Avenir

Il y a des personnes qui créent leur avenir,
Le façonnent, le modèlent,
Moi je le laisse venir.

Il y a des personnes se battant pour leur futur,
Ils n'en veulent qu'un seul
Et pleurent de déconfiture.

Moi je ne regarde pas.

Je cherche où je suis plutôt que où je vais.
Le chemin sous mes pieds se déroule tout seul.
Je m'en vais peut être, vers un mur, une impasse.
Un champ de coquelicot, un buisson de framboise.
Je ne veux pas savoir.

Et quand quelqu'un me narre mon futur,
Je regarde arrondis le cœur du narrateur,
Comment peut-il percer les secrets de ma vie ?

Je veux continuer à vivre au présent.
Le passé est joli, oui mais il est passé.
Il plane encore un peu dans les fibres présentes.
Tandis que du futur il n'y laisse aucune trace.

Quand je le rencontre, cet avenir coulé,
Je ne sais comment faire, je sombre dans la démence.
Les chemins se ferment, les portes de mon cœur
Lacèrent trait à trait la pensée du bonheur.
Qui suis-je ?
De quel droit m'adresse-t-on des mots ?
Ces gens qu'on dit amis, que sais-je donc d'eux ?
Pourquoi est-ce qu'il se penchent sur mon corps meurtris ?
Ils n'en ont pas le droit !
Qu'on me laisse mourir sans qu'ils touchent ma peau !
Crise d'angoisse, attaque de panique.
Monde noir et blanc où je coupe les ponts.
Seule avec moi-même, plus seule que jamais.
Toute reconnaissance a quitté mon âme.

Et puis c'est le retour, les nerfs qui se fâchent.
L'âme qui ardemment me crie de revenir !
D'ouvrir la porte aux autres, de partager le monde.

Fin

Fin de quoi ?
Début de quoi ?

J'ai croisé les chemins de l'avenir.
Et je n'ai pas aimé.
Je repars gambader sur les traces du présent.

Olga Grandjean, 23 août 2008


Petit texte où je parle de certaines crises d'angoisses, des réalités différentes s'imposant d'un coup. Je m'en débrasse ensuite en écrivant, et ça donne des choses du genre, très noires peut être, mais qui délivrent si bien!

Merci d'avoir lu!