Un coup de langue sur ma joue me réveille brusquement. J'ouvre les yeux, surpris et regarde autour de moi. Par la fenêtre, je peux voir le soleil briller au zénith. A côté de moi, Gwen, son étrange sourire avec sa langue pendant sur le côté, m'observe, es yeux pétillant de malice.

« Gwen, je t'avais dit de le réveiller en douceur. »

Le vampire est là, debout devant le bureau, un plateau dans les mains. Il est entièrement vêtu de noir, comme à son habitude, avec ses cheveux ramenés en une longue tresse qui lui arrive en bas du dos. Sur le plateau de bois, un bol fumant et un morceau de pain. A l'odeur, je devine une soupe et du pain frais. Je prends alors seulement conscience de ma faim et mon ventre le fait savoir. Retenant à grand peine un sourire, mon hôte attend patiemment que je redresse et m'adosse aux oreillers avant de déposer sur mes genoux ce repas que j'attaque avec appétit. La soupe est chaude et épaisse, le pain moelleux à souhait. La louve m'observe un instant puis s'installe en boule sur le tapis devant la cheminée. Dans l'âtre, un feu ronfle.

« Gwen va rester avec toi. Si tu as besoin de quoi que ce soit, envoie la me chercher. »

Sur ces mots, le vampire tourne les talons et disparaît par la porte, sans bruit. Quelques minutes plus tard, le clavecin résonne et la mélodie vient m'apaiser. Si elle ne m'hypnotise plus, elle me calme mieux que n'importe quoi. Je finis le bol, dépose le plateau sur le sol et m'allonge. Le musicien n'a pas fini de jouer le premier mouvement que je suis déjà endormi.

Quand je me réveille, c'est l'aube. L'or se mêle au pourpre et à l'indigo sur la toile céleste. Dans la chambre, le plateau a disparu, remplacé par un verre d'eau fraîche que j'avale goulument. Gwen m'observe du coin de l'œil, la tête posée entre les pattes avant. Elle est toujours à son poste. Cela me fait sourire. Après quelques instants de réflexion, je rejette les couvertures et tente de me lever. Après quelques pas vacillants, je me retrouve devant le bureau et le miroir. Bon, pas de centimètre de cheveux en plus, il semble que je ne sois pas resté inconscient très longtemps. Je refais quelques pas pour retourner m'assoir sur le lit quand ma cheville droite cède son poids, trop faible encore. Je veux me retenir mais les meubles sont trop loin. Ma chute me parait lente, me laisse le temps de mettre mes mains et mes bras devant moi pour amortir le choc. Je ferme les yeux, sachant pertinemment que je vais me faire mal. Pourtant rien. Ou plutôt, un léger choc à la taille. Je sens un bras me retenir et me remettre sur pied. J'ouvre les yeux pour découvrir le musicien qui me retient d'un bras, l'autre tenant une couverture et une tasse fumante. Il me reconduit vers le lit sur le bord duquel je m'assis.

« Qu'e faites-vous là ? »

« Arrête de me vouvoyer, tu veux ? Tu ne le faisais pas il y a deux jours que je sache. Je voulais te montrer quelque chose alors je suis venu voire si tu dormais encore. »

« Ah ? Que voulez…veux-tu me montrer ? »

« C'est une surprise. »

Il me tend la tasse et pendant que je me réchauffe les mains dessus, il m'enroule dans la couverture. Puis, il me prend dans ses bras et s'apprête à sortir de la pièce. Je suis tellement surpris que la tasse faillit m'échapper des mains.

« Tu peux venir si tu veux Gwen. »

Sa voix chante à mon oreille, chaude, réconfortante, faisant vibrer son torse. Pourtant, je ne peux m'empêcher d'avoir une légère appréhension. Un vampire ne boit du sang que la nuit dit-on. Mais en ce moment, ce n'est que l'aube. Peut-il ou non boire du sang à cette heure là ? Cette question me tourne dans la tête, tout comme les escaliers en colimaçon que nous empruntons. Heureusement qu'il me porte finalement, je n'aurais jamais pu faire le dixième du chemin que nous avons fait jusque là. Soudain une porte basse apparaît devant nous. Gwen ne faufile entre les jambes de son maître et pousse le battant. Une petite terrasse à la rambarde de pierre sculptée s'étend devant mes yeux, et derrière les volutes de pierre, un spectacle à couper le souffle. Le musicien me dépose doucement sur une chaise, prend de mes mains la tasse qu'il dépose sur le petit guéridon. Je ne remarque rien pourtant. Le paysage qui s'étale devant moi m'accapare tout entier.

Les montagnes sont violines et roses pâles, le ciel part de l'indigo pour tirer sur le parme. Dans ce dégradé céleste, des ondes d'or, de cuivre et de carmin se mêlent et s'entremêlent, mélangeant leurs couleurs. Quelques touches de cyan et de nacre achèvent le tableau. Dans la vallée, le lac est comme un miroir, reflétant à la perfection l'œuvre du ciel. Je savoure de ce spectacle jusqu'au bout, observant avec fascination le ballet des couleurs qui s'estompent, se fondent les unes dans les autres. Un miracle de la nature qui se répète chaque jour, compris-je. Pourtant, personne en ville n'en a conscience.

Une fois le ciel devenu azur et l'astre sorti de derrière les montagnes, je reporte mon regard sur le vampire qui habite ici. Assis sur le rebord de la barrière, il observe encore le déplacement du soleil. L'apparition progressive des rayons sur son profil met en relief ses pommettes, son menton, puis ses épaules, ses cuisses et ses bras. La bise matinale fait danser ses cheveux qui brillent dans la lumière. Les vampires prennent effectivement forme humaine mais de gravure de mode. Ce musicien aurait fait un malheur dans le monde de la haute couture masculine. Allongée à ses pieds, Gwen regarde elle aussi les montagnes, ses montagnes natales. Soudain, le vampire quitte sa contemplation et revient vers moi pour s'installer juste en face, le dos appuyé à la balustrade.

« Le soir où tu as rencontré Gwen, tu étais venu pour me poser une question, non ? Vas-y, je t'écoute maintenant. »

« Une question ? Non, en réalité j'en ai beaucoup plus à vous… te poser. »

« Soit, je tâcherai de répondre à chacune d'elle. »

« Merci… en fait, je ne sais toujours pas comment tu t'appelles. »

« C'est vrai… je m'appelle Lawrence. »

« Moi c'est Adrian. Je voulais savoir, excuse moi si tu trouve cela déplacé mais… est-ce que tu serais un vampire ? »

Lawrence me regarde surpris, puis éclate de rire. Un rire chaleureux, joyeux, qui résonne dans les airs comme le chant d'un oiseau.

« Oui, c'est le cas. Mais pourquoi une telle question ? N'est-ce pas ce que tu es venu chercher le soir où je t'ai trouvé ? »

« Justement, que s'est-il passé ce soir là ? Je me souviens avoir quitté Lliad avec des amis de l'université, d'un orage quand nous étions sur la route de la montagne, de la chute d'un arbre et puis plus rien. Juste des bruits et des odeurs, des sensations désagréables en quelque sorte. »

« Je vois. Tu ne te souviens pas de l'accident. Remarque avec le coup que tu as pris sur la tête, ça me paraît normal. Je m'étonne toujours que tu en sois ressorti vivant. »

« Tu veux dire que… tous les autres sont… »

« Morts, oui. Désolé de t'annoncer la nouvelle comme cela, je pensais que l'avais compris par toi-même. »

« Je m'en doutais un peu mais… »

« Mais tu ne voulais pas y croire. Je comprends. Cette nuit là, une explosion m'a surpris et derrière les arbres, j'ai vu une colonne de flammes. Je m'y suis tout de suite dirigé et tout ce que j'ai trouvé, c'est trois carcasses de voiture dévorées par le feu et une silhouette repliée sur elle-même juste à côté. Je dois dire que tu étais dans un sale état. Tu es tombé dans le coma au moment je t'ai éloigné du brasier. Gwen a fouillé toute la forêt pendant une semaine pour essayer de retrouver des survivants mais il semble que tu sois le seul à t'être éjecté de l'habitacle. Je suis désolé. »

Une douleur me prend au cœur, je commence à prendre conscience de la mort de mes amis. Je ferme les yeux pour retenir mes larmes. Derrière mes paupières, je revoie Raphaël me détacher et m'expédier par la portière. Lui qui quelques minutes avant me disait que les orages en montagnes sont les plus dangereux. Il avait eu raison une fois de plus. Et une fois de plus, c'est moi qu'il avait sauvé. Il m'avait toujours fait passé le premier, quelque soit la situation, et ce depuis notre plus tendre enfance. Raphaël… mon frère… mon frère jumeau…

Je sers les poings, la mâchoire, rien à faire. Le désespoir me prend à la gorge, il écrase dans sa main mon cœur, mon âme. J'avais bien senti qu'il me manquait une partie de mon âme, une partie de moi, mais en avoir la confirmation me fais l'effet d'un poignard chauffé à blanc qui me transperce le cœur. Mes larmes coulent le long de mon visage, je ne peux les endiguer. Ca fait mal, tellement mal, mal à un tel point que je veux en mourir, mourir pour ne plus avoir à supporter la perte de la moitié de moi-même. Je me mets à hurler ma douleur. Je ne m'en rends même pas compte. Je sers les poings tellement fort que je m'écorche les paumes avec les ongles. Je deviens fou, fou de douleur, fou à lier. Et au moment où je vais passer le cap, ce point au-delà du quel la raison ne survit pas, deux bras m'entourent. C'est Lawrence. Encore Lawrence qui me sauve, une nouvelle fois. Il me sert contre lui et commence à murmurer. Je ne comprends pas les mots qu'il prononce mais je reconnais la mélodie. Cette mélodie qui m'habite depuis que j'ai repris connaissance. Sa voix est chaude, mélodieuse et bientôt je me calme, mes muscles se décrispent et je m'effondre, aussi bien physiquement et psychologiquement. Tous est brumeux pour mon esprit. Je le sens qui m'emporte dans ses bras et qui me ramène dans mon lit. Mais au moment de m'allonger, je refuse de le lâcher, je m'accroche comme si il pouvait me ramener mon frère. Avec patience et douceur, il décroche chaque de mes doigts, un à un et finit par me faire lâcher prise. Je me roule en boule, le visage inondé, le corps parcouru de tremblements. Gwen saute sur le lit et vient se coucher prés de moi, léchant mes larmes pour tenter de me réconforter. Je l'entends comme dans un brouillard, il murmure tout doucement :

« Reste avec lui surtout. Il a besoin de quelqu'un pour surmonter cette épreuve. »

La porte grince, le son de ses pas décroit. Je mets soudain à le haïr. La peine et le désespoir enflent et font gonfler le rejet inconscient que j'avais de cet …. Cette créature. Je le hais. Comment pourrais-je surmonter la mort de Raphaël, cette peine, ce vide, ce gouffre ? C'est impossible et je le sais très bien. Je ne veux plus vivre, pas sans lui. Que sait-il des peines et des sentiments que ressentent les humains ? Rien, il n'en sait rien ! Ce n'est qu'une créature des ténèbres, ivre de sang et d'obscurité. Il ne sait rien de ce que je peux ressentir.

Le clavecin se met à chanter, la mélodie s'envole dans les airs et malgré mon désespoir et ma haine, elle m'apaise et me guide vers le sommeil.

*

* *

Un claquement sec me tire de ma nuit réparatrice. Un nouvel orage traverse la vallée et les vitres tremblent sous la violence du vent. Dehors, les arbres ploient sous les bourrasques et je peux à peine deviner les contours du lac à travers l'ondée. Il fait tellement sombre que je ne peux estimer l'heure. Combien de temps ai-je dormi cette fois ? Je me lève, poussant les pieds avec précaution, mais aucun vertige ne vient troubler ma vue ou mon équilibre. Il semble que ma récupération est enfin terminée. Un détail m'intrigue. Gwen est toujours là, couchée sur le lit. Elle n'a apparemment pas bougée. Mais comment ai-je pus récupérer aussi vite ?

Je laisse mes questions sans réponse dans un coin de ma tête et me dirige vers la porte. Pas un bruit ne trouble le silence du manoir, seulement troublé par le grondement intermittent du tonnerre. Parfait. Je pars en exploration dans les couloirs. Toutes ces portes ont forcément des destinations. Un cliquetis régulier m'incite à me retourner. La louve me suit en silence, elle ne semble pas décidée à me laisser seul. Je lui souris puis repars à mon exploration. Si je ne ressens que haine pour son maître, la louve a ma confiance, bien que je ne sache vraiment pourquoi. Les premières portes s'ouvrent sur des chambres vides. Les meubles sont recouverts de draps blancs et des volets obscurcissent les fenêtres. Puis le décor change.

Derrière la septième porte, alors que je commence à perdre l'espoir de découvrir quelque chose qui me mettra hors d'atteinte des souvenirs de ma dernière discussion avec Lawrence pendant quelques instants, une immense pièce se dessine sous les éclairs. Toute en longueur, le haut plafond est supporté par de larges piliers et des voutes en ogive. Entre les colonnes, des statues me regardent alors que je m'avance lentement. Les visages de marbre sont froids, incroyablement beaux et glaciales, les bustes montrent des esquisses de corps parfaits. Toutes ces œuvres représentent des hommes et des femmes dans la force de l'âge. Tiens, non. Pas toutes. La dernière, la vingt-septième pour être précis, représente un jeune homme au sortir de l'adolescence, le visage aux formes encore enfantines, une tignasse courte et ébouriffée. Cette statue m'interpelle. Malgré le sourire du visage de pierre, les yeux semblent empreints d'une profonde tristesse. Je secoue la tête et reprend mon exploration.

Au bout de cette allée, une salle ronde, sans porte et aux murs couverts de baies vitrées. Les rideaux pendent le long des colonnes soutenant les larges plaques transparentes, laissant la lueur des éclairs illuminer la pièce. Au centre de la pièce circulaire trône un étrange meuble. Meuble ? En est-ce seulement un ? Sculpté dans un marbre gris sombre et rehaussé d'or, un portail donne accès à un escalier dont les marches s'enfoncent vers le centre de la terre. Etrangement, il semble faire plus clair en bas que la pièce où je me trouve. Je respire profondément et entreprends de descendre vers la lumière. Les pensées de Raphaël se sont retirées au fond de mon esprit. Tapies dans l'ombre, elles attendent un moment d'inattention pour revenir me broyer le cœur.

Au pied de l'escalier, une nouvelle pièce circulaire, de la même taille que celle que je viens de quitter. Les murs sont de pierre claire, une teinte différente de celle du manoir, un gris clair tirant sur le crème et l'ocre. Le long des murs, des gisants de marbre blanc dorment de leur sommeil éternel. C'est un tombeau, compris-je. Le tombeau de la famille du vampire. La plus récente représente le même visage juvénile que la statue devant laquelle je me suis arrêté plus tôt. Je comprends qu'il s'agit de la tombe d'un adolescent. Un gémissement de Gwen, assise sur la dernière marche, la queue respectueusement posée sur ses antérieurs, me fait comprendre qu'il me faut remonter, ce que je fais dans un silence respectueux. Je ne me décontracte tout à fait qu'une fois ressorti dans le couloir habituel. Je jette un œil à la fenêtre la plus proche. L'orage a cessé et le vent balaie les derniers nuages. Ce soir, c'est la pleine lune, et le lac, un miroir d'argent à la surface dansante. Le paysage semble quasi féérique et me rassure. Suivi par Gwen, plus fidèle qu'une ombre, je poursuis mes explorations. La salle au clavecin n'a rien de très inconnue et les pièces vides et inutilisées se succèdent les unes après les autres. Je tombe sur la cuisine mais ses bahuts de bois me sont déjà familiers. La fatigue commence à se faire sentir, finalement, je ne suis pas encore en pleine forme. Je tourne les talons quand un éclat métallique suspend mon geste. Il reste une pièce ici. Je pose la main sur la clenche et entrouvre la porte. Personne. J'y pénètre et laisse mes yeux s'habituer à la faible clarté dispensée par les braises de la cheminée. Je ne remarque même pas Gwen qui s'arrête sur le pas de la porte.

Le mobilier est sobre : un bureau marin au couvercle relevé, un lit aux draps tirés rapidement, un paravent de bois dissimulant un baquet vide, un tapis usé devant la cheminée et une chaise banale. Déçu par ma découverte, je me retourne pour sortir quand un tableau attire mon regard. Sur la toile, l'adolescent aux cheveux courts me lance un regard espiègle. Il a les yeux dorés et la crinière argentée. En regard de cette peinture, un tableau similaire lui lance un regard discrètement amusé. Le deuxième portrait m'est familier : je connais que trop bien ses longs cheveux d'argent et ses yeux mordorés. Maintenant je vois ce que j'avais inconsciemment remarqué devant la statue tout à l'heure. Les deux portraits sont quasiment identiques, la même personne à deux étapes de sa vie. Je sens mes poings se crisper convulsivement. Ce vampire est vraiment révoltant, il a déjà sculpté sa propre tombe avec le visage qu'il avait adolescent. Est-ce une manière de faire croire à l'immortelle jeunesse de ces créatures ténébreuses ? Ou encore une moquerie douteuse à l'égard du temps qui passe et qui ravage les esquisses de la jeunesse humaine ? Qu'importe au fond la raison de son comportement, il me révulse tout simplement. Sa simple nature me dégoûte.

Je sors de la pièce d'un pas rageur, claquant la porte et me dirige vers ma chambre. Ma haine pour mon hôte a ressurgit, flamboyant de plus belle dans mes veines. Sur le seuil de la pièce qui m'a été acquittée, je jette un dernier regard vers la lune. L'astre nocturne éclaire les montagnes d'une lumière fantomatique et trompeuse, illuminant les neiges éternelles et les arêtes rocheuses. Je rentre sans fermer complètement la porte et m'installe sur le lit pour observer le paysage. La vue du lac me calme un peu, sans pour autant faire disparaître mes sentiments. Partagé entre le désespoir et la haine, je sombre doucement vers un état second, les yeux perdus dans les reflets nacrés des conifères.

Un mouvement sur la grève pâle du lac attire mon attention. Une sombre silhouette se dresse sur la rive, s'immobilise un instant au ras de l'eau puis recule de quelques pas. Je reconnais la longue crinière cendrée qui tourbillonne autour de la créature. C'est encore lui. Je siffle de fureur entre mes dents, il a gâché toute la tranquillité que je viens d'acquérir. Je me détourne de l'ouverture quand ses gestes arrêtent les miens. Avec un mouvement fluide, le vampire enlève manteau et chemise, puis le reste de son costume. Bientôt, la lune met en relief la moindre parcelle de sa peau. J'ai beau le haïr de toutes mes forces, l'athlète qui dort en moi ne peut s'empêcher d'admirer la parfaite musculature et l'équilibre idéal qui se dégage de cet homme. L'eau ondule sous la lumière alors qu'il pénètre dans l'eau. Je ne peux réprimer un frisson, la température extérieure avoisine les deux degrés Celsius et l'eau doit être glacée. Alors qu'il s'immerge dans l'onde glaciale, la lune éclaire son visage et l'eau qui l'entoure. Je siffle entre mes dents de nouveau. Des filets rouges s'immiscent dans le liquide aux reflets métalliques, du sang. Encore du sang. Cette créature maudite a donc encore tué cette nuit. Je me retourne et me couche pendant qu'une nouvelle décision se grave en moi. Avant de rejoindre Raphaël, j'enverrai moi-même ce meurtrier dans la tombe qui lui est destinée, au cœur du sanctuaire souterrain.