Cette fiction racontera en détail l'histoire de William, le businessman à qui Sven allait rendre parfois visite et qui avait même fait participer ses deux meilleurs amis, Louis et Michael. Certains d'entre vous ont beaucoup aimé William, alors j'ai décidé de lui consacrer une petite histoire ^^

Cette histoire s'appelle : Sex, Drugs & Rock 'n Roll : When there is a Will, there is a way.

J'ai décidé de ce titre (Quand on veut, on peut) pour faire un jeu de mot avec Will, le diminutif de William.

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Allongé dans mon lit, je suis réveillé par une envie pressante. Grognon, je jette un oeil au radio-réveil, et je peste silencieusement pour ne pas réveiller mes parents. L'homme est vraiment mal fait pour se réveiller au milieu de la nuit pour ce genre de chose ! A moitié vaseux, je me lève, titube jusqu'à mes chaussons, puis quitte ma chambre.

Je suis un adolescent normal, j'ai eu une enfance normale, avec des parents aimants que j'ai toujours adorés, moi aussi. J'ai eu une scolarité normale, et au lycée, j'ai des notes plutôt correctes. J'ai une petite amie, Linda, depuis quelques mois. Nous avons même couché ensembles pour la première fois il y a deux semaines. Sur ce point-là, je ne dois pas être normal, par contre. Je me faisais une telle joie de vivre ma première fois, alors que mes parents travaillaient, un mercredi après-midi. Finalement, ça ne m'a pas fait plus d'effet qu'une branlette. Non, pire, je crois que ça m'a fait moins d'effet. Moi qui avais peur de jouir trop tôt... je n'ai même pas joui. Je sais que la première fois n'est jamais la meilleure, j'ai recommencé, mais sans succès. Linda, par contre, a beaucoup aimé. Nous recommencerons certainement mercredi prochain, si ça peut lui faire plaisir.

J'oubliais, il y a un autre détail sur lequel je ne suis pas commun : mes parents. Ryan et Dominic sont deux hommes. On fait tout un bazar sur les homosexuels qui élèvent un enfant, comme quoi l'enfant est déséquilibré parce qu'il manque de présence féminine, etc... Personnellement, sans être le meilleur gamin du monde, je n'ai pas de trouble psychologique, mes grands-mères, mes camarades de classes, les institutrices ont été cette présence féminine. A moins d'être enfermé dans une cave, je ne vois pas comment un enfant élevé par des homosexuels pourrait manquer d'une présence féminine, et dans ce cas précis, le problème serait la séquestration et non l'homosexualité des parents.
J'ai donc été élevé par ces deux hommes, et l'enfant que j'étais tout comme l'adolescent que je suis encore, par ailleurs, a toujours reçu cet équilibre, mélange de douceur et de fermeté, de gentillesse et de sévérité, d'amour... Peut-être un peu trop d'amour, d'ailleurs, car lorsque Dominic était fâché, depuis toujours, je savais que si j'allais me cacher derrière Ryan, je trouverais un défenseur. J'avoue, je peux être un peu égoïste et profiteur par moments...

Bref, Ryan et Dominic m'ont expliqué depuis l'enfance que leur couple n'était pas commun et que pour faire des enfants, quelque soit l'amour qu'on se porte, Dame Nature voulait un homme et une femme. De ce fait, je n'ai jamais amené de camarades de classe chez moi. J'avais trop honte. Pas de mes pères. J'avais honte parce que ces idiots de gamins riaient simplement en voyant un nez trop long ou des oreilles décollées. Pour moi, il était hors de question qu'ils blessent Ryan et Dominic, même si avec le recul, je suppose qu'un ricanement de gamin ne les aurait pas atteints.
Le jour de mes seize ans, mes pères m'ont expliqué ma naissance.
Tous deux sont ensemble depuis le lycée. Afin de dissimuler leur homosexualité, ils sortaient avec des filles. Toutefois, Dominic a tellement bien joué le jeu que j'ai été conçu. Ryan a été choqué et a rompu immédiatement lorsqu'il a appris que Dominic allait être père. Pas à cause de moi, mais parce qu'il s'était senti trahi, chose que je comprends aisément. La fille est partie, et pendant plusieurs mois, mes pères ne se sont plus revus, Ryan avait même changé de lycée. Puis je suis né. La fille m'a simplement mis dans les bras de ma grand-mère pendant que Dominic était au lycée, puis elle est repartie. Dès ce jour, Dominic a pris soin de moi aussi souvent qu'il l'a pu, jusqu'au jour où il a croisé Ryan dans la rue, alors qu'il me promenait en poussette. Tous deux ont échangé quelques mots. Je pleurais, et Dominic était incapable de me calmer. Ryan m'a pris dans ses bras. Mes larmes ont cessé immédiatement. Cela a été une acceptation mutuelle entre nous. Dès ce jour, Ryan et Dominic ne se sont plus jamais séparés.

En dehors du fait que je n'amène pas d'amis chez moi, je mène une vie parfaitement banale. Je sors le week-end, j'ai des amis, en particulier Louis et Michael que je connais depuis la maternelle, je fais un peu de sport, et pas uniquement le mercredi après-midi avec Linda.

Je tire la chasse d'eau et repars en direction de ma chambre, faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Ryan et Dominic. Toutefois, les bruits que j'entends me font ralentir. Des gémissements.
Curieux, je me rapproche de la porte, que je pousse silencieusement. Là, les bras m'en tombent.
Ryan est à quatre pattes sur le lit, appuyé sur ses coudes, et malgré l'obscurité, je peux voir ses yeux verts si semblables aux miens embués de larmes, tandis que son visage reflète un mélange de douleur et de plaisir. Derrière lui, Dominic le tient par les hanches et n'en finit plus de donner des coups de reins. Les gémissements que pousse Ryan couvrent le bruit que je fais en refermant la porte, et je retourne dans ma chambre.
Les bras m'en sont tombés, certes, mais une autre partie de mon anatomie, elle, est bien relevée. Je sais que je ne pourrai pas trouver le sommeil sans m'occuper de ça, alors je glisse une main dans mon boxer.

Jamais je n'avais imaginé Ryan et Dominic faire ce genre de choses. Certes, je savais comment ça se passait, et je me doutais que mes deux pères n'étaient pas chastes. Après tout, ils ont à peine la trentaine. Toutefois, les avoir vus me fait bizarre. Je suppose que n'importe qui se sentirait étrange après avoir surpris ses parents pendant qu'ils font l'amour.
Que je me sente étrange, d'accord. Mais pourquoi excité ?
Est-ce parce que je viens de découvrir que le plaisir sexuel existe ailleurs que dans les films pornos que j'ai regardés avec Louis et Michael ? Sans doute...
Dans ma tête, repasse en boucle l'image des yeux de Ryan, embués, son expression magnifique.

J'ai toujours trouvé Ryan très beau pour un homme. Il a les traits fins, un visage ouvert, de grands yeux verts et des cheveux blond foncé. Je suppose que Dominic aime particulièrement cette combinaison. En effet, étant moi-même blond aux yeux verts, ma mère devait être ainsi puisque Dominic possède des yeux bruns et des cheveux si foncés qu'ils paraissent noirs.

J'attrape une poignée de kleenex, et enfin soulagé, je ferme les yeux. Comment pourrai-je à nouveau faire face à mes pères dans ces circonstances ?
Hanté par des yeux verts humides, je finis par trouver le sommeil.