Genius are superior

Rating: M. Pour cause de situation lemonesque.
Disclaimer: Tout est na moi, chaussettes et lacets compris, je joue beaucoup avec, alors s'il vous plaît ne me les perdez pas, surtout sans m'en parler avant.

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Ferveur Savante

Il revoyait encore Mrs Ackles son premier professeur de physique chimie lorsqu'il manipulait une éprouvette. Pas parce que Mrs Ackles était une superbe femme aux longues jambes, qui lorsqu'elle se penchait laissait entrevoir un bout de bas noir, un décolleté enveloppé dans de la dentelle de qualité, et qui avait provoqué bien des émois dans les rangs fut une époque. Mais parce que cette dame était la première à l'avoir initié aux saveurs douces de la chimie et à ses dangers si ensorcelants. Une vocation était née cette année-là.

Il revoyait encore Mrs Ackles et son soutien-gorge pigeonnant rouge fusion, alors qu'ils manipulaient pour la première fois une éprouvette et des produits supposément dangereux. Penchée sur son bureau, son regard de velours balayant la salle, usant de ce ton sifflant et froid qui avait brisé bien des illusions et des rêveurs durant ses cours alors qu'elle leurs martelait les règles élémentaires de sécurités liée à ces manipulations.

" On ne met pas son œil sur l'éprouvette."

Adam secoua son tube essai entre ses deux doigts, inconscient de l'agitation soudaine de l'assistant proche de lui. Tout de même. Le soluté s'agitait doucement au fond du récipient en verre sans véritable réaction. De minuscules bulles crevaient impassiblement sa surface opaque.
" On ne renifle pas l'éprouvette."

Dépité, il rajouta un peu de solvant et rapprocha un peu plus le tube. " Adam. Adam?" Ignorant totalement celui qui l'appelait, il observa minutieux la solution. Son œil le picota un peu. Il ne voulait pas avoir à dire, surtout à lui, qu'il ne savait pas à quoi correspondait l'échantillon qu'on lui avait confié. Il était le meilleur. Il avait toujours une première estimation extrêmement fiable. L'autre attendrait quelques instants.

" On ne touche pas l'éprouvette."

Il renifla avec application l'échantillon. Il décelait une odeur légèrement piquante. Puisqu'il était sur le terrain, Adam avait du apprendre à se passer de toute son armada de matériels extrêmement précis et compliqués, et encombrants. Et son meilleur atout pour un premier avis était encore ses propres sens. Il n'était pas mécontent de travailler sur le terrain. Certes il était en permanence en contact avec des policiers sans aucun sens logique ou intelligence, mais le défis était beaucoup plus intéressant que la routine des labos. Il était un génie que diable, il ne pouvait pas se mettre à l'épreuve dans un endroit clos et périmé. Les surprises se produisaient sur le terrain, là où les moyens étaient plus réduits, et les événements se produisaient.

" On ne renverse pas l'éprouvette sur un camarade."

Sa vision se troubla l'espace d'une seconde, sûrement le fait de sa trop grande concentration. On était un cerveau, ou on ne l'était pas. Il pinça l'arrête de son nez entre ses doigts, et mis ce temps à profit pour grogner à l'intention de l'inspecteur sur son dos." Un instant, j'ai presque fini Cruz." Un petit mensonge ne pouvait pas faire de mal. Il ne doutait pas de trouver la réponse dans les secondes qui suivraient. Il était un génie. Cruz était un inspecteur potable. Malgré son esprit pauvre, il avait compris qu'il fallait le laisser bosser en paix, et sembler estimer son travail. Deux qualités non négligeables pour un être de son rang.

" Et surtout on ne boit pas l'éprouvette."

Dans un même temps, il avait toujours trouvé que Mrs Ackles les prenait pour des benêts, voire des ahuris avec ces règles. Qui irait boire un produit chimique franchement?

Il essuya son front moite de sueur du revers de la main. Corps ingrat. Il y était presque, il sentait la solution à cette énigme sur le bout de sa langue. Cruz revint à la charge. L'inconvénient avec les faibles de QI, c'est qu'ils étaient parfois longs pour comprendre.

" C'est bon Adam. On sait ce qu'est cette poudre." Dans son esprit ses pouvoirs télépathiques de génie firent exploser le récipient de verre sous l'effet de son regard meurtrier. Comme il rêvait de le faire avec la tête de Cruz. Le chimiste prit sur lui, et alla même jusqu'à prendre l'air intéressé. Ces fourmis avaient donc la réponse? Tricheurs. Il en était certain.

" Ah?" Pourquoi est-ce que ces misérables créatures le fixaient ainsi? Elles formaient presque un arc de cercle autour de lui. Un peu tard pour craindre son courroux, ou pour reconnaître son génie scientifique. Une goutte de sueur perla à son front. Evidement, le soleil choisissait ce moment précis pour se faire sentir sous cette couche épaisse de nuages.

" Oui. Il est recensé dans la base de donnée comme un aphrodisiaque. Une saloperie nouvelle génération, volatile et réactive à l'eau."

Il écouta à peine Cruz. L'inspecteur était le seul à l'approcher. Peut-être était-il le seul à ne pas le craindre, ou à prendre sur lui pour supporter sa personnalité hors du commun. Mais d'ordinaire les gens ne le fixaient pas comme une bête furieuse, furieusement contagieuse qui allait soudain bondir pour leur cracher ses miasmes dessus, mais ne pouvaient s'empêcher de chuchoter activement entre eux. Voilà pourquoi les gens l'insupportaient. Les gens l'avaient rendu myope par trop d'effort à les fusiller du regard.

Un frisson maladif ébranla son corps, comme une longue sueur fiévreuse, et il dut faire une pause, les doigts pressés sur front. Les grands yeux de nounours de Cruz étaient toujours posés sur lui, attendant patiemment qu'il réagisse. Ce qu'il fit lorsque son cerveau génial lui signala poliment cette nouvelle information. " Qu'est-ce que vous dites?!"

Il se revit toucher, renifler, observer sans protection et de beaucoup trop près cet échantillon. Chose qu'il n'aurait jamais faite en labo. Mais en labo on examinait un grain de sable avec autant de précautions que s'il avait l'Ebola, et sur le terrain, absolument tout monde vivait sa vie sans capote. Pour la première fois de son existence d'être supérieur, Adam eut le plaisir de voir un autre que lui arborer ce sourire. Celui qui disait ' Je viens de suivre le fil de vos pensées, et vous avez été extrêmement long à la détente pour un soi-disant génie.' Il ne savait pas Cruz capable de moquerie, ou d'une réflexion trop approfondie. Et pour une fois, victime de son genre de moqueries, il rougit.

Un bras, vêtu de l'uniforme réglementaire de la section homicide, s'enroula autour de ses épaules. Geste inapproprié, d'une impudeur et d'une familiarité qu'il n'avait pas eu à subir depuis le collège. Depuis qu'il s'était expliqué avec sa mère en vérité. Elle ne lui parlait plus d'ailleurs. " Allez viens Adam, on va s'occuper de toi."

Serré contre la veste de ce malotru, ils s'éloignèrent, lui bien forcé de le suivre, et un mélange de sueur et de bois de santal l'étourdit avant qu'il ne parvienne à se dégager. "Je ne vous permets pas de me traiter ainsi! Et puis lâchez-moi. Je peux très bien aller à l'hôpital tout seul." Fulminait-il, tandis que Cruz le guidait d'une grande tape dans le dos qui le tua à moitié. Tous des brutes. Il lui aurait bien fait démonstration de ses restes de cours de self-défense, lubie de lycéen. Mais voilà que son esprit flottait doucement, tout comme ses jambes d'ailleurs qui se prenaient pour des gambettes de ballerines. Cruz le rattrapa et plaça d'autorité un bras autour de sa taille, ce qui le fit grogner même du pays des îles flottantes pour génie.

" Surveillez vos manières."

" T'es agent de terrain depuis combien de temps, Adam? Non parce que t'as merdé sur ce coup-là." Quand on était bête au point de ne pas comprendre une simple exigence, qui tient des règles de la bienséance, on s'abstient de répondre. Zut.

" Oh taisez-vous et occupez-vous de moi!" Il aurait déjà dû être entre les mains d'un médecin compétant, bon sang.
" J'en ai bien l'intention."

Il avait les yeux fermés. Difficile d'admettre que le contact de Cruz, plus que lui être agréable, lui semblait nécessaire. Ce n'était sûrement pas une manière digne de se comporter, mais il avait fini par se laisser mener. De toute façon son esprit tournait au ralentit, bizarrement embrouillé. Il brûlait doucement, d'une fièvre qui ne ressemblait pas à celle ressentie lors de cette grippe carabinée qui l'avait cloué trois jours entiers au lit. Non, elle embrumait son monde. Et curieusement, se laisser aller un peu, l'épaule de Cruz sous sa joue, rendait cela supportable.

" Ce n'est pas l'hôpital." Il fallut quelques secondes à son esprit mou pour récolter suffisamment d'informations, puis réaliser. Depuis quand sa voix sonnait aussi geignarde? " L'hôpital n'est pas par là." Et vu que Cruz l'abandonnait pour fouiller dans ses poches, il en déduisit qu'il était affalé contre sa porte à lui. Elle lui appartenait.

" Tu vas pas aller à l'hosto parce que popôl est déréglé." se moqua Cruz. Avait-il besoin d'être aussi près? Et puis c'était quoi ce rictus étrange? Venait-il de retrousser ses lèvres? Il était si près qu'il voyait les marques de tabacs sur ses dents. A trop se pencher pour s'éloigner de Cruz, il glissa le nez dans la moquette. Et un son étouffé ressemblant à un début de rire lui parvint. Enfin il n'était plus très sûr de ce qu'il ressentait en ce moment. Il voulait aller à l'hôpital. Ses oreilles bourdonnaient. Son cerveau avait fondu comme de la guimauve. Et il ne voulait pas penser au reste. Un bruit de clés, de serrure qu'on actionne, de poignée qui tourne, et un bras familier se glissa à nouveau sous ses côtes, le hissant sans effort. Adam gémit en quittant le sol, pourquoi est-ce que tout tournait encore ? Il s'affala contre le corps de Cruz, décidant qu'il en avait assez fait pour aujourd'hui. Il n'était pas une brute épaisse lui, il était un savant. Il voulait aller à l'hôpital, pas jouer les durs. Quelle était la prochaine étape, cautériser une blessure par un fer chauffé à blanc?

" Allez, Adam. On est arrivé, j'ai dit qu'on s'occuperait de toi." Et il était le seul à en être satisfait. Voilà pourquoi il haïssait les flics. Enfin il les haïssait maintenant. Avant il les trouvait juste particulièrement décérébrés. …Qu'est-ce qu'il pensait déjà?...Sa tête ballotta légèrement. Sa respiration anormalement forte résonnait dans sa tête, l'empêchant de se concentrer. Cruz rajusta sa prise sur lui. Et son rictus l'agressa de plein fouet. Encore.

Damned. Cruz lui sourirait? Mais…mais yerk. Il n'avait aucune raison de faire ça!

*

Les dents acérées de Cruz raclèrent la peau de son cou. Courons pour nos vies, dansa dans son esprit, prenant tout son sens. Les petites lettres brûlèrent une à une sous ce regard qui le liquéfiait. Laissant des petites traces fumantes dans son esprit. Savant ébouillanté, voila ce l'effet de ce regard.

Adam ferma les yeux, mais rien à faire son monde ne s'éclaircissait pas. Il restait étourdi, presque malade. Aussi désorienté que la fois où des inconscients l'avaient fait monter sur un bateau. Il était malade en mer. Crétins.
Que faisait-il là déjà? Un souffle précipité s'échappait de ses lèvres entrouvertes. Il suffoquait. Comment expliquer l'odeur âcre de sueur, le record de son thermostat interne autrement ? Etre un génie avait du bon. Votre cerveau d'être évolué savait détecter une fièvre carabinée avant que vous ne finissiez de vous réveiller. Enfin, il était pourtant incapable de se tirer de cette situation.

Son cœur pulsait à ses oreilles. A ses lèvres qu'il mordait pour se contenir. Voilà que des mains sèches tâtaient ses côtes, les ongles courts crissèrent contre ses flancs. Un frisson le secoua, il hoqueta. Etait-il à son goût? Le souffle de Cruz agressait ses oreilles par sa proximité, entrechoquait le sien, précipité. Son sang circulait par à coups, lui aussi se pétrifiait sous ces gestes trop familiers, trop incongrus, ces doigts envahisseurs, ce corps conquérant.

Il détestait cette sensation. Il était un génie, il excellait dans son domaine. Il n'avait pas à être la proie de qui que ce soit. Il ne prônait pas cette chose que les imbéciles brandissaient comme une vertu absolue, ce courage. Les imbéciles mourraient jeunes. Adam se serait enfui depuis longtemps si ses jambes n'avaient pas tourné en une confuse gelée tremblotante. Il n'aurait pas pu aller bien lui. Ses sens enflammés par cette fichue drogue lui faisaient perdre le nord. L'est et le sud aussi. Ce que faisait la langue de Cruz à son oreille y était pour beaucoup. Et ce n'était pas un couinement de plaisir que ce détraqué réussit à lui extorquer d'un coup de dent gourmand.

Il vacilla, encore. L'odeur de musc et de santal à nouveau. Les cheveux de Cruz agressèrent son visage alors qu'il se pressait contre lui. Adam réalisa qu'il tremblait. Des petits tremblements convulsifs qu'il n'arrivait pas à contrôler, et que l'autre encourageait en chuchotant des choses innommables, et passant une main au creux de ses reins. Tout embrouillé qu'il était, il mit un moment avant de se demander où était l'autre main. Il le regretta. Damned, Cruz était un pervers.

*

Il n'y avait sûrement que lui pour trouver attachant cet homme qui se plaignait de la moiteur de ses sous-vêtements, de l'inconfort de sa position, alors qu'il venait juste de le faire jouir avec une extrême adresse.

Sa main dans son pantalon, susurrant des insanités à son oreille délicate, à le faire geindre encore et encore, jusqu'à s'étouffer presque, en cherchant son souffle contre lui, le visage encore rougi et humide de ces excès. Ils étaient peu à apprécier ce regard délavé, ce corps tout en angles, et cette personnalité nombriliste, pour laquelle le monde n'était là que pour être rabaissé, sans représenter aucun intérêt social ou personnel.

Il se pencha sur le savant absent, et lapa la peau salée par la sueur, surveillant la respiration tranquille de son dîner. Parmi ce mélange salé, il se demandait quelle saveur était celle de cette toxine qui tourmentait cet être, et lui avait permis de mettre la main dessus. Il se délectait de l'artère qui pulsait frénétiquement contre sa langue, affolée, sans que son propriétaire ne se manifeste de ses paroles acérées.

Cruz observa ce corps presque abandonné, toute verve envolée, savourant le réveil de cette poupée de chair sous ses doigts. Il ôta un cheveux clair prit dans la commissure des lèvres de l'autre, provoquant un léger frémissement de cette chair rougie. Il sourit.

Un sourire qu'Adam aurait appris à reconnaître aujourd'hui. Celui d'un prédateur affamé. Vorace.

Cette fois, les choses sérieuses allaient commencer, décida-t-il, pressant son genoux contre une partie du scientifique qui l'intéressait tout particulièrement et déjà, reprenait de la vigueur, stimulée par la chimie. Déjà le génie entrouvrait des yeux embrumés, battaient des paupières pour chasser ce rêve trop décalé. Et déjà sa bouche s'ouvrait en une mimique parfaitement outrée alors qu'il percevrait une main attentionnée sur sa personne, l'entraînant à nouveau dans ces brumes du plaisir qui obscurcissaient son génial esprit.

" De retour?" Il pouvait presque voir les petits rouages savants s'activer mollement sous cette masse de cheveux.

Damned. Pourquoi est-ce que la voix trop rauque de Cruz devait se manifester maintenant? Qu'est-ce que fichait le corps de Cruz perché sur ses hanches? " Cruz?"

" Premier round minable, mais déjà en forme. Y'a pas à dire c'est de la qualité cette dope."

" Pervers." réussit à se plaindre Adam. Le pauvre avait l'air de souffrir. Mais quelle souffrance agréable pour le regard, cette mine troublée, ce plaisir mal réprimé et incompris d'un génie coincé. Cruz reprit sa dégustation, baisant ses lèvres, amusés par ses dénégations balbutiées, gémies, que contredisait le langage de son corps. Un corps vivant, agrippé à ses épaules, aux hanches mouvantes qui se frottaient aux siennes à la recherche de leur plaisir.

Les génies, une espèce d'une mauvaise foi affligeante mais très appétissante.

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Et voilà. Adam espère vous avoir été bien insupportable. Oser lire ses malheurs. Malotrus!
Pour ma part j'espère ne pas m'être montrée trop brouillonne ou rapide. ^^ Que la compréhension de ces points de vues n'a pas été trop obscure.
N'hésitez pas à me faire pas de vos critiques ou avis ;p

( Je songe à les maltraiter encore un peu avec une série de chap. indépendants. J'aime beaucoup embêter les génies.)


Note-au-cas-où: On m'a fait remarquer que le manque de prudence d'Adam n'était pas assez justifiée. Mais "Trop de réalisme Tue le principe de la fic *3* " dirait Jaiga.
De plus, il s'agit du point de vue d'Adam qui est concentré sur son besoin de réussite et persuadé que rien ne peut lui arriver parce qu'il est génial, qu'il veut asseoir sa supprématie, et qu'il ne peut rien arriver aux génies. x3
...Et puis c'est tout simplement vrai, sur les scènes de crimes, ils sont moins alertes vis à vis des preuves. *brandit les Experts Manhattan comme preuve x3 *