Genre : OS très court, écriture automatique, déclaration.

Note : Bonne lecture !

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Chuuut !

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Je te le dis à chaque fois.

« Je t'aime … »

Tout bas.

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Quand je raccroche le combiné du téléphone.

Quand je pense à toi le matin.

Quand tu me fais rire pour un rien.

Quand tu comprends les maux que je ne dis pas.

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Je t'aime.

Mais chuuut !

Je t'aime tout bas.

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Dans un demi-sommeil seulement.

Dans un instant éphémère… ou infini.

Quand mon esprit est embrouillé.

Quand trop d'introspection tue l'introspection.

L'apathie comprend cet éclair de lucidité qu'ont parfois les imbéciles.

Les heureux imbéciles.

Les imbéciles, heureux, forcément.

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Je t'aime.

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Lorsqu'un voile se pose sur mes doutes.

Lorsque mes yeux se ferment le soir sur ton souvenir.

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Mais chuuut !

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Je n'ose même pas le dire tout haut.

Je préfère le sourire discrètement.

Distraitement.

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Parce qu'on est jamais sûr.

Parce que je ne veux pas me tromper encore.

Parce que j'ai peur de me noyer.

Parce que j'ai peur d'avoir mal.

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Alors chuuut !

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Tout est si calme, quand on se tait.

Quand on ignore les tumultes intérieurs.

Quand on oublie d'avoir mal, sans oublier qu'on a eu mal.

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C'est pour ça que… Chuuut !

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Tout bas.

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Je t'aime sans mots.

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Sans définition. Sans explications.

Sans signification, sans référence.

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Juste une succession de faits.

Inédits.

D'observations empiriques.

Silencieuses.

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C'est quoi l'amour, de toute façon ?

Trop compliqué.

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Mais c'est un fait : je t'aime.

Un fait inexplicable.

Ne cherchons pas.

Une certitude des plus douteuses.

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Je te la dis tout bas.

Presque sans faire exprès.

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Les mots se forment dans mon souffle.

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Chuuut !

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Mon esprit réagit une seconde en retard.

Heureusement ce n'est pas même un murmure.

Trop bas pour être un son.

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Je t'aime.

Dans un souffle.

oOo