquoi ils ont choisi celle-ci et pourquoi ce serait la meilleure à étudier ».

Quelques élèves rechignèrent contre l'exercice, mais se portèrent volontaires pour leurs chansons. Deux élèves firent une description différente du Temps des Cathédrales de Notre Dame de Paris, pour des raisons opposées, mais qui se valaient. Une élève présenta une chanson de Lara Fabian, ce qui eût pour effet de faire grincer des dents le professeur. Trois garçons trouvèrent intelligent de présenter la BO de Moulin Rouge avec les paroles si caractéristiques que tout le monde comprenait. Puis un dernier présenta les Perruches. Ce qui fit pâlir le professeur.

« J'aime beaucoup cette chanson, parce que tout d'abord, dans le groupe Pupazzo, malgré qu'il y ait toujours eu deux membres, c'est l'une des seules que le batteur ait écrite, même si ce n'est pas lui qui chante. Le fait que ce soit un italien qui chante du français rend les paroles plus mélodieuses et plus simples à comprendre, mais surtout... De chez Effimero1, c'est la seule composition à ne comporter comme accompagnement que des balais sur une batterie ».

« Fausto, Effimero, c'est pas la boîte qui produit des disques sans succès ? » Demanda Elena, une forte tête de la classe.

Fausto vira rouge, regarda un instant son professeur et se mit à réciter en italien, un texte qu'il semblait connaître par cœur depuis son enfance :

« Effimero a vu le jour en janvier 1979. Elle avait pour but de produire les chansons innovatrices des étudiants de l'école d'Arts et Musiques de Rome. Toutes compositions, quelque soit leur genre, étaient automatiquement produites, sans engagements de durée de la part des compositeurs. Les premières années, Effimero sortait deux albums par an de vingt-cinq titres, représentant la diversité des sujets comme du genre. Le restant de l'année, Effimero produisait des CDs de divers groupe. Grâce au groupe – désormais très connus - Mad Mad Mad, Effimero s'est imposé en tant que maison de disque. Et a même reçu un prix pour son ouverture d'esprit à la musique. Pour avoir mis en place une façon de faire connaître les jeunes qui désireraient vraiment travailler dans la musique. Effimero n'est pas mort et continue de produire de nombreux concerts ainsi que la recherche de talents, s'étendant à toute l'Italie et non plus seulement aux écoles de musique. Si Mad Mad Mad est un groupe à succès, issu d'Effimero, il n'est pas le seul. Vous pouvez y ajouter Pupazzo qui, malgré que le batteur ne soit plus de la partie, continue en Italie. Son troisième album est sorti en septembre et je sais que je ne suis pas le seul à l'avoir sur mon étagère. Si vous ne connaissez pas les Perruches, vous connaissez sûrement Sick Teen et Pupazzo qui passent encore régulièrement à la radio ».

Fausto souffla un grand coup et Théo posa sa main sur son épaule, se redressant et fixant la classe.

« Effimero a contribué aux débuts de beaucoup de musiciens » Reprit le professeur « Mad Mad Mad n'est qu'un parmi les autres… Regardez au dos de vos albums, le label est plus souvent présent que vous ne le pensez. Fausto, tu peux retourner à ta place ».

Alors que l'élève retournait à sa place, un autre demanda :

« Fausto, d'où tu sais tout ça ? ».

« Mon père est le directeur d'Effimero ! J'ai vu la majorité des concerts, sauf Pupazzo » Termina l'adolescent en regardant son professeur.

« Bien, nous allons procéder à un vote à main levée. Je vais écrire le nom des chansons et compter le nombre de voix ».

Théo inscrivit les cinq titres au tableau, faisant grincer la craie. Une fois fini, il la fit sauter dans sa main.

« Est-ce que vous voulez que je sorte ? ».

Un brouhaha s'éleva et se termina en un court instant. Théo n'avait jamais vu ça. Les élèves lui demandèrent de sortir. Le professeur s'exécuta et resta cinq minutes dans le couloir, se demandant quelle chanson ses élèves choisiraient, priant contre celle de Moulin Rouge. Il la trouvait beaucoup trop vulgaire. Rina vint le chercher. Plus qu'un titre figurait au tableau : les Perruches. Le professeur déglutit et regarda ses élèves. Devant lui, sur le bureau, se trouvaient le CD et la feuille sur laquelle se trouvaient les paroles. Il envoya Rina faire des photocopies et attendit patiemment avec ses élèves le retour de cette dernière. Les laissant discuter d'Effimero avec Fausto qui rougissait de tant d'attention, lui qui par habitude était un élève timide et réservé.

OoO

« M'sieur, c'est quoi cette histoire d'inséparables ? » Demanda Maria.

« Les inséparables sont deux perruches africaines qui vivent en couple. Lorsqu'on les sépare ou que l'une d'elle meure, dans quatre-vingt-dix-neuf pour cent des cas, l'autre meurt peu de temps après. Une des plus belles preuves d'amour ».

« Qu'est-ce qu'il veut faire comprendre, l'auteur ? Il y a un sens caché ? ».

« Le compositeur veut dire qu'il a rencontré deux êtres qui ressemblaient à ces perruches » Marmonna Fausto.

« Comment on peut être sûr que c'est le seul sens ? » Demanda un élève dans le fond de la classe.

Théo soupira. Si seulement ses élèves avaient autant d'entrain à travailler en temps normal, il serait comblé. Il jeta un coup d'œil à Fausto qui lui fit un petit sourire victorieux. Théo n'avait pas encore compris où voulait en venir l'adolescent, d'habitude si calme et discret. Il était l'un de ses élèves préférés de par sa motivation pour la langue, qu'il devait à sa mère, française. Mais aujourd'hui, cet élève lui plantait un couteau dans le dos, sans que personne ne le sache.

« Fausto, si tu nous expliquais comment tu vois le texte ? Pourquoi il t'a tant marqué ? ».

« Lorsque ma mère m'a expliqué les paroles, j'ai été admiratif de savoir qu'un tel amour existait. Quand ma mère est décédée, l'année dernière, j'ai presque été déçu de voir que mon père lui survivait. Oui, c'est horrible ! » S'exclama-t-il en réponse aux voix qui s'élevaient « Tout le monde croit que ses parents s'aiment à en mourir et vous réaliserez un jour peut-être, je ne l'espère pas, que ce n'est pas le cas. Que des inséparables, il n'y en a pas partout. Et je suis convaincu que « les Perruches » racontent une histoire vraie : qu'un tel amour existe vraiment. Je l'espère en tout cas. Mais faut aussi savoir que si l'un de vos parents décède et que l'autre ne suit pas, ça ne veut pas dire qu'ils ne s'aiment pas, hein, me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ».

La cloche sonna et les élèves rassemblèrent leurs affaires. Le professeur les regarda partir en silence et quitta la salle à son tour. Comme convenu, son amie l'attendait devant la voiture. Ils montèrent et Théo mit le contact. Il attendit quelques secondes et tourna la tête vers la jeune fille.

« Mes élèves me dépriment ».

« À ce point ? » Demanda-t-elle, surprise. « Pourtant tu m'avais dis que c'était une bonne classe et qu'ils étaient intéressés ».

« Quand ils le veulent seulement ! Et aujourd'hui, y'en a un qui a décidé de me couler et tous les autres suivent ».

La jeune femme sourit.

« Vera arrive demain, ça va te changer les idées de la voir. Y'aura sûrement tout le bataclan avec... ».

OoO

Année 6, juin

« Rina, le professeur de musique est-il toujours absent ? ».

La déléguée sursauta à la question de son professeur et hocha la tête.

« Personne ne sort ses affaires. Rina, tu cours chercher les clés de sa salle et tu nous rejoins là-bas. Les autres, en avant ».

Rina s'exécuta et les élèves quittèrent la salle dans un brouhaha assourdissant. Théo leur intima le silence pour passer dans le couloir et ils se rendirent tous ensemble à la salle de musique. Rina les rejoignit quelques minutes après, essoufflée. Elle tendit les clés et le professeur ouvrit, laissant ses élèves s'installer dans la salle, pendant qu'il fouillait dans son sac.

« Est-ce que tout le monde a apprit les paroles des Perruches ? ».

Un « oui » collectif s'éleva dans la pièce et Théo passa derrière la batterie, deux balais en mains. Il tapa quelques secondes sur le tome A, attirant l'attention de ses élèves. Dès qu'ils furent tous prêts à chanter, Théo commença à jouer le tempo d'un morceau qu'il n'avait pas joué depuis trop longtemps.

Perdu dans ses pensées où il rejoignait Vera, Alessandro, Topo, Ahou et Enrico ; où il retrouvait la musique et le plaisir de faire quelque chose de ses mains ; où il se souvenait de son premier concert, de l'approche du directeur d'Effimero, et de l'écriture des Perruches... Perdus dans ses pensées, il ne réalisa pas que toute sa classe s'était tue et l'observait jouer dans un silence quasi religieux. Il n'eût que conscience de la larme qui s'échappa de son œil droit pour tomber sur sa main gauche alors qu'il tapait les derniers temps des Perruches. Un morceau qui avait donné fin et naissance à deux périodes de sa vie.


A suivre…


Note : Effirmero = Ephemère