Vent de Passage…

Quelle était donc cette jeune fille,
Qui échappait à ces coups de vents,
Et qui cheminait vers le soleil levant,
Comme la célèbre Blanche de Castille ?

Elle avait l'air fine en esquivant ainsi ces Zéphyrs…
Comment réalisait-t-elle de tels exploits sans s'en réjouir ?

En changeant d'air par indifférence ?
Nul ne le sut en jouant les filles de l'air…
Peut-être en crachant en l'air par ignorance ?
Nul ne le sait, bien que cela m'en ait tout l'air…
Ou bien encore en pompant l'air par négligence ?
Nul ne le saura, même en étant libre comme l'air…

Elle avait l'âme chevillée au corps face aux palanques…
Mais où allait-elle donc pendant que les autres bivouaquait ?
Elle se donnait corps et âme semblable à une saltimbanque…
Quelle était cette longue route où quiconque bifurquait ?
Elle était parfois comme une âme en peine dans une calanque…
Quel était ce paysage quelconque qu'elle tronquait ?
En mon âme et conscience, je l'ignore tout comme Anne Frank…

Pourquoi ignorait-elle sur la chaussée les inavouables beautés…
Alors que le reste du monde contemple toutes les nuits leur majesté ?
Pourquoi s'impressionnait-elle plutôt face aux simples poussières éphémères…
Que le reste du monde percevait autrefois sans être réellement visionnaire ?

Pourquoi franchissait-elle à pas feutrés les méandres de la spontanéité…
Où tout un chacun est aujourd'hui irrémédiablement troublé ?
Pourquoi conjuguait-elle les halos argentés de la subtilité…
Que chacun par peur d'être abscons tente d'éviter ?

Pourquoi donc cette obscurité insondable qui l'entourait…
Que sans l'aide de l'amour hormis elle nul ne percevait ?
Pourquoi cette arrivée au carrefour crépusculaire…
Et où nul ne la suit par crainte des cimetières ?

Avec parfois fort peu de gaîté de cœur,
Les anciens vestiges, elle traversait,
De ses mémoires qu'elle rédigeait,
Tout simplement avec du cœur…

Alors qu'elle n'avait pas le cœur au bord des lèvres,
Alors même que s'enfiévrait son cœur de sèvres,
Tel un égéen, elle avançait dans le crachin…
Et soudain, il n'en demeura plus rien !

Même en ayant le cœur sur la main tel un bienfaiteur,
La faucheuse de l'Insondable Shinigami est passée…
Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur,
Car seule une plume noire est restée…

Comme cette épigramme me va droit au cœur…
Je la survole à l'image d'un papillon…
Avide d'air pur et de révolution…
En faisant le joli cœur…

(Dédié à Moïra…)