Je n'ai pas pour habitude d'entamer une nouvelle histoire tant que la précédente n'est pas terminée... mais comme l'on dit :"L'exception confirme la règle..."

Je commence donc cette nouvelle histoire, inspirée d'une simple photo (comme quoi une histoire peut naître de n'importe quoi...) du film Big Bang Love Juvenile A (spécial... mais je vous le conseille vivement) de Takashi Miike, avec Ryūhei Matsuda et Masanobu Andō (un peu de culture ne fait pas de mal :D) vus aussi dans Nightmare Detective (les amateurs d'horreur et de frissons devraient adorer héhé).

Cette histoire est classée M, elle traitera en partie de Yaoi, mais il devrait aussi y avoir pas mal de scènes sanglantes... Vous voilà averti(e)s

Avec L'Ombre, je renoue enfin avec un genre qui m'est cher, le Fantastique...

En espérant que vous aimerez, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne visite dans le royaume de Roeden, et une bonne lecture !


Prologue

Tarulia

Le soleil n'était pas encore levé sur la capitale de Roeden et peu de gens se baladaient dans les rues délabrées de ce quartier de la ville. Les voleurs étaient rentrés chez eux avec un butin plus ou moins conséquent, les prostituées étaient enfin allées dormir, et les mendiants ne prendraient place que bien plus tard dans des rues beaucoup plus fréquentées. Pour l'instant, il était seul, ce qui l'arrangeait. Ses pas ne faisaient aucun bruit sur les pavés : même quand cela n'était pas forcément nécessaire, il savait se faire discret. Il tourna à un coin de rue, et se dirigea vers l'arrière d'une vieille bâtisse qui ressemblait à une auberge tout en pierres apparentes. Il s'approcha d'une porte en bois et en fer forgé, et donna deux grands coups pour signaler sa présence. Voyant que personne ne venait lui ouvrir, il réitéra son geste, avec plus de force.

Une silhouette sombre, presque invisible dans cette nuit noire, se faufilait de toit en toit, sans bruit, tel un félin chassant une proie dans un silence meurtrier. Elle sauta sur une terrasse en marbre sur laquelle le lierre commençait à grimper, et se réceptionna sur ses deux pieds, légèrement accroupie pour amortir le choc. Une baie vitrée lui faisait face, à travers laquelle elle pouvait voir d'épais rideaux verts. Elle tendit une main gantée vers la poignée qui se trouvait à l'intérieur, et dans un cliquetis presque imperceptible, les portes-fenêtres s'ouvrirent pour la laisser passer entre les rideaux qui s'écartèrent sur son passage.

La porte s'ouvrit brusquement sur un visage tiré, fatigué et marqué par les ans. L'homme qui se cachait sous sa cape à capuche ne fit pas un mouvement, attendant une réaction du vieillard. Ce dernier poussa un profond soupir, et tout en rangeant sous sa chemise une pierre rouge qui pendait à son cou à l'aide d'une chaîne argentée, il fit entrer son visiteur. Après avoir jeté un coup d'œil à la ruelle, il ferma la porte et rejoignit l'homme dans ce qui ressemblait fort à une cuisine. Il remit alors dans son étui un poignard à la garde grise.

L'ombre porta son regard sur un lit situé à l'autre bout de la chambre. Elle sortit un sac en cuir marron de l'une de ses poches, et attrapa une poignée de poudre argentée qu'elle souffla en direction du lit dans lequel deux personnes dormaient. Il y eut un bruissement, puis une sorte de champ apparut autour du lit avant de disparaître. Alors la silhouette s'avança, et une fois près de l'homme qui dormait en serrant une femme dans ses bras, elle tira son poignard.

Le vieil homme posa deux chopes blanches sur la table, juste à côté de son poignard, et versa à l'intérieur un liquide noir fumant qui, à cause de son odeur, ne donnait pas envie d'y goûter. Pourtant, les deux hommes s'emparèrent de leur chope et la burent d'un trait, le vieil homme ne cachant pas pour autant une grimace marquant son écœurement. Lorsque son visiteur eut fini sa boisson, il lui dit :

« Tu es vraiment sans-gênes… Le fait que je puisse dormir à une heure pareille ne t'a pas effleuré l'esprit ? En plus, tu frappes comme un forcené à ma porte pour me réveiller… T'as de la chance que ma femme ait le sommeil lourd et qu'elle ne se soit pas réveillée… »

La silhouette se pencha vers l'homme. Plutôt gras, cet homme âgé d'une cinquantaine d'années, devait être un haut fonctionnaire, ou du moins, une personne assez riche pour se permettre de vivre dans un tel manoir et de dormir dans des draps de bonne qualité aux côtés d'une jeune femme qui devait avoir la moitié de son âge. La silhouette ne bougeait pas, observant le rythme lent qui soulevait la poitrine de cet homme. Puis, elle posa deux doigts gantés sur le front du dormeur, et pressa la lame de son poignard sur sa gorge, faisant couler une trainée de sang rouge foncé qui tâcha la chemise beige de son propriétaire. L'homme ne fit pas un mouvement, pas un seul sursaut, et la femme à ses côtés ne se réveilla pas.

Le visiteur ne répondit rien, regardant simplement le vieil homme. Ce dernier soupira et prit les chopes pour les nettoyer. Cela fait, il fit signe à l'homme sous cape de le suivre dans une autre pièce, beaucoup plus petite. Les murs étaient parsemés de feuilles ou de vieux morceaux de parchemins sur lesquels avaient été reproduits de nombreux dessins au crayon noir. Au milieu de la pièce trônait une chaise en bois sans accoudoirs, à côté d'une table en métal sur laquelle étaient disposés plusieurs instruments, ainsi qu'une boite en bois rectangulaire. Le visiteur retira alors sa cape pour la poser sur un tabouret dans l'un des angles de la pièce. C'était un homme qui ne devait pas avoir dépassé les trente ans, carré, habillé tout de noir, les cheveux noirs coupés très courts, et des yeux si sombres que l'on aurait pu dire que cet homme était un enfant d'obscurité, qu'elle était son essence même. Il retira ses gants et son pull, et le vieil homme put admirer un tatouage tribal qui partait du bas du dos du visiteur pour remonter jusqu'à ses épaules et redescendre le long de ses bras jusqu'aux coudes. Il savait, pour le lui avoir fait, qu'il n'était pas complet. Le tatoué s'assit à califourchon sur la chaise, tournant le dos au vieil homme qui s'approcha de lui en disant :

« On continue le dos ? Tu ne préfères pas que je…

- Non, répondit l'autre d'une voix grave et neutre. Je veux que tu continues le haut du dos, que tu le prolonges jusqu'à la nuque. »

Le tatoueur soupira et commença à préparer ses instruments. Cela ne lui prit pas plus de cinq minutes, et il finit par s'asseoir derrière l'autre homme, une aiguille dorée à la main qu'il posa sur la peau devant lui. Du sang se mit à perler, coulant le long du dos de l'homme qui ne broncha pas, ne semblant pas sentir la douleur.



Puis, elle posa deux doigts gantés sur le front du dormeur, et pressa la lame de son poignard sur sa gorge, faisant couler une trainée de sang rouge foncé qui tâcha la chemise beige de son propriétaire. L'homme ne fit pas un mouvement, pas un seul sursaut, et la femme à ses côtés ne se réveilla pas.

Le travail dura plusieurs heures, mais au final, le tatoueur était satisfait du résultat. Il posa son aiguille dorée dans un étui, propre comme si elle n'avait jamais été au contact du sang. En revanche, le dos du visiteur était plein de sang. Mais c'était conforme à sa demande : le sang qui coulait ne devait en aucun cas être essuyé, ce qui ne facilitait pas le travail du tatoueur. Ce dernier ignorait d'ailleurs pourquoi l'homme avait émis une telle exigence.

« J'ai fini. Tu veux voir ?

- Non. Je te fais confiance.

- Très bien alors la prochaine fois je te tatouerais un joli lapin… »

Le visiteur eut un faible sourire face à cette remarque, et se leva pour aller se rhabiller. Il sortit une liasse de billets et la tendit au tatoueur.

« C'est bon pour cette fois… dit le tatoueur. Mais Rain… la prochaine fois, vient pendant la journée… »

Rain enfila sa capuche et sortit de la pièce sans un bruit. Le soleil laissait entrevoir ses premiers rayons sur la capitale.

La silhouette se redressa et après avoir essuyé la lame de son poignard sur l'oreiller, elle se détourna du lit et reprit le chemin qui l'avait conduite ici. Le ciel étoilé parfaitement clair laissait espérer une journée sans pluie. La silhouette eut un dernier regard en arrière. En revanche, les pleurs ne seraient pas épargnés.

Le 4/06/2008

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Au fait, je n'ai toujours pas accès à mon blog... huuum